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Les boeufs d’attelage au service du Conservatoire des Sites Alsaciens par Frédéric Grivel, Hautes-chaumes du Rothenbach, Wildenstein (68)

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Frédéric Grivel  nous communique cet article sur un chantier effectué avec les boeufs de Philippe Kuhlmann dans un espace naturel protégé de montagne dans les Vosges.

Nous le remercions pour sa contribution.

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Rothenbach.

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Mardi 24 septembre 2019, Philippe Kuhlmann et toute son équipe ont changé une clôture à l’aide des bœufs au lieu-dit du Rothenbach .

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Le parc se trouve dans une réserve naturelle gérée par le Conservatoire des Sites Alsaciens. Dans un paysage à couper le souffle, à 1 200 mètres d’altitude, la parcelle d’une vingtaine d’hectares ondule entre les plus hauts sommets vosgiens et la route des crêtes. Ici, pas question d’utiliser un engin motorisé, en raison du dénivelé d’une part mais surtout par respect pour la faune et la flore si caractéristiques de la haute montagne.

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Les arbres tortueux, témoins de la rigueur des éléments, reflètent autant la vigueur que l’austérité, la détermination à survivre et à conquérir ces zones difficiles, et peut-être un peu le profil des paysans avec qui ils partagent cet espace…

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La pause de midi en plein air est même accompagnée des chamois.

Sur les  dix-huit kilomètres de clôtures que compte le site, le travail de la journée consiste à en changer quatre-cents mètres.

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Les deux bœufs Milou et Mani sont attelés à un avant-train conçu par Philippe, qui sert en l’occurrence de remorque permettant de transporter tout le matériel nécessaire : monter les nouveaux piquets, le nouveau fil, la masse, la barre à mine, puis descendre les anciens piquets et le fil.

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Après avoir démonté et enroulé trois hauteurs de fil barbelé, il faut retirer tous les anciens piquets. C’est parfois chose aisée et parfois totalement impossible à la main.

Là encore, les bœufs trouvent toute leur utilité puisque l’avant train a été doté d’un système de relevage. L’engin est placé quasiment à l’aplomb du piquet, une chaîne en ceinture la base. C’est alors que, grâce à un levier (perche de bois d’environ 2,5 mètres de long), le relevage permet de faire monter verticalement ce piquet d’une trentaine de centimètres. Les bœufs n’ont plus qu’à avancer de quelques pas pour sortir complètement le piquet de son emplacement. Ne reste plus qu’à planter les nouveaux piquets, mettre les isolateurs puis deux hauteurs de fil électrique.

L’accès à la clôture en question se fait par un dénivelé très important. La pente est telle que les bœufs qui tirent plusieurs centaines de kilos ne peuvent affronter perpendiculairement les courbes de niveau. Il est nécessaire tantôt de serpenter dans les prés, tantôt d’emprunter un sentier à flanc de coteau où le dévers ne permettrait le passage à aucun véhicule, même à chenille.

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L’attelage dans son ensemble, bœufs et avant-train, a démontré sa stabilité et n’a pas versé.

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Une journée bien remplie qui s’est déroulée sans problème grâce à la bonne organisation de toute l’équipe composée de Philippe, Anne-Catherine, trois personnes du Conservatoire des Sites Alsaciens, Philippe Badonnel et moi-même.

Frédéric Grivel.

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Maison Boidron, Château Calon, des boeufs dans la vigne, Montagne (33)

Frédéric Grivel, Le Tholy (88)

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Frédéric Grivel après avoir été double actif depuis longtemps, va sans tarder passer en activité agricole à temps plein.

Il nous communique un texte qui relate sa démarche, son histoire, ses projets et son travail avec les boeufs d’attelage.

Nous le remercions pour sa contribution..

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Comme beaucoup de monde, je ne suis pas fils mais petit-fils d’agriculteur.

Depuis mon plus jeune âge, je passais tout mon temps libre dans la toute petite ferme de montagne vosgienne de mes grands-parents.

Je n’ai jamais vu les anciens travailler avec les bœufs. A ma naissance, même dans ce coin de montagne isolé et préservé, tout le monde avait rangé la traction animale dans les souvenirs d’une époque révolue, souvent synonyme d’un asservissement permanent à la terre, ne faisant qu’entretenir une misère dont seule la mécanisation pouvait les affranchir.
Tout le monde avait cédé au relatif confort qu’offre l’acquisition d’un tracteur, mais il en était un qui a toujours été nostalgique, qui a toujours regretté ses bœufs bien qu’ayant deux tracteurs à la maison: il s’agit de mon grand-oncle Louis.
Ce brave Louis, opiniâtre et discret, a consacré toute sa vie à ses deux métiers : bûcheron pour ramener un salaire et paysan parce que même si ce n’est pas rentable, il faut coûte que coûte poursuivre l’oeuvre des anciens et prendre soin de ce coin de montagne qui a nourri nos aïeux.

