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Remise à jour du recensement des bouviers de France par Corentin Huber

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Corentin Huber, jeune bouvier très actif et passionné de l’attelage des bovins tout comme son grand-père André Kammerer, se propose de remettre à jour le recensement que j’avais mené en 2013 à la création du blog sur la base du fichier constitué par Laurent Avon que l’on salut ici. Merci à lui qui a été l’initiateur du recensement.

Pour des raisons personnelles je suis actuellement beaucoup moins disponible pour travailler sur le blog à la mise en ligne, répondre aux courriers, et maintenir le carnet d’adresses à jour.

Le blog sert de lien et d’outil de communication sur le milieu des meneurs et dresseurs de bovins. Il est un média qui met en contact, informe, mobilise, motive. Je le constate chaque semaine par les courriers que je reçois via l’adresse de contact. La mise à jour des contacts semble donc être essentielle. Mais c’est un long travail fastidieux.

C’est pour moi une très belle nouvelle que de voir Corentin s’investir dans un travail qui jusqu’alors ne reposait que sur moi.

Notre collaboration ne sera que bénéfique et engage une continuité du travail de Laurent Avon et du mien devant l’investissement de Corentin, jeune bouvier engagé.

Voici son appel qui, je le souhaite, sera suivi et bénéfique à tous dans le milieu. Je compte sur votre coopération.

Michel Nioulou


2013, cela fait plus de sept ans que le site existe. Et des centaines d’années que cette pratique est exercée. Le nombre de pratiquants ou de personnes ayant des connaissances actuellement en France est plutôt faible.

Pour le connaître plus précisément, je me lance sur le long chemin de la collecte d’informations…

Personnellement, je n’ai pas connu les débuts du blog’« Attelages bovins d’Aujourd’hui ». Je m’appelle Corentin Huber, j’ai 17 ans et cela fait 5 ou 6 ans que je suis vraiment actif dans ce monde.

Cela fait environ une semaine, à l’heure où j’écris cet article, que j’ai contacté le site. Après un rapide échange de mails, mes craintes se sont vite confirmées. Le suivi des personnes étant complexe, le site n’a pas pu remettre suffisamment les profils à jour.

J’avais déjà pris contact avec des bouviers d’un peu partout en France pour les rencontrer et j’ai constaté que le carnet d’adresses n’était pas à jour. Je me suis alors porté volontaire pour cette remise à niveau.

J’ai un peu compté par curiosité avant de me lancer: cent trente neuf personnes, c’est le nombre de profils qui n’ont pas mis été à jour depuis 2013 sur le site. Soit la moitié des personnes référencées….

Je trouve cela énorme! Ce chiffre doit diminuer, voire avec un peu de chance, disparaître pour ne laisser place qu’à du 2021 sur tous les profils. Je sais que c’est extrêmement optimiste de penser cela mais je veux y croire. Ce serait magnifique, non ?

Pour que tout cela soit réalisable, j’ai créé une nouvelle adresse mail pour le site :

carnet.adresse.aba@gmail.com

Un mail partira de cette adresse allant chez chaque personne ayant donné son adresse électronique.

Pour toutes les personnes qui n’ont jamais donné de mail, je prendrai contact par téléphone, si j’ai votre numéro.

Pour me faciliter la tâche, je vous invite à envoyer à cette adresse, un mail en me disant qui vous êtes afin de vous transmettre la fiche de renseignements dont j’ai besoin pour mieux cerner la pratique actuelle.

Pour les personnes qui veulent se rajouter sur la liste, je vous attends autant que les autres… et je vous répondrai avec plaisir Si vous connaissez aussi d’autres bouviers, faite-le moi savoir.

Cette adresse sera active dès la sortie de cet article et ce, indéfiniment, donc n’hésitez pas!

Corentin HUBER 

Vous êtes meneurs ou dresseur de bovin, vous avez un voisin ou une connaissance qui pratique, vous avez un projet d’attelage, contactez nous à cette adresse pour tenir à jour le recensement des bouviers en France. Merci: 

carnet.adresse.aba@gmail.com

ou au 06 74 94 94 18

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Laurent Martin, Chanverrie (85)

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Laurent Martin, bouvier Vendéen nous parle de son expérience et de ses projets auprès des boeufs d’attelage.

