1 16 17 18 76

Traction bovine en Colombie, communication de Pascal Durand

IMG-20200721-WA0020

Pascal Durand, paysan utilisateur de bovins de travail, a travaillé sur des projets de développement agricole en Amerique du sud et en particulier au Mexique.

Aujourd’hui revenu sur sa ferme à Gentioux-Pigerolles dans la Creuse, il nous communique ces très intéressantes photos d’attelages en Colombie partagées sur les réseaux sociaux avec des contacts qu’il a conservé dans le pays.

IMG-20200722-WA0044

IMG-20200722-WA0006

IMG-20200722-WA0007

IMG-20200722-WA0027

IMG-20200722-WA0051

IMG-20200722-WA0052

IMG-20200722-WA0062

Demande de participation à l’enquête internationale menée sur les bovins utilisés pour la traction animale par Claus Kropp

2019 EMA 28

M Claus Kropp , directeur du centre de recherche en archéologie et laboratoire en plein air de Lauresham à Lorsch , en Allemagne (Hessen ), institution qui utilise des bovins en traction animale pour étudier les différents types de charrues araires , attelages , harnachements de l’époque, lance une enquête internationale auprès des musées , fermes pédagogiques , écomusées , musées de plein air pour inventorier les bovins et le descriptif des différentes techniques utilisés en traction animale; harnachements ( jougs ou colliers) et de logement des animaux.

Le formulaire-réponse figure ci-dessous et vous pouvez télécharger le document PDF ici Enquète sur les bovins utilisés pour la traction animale.

Merci de bien vouloir participer à cette enquête menée au niveau international et relayée par les différentes institutions membres de l’AIMA dont l’AFMA .

 Enquète sur les bovins utilisés pour la traction animale

Claus Kropp , directeur du centre de recherche en archéologie et laboratoire en plein air de Lauresham à Lorsch , en Allemagne (Hessen ), institution qui utilise des bovins en traction animale pour étudier les différents types de charrues araires , attelages , harnachements de l’époque, lance une enquête internationale auprès des musées , fermes pédagogiques , écomusées , musées de plein air pour inventorier les bovins et le descriptif des différentes techniques utilisés en traction animale .

Cette enquête pourra faire l’objet d’une publication/livre de synthèse, dont un exemplaire serait destiné a chaque participant .

Ci-dessous quelques questions auxquelles il vous est demandé de répondre et de retourner ce document en direct à C.Kropp .

Rayer les mentions inutiles.

D’avance merci .

___________________________

A remplir en lettres capitales svp

1. Combien de bovins utilisez vous en traction animale ;

___Males,

___ Femelles ,

Race(s) : _____________

How many draft cattle do you keep (male,female, breed)?

2.Comment utilisez vous ces bovins :

En simple présentation – exposition vivante de la race,

travaux agricoles (décrire )___________ ,

débardage en foret ,

services à la ferme ou en public ,

formation professionnelle à la traction, autres ( décrire )_______________

For what purposes do you use your animals (just showing the breed; agriculture; in the forest etc.; community service, skill

training)?

3.Logement des bovins :

Les bovins sont ils logés dans un lieu et bâtiment historique, décrire : ________________________

OU en étable récente : _______________

How do you house the animals (on site in historic context or in modern alternatives)?

4. Quels type de harnachements utilisez vous ? Décrire :

Jougs:_____________

Collier à 3 appuis _____________________,

Autres ________

et pourquoi ? : ______________

What kind of harness do you use (yoke, 3pad-harness …) and why?

5.Quelle importance accordez vous à l’utilisation des bovins attelés dans votre programme didactique et pour l’information

du visiteur___________________________________________________ ________________

__________________________________________________________________________________________________

How important are the draft cattle within your overall didactic concept and for the visitor experience?

