Une histoire de transmission…, le ferrage des boeufs aujourd’hui, par Tifenn Vital

Une histoire de transmission…

Les bœufs Blanc et Marrel sont arrivés au château Pape Clément sous les premières lueurs du discret soleil printanier: l’aventure se poursuit.

Après le dressage de ces deux Gascons originaires des Pyrénées Ariègeoises , il fallut former des personnes compétentes au travail du sol et à l’utilisation des bovidés, trouver les derniers selliers-harnacheurs fabricant des colliers adaptés, des jougs sur mesure…

Mais alors que Blanc et Marrel commençaient à travailler dans les rangs des grands crus, leurs onglons s’usaient et risquaient de rendre pénible leur travail. C’est ainsi que nous prenons la direction de Labroquère (31) afin de rencontrer Jean Ousset, maréchal-ferrant de 74 ans qui nous accueille dans son atelier … Le brochoir que l’Homme tient dans ses mains lui a été forgé par son père en 1954, et n’a cessé de ferrer bœufs, vaches et chevaux malgré le tournant dont Jean fut le témoin au cours de la mécanisation… Les animaux de trait disparaissent ainsi progressivement des champs et les centres de formation n’apprennent plus aux jeunes maréchaux-ferrants la délicate technique du ferrage des bœufs à la française dans le traditionnel travail.

Mais grâce à l’audace de Monsieur Magrez, c’est toute une branche de la traction animale qui est en émulation aujourd’hui ! Et les maréchaux-ferrants, A. Fauquey et A. Vacher, qui officient déjà sur les chevaux de Frédéric Fardoux attachés au domaine, se sont prêtés à cette rencontre étonnante au cœur des Pyrénées.

Les sourcils se froncent…un bœuf représente huit fers, chaque pied est en effet composé de deux onglons aux parois très fines qui impliquent une grande précision du geste. Il s’agit aussi de forger des fers sur mesure dans une forge au charbon car le gaz ne chaufferait pas assez… Monsieur Ousset sourit devant la surprise des deux jeunes maréchaux ! Et oui : «  Ca paraît pas mais c’est du boulot ».

(Ré) introduire des bœufs dans la vigne implique une vraie démarche globale de réappropriation des savoirs. Au 14ème siècle, le domaine du château Pape Clément était déjà pilote en terme d’innovation en organisant la vigne en « règes » (en Bordelais, rangée de vigne palissée) afin de permettre le travail du sol attelé. Aujourd’hui, et toujours dans une optique d’excellence, tradition et innovation s’orchestrent ensemble afin de proposer aux papilles le meilleur de notre terroir … »

Tifenn Vital

 

3 réflexions au sujet de « Une histoire de transmission…, le ferrage des boeufs aujourd’hui, par Tifenn Vital »

    1. Merci pour ce soutien. La plupart des bouviers de France collaborent chaque jour au site, et c’est à eux que je transmets ces compliments.
      N’hésitez pas à nous faire connaitre auprès des gens passionnés et à nous faire passer des infos.
      cordialement et au plaisir.ABA

  1. très beau commentaire
    passionné d’outils anciens et un copain me ramène de détection des fers de toutes sortes et je me posais la question sur le nombre de fer d’un bovin
    réponse faite MERCI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *