< 1 2 10

Liens utiles pour ceux qui s’intéressent à la traction bovine

Cette articles rassemblent des liens utiles  pour ceux qui s’intéressent à la traction bovine.

On y trouve des personnes, associations, des structures de formation, du matériel, des documents de référence…

Si vous remarquez un lien inactif ou que vous souhaitez en partager un nouveau, faites-le nous savoir. Cette article ne demande qu’à s’enrichir avec le temps et les contributions de chacun.

Associations et réseaux

Structure de la traction animal : Entreprise, Ferme, parc, formation, écomusées…

Site de référence, documentation…

Matériel et sellerie

Photographes

Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne par Maurice Miara 2025

Voici la thèse réaliser par Maurice Miara ainsi que la vidéo de la soutenance « Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne » en 2025 qui nous a autorisés le partage.

N’hésitez pas à contacter l’auteur pour plus d’informations sur son travail ou d’éventuels collaborations. Par ailleurs, si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à contacter le réseau Cheval & SHS, plusieurs chercheurs et doctorants travaillent sur ces sujets.

Résumer : 

Dans un contexte de prise en compte des enjeux environnementaux, de nombreux agriculteurs écologisent leurs pratiques et s’orientent vers une agroécologie forte. Se développant sous des formes alternatives, ils remettent en question le productivisme, et interrogent nos rapports à la croissance, à la modernité et au progrès. Parmi ces pratiques agricoles alternatives, la traction animale connait un regain d’intérêt et évite de nombreux écueils de l’agriculture conventionnelle. Bien que cette pratique demeure marginale et soit perçue comme folklorique, nous constatons une augmentation du nombre d’installations, notamment des néo-paysans en maraîchage et en viticulture.Ce travail vise à analyser le potentiel de la traction animale agricole en France à s’inscrire comme une pratique durable et moderne dans une perspective de transition agroécologique. En s’appuyant sur l’agronomie systémique, en particulier sur le cadre de l’analyse de pratique, 67 entretiens ont été menés, dont 33 fermes. L’objectif est de comprendre les caractéristiques de la pratique, d’évaluer la durabilité des fermes la mobilisant et d’analyser les conditions de son développement.Les agriculteurs rencontrés sont majoritairement des néo-paysans, animés par une quête de sens et des motivations politiques et de passion pour les équidés. On observe une prédominance de petites fermes, engagées vers une forte écologisation de leurs pratiques. La traction animale occupe souvent une place centrale dans ces systèmes, guidant les choix stratégiques et permettant d’affirmer l’identité paysanne du projet. C’est une forme de coproduction avec le vivant. Par ailleurs, les fermes évaluées à l’aide de la méthode IDEA4 présentent des scores élevés de durabilité, en particulier pour les dimensions agroécologiques et socio-territoriales. Même dans la dimension économique, les fermes ont des résultats équivalents à la moyenne, démontrant la viabilité de ces modèles.Pour autant, la traction animale peine à émerger comme une pratique reconnue et crédible. Les tensions entre les différents acteurs de la communauté de pratique, combinées à son caractère marginal, participent à son invisibilisation. Son utilisation s’inscrit pourtant dans une forme d’innovation, la rétro-innovation, et apparaît comme moderne et durable afin de répondre aux défis de la transition agroécologique.Cette thèse analyse ainsi la réappropriation d’une pratique ancienne par des paysans engagés dans une écologisation de la société, redéfinissant nos rapports aux vivants et s’inscrivant dans une modernité alternative et durable. Les résultats soulignent la pertinence de cette forme d’agriculture alternative et son inscription au sein de la transition agroécologique.

Maurice Miara. Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne. Géographie. Université de Toulouse, 2025. Français. ⟨NNT : 2025TLSEJ030⟩. ⟨tel-05294495⟩.

Contact : maurice.miara@gmail.com

Lien pour retrouver la thèse : https://theses.hal.science/tel-05294495

Document PDF : Miara_Maurice_2025

Soutenue publiquement et enregistrée à l’Institut Agro, amphithéâtre Camille Moule, Rennes : 

Ecole doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures. UMR LISST-DR.

Financements : ANRT, CS Filière équine, Fonds éperon. Convention Cifre avec l’Institut national des équidés de travail.