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Max et Gaston,  une aventure de 2005 à aujourd’hui

Tout a commencé pour moi il y a 15 ans, lors de ma rencontre avec la traction bovine. C’était durant un stage en tant que soigneur animalier au Grand Parc du PUY DU FOU.

Depuis, trois grandes étapes ont jalonné mon parcours, des rencontres très nombreuses et très riches d’enseignement et de belles relations nouées. La toute première, a été celle de Jo DURAND et Christine ARBEIT, contactés grâce au blog ABA.

Cette superbe rencontre m’a énormément appris, notamment sur le dressage et le menage de bovin en solo, mais pas que… Jo et Christine m’ont rapidement convié à les accompagner lors de la rencontre des bouviers à l’écomusée d’Alsace, c’était au printemps 2013.  Ce fut  pour moi une vraie révélation.

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Au retour de cette belle expérience, j’ai voulu répondre à une forte envie de valoriser ces récents acquis, en boostant la traction bovine au PUY du FOU.

J’y étais embauché depuis 2006 en tant qu’animalier saisonnier et aussi bénévole à la Cinéscénie (spectacle nocturne) dans l’équipe des « Toucheurs de boeufs ».

J’ai alors initié la création de l’Académie de Bouvier (cf: article ABA du 17/12/2014). Il y avait depuis longtemps au PUY DU FOU le principe d’Académie, mais rien n’était dédié exclusivement à la traction bovine, alors que le site compte aujourd’hui pas moins de 7 paires de boeufs dressés et attelés pour répondre aux besoins des différents spectacles du site. Cette Académie a depuis formée presque 35 jeunes et moins jeunes, de 14 à 52 ans.

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L’envie était forte pour moi et les réflexions allaient bon train pour me pousser à exploiter mes acquis et les valoriser dans un projet plus personnel, mais la vie en avait voulu autrement jusque là. Et puis, en ce début de printemps 2020, tous les feux étaient au vert et les facteurs positifs se sont cumulés pour faire aboutir et concrétiser l’arrivée de Max et Gaston.

Cette jeune paire de boeufs de race Vosgienne née mi-mai 2019, est arrivée au sein de l’exploitation d’un ami. Jean est à la tête d’une entreprise qui propose des prestations d’éco-pâturage, et il m’a gentiment proposé de pouvoir intégrer Max et Gaston au sein de son cheptel. Les deux broutards ont été élevés chez Jo DURAND, la boucle de transmission fonctionne pas mal du tout !!! Ils étaient déjà très sociabilisés et permettaient un bon contact : un terrain très propice pour commencer une belle relation, avec des bases saines et solides.

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Le projet avec ces bovins est double : permettre une création d’activité de prestation d’entretien, travaux forestier, maraîchage, et envisager la création d’une formation pour transmettre ce savoir acquis depuis plus de 15 ans. Je souhaiterais proposer cet apprentissage à tout bon volontaire, porteur de projet dans le domaine agricole, forestier, ou même à des particuliers qui souhaiteraient s’ouvrir à cette noble pratique qui correspond aujourd’hui et encore plus demain, à une alternative durable pour une gestion respectueuse de l’environnement. Celle-ci prendra la forme d’une session de formation séquencée en différents modules avec, pour certains d’entre eux, les thématiques suivantes : L’approche du bovin, sa lecture, sa psychologie, son contact et sa manipulation, les possibilités qu’offre le dressage en solo/en paire…

A l’époque où nous sommes, il me semble important de remettre au coeur de notre société le CONTACT entre les gens et les animaux. La démarche de Jean est un vrai succès dans le secteur (cf : La tondeuse qui broute.fr) et outre la démarche d’entretien écologique, c’est aussi ce lien re-créé entre les animaux et les hommes.

Ma démarche avec Max et Gaston suit la même trame, afin de permettre de faire redécouvrir que les animaux ont été depuis la nuit des temps au contact de l’homme dans son quotidien. Pour moi, c’est essentiel et cela participe activement à sa bonne santé et à sa bonne intégration dans son environnement.