Votre NOM ____________________________ Prénom ____________________________

Structure , Institution _________________________________________________________________________

Privé oui / non

Adresse complète ____________________________________________________________________________

________________________________________________________________________________________________

Code postal_________________________

Lieu dit _____________________________________

Ville / Village/ Commune ________________________________________________

Pays ____________________________

adresse mail :___________________________________________________________________

Formulaire à retourner si possible avec une présentation générale de votre ferme, ou musée, lieu , et éventuellement accompagné de photos oui – non à :

 c.kropp@kloster-lorsch.de

et copie possible à contact@afma.asso.fr

 

Claus Kropp

Leiter Freitlichtlabor Lauresham

Verwaltung der Staatlichen Schlösser und Gärten Hessen

UNESCO-Welterbestätte Kloster Lorsch

Nibelungenstrasse 32

D 64653 Lorsch

Allemagne

Tel.: 06251 / 869 20

Saison 2020 de la ferme à l’ancienne chez Maryse et Michel Berne, Bourg Argental (42)

 musée michel berne 200

Maryse et Michel Berne (rouvrent leur musée agricole pour la saison 2020.

N’hésitez pas à faire un détour par Bourg-Argental dans le parc du Pilat, à 1h 15 de Lyon, 35 minutes de l’autoroute A7 et 30 kilomètres de Saint Etienne, pour découvrir leur ferme de montagne, leur musée et rencontrer deux passionnés dont la gentillesse est à la hauteur de leur investissement dans l’attelage des bovins, la sauvegarde du patrimoine agricole et le maintien des savoir-faire.

Attention, le musée est fermé le dimanche.

Contact, Maryse et Michel Berne:

04 77 39 60 75

maryse1955@hotmail.fr

A vendre paire de boeufs Salers et chars à boeufs à deux roues, Pionsat (63)

Michel Dupoux vend une paire de boeufs Salers dressés de 12 ans.

Ils ont fait près de 200 manifestations et sont habitués à toutes sortes de conditions d’environnement.

Ils travaillent au labour, à la faucheuse, à la lieuse, au charrois.

Monsieur Dupoux vends aussi des « chassines » qui sont des chars à deux roues dont les fourragères cintrées passent au dessus du dos des boeufs.

Contact:

Dupoux Michel, place de l’église 63330 Pionsat

06 15 77 12 51

04 73 52 46 70

Jougs, contre jougs, le catalogue de l’exposition (1993/1994), Ecomusée de Savigny-le-Temple (77)

11ème rencontre des bouviers

En 1993-1994, l’Ecomusée de Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) présentait l’exposition « Jougs, contre Jougs ».Cette exposition était une initiative de l’AFMA (Fédération des Musées d’Agriculture et du Patrimoine Rural), du musée national des Arts et Traditions populaires, avec le CNRS et bien-sûr de l’Ecomusée de Savigny-le-Temple, pour son financement.

« Cent jougs des provinces de France » étaient proposés à la découverte des visiteurs mettant en valeur leurs variations typologiques et les travaux effectués par les bovins ainsi attelés. Les jougs provenaient des collections du musée national des ATP mais aussi de très nombreux musées ruraux à travers la France.

Depuis lors, aucune exposition de cette importance n’a été réalisée. Le musée national des ATP a reçu le legs de la très importante collection de jougs rassemblée par Jacques Leclerc et est devenu, en 2013, le musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem). L’Ecomusée de Savigny-le-Temple a été dissout et ses collections en partie conservées aujourd’hui au musée départemental de Seine-et-Marne à Saint-Cyr-sur-Morin.

En accord avec les organisateurs et notamment Edouard de Laubrie, à cette époque commissaire-adjoint de l’exposition et aujourd’hui responsable du pôle « agriculture & alimentation » au Mucem et par le biais de Pierre Del Porto, Président de l’AFMA qui en a réalisé la copie, vous trouverez le fac-similé du catalogue de cette exposition, présenté ici en deux parties.

Un grand merci à tous ces acteurs, de permettre de partager ce document qui, sans eux, serait resté confidentiel et oublié.

Pour les découvrir, cliquez sur les liens ci-dessous:

fichier pdf Jougs, contre Jougs 1993 Part 1

fichier pdf Jougs, contre Jougs 1993 Part 2

Patrick Flèche, (23)

patrick Flèche FB asso La Ferrandaise (5)

Voici mon parcours, il est petit mais c’est le mien.