Direction de thèse : M. Mohamed GAFSI, Directeur de thèse, ENSFEA M. Philippe BOUDES, Co-directeur de thèse, L’institut Agro Rennes-Angers Jury : M. Michel STREITH, Président, Université Clermont Auvergne Mme Claire LAMINE, Rapporteure, INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur Mme Estelle DELEAGE, Rapporteure, Université de Caen Normandie Mme Soazig DI BIANCO, Examinatrice, L’Ecole supérieure des agricultures M. Christian MOUCHET, Examinateur, Institut Agro Rennes-Angers.

Table des matières

Chapitre 1. La traction animale, état des lieux d’une réappropriation marginalisée

I. Caractéristiques et enjeux de la traction animale 
II. L’impensé de la traction animale : un trou noir de la recherche 
III. Problématique et questions de recherches 

Chapitre 2. Une approche systémique qui saisit l’ensemble de la traction animale. Analyse de pratique, repaysannisation, agroécologie et rétro-innovation 

I. L’agronomie systémique : cadre méthodologique 
II. Le cadre de l’agronomie systémique amendé : une approche de l’opportunité et de la modalité 
III. Approche de l’efficacité par l’évaluation de la durabilité 
IV. Comment objectiver le développement d’une innovation paysanne ? 

Chapitre 3. Démarche et méthodologie 

I. Un échantillonnage à plusieurs niveaux : présentation des corpus 
II. Une méthode de collecte principalement qualitative et basée sur l’entretien 
III. De la singularité à la montée en généralité : traitement des données brutes 

Chapitre 4. Mobiliser la TA, un marqueur identitaire ?

I. Des néo-paysans en quête de sens 
II. Les raisons de l’adoption de la pratique : des volontés personnelles et politiques
III. La traction animale s’insère dans des projets de production agroécologique 
IV. Modalité de la pratique : Dans quels modèles agricoles s’insère la traction animale ? 
V. Coproduire avec un autre être vivant : l’attraction animale 
VI. Des choix stratégiques graduels par rapport à la pratique 

Chapitre 5. Des systèmes de production agroécologiques et durables 

I. Avant-propos sur l’usage d’IDEA4 au sein de ce travail
II. Des fermes avec des performances agroécologiques élevées 
III. Une implication socio-territoriale forte 
IV. « Ça ne doit pas être très rentable quand même ». Analyse des performances économiques
V. Caractéristiques générales de la durabilité des fermes en traction animale 

Chapitre 6. Analyse des conditions de développement de la pratique 

I. La nécessaire structuration des acteurs de la pratique 
II. « C’est nous le futur ». Revendiquer la modernité 
III. Dépasser les contraintes spécifiques à la traction animale 

Chapitre 7. Discussion générale

I. Une approche d’agronomie systémique qui positionne la traction animale dans le champ des pratiques paysannes 
II. Une proposition de société sympoiétique, durable et moderne 
III. Quelles perspectives pour la traction animale ? 

Conclusion 

Fiche technique « Bien réussir la manipulation des bovins Percevoir, comprendre, communiquer » de la FiBL

 

La fiche technique « Bien réussir la manipulation des bovins: percevoir, comprendre, communiquer  » transmet les bases des perceptions sensorielles et de l’apprentissage des bovins domestiques et montre comment les éleveurs d’un cheptel peuvent créer une relation positive avec leurs bovins.

 

Pages : 28
Authors : Johanna Probst, Anet Spengler Neff
Publisher(s) : FiBL
Year of publication : 2024
Publication Format : Technical guide
Version : Professional print / Download
Language : French
DOI : 10.5281/zenodo.10694029
Item no. : 1659

 

Document PDF : 1659-manipulation-bovins

Site du FiBL : https://www.fibl.org/fr/ 

Reportage photo de Léonnie Biteau lors de la Rencontre des bouvières et bouviers en Creuse (23) 2024

Voici le reportage photographique qu’a réalisé en 2023, Léonnie Biteau et avec la participation d’Edith Papin  lors de la rencontre internationale des bouvières et bouvier de France et d’ailleurs. 

Jour 1 :

Rencontre des bouvières et bouviers

Jour 2

Jour 3 et 4

« Le point sur les harnais pour la traction animal » ouvrage de Thierry Duchenne (GRDR), Gret

  • Le point sur les harnais (jougs et harnachement) pour la traction animal.

Le point sur les harnais pour la traction animale est un ouvrage pratique qui présente les différents types de jougs et de harnachements utilisés. Des illustrations et des explications montrent comment ils sont conçus et utilisés.

______________________

L’énergie animale constitue avec  l’énergie humaine l’essentiel de l’énergie employée en agriculture dans les pays en voie de développement.