Cela doit lui permettre de conserver des repères, des valeurs et de les transmettre sainement aux générations à venir. 

 Laurent MARTIN 

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Patrick Flèche, (23)

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Voici mon parcours, il est petit mais c’est le mien.

Je suis né en 1960 et, enfant, j’ai vu un tombereau lié à deux vaches. Cela m’a plu et je me suis dit qu’un jour j’aurai mon attelage.
A neuf ans, j’ai récupéré mon premier joug: il était au grand-père de mon grand-père.
Je ne travaillais pas dans le milieu agricole, mais voici quinze ans, je me suis dit qu’il était temps de mettre mon projet en route car j’avais peur que bientôt plus personne ne puisse me montrer.
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Comme je suis abonné au magazine « Sabots », j’ai connu l’existence de Philippe Kuhlmann et de l’Ecomusée d’Alsace. Je m’y suis rendu plusieurs fois pour voir si cela me plaisait vraiment et si j’étais capable de mener des bovins, bien que j’attelle des chevaux depuis 1987.
J’ai donc ensuite acheté deux velles Ferrandaises que j’ai fait dresser par Philippe, puis une génisse et un boeuf, que je n’ai pas gardé, car je ne m’en sortais pas avec lui!!!
Par la suite, je suis tombé malade et j’ai donc moins pratiqué.
 
Je mets encore quelques fois le joug pour le plaisir et pour sortir quelques branches.
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Je faisais les pieds, mais elles ne donnent plus les postérieurs .
Etant un conservateur du patrimoine, je cherchais depuis très longtemps un travail pour le « fun ». Je viens d’en récupérer un ancien. Après remontage, je vais l’utiliser pour faire les pieds.
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Récolte de haricots « Petit riz » chez Laurent Janaudy en 2017, Manziat (01)

Léonnie Biteau (85)

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Léonnie Biteau est une jeune passionnée d’attelages de boeufs. C’est aussi une photographe émérite .

Elle nous présente aujourd’hui son parcours.

Merci à elle pour ce texte ainsi que pour sa précieuse, régulière et importante collaboration au site en nous faisant partager ses clichés.

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Je m’appelle Léonnie, et en octobre 2016, je suis allée à la rencontre du monde des bouviers pour faire un reportage photo. Ces toucheurs de bœufs transmettent leur savoir et leur passion aux jeunes de l’association dans un célèbre parc en France .

On m’accueille volontiers, je suis la seule femme cette année-là. J’ai la chance d’apprendre en même temps que de faire des clichés.

Les premiers bœufs que j’ai menés sont Heureux et Hasard. J’ai mordu à l’hameçon. Après la première année, le reportage est fini et je signe à nouveau pour les années qui suivent.

A la fin de l’été 2018, j’entends pour la première fois parler de « la Fête de la Vache Nantaise » 

On recherche des bénévoles pour tenir un stand afin de présenter la traction bovine. Je me porte volontaire pour les trois jours en septembre. Je ne sais pas à quoi m’attendre.

Merveilleusement bien accueillie, j’ai rencontré beaucoup de passionnés de toute la France. On est continuellement en échange sur des sujets très variés, des remises en question sur certaines pratiques. Beaucoup de moments forts, de souvenirs notamment avec la grande attelée (jusqu’à cinq paires en même temps!). Le prochain rendez-vous est donné dans quatre ans.

Quelques mois plus tard, je suis en Alsace et plus précisément à l’Ecomusée d’Alsace d’Ungersheim. Tous les ans, à la même période pendant le pont du jeudi de l’Ascension, le site accueille le rassemblement national des bouviers

Beaucoup de surprises, des personnes venant de toutes les régions de France et des différents pays alentours. On vient chercher des réponses ou découvrir cette pratique singulière dans l’échange.

Fin 2019, j’ai envie de découvrir d’autres techniques, gagner en expérience et rencontrer de nouvelles personnes.

Sur le site « Attelages Bovins d’Aujourd’hui », j’avais repéré une annonce assez particulière. Une personne cherchait quelqu’un pour l’aider à dresser une paire de Highlands de trois ans, pas si loin de chez moi.