Je suis né en 1960 et, enfant, j’ai vu un tombereau lié à deux vaches. Cela m’a plu et je me suis dit qu’un jour j’aurai mon attelage.
A neuf ans, j’ai récupéré mon premier joug: il était au grand-père de mon grand-père.
Je ne travaillais pas dans le milieu agricole, mais voici quinze ans, je me suis dit qu’il était temps de mettre mon projet en route car j’avais peur que bientôt plus personne ne puisse me montrer.
patrick Flèche FB asso La Ferrandaise (2)
Comme je suis abonné au magazine « Sabots », j’ai connu l’existence de Philippe Kuhlmann et de l’Ecomusée d’Alsace. Je m’y suis rendu plusieurs fois pour voir si cela me plaisait vraiment et si j’étais capable de mener des bovins, bien que j’attelle des chevaux depuis 1987.
J’ai donc ensuite acheté deux velles Ferrandaises que j’ai fait dresser par Philippe, puis une génisse et un boeuf, que je n’ai pas gardé, car je ne m’en sortais pas avec lui!!!
Par la suite, je suis tombé malade et j’ai donc moins pratiqué.
 
Je mets encore quelques fois le joug pour le plaisir et pour sortir quelques branches.
patrick Flèche FB asso La Ferrandaise (3)
.
patrick Flèche FB asso La Ferrandaise (6)
Je faisais les pieds, mais elles ne donnent plus les postérieurs .
Etant un conservateur du patrimoine, je cherchais depuis très longtemps un travail pour le « fun ». Je viens d’en récupérer un ancien. Après remontage, je vais l’utiliser pour faire les pieds.
patrick Flèche FB asso La Ferrandaise (4)
.
patrick Flèche FB asso La Ferrandaise (1)
 

Les Galvachers, meneurs de boeufs du Morvan, sur le site « Eulglod »

Attelage Morvan

Découvrez sur le site de Claude Minard, « Eulglod » en cliquant iciun article assez complet consacré aux Galvachers du Morvan, meneurs de boeufs qui louaient leurs services hors de leur pays pour pouvoir vivre. 

Document PDF : Les Galvachers

Merci à lui.

galvachers p berte langereau 8 ok

Vente de la collection de matériels en traction animale à boeuf et à cheval de Jean Bartin, Vierzon (18)

jb2ok

Jean Bartin de Vierzon était une figure incontournable de l’attelage des boeufs et de l’attelage en général.

Suite à son décès, la famille se sépare de l’immense collection rassemblée depuis de plusieurs décennies.

De nombreux matériels en parfait état sont disponibles.

Le matériel concernant les bovins est bien sûr en nombre.

Voici une liste non exhaustive des différents matériels:

  • Jougs
  • Charrues
  • brabant
  • faucheuse à boeufs
  • faucheuse à chevaux
  • faucheuse lieuse
  • bétaillère à cheval
  • gerbières
  • gros char à 4 roues
  • tombereaux, etc…
Harnais chevaux pour loisir et travaux agricoles.
Voiture d’attelage à 2 roues et 4 roues dont mail coach, Landeau, voiture anglaise…
Contact:
Christelle De Freîtas 
cjdefreitas@orange.fr
06 13 59 75 94
.
20200603_160049
.
20200603_155544
.
20200603_155712
.
20200603_155739
.
20200603_160041
.
20200603_160422

Reportage photo sur la fabrication d’un joug à Anost (71) en 1977

retravaillées logo lai pouèlée (1) 

Merci à Philippe Berte-Langereau de nous communiquer cette belle série de photos retrouvées dans les archives de « Lai Pouèlée » par son fondateur Pierre Léger.