Mais comment utiliser au mieux cette énergie  ?

Dans un premier temps, il nous a donc semblé important de synthétiser les informations disponibles sur l’évolution historique de l’attelage et sur la conception des harnais en Occident et particulièrement en France ; nous verrons par ailleurs les limites aux possibilités de transfert de la technologie française de fabrication des harnais pour les pays en développement.

Dans un second temps, nous nous consacrerons essentiellement aux harnais pour bovidés et équidés à usage agricole. Une référence particulière sera faite aux camélidés au chapitre Modèles et plans de fabrication.

______________________

SOMMAIRE

INTRODUCTION

  1. DEFINITIONS
    1. Attelage et harnais
    2. Rôle des harmais dans la composition de l’effort de traction
    3. Lexique
  2. HISTORIQUE EN FRANCE
    1. L’Antiquité
    2. Du Moyen Age au XVIème siècle
    3. Du XVII au XIXème siècle
    4. Le XXème siècle
  3. TYPOLOGIE
    1. La fonction de l’attelage
    2. Le mode de transmission des forces
    3. Exemples
  4. ETUDE THEORIQUE DU TRAIT ET DES HARNAIS
    1. Les bovides
    2. Les équidés
    3. Les attelages multiples
    4. Traction animale pour l’élevation de l’eau
  5. CONCEPTION
    1. Utilisation du harnais
    2. Règles générales
    3. Conception et fabrication des harnais en France
    4. Conclusion
  6. MODELES ET PLANS DE FABRICATION
    1. Harnais pour bovides
    2. Harnais pour équidés
    3. Harnais pour camélidés
    4. Attelage multiple
    5. Choix des matériaux
  7. POSE DU HARNAIS ET GUIDAGE
    1. Pose du harnais
    2. Le guidage
  8. LES BLESSURES PREVENTIONS ET SOINS
    1. Prévention
    2. Soins
  9. DES EXPERIENCES ET DES COMPETENCES
    1. Information sur les harnais en France
    2. Information sur les harnais pour les pays en développement

EN CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

______________________

  • Thierry Duchenne (GRDR), Gret
  • Éditeur : Éditions du Gret
  • Collection Le point sur…, 5
  • Langue : Français
  • Année : 1984
  • 130 p.
  • ISBN : 978-2-8684-4003-7

Lien directe pour télécharger le document : Le point sur le harnais 

Document PDF : Le-point-sur-les-harnais

Présentation du livre Jarmi / Yokes (2024)

Jarmi

Jarmi / Yokes est une monographie scientifique publiée en 2024 par le Musée ethnographique slovène (Slovenski etnografski muzej).

 

  • Titre : Jarmi / Yokes
  • Auteur : Inja Smerdel
  • Éditeur : Slovenski etnografski muzej (Musée ethnographique slovène)
  • Date de publication : 2024
  • Langues : slovène et anglais
  • ISBN : 978-961-6388-95-5 / 961-6388-95-9
  • Droits : Tous droits réservés

.

Ce livre, rédigé en slovène et en anglais, porte sur les jougs (jarmi), outils traditionnels en Slovénie utilisés pour atteler les bovins, principalement les bœufs. Il présente l’histoire et les types de jougs, en abordant aussi leur fabrication et leur rôle culturel, notamment dans les traditions paysannes.

La travail qu’a réaliser l’autrice se compose de trois parties : la première partie traite de questions théoriques et historiques, la deuxième partie présente des résultats comparatifs sur les jougs, avec une analyse de la collection du SEM et d’autres découvertes sur le sujet, et la troisième partie se concentre uniquement sur les bœufs et les relations homme-bœuf (d’après ses recherches sur le terrain) ; entre la matière et le spirituel, la terre et le ciel, des processus de travail quotidiens, leur place dans les contes populaires, etc. Le musée a décidé de ne publier que la deuxième partie, que vous avez maintenant sous la main sous le titre JARMI / YOKES. La monographie complète est également en attente de publication (probablement l’année prochaine), hélas ! uniquement en slovène…

.

Voici le document PDF du livre pour consultation directe.

Version d’origine : fichier pdf jarmi yokes inja smerdel https://www.etno-muzej.si/wp-content/uploads/jarmi_web.pdf 

Impacts du matériel de traction sur les os, muscles et articulations du bovin

ostéo 1

Impacts du matériel de traction sur les os et articulations du bovin

 

En bleu (sur les illustrations) : les zone qui seront impactées par le matériel de traction.