Je me suis lancée, et j’y suis allée. J’ai découvert un travail au joug-cadre et l’instauration d’une base pour démarrer le dressage. Un jour, le propriétaire me fait la proposition de me céder ses bœufs. C’était inattendu, je ne pensais pas acquérir une paire à quelques mois de mes vingt-trois ans. J’accepte après réflexion de me lancer dans l’aventure. Je vais pouvoir grandir avec eux, apprendre, évoluer. Dans les prochaines années j’aimerais sortir, faire des animations et quelques événements autour de chez moi, montrer cette paire atypique et sensibiliser les personnes sur la traction animale et la relation que j’ai avec Caramel et Vigoureux, mes Highlands.

En quatre ans, j’ai fait beaucoup de chemin, mais une chose est sûre. Je n’ai jamais été aussi heureuse de m’adonner à cette passion. Ainsi le hasard fait bien bien les choses.

Travail du sol avec des bovins Vosgiens au printemps 2020 dans la famille Durand, Gentioux Pigerolles (23)

Pascal Durand travaille avec les bovins Vosgiens de son père Joseph à la reprise de parcelles au printemps 2020 en Creuse.

Baptiste Hérault, Bon-Encontre (47)

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Baptiste Hérault baigne dans le milieu agricole depuis qu’il est enfant.

Au fil des années, pendant ses vacances, il passe de plus en plus de temps chez son oncle éleveur laitier. Le projet de reprendre la ferme en s’associant avec son cousin est envisagé.

Il passe un bac et un BTS agricole en production animale. En entrant au lycée agricole il se met aussi à l’équitation.

Après ses études avec des stages dans l’élevage intensif et des visites d’abattoirs, il prend conscience que les systèmes de production qu’on lui propose ne lui conviennent pas.

En conséquence, l’association avec son cousin pour reprendre la ferme n’a pas lieu. Il décide alors d’envisager l’élevage autrement et de se servir des animaux comme force motrice dans son travail.

Il a été paysan boulanger en traction animale pendant cinq ans.

Suite à une séparation, il a rebondi de projet en projet, pour trouver un lieu approprié pour exercer.

Actuellement prestataire de service en traction animale équine et bovine, il fait surtout du dressage de chevaux et de la formation.

Au printemps 2020, il va s’installer avec sa compagne dans le Gers sur une ferme maraîchère en traction animale avec des ânes, des chevaux, des mules et des bœufs au travail.

Il envisage de prendre une paire de jeunes Aubrac d’ici peu pour les dresser et avoir une paire à la vente, car en plus des demandes de formation en traction bovine, s’ajoute celle d’animaux dressés.

Actuellement, il a une paire de bœufs Highlands (Targos, le noir et Marzin, le roux) achetés à 8 mois dans un élevage à viande dans le Gers. Ils ont été castrés à 18 mois et ont maintenant 6 ans.

Dès l’achat, ils ont été progressivement sociabilisés, mis en confiance. Ils partagent aujourd’hui la compagnie de chevaux de trait, mules et un poney du fils de Baptiste.

Ce sont des animaux d’un bon gabarit pour leur race. Ils travaillent bien et régulièrement mais pas assez en ce moment aux yeux de leur propriétaire.

Ils ont aussi fait une saison complète de maraîchage en 2018 en prêt chez une amie.

Ils sont attelés en paire au joug et Marzin, le roux, travaille en solo au collier.

Baptiste Hérault mène à l’épaule gauche à l’aiguillon mais va prochainement les travailler en guide

 Retrouvez un article de la Dépêche de janvier 2019 consacré à Baptiste en cliquant ici.

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Claire Declide, MOUTON (16)

Photo 4 bis Léon débardage Septembre 2019

Claire Declide, céréalière bio en Charentes, nous communique un texte sur son expérience et ses projets de jeune bouvière. Nous la remercions vivement pour sa contribution.