Ce reportage photographique a été réalisé en 1977 à Varin sur la commune d’Anost en Saône et Loire, chez Raymond Garnier lors de la fabrication d’un joug dans du hêtre qui était resté quarante ans dans un « èzu » (une mare pour rouir de chanvre).
Photos de Louis Jouvet et Philippe Berte-Langereau.
Voici aussi la vidéo qui l’accompagne.

retravaillées logo lai pouèlée (2)
retravaillées logo lai pouèlée (10)
retravaillées logo lai pouèlée (3)
retravaillées logo lai pouèlée (5)
retravaillées logo lai pouèlée (6)
retravaillées logo lai pouèlée (11)
PICT0039
PICT0060
PICT0061
retravaillées logo lai pouèlée (23)
retravaillées logo lai pouèlée (8)
retravaillées logo lai pouèlée (4)
retravaillées logo lai pouèlée (7)
retravaillées logo lai pouèlée (20)
retravaillées logo lai pouèlée (21)
retravaillées logo lai pouèlée (24)
retravaillées logo lai pouèlée (25)
retravaillées logo lai pouèlée (26)
retravaillées logo lai pouèlée (27)
retravaillées logo lai pouèlée (28)
retravaillées logo lai pouèlée (29)
retravaillées logo lai pouèlée (30)
retravaillées logo lai pouèlée (31)
retravaillées logo lai pouèlée (33)
retravaillées logo lai pouèlée (34)
retravaillées logo lai pouèlée (35)
retravaillées logo lai pouèlée (37)
retravaillées logo lai pouèlée (15)
retravaillées logo lai pouèlée (38)
retravaillées logo lai pouèlée (17)
retravaillées logo lai pouèlée (18)
retravaillées logo lai pouèlée (36)
retravaillées logo lai pouèlée (9)
retravaillées logo lai pouèlée (12)
.
retravaillées logo lai pouèlée (32)

RÉQUISITION DE BOEUFS EN PAYS CLUNYSOIS PENDANT LA REVOLUTION FRANCAISE, par Maroussia Laforêt

Une histoire de bœufs et de bouviers…

Voici un document qui peut intéresser les amateurs d’animaux de trait et d’attelages.

Venu directement de la fin du XVIII° s., le passage que je vous propose est à la fois anodin et fugitif : quelques mots cachés au cœur de deux délibérations de la ville de Cluny datées de 1795, simples compte-rendus des conseils municipaux de l’époque, qui nous en apprennent finalement beaucoup de la vie quotidienne en Bourgogne du Sud, et plus particulièrement dans le Clunysois il y a plus de deux siècles.

La langue française de 1795 a été conservée dans la transcription (p. 1 à 3), qui reste lisible quoique parfois surprenante question orthographe et ponctuation.

Les passages surlignés en gras font directement allusion à la réquisition des bœufs.

Première délibération : « Boeufs » – feuillet 129

25 nivose an III de la République GUICHARD maire PONIEL LAROCHE ADNOT, MUTIN GUILLEMIN officiers municipeaux, DEBEAUX DUTTRION BARBET FERRIERE PETITJEAN PERRIER et PIRET notables ont paru à la maizon commune […]

boeufs cluny maroussia image 1

De suite un membre a observé qu’à l’exécution de l’arreté du departement du sept du présent mois, et celui du district du dix-sept, on devait […faire la repartition des quatorze bœufs et cinq bouviers qui doivent être levés dans notre canton. Les dits bœufs nantis de deux jougs chaque paire que cette répartition devoit être faitte dans le vingt-quatre heures sont ensuite à se concerter pour le tout avec les officiers municipaux de tout le canton sur les différentes mezures qui pourraient entraver cette operation nottament sur la fourniture de cinq bouviers et qu’en même tem il falloit nommer un expert qui serait chargé de faire l’estimation des dits bœufs et harnais conjoinctement avec celuy du district et un de la part du propriétaire des bœufs sur quoy déliberant le cytoyen MUTIN faizant les fonctions d’agent national en l’absence du cytoyen CHARLES entendu il a été arrété que la repartition des dits quatorze bœufs demeuroit faitte ainsy que suit cluny en fournira deux Pont sur Grosne Mazille Bergesserin et Curtil deux Donzy le National Buffiere et Garde deux Lavineuze Massy deux Cortambert Blanot et Donzy le Pertuis deux Jallogny et Chateau deux et Lournand deux en tout quatorze lesquelles communes seront tenues de faire les dittes fournitures