 

Collier :

– Cervicales basses

– Garrot

– Sternum

– Scapula (omoplate)

– Articulation scapulo-humérale

.

Joug de garrot :

– Cervicales basses

– Garrot ++

– Sternum

– Ligament nuchal +

.

Joug de cornes

– Crâne

– Atlas (1er cervicale)

– Ligament nuchal

– Bourses atloïdienne et axoïdienne

.

Ostéo 2

Impacts du matériel de traction sur les os et articulations du bovin

Collier : 

– Brachio-céphalique

– Omo-transversaire

– Sterno-céphalique

– Dentelé du cou

– Rhomboïde

– Trapèze cervical

– Fascia cervical

.

Joug de garrot

– Dentelé du cou

– Rhomboïde

– Trapèze cervical

– Splénius 

– Semi-épineux 

– Longissimus

– Fascia cervical

Joug de cornes

– Muscles de la nuque

ostéo 3

Autre impact du matériel de traction bovine

Le collier et le joug de garrot pourront également avoir un effet sur la trachée et l’œsophage en les compriment ou du moins sur les fascias qui les entourent. Ils pourront également impacter le nerf phérique, nerf moteur du diaphragme (principale muscle de la respiration). 

.

Impacts du travail de traction en duo sur le bovin

Les principaux impacts se feront sur les structures suivantes : 

– Nuque

– Scapulas (omoplates) et muscles s’insérant dessus 

– Charnière cervico-thoracique et nerfs qui en proviennent 

– Bassin, muscles s’insérant dessus et nerfs qui en proviennent 

.

Quand faire appel à l’ostéo ?

– Traumatisme / accident

– Troubles locomoteurs, viscéraux, neurologiques, comportementaux

– Suivies de gestation et croissance

– Accompagnement lors de pathologie

– Suivi de l’animal de travail / sportif

– En prévention 

.

Le bien-être de votre animal au quotidien forge sa vitalité de demain.

.

 

ostéo 4

Laurie Menu (OA 1282)

David Menu (OA1284)

Osthéopathe pour animaux

Depuis 2017, les ostéopathes animaliers non vétérinaires doivent être inscrits au Registre National d’Aptitude (RNA) et avoir un numéro OA pour exercer légalement. 

La pratique de l’ostéopathie animal en l’absence d’inscription à ce registre expose à des poursuites pour exercices illégal de la médecine vétérinaire. Les ostéopathes animaliers non inscrit au RNA ne sont pas couvert par les assurances.

Retrouver le RNA sur www.veterinaire.fr.

Vous avez aimé cette présentation ? Soutenez nous en nous suivant sur nos réseaux ! 

Le site internet : LD-osteoanimaux.fr

Num de tél : 06.84.48.51.53

Sur Instagram : laurie_david_osteo_animaux

Par mail : LD.osteoanimaux@gmail.com 

 

Les araires gravés du Mont Bégo, une approche technologique et éthnologique, par Henri pellegrini

6 recadrée

L’archéologue amateur passionné et engagé Henri Pellegrini (Membre de (l ‘IPAAM)  Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes. Membre de (l’ASER centre Var). Président Honoraire d’ARCHEAM, Cercle d’Histoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes)

nous fait le grand privilège de nous accorder une seconde publication avec un texte sur les araires, paru dans le N° 1 de la revue Archéam, (Janvier 1994).
Il s’intéresse principalement aux peintures et gravures rupestres du monde entier, en archéologie.
Son attention est surtout d’analyser le mode d’harnachement et les caractéristiques des animaux et engins tractés, travois, chars, chariots, ainsi que les instruments aratoires utilisés depuis le néolithique à nos jours.
Un grand merci à lui pour sa collaboration.
Vous pouvez téléchargé le PDF fichier pdf en cliquant ici
1
2
3
4
5
6
7
8

Maison Michel-Clément, jougtiers-boisseliers à Charolles

Alice Michel-Fèbvre est l’une des filles de Claude Michel qui excerça le métier de fabricant de jougs à Vendenesse-les-Charolles dans un premier temps, puis à Charolles, rue Gambetta.

Alice Michel-Fèbvre nous propose un petit historique de l’activité de son père et de son grand-père, en nous livrant ses souvenirs.

Merci à elle pour cette participation.

« Mon grand-père, Pierre Clément né le 16 Octobre 1854, à Vendenesse-lès-Charolles, était installé sur la commune au lieu-dit « Molaise ». Il fabriquait des jougs pour la demande locale.