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Céréalière en Charente, je suis accompagnée par Léon, un Vosgien de deux ans et demi, depuis le mois de Mai 2019. Il vient de l’élevage de Monsieur Philippe Kuhllmann et a été débourré (en solo par l’arrière) par Manu et Émile Fleurentdidier en Avril 2019.

Je viens de la traction équine, que je pratique en «loisir» au sein de l’association des Traits Charentais depuis 2016, date d’achat de ma jument de trait, Ella.

J’ai suivi quelques formations en traction équine (BPREA, Haras Nationaux) avant de connaître les bœufs en Septembre 2018.

Photo 3 Léon spectacle Traits Charentais Aout 2019

Je rencontre une paire de bœufs chez Manu et Émile à Moulismes dans la Vienne et découvre ainsi le travail des bovins. Je suis tout de suite très séduite: ils ont des gabarits plus petits qu’un cheval de trait, ils sont plus rustiques, ils passent partout, sont braves dans le travail et d’une excellente compagnie (calmes et affectueux). Naturellement, ils m’ont paru plus accessibles que le cheval: une santé moins délicate, une facilité d’entretien au quotidien, des aptitudes rapides au travail malgré leur jeune âge.

Photo 2 bis Léon et Emile éducation Mai 2019

C’était un peu «fou» de ma part de vouloir un bovin de travail, car j’ai très peu d’expérience de travail et surtout, je ne viens pas d’une famille qui pratiquait l’élevage (bovin ou équin d’ailleurs). J’avais donc peu de notions sur leur comportement, leur santé et leurs besoins, mais j’avais conscience, avec l’expérience de ma jument, que toute la bienveillance du monde ne valait pas de solides connaissances en élevage…

Photo 4 ter Léon vignes Octobre 2019

Mais bon, Léon est arrivé ici, à deux ans, entier encore et j’ai fait tout mon possible pour lui fournir un environnement adéquat. Aujourd’hui, il s’entend très bien avec Ella, et ils vivent bien ensemble.

Dès son arrivée en Mai 2019, il a tout de suite été mis au travail, je le sortais, plusieurs fois par semaine, pour lui apprendre les ordres, en ajoutant, au fur et à mesure, des outils.

Nous avons commencé par lui faire faire des traînes en débardage, un peu de débusquage, de l’entretien de haies et il connaît aussi le travail de hersage de prairies.

Photo 5 Léon débardage Novembre 2019

J’essaie, selon mes disponibilités, de le faire travailler une fois par semaine au minimum, mais ce n’est pas toujours évident. Léon voyage très bien cela dit, ce qui nous permet de nous déplacer aisément.

Les sessions les plus intéressantes, doivent durer plusieurs jours pour mettre en place des automatismes, tant pour lui que pour moi.

J’ai découvert que Léon était aussi un très bon compagnon de marche. Avec le mauvais temps que nous avons connu ces derniers mois, impossible de faire des travaux agricoles dans de bonnes conditions, alors j’ai décidé que nous irions marcher afin d’essayer le bât. Je n’ai pas de bât ici mais j’ai essayé de lui mettre de petites charges sur le dos pour qu’il s’y habitue et cela n’a jamais posé problème. Je me suis aussi amusée à lui monter dessus, ce qu’il a très vite accepté aussi.

Photo 4 Léon débardage Septembre 2019

Castré en décembre 2019, il a passé un mois sans travailler. Depuis janvier, nous arrivons à programmer du travail, notamment du débardage, qui est, selon moi, l’une des activités agricoles les moins répétitives.

J’espère pouvoir le mettre au labour ainsi qu’à l’attelage cette année. A terme, j’aimerais pouvoir travailler notre (petite) vigne, pouvoir nettoyer mes haies et mes arbres sur la ferme avec lui, et aussi avoir un minimum de production en pommes de terre, maïs, haricots blancs que nous pourrions entretenir ensemble.

J’aimerai avoir le plaisir futur d’échanger avec vous, les autres bouviers, tant sur le travail que sur la joie de passer du temps avec nos compagnons.

Claire.

 

 

 

 

Labour à la ferme d’Ayana avec deux boeufs Vosgiens à SAULGE (86)

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 Merci à Emmanuel fleurentdidier de nous avoir indiqué cet activité de traction bovine.