boeufs cluny maroussia image 2

le plutot possible chaque paire de bœuf ayant deux jougs garnis de leurs agrais pour le trait en telle sorte qu’ils puissent être rendu au chef lieu c’est adire à cluny dans la 8ne [huitaine] de la notiffication qui leurs sera faitte de la prezente déliberation et être estimé par le citoyen DUMONT ainsi que la commune nomme pour expert conjointement avec celuy du district et celuy quil plaira au propriétaire de choizir en prézence de deux officiers municipaux qui dresseront procès verbal de cette operation et de suitte il sera tiré mandat sur le receveur du district pour obtenir payement lequel mandat sur le viza du district sera de faitte acquitté et ont tous les membres

signé la prezente ledit jour étan.

Suivent les signatures du maire, des officiers municipaux et des notables de la ville de Cluny

boeufs cluny maroussia image 3

Seconde délibération : « Procès verbal réglé contre les communes qui nont pas fourni leurs contingents de bœufs » – Feuillets 131 et 132

Aujourd’hui 14 pluviose an III, sur les cinq […] de relevées nous maire et officiers municipaux de la commune de cluny nommés par l’arrêtte du district de macon du 27 nivose pour faire la repartition entre les communes de ce canton du contingents des bœufs jougs et bouviers qu’elles étaient dans le cas de fournir d’après larrête du Comité de Salut public du 19 brumaire dernier le dit contingent déterminé pour notre canton à une quantité de quatorze bœufs par autre arrêtté du district du 17 nivose, nous maire et officiers municipaux après avoir fait la repartition entre les dites communes le 25 dudit mois de nivose leur avait fait parvenir les ordres et instructions tendantes à leur faire fournir leur contingent chacune en cequi les concerne et leur avait a cet éffet de se trouver cejourdhuÿ et faire trouver leurs bœufs garnis de leurs jougs avec leurs propriétaires leurs experts pour conjointement avec REBOUX expert nommé par le district, et DUMONT ainé nommé de notre part faire l’estimation des dits bœufs et jougs et recevoir ensuite le montant de la dite estimation un mandat par nous signé par le receveur du district. La commune de cluny à fourni les deux céans [ici], celles de Blanot Cortambert et Donzy le Perthuis deux, celles de Lavineuse et Massy deux, quant aux autres communes aucunes non présenté ni donné leurs motifs à l’exception de Joseph DECHAISE de Donzy Lenational et qui sans être assisté d’officiers municipaux en droit ni de

boeufs cluny maroussia image 4

ceux des autres communes aux quelles il etait soumis en a présenté deux garnï d’un seul joug mauvais, lesquels dits bœufs ont été refusés par les experts REBOUX et DUMONT pour cause de deffectiosité dont et dutout nous commissaires cette part avons réglés le présent procès verbal du jour et au susdit troisième année républicaine et nous sommes soussignés avec les dits REBOUX et DUMON experts.

Suivent les signatures du maire, des experts, des officiers municipaux et des notables de la ville de Cluny 

Il s’agit de l’une des rares mentions concernant des bœufs dans les Délibérations Municipales D1 conservées aux Archives Municipales de Cluny. On est 1795, « année de la faim », en pleine tourmente révolutionnaire, pendant la Convention: les dates de ces deux délibérations, 25 nivose an III (janvier 1795) et 14 pluviose an III (février 1795), correspondent à une période de privations et de réquisitions pour les habitants de Cluny et des alentours.

« 14 paires de bœufs munis de jougs, deux paires par attelage, avec harnais et  agrais pour le trait ».