C’était un travail artisanal qui laissait libre cours à la forme particulière et personnelle qui s’adapterait le mieux à celle de l’animal pour lequel il était destiné, en l’occurence, les vaches et les boeufs Charollais. C’est ce qui fît la renommée du fabricant.

Pour exercer cette activité, il fallait une autorisation du directeur des contributions de l’arrondissement. En effet, le percepteur de Charolles, Monsieur P.Finaud, lui délivra l’avertissement-formule suivant:

« Monsieur Pierre Clément demeurant à Molaise sera redevable de la somme de 58 francs 90, pour exercer l’activité de marchand forain, n’allant pas à plus de 20 kilomètres de sa résidence à l’aide d’une voiture à quatre roues avec collier ».

Depuis, l’atelier de « Molaise » où travaillait Pierre Clément a été détruit au moment de la modification du tracé de la route Express dans les années 1980.

Après la guerre de 1914, Monsieur Claude Michel, né le 12 Août 1885 à Suin, revient au pays, miraculeusement épargné par l’horreur de la Grande Guerre, après sept ans sous les drapeaux, service militaire compris. La paix retrouvée, malgré sa formation d’électricien dans les ascenseurs à Paris, Claude Michel est attiré par son Charollais.

Il épouse en 1919 sa promise, Antoinette, née le 2 Août 1885 à Vendenesse-lès-Charolles. C’est précisément la fille de Pierre Clément, le fabricant de joug bien connu. Le jour venu, après avoir travaillé quelques années avec son beau-père, malgré sa formation d’électricien en ascenseur, il prend tout naturellement sa succession. Il s’installe à Charolles, rue Gambetta. Son atelier a été aussi détruit, il y a quelques année pour dégager une partie des remparts de la ville.

La fabrication de jougs se poursuit jusque dans les années 1950.

Claude Michel va en forêt choisir ses arbres, des hêtres et des bouleaux, il en effectue le cubage avec une étonnante facilité, lui qui se vantait d’aller à l’école uniquement le Jeudi, jour de repos de l’époque.  Le calcul mental semblait pour lui d’une évidente simplicité, tant il était doué.

Une fois la matière première repérée et achetée, les arbres étaient abattus à l’aide d’un immense passe-partout. Il avait ensuite recours aux services des rouliers messieurs Machillot ou Burtin de Charolles, avec leurs grands boeufs Charollais attelés pour effectuer le débardage.

Les troncs étaient alors déposés à la scierie Sabatier-Roberjon, route de Mâcon à Charolles, pour obtenir des sections de bois vert dans lesquels seront sculptés les jougs. 

A l’atelier, après avoir tracé des repères avec des gabarits, quelques ébauches étaient données à la scie à ruban avant de commencer le travail très physique de ces pièces, qui allaient devenir le moyen d’atteler des boeufs et de leur donner ainsi toute leur puissance de traction.

Il fallait se rapprocher le plus possible de l’anatomie bovine. Quelques fois, une retouche était donc nécessaire suivant l’animal.

A genoux sur le sol de l’atelier, face à ce gros blocs de bois vert, protégé par un immense tablier et un coussin de toile rempli de frisons de bois, il dégrossissait pour ébaucher la forme, à l’aide d’herminettes, de grosses gouges et de planes.

Cela demandait une force évidente pour obtenir enfin, après des heures de travail, la forme désirée.

La finition s’effectuait à la râpe et au papier de verre.

Les formes étaient variables selon le modèle et la région. Trois tailles étaient proposées.

Dans la région, on proposait des jougs découpés Charollais et des jougs droits. Pour l’Auvergne où il avait une clientèle de grossistes, il proposait un modèle particulier.

La famille de Gramont de Lugny-lès-Charolles, qui possèdait une exploitation sucrière dans le bassin de l’Ile de France, avait fait une commande d’une vingtaine de jougs qui étaient partis pour lier les boeufs de l’exploitation. Ils avaient été payés en numéraires et en nature avec du sucre en poudre.

La production était gravée sur le bois avec un fer chauffé au rouge: c’était la signature de l’artisan-artiste CLEMENT.

A la vente, ils étaient accompagné d’accessoires:

Les « cordets  »  en cuir torsadé, qui soutiennent l’attelage au joug.

Les « pieumets » , petits coussins de paille de seigle qui protége la tête des boeufs ou des vaches attelés de la tension des liens.

Les sangles appelées « layoure » ou « liures » en cuir.