Cliquez ici pour voir et  ici 

Voir aussi en cliquant ici.

Mes expériences « bovines », Viviane Dautais, Courtauly (11)

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Je vais essayer de vous écrire un article sur mes expériences « bovines. »

Passionnée d’équins dès mon plus jeune âge, j’ai acquis mon premier cheval à dix ans, un vif Camarguais destiné au triage des taureaux. Je suis d’abord cavalière, fascinée par les animaux de travail, et j’ai  passé un Certificat de Spécialisation pour le métier de Cocher en 2006 au CFPPA de Montmorot, suite à un voyage en attelage qui avait débuté dans le Minervois et s’était achevé dans le Jura.

J’ai suivi la formation en réalisant des stages dans diverses fermes, en différents lieux (Belgique, Ariège, Pyrénées-Orientales, Jura, etc…). Entre-temps, je me suis occupée du petit troupeau de la maison, trois mules et quatre chevaux, et j’ai pu expérimenter  différentes attitudes et aptitudes de ces agréables compagnons.

Les mules ont une énergie qui me dépasse par moment, ayant de très jeunes enfants à cette époque et n’étant pas disponible à cent pour cent. Les chevaux de trait manquent de régularité dans le travail de la terre (ce qu’ils ont fini par acquérir avec le temps !) et on me conseille régulièrement les bovins !!

L’histoire du boeuf a donc commencé avec l’arrivée de Mireille et Niko, des éleveurs-voyageurs qui, cherchant un lieu pour fabriquer un « travail » afin de ferrer leurs vaches, se sont arrêtés à la maison quelques jours.

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Partis des Pyrénées-Atlantiques pour se rendre dans les Alpes, où une estive les attendait, ils ont fait une halte de plusieurs jours, ce qui m’a permis  de leur faire part de mon « coup de coeur » pour Nougaï, leur jeune veau Béarnais.

Et puis, les voyageurs sont repartis, sept mois se sont écoulés, et la vie a continué lorsqu’un coup de fil inattendu est arrivé disant ceci: « Viviane, ton veau est sevré, il t’attend dans le Vaucluse ! »

Partagée entre le doute et l’envie, je pars avec mes deux filles enchantées chercher Nougaï, déjà costaud, qui rentre tout juste dans le petit van qu’on m’a prêté pour l’occasion. A l’aise avec la bourrellerie, j’ai pu, avec mon rouleau de cuir, réaliser un licol sur mesure.

Nougaï est arrivé fatigué et perdu dans son nouveau chez lui : une belle clôture deux fils et un box de trois par trois l’attendaient (il semblait tout petit). Rapidement je lui mets une brave jument de trait pour lui tenir compagnie et prends un rendez-vous avec le vétérinaire pour la castration (étape délicate). Nous allons le voir, le brosser presque tous les jours afin qu’il s’habitue à nous, il est content de nous entendre arriver, fort démonstratif, il meugle et nous suit le long de la clôture lorsqu’on part.

Et puis très vite, j’ai commencé à vouloir faire des promenades au licol, et de loin, impossible de savoir qui mène qui, et puis, petit à petit, plus de doute, c’est moi qui le mène. Il tient à l’attache et monte dans le camion sans difficulté.

Mes deux filles et moi décidons de partir à la Mer, cinq jours de balade, une jument pour soulager mes deux filles et le boeuf bâté pour porter nos affaires, ainsi que la marche pour tisser la confiance et le voyage pour tester nos envies et notre tenacité.

Le voyage est magnifique, l’accueil que suscite notre petite tribu me « bluffe », la présence du boeuf surprend, le saugrenu du projet amuse les gens et la présence de Nougaï pousse au respect.

La bienveillance naît grâce à la présence de mes deux filles et du boeuf, j’en reste complètement stupéfaite !

De retour de ce petit périple, j’entreprends d’atteler Nougaï, il accepte le harnais sans souci, étant  déjà habitué à l’attache sur une chaîne de six mètres cinquante, il n’est pas surpris par le contact des « traits » qui viennent régulièrement dans ses pattes. Il tire très vite son pneu par monts et par vaux, les enfants se régalent de descendre et monter sur celui-ci, et rient  sans arrêt, oubliant même la présence de l’animal.