Très peu d’informations. Pas d’explication complémentaire. On aurait pu penser, à première lecture, que ces 14 bœufs, avec jougs, harnais et agrès (liens en cuir et/ou corde et anneaux de traction en cuir ou bois torsadé, appelés cordets dans la région) pouvaient être destinés aux labours. Or nous sommes en plein hiver, en janvier et février 1795, un froid exceptionnel s’installe dans tout le Clunysois : « La glace tient la Grosne et empêche le jeu des moulins qui sont arrêtés », et « les amas de neige couvrent l’horizon ». De plus, cette réquisition se fait en plus dans l’urgence. Il faut donc chercher une autre cause que celle d’un hypothétique travail agricole, car les sols sont gelés sur une belle épaisseur.

boeufs cluny maroussia image 5 Collect marie thérèse prost tous droits réservés

Collection M.-Thérèse PROST

Tous droits réservés

C’est dans le contexte de ces années révolutionnaires qu’il faut chercher une éventuelle explication. On a brûlé les terriers seigneuriaux sur la place de la Foire de Cluny en haut de la rue du Merle le 28 septembre 1793, et depuis cette date, la commune procède régulièrement à des réquisitions de subsistances, notamment de grains : « froment, orge, gesses (une légumineuse ressemblant aux pois), turquis (maïs) et seigle ». Dans l’hiver 1793-1794, on les entrepose dans l’église Notre-Dame, et ces céréales sont destinées à nourrir les indigents, environ 5% des 4 000 habitants de cette ville qui, fin XVIII° s., « sont dans une disette effroyable ».

En janvier 1794, le district de Mâcon exige des communes du canton de Cluny des grains, des légumes, de la paille et même « 21 bœufs gras et 4 vaches », ainsi que « tous les cochons tant morts que vifs ».

En mars suivant, on recense « tous les bœufs qui ne sont pas nécessaires à la culture ». La commune a ordre également de fournir du blé pour « les armées et la ville de Paris ».

Ces réquisitions rendues obligatoires par le Comité de Salut public, qui sont destinées à l’approvisionnement des armées et de Paris, sont mentionnées à plusieurs reprises, de façon d’autant plus insistante que nous sommes en hiver, on sait que la « soudure » sera difficile. Les grains se font rares, la crise économique s’installe et les prix augmentent. Les paysans évitent de vendre leur récolte, spéculant sur une éventuelle flambée des cours. Au printemps 1795, le marché de Cluny est vide. Aucun paysan des communes voisines ne vient proposer son grain. La crise de 1795 couvait en fait depuis un moment…

On peut donc penser que cette réquisition de 14 bœufs avec « deux jougs par paire avec harnais et agrès » semble avoir été ordonnée pour transporter les céréales réquisitionnées jusqu’à Mâcon, afin de répondre aux ordres du district et alimenter l’armée et Paris. L’opération ne doit rien au hasard : la répartition se fait par village, y compris la ville de Cluny qui fournit une paire de bœufs (en 1795, les 2/3 de la commune « sont couverts en bâtiments, vignes ou prés »), mais si la Grosne est gelée, la Saône doit l’être également, et les transports par voie fluviale sont sans doute compromis. L’hypothèse est d’autant plus vraisemblable qu’on adjoint à cette réquisition 5 bouviers, capables de mener les charrois.

L’opération est surveillée de près par des Commissaires aux Subsistances et des experts. Les propriétaires sont convoqués. Pour finir, trois paires de bœufs seulement sont livrées. Les communes défaillantes n’ont pas donné d’explications. On devine que les paysans traînent les pieds…

Dans ce contexte, Joseph DECHAISE, cité dans la seconde délibération, fait-il preuve de mauvaise volonté en ne fournissant qu’un seul joug ? N’a-t-il réellement qu’un « joug mauvais » à présenter, alors qu’il est propriétaire de son attelage et qu’il appartient à la catégorie la plus aisée des paysans, celle des laboureurs ?

La défection de plus de la moitié des communes et cette histoire de joug défectueux vont vraisemblablement dans le sens d’une résistance des communautés villageoises au printemps 1795, preuve que la situation se tend, prémisses d’une agitation populaire rurale mais aussi urbaine qui éclatera à la fin du printemps. Ainsi, en juin 1795, à Cluny, la municipalité interdit « le chant des Marseillais », les attroupements, et le tapage nocturne après minuit. Il y a même des patrouilles dans la ville pour garantir la sécurité publique de 7 h. du soir à 3 heures du matin.

Sources : Délibérations de la ville de Cluny

Archives Municipales – D1

27 juillet 1793 – 19 messidor an III

Maroussia LAFORET

1 16 17 18 76