Les « vire-mouches » avec ses ficelles qui, pendues devant les yeux, et par leur mobilité continue, éloignaient les insectes.

Mon père travaillait beaucoup et de toutes ses forces, pour réaliser durant l’hiver, des réserves de matériels à vendre avant les ventes de printemps et de la belle saison.

Il employait plusieurs personnes suivant la demande, mais a toujours eu un employé embauché à l’année.

J’ai grandi dans cette atmosphère où l’odeur du bois s’est révélée inoubliable. Les années ont passé, la demande de jougs s’est peu à peu ralentie avec le remplacement progressive des bovins de trait par les chevaux puis par la mécanisation qui s’installait.

Dans le courant des années 1920, il a fallu pour assurer la stabilité financière de la famille, s’orienter vers d’autres fabrications, avec toujours cette merveilleuse matière première qu’est le bois.

C’est ainsi que barattes, moules à beurre ovales ou rectangulaires à décors de vaches, de fleurs ou de glands, cages à fromages, garde-manger, broyeurs à pommes de terre, vêleuses, ruches en bois, râteaux à blé et à foin en bois, selles à laver, battoirs à linge, pelles à grain, manches de faux, faux à blé avec un râteau intégré, fléaux, jeannettes sur pied (50X15) de repasseuse pour repasser les manches de corsages et de chemises, des « potets » (couffin d’aiguisage ») que l’on pendait à la ceinture, et qui contenaient la pierre d’aiguisage pour affûter les faux.

Les jouets en bois sont venus renforcer la gamme des produits:

Tricycles, brouettes d’enfants, trottinettes, luges et aussi tableaux noirs d’écoliers.

Les affaires étaient prospères. Il fallut même adapter la fabrication aux besoins de la clientelle Auvergnate, notamment pour  les jougs et pour la forme des râteaux à foin avec une certaine courbure de dents, obtenue par immersion dans l’eau bouillante.

On a changé de siècle depuis, mais la merveilleuse aventure est intacte dans mes souvenirs. Mon père était de ceux qui trouvaient le bonheur dans le travail.

Avec l’âge, lorsqu’il cessa son activité vers 1955, il continua malgré tout à aller tous les jours à son atelier « tourner autour de son établi » comme il aimait à le dire. »

Alice Michel-Fèbvre.

 

Cliquez sur les photos pour les agrandir

Fers à marquer


Carte mentionnant en haut « Fabrique de jougs »

et en bas à droite « cordes, liures cuir, cordets etc ». Ce sont là tous les accessoires nécessaires à l’utilisation des jougs Charollais (dans cette région du Charollais et du Brionnais, les liens sont mixtes en cuir et corde, les cordets sont les anneaux de traction en cuir tressé).

Monsieur Michel à gauche et un ouvrier, devant l’atelier, rue Gambetta à Charolles

Lettre de commande de jougs

Stand de la foire-exposition de Paray-le-Monial

On y voit, à gauche de la photo, sur un présentoir,  les jougs découpés Charollais rangés par taille, et tout en haut, les jougs droits.

Dépliant mentionnant en bas à gauche, « jougs droits et découpés ».

 

Toute la famille devant l’atelier rue Gambetta

Autour de l’archéologie de la traction bovine, Interprétation d’un motif peint à l’abri gravier (Mazaugues), article d’henri Pellegrini Les Cahiers de L’ASER N° 23″

7 henry pellegrini abrie elie gravier archéo détail

L’archéologue amateur passionné et engagé Henri Pellegrini (Membre de (l ‘IPAAM)  Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes. Membre de (l’ASER centre Var). Président Honoraire d’ARCHEAM, Cercle d’Histoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes)

nous fait le grand privilège de nous accorder la publication qui suit.
Il s’intéresse principalement aux peintures et gravures rupestres du monde entier, en archéologie.
Son attention est surtout d’analyser le mode d’harnachement et les caractéristiques des animaux et engins tractés, travois, chars, chariots, ainsi que les instruments aratoires utilisés depuis le néolithique à nos jours.
bibliographie de l’article :  H. P. ASER du Centre Var. : « in : Les Cahiers de L’ASER N° 23 »
1 henry pellegrini abrie elie gravier archéo
3 henry pellegrini abrie elie gravier archéo
4 henry pellegrini abrie elie gravier archéo
5 henry pellegrini abrie elie gravier archéo
6 henry pellegrini abrie elie gravier archéo
7 henry pellegrini abrie elie gravier archéo
8 henry pellegrini abrie elie gravier archéo
< 1 2 10