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Le convoi est heureux et l’entreprise a fonctionné parfaitement. J’essaye par la suite de le mener avec les longues rênes plutôt qu’à la tête, ce qui le déstabilise un peu dans les premiers temps et qu’il accepte par la suite. Je nous sens donc prêts pour « tenter » le Grand Jour, le jour où nous allons mettre Nougaï dans les brancards devant l’attelage agricole 4 roues. J’ai toujours une bonne montée d’adrenaline à ce moment-là, ayant déjà essuyé quelques départs dynamiques. Je choisis une petite route légèrement montante sur laquelle le boeuf n’aurait pas trop à tirer. Les premiers trois cent mètres vont bien, et puis une légère descente provoque le contact de « l’avaloir », surprenant Nougaï qui se met au trot. Cela m’ oblige à lâcher les seuls liens qui nous unissent. Nougaï rentre dans un grand pré longeant la route, galope, pour finalement s’arrêter, essoufflé. Il nous attend, inquiet.

Nous reprenons donc les « commandes » et repartons jusqu’à la maison bien tendus mais quand même satisfaits par cette première sortie. Quelques jours après, nous reprenons le boeuf entre deux barres en bois et reculement serré afin de le désensibiliser, nous faisons plusieurs sorties en le contraignant régulièrement, ce qu’il accepte petit à petit.

Par la suite, nous sommes repartis avec un attelage tiré par une jument et le boeuf monté ou bâté vers l’Ariège par la Voie Verte (Mirepoix-Foix-Saint Girons). Ce voyage nous permet de déménager certains animaux vers notre prochaine destination, car nous allons nous installer sur la Ferme des Moulis (09290 Camarade).

Nous n’avons pas ré-attelé le boeuf sur ce périple comme il était prévu, car nous avons rencontré sur notre chemin trop de marcheurs et de cyclistes en cette période estivale. De plus Nougaï est vite sensible des pieds et cherche rapidement à marcher sur le bas-côté.

Pour les connaisseuses et les connaisseurs, vous comprendrez très vite que ce genre de périple avec un bovin créait des « noeuds administratifs » plutôt désagréables. J’avais pris soin avant de partir  de faire faire à Nougaï une prophylaxie (une prise de sang) pour pouvoir prouver au cas où, que mon animal n’était pas porteur de maladies contagieuses, mais la démarche est apparue incomplète et on me culpabilisa d’avoir mal fait, la bonne démarche étant de créer un nouveau « Cheptel », d’obtenir un nouveau numéro afin d’être enregistré en Ariège, de procéder à une première prophylaxie quinze jours avant « l’introduction »(dans le cheptel nouvellement créé) et de faire une seconde prophylaxie quinze jours après « l’introduction ».

Ces démarches n’ayant « ni queue ni tête » me concernant, puisque mon cheptel n’est composé que d’un seul bovin, je contacte donc la Chambre d’Agriculture de l’Aude afin de faire passer Nougaï pour un animal « forain » voué au nomadisme. J’attends encore leur réponse bien que je commence à me dire que je vais sûrement chercher une autre maison pour Nougaï afin qu’il travaille davantage.

Alors voici la vraie raison de cet article : Je cherche une bonne maison pour Nougaï !! Une maison où il ne finira pas en steaks tout de suite, car ça tout le monde peut s’en occuper et c’est une prédiction qu’il a déjà assez souvent entendue ! Nougaï est sensible, heureux et loyal, c’est un animal de coeur qui donnera sans compter car il a appris à aimer l’humain et ça … ce n’est pas une évidence pour tous les êtres vivants !!

Si vous êtes prête ou prêt à l’aimer, venez le voir et … peut-être deviendra-t-il votre compagnon de vie et de travail comme il l’a été pour nous. Je serais par ailleurs intéressée pour terminer d’atteler Nougaï à la quatre roues, et serais prête à rémunérer une personne pour venir à la maison une semaine afin de le travailler à deux.

Viviane Dautais

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