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C’est Louis qui m’a transmis le virus de la traction bovine, qui m’a expliqué le travail fait par les anciens à la force de la corne, comment ils ont façonné la montagne, défriché des forêts, érigé des murs de pierres sèches, construit des maisons, des routes, transporté des blocs de granit de plusieurs tonnes avec des dénivelés improbables… pour ne parler que des activités qui ont laissé une trace encore visible de nos jours.
A cela il faut ajouter toutes les activités quotidiennes effectuées ou facilitées par les animaux : les foins, les travaux des champs, les déplacements…
Quand Louis parlait du travail avec les bœufs, son discours était soudain empreint de nostalgie. Il n’occultait pas les aspects difficiles et exigeants de cette activité mais le regard fatigué par des décennies de dur labeur s’éclairait et c’est l’oeil étincelant qu’il relatait les exploits que ces animaux et leurs meneurs réalisaient au quotidien.

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Je l’entends encore dire « lorsque tu arranges des pierres de plusieurs centaines de kilos pour en faire un mur de levée (mur de soutien), vas-y demander au tracteur de faire un pas de côté pour corriger l’angle de traction ». Dans l’exercice, il fallait autant de délicatesse que de puissance et être capable de stopper l’effort sur un simple ordre vocal pour effectuer un travail d’une précision chirurgicale à laquelle nos anciens étaient tellement attachés.

Bref, à voir et à entendre tout cela, dresser des bovins me paraissait une évidence, presque une obligation, en tous cas une vraie passion.

J’ai commencé par demander à Louis de me montrer comment mettre le joug, le chapeau, les tochnottes… puis avec mon épouse Nathalie nous avons démarré le dressage de notre premier bœuf en 2000.

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Avec pas mal d’expérience dans les chevaux et beaucoup d’observation du comportement des bovins, nous avons obtenu plus de moments de satisfaction que de déconvenues.

Nous étions alors tous deux salariés à l’extérieur et j’ai réalisé qu’avec un emploi du temps surchargé, le travail sur la ferme était toujours fait par le tracteur. Les animaux démarraient leur apprentissage et, avant d’avoir pu rendre des services, ils arrivaient en âge d’être vendu. Tout ce temps investi en dressage pour rien…

Nous avons cessé des dresser des animaux pendant quelques années puis en 2015 un jeune couple de la vallée voisine est venu me trouver en me disant « on nous a dit que tu as une ancienne remorque d’une centaine d’année avec des roues à bandage. Nous allons nous marier dans six mois et on voudrait être en tête du cortège sur cette remorque ».

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J’ai dis pas de problème mais avec quoi allez vous tirer cette charrette ? Ils n’avaient pas réfléchi à la question. J’avais à ce moment une génisse de deux ans et demi que  je savais vide. J’ai dis bon je vous dresse une vache et on se retrouve dans six mois pour le mariage, je serai prêt. Nathalie et moi nous sommes attelés au dressage de Sidonie. (Cliquez ici pour voir)

Tout s’est très bien passé, avec un investissement temps très limité. Sur les six mois que nous avions, j’ai travaillé pendant un mois une demi-heure par jour au licol avec le joug simple sur la tête pour lui apprendre les ordres de bases. Puis pendant quatre mois, elle est partie au pré, je n’avais pas le temps de la travailler. Ce n’est que trois semaines avant le mariage que je l’ai rapprochée de la maison pour lui faire tirer la charrette tous les soirs.

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On ne forme pas un animal à la traction en si peu de temps, mais pour ce que nous avions à faire c’était suffisant.

Nous avons continué par la suite à démarrer le dressage d’autres animaux.
J’ai aujourd’hui une paire de bœufs de 3 ans qui sont débourrés et qui me rendent bien des services sur des travaux légers. Ils ont participé à des démonstrations publiques, ils doivent maintenant apprendre à tirer plus fort.
Une paire de taureaux de deux ans commence l’apprentissage également.

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J’ai la chance de travailler très régulièrement avec Philippe Kuhlmann, qui s’attache à transmettre son savoir et son mode d’exploitation agricole, aux antipodes de l’agriculture classique mais qui, j’en suis certain, sera source d’inspiration pour beaucoup à l’avenir.

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Frédéric avec Philippe Kuhlmann

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Chez Philippe Kuhlmann (Soultzeren) à la journée technique 2019 de la rencontre de bouviers 2019

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En compagnie de Corentin Huber à la rencontre de bouviers 2019 à l’écomusée d’Alsace

Cette année nous avons réalisé la fenaison sur plus de trente hectares exclusivement avec les bœufs (hormis le pressage qui est sous-traité).

Nathalie a quitté son emploi en 2015 pour s’occuper de nos deux enfants et a développé depuis deux ans une activité de transformation fromagère.

Quant à moi, le fait que notre petite exploitation a pu s’agrandir un peu et surtout la possibilité de travailler en commun avec Philippe me permettent à mon tour de mettre de côté mon activité professionnelle actuelle pour me consacrer pleinement à l’agriculture et à la traction bovine.

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Un attelage de bœufs normands au débardage en Forêt de Lyons en mars 2015, Frédéric Iehlé

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Photo issue issu de l’Eclaireur du Pays de Bray, Mars 2014, voir en cliquant ici

Frédéric Iehlé nous fait part de cet article sur son travail avec ses boeufs. Merci à lui pour le texte et à Arlette Jacquelin-Bertin pour les photos.

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Ils ont eu sept ans en avril 2015 mes deux Pee, Peelish à droite et Peeshoo à gauche.

C’est leur second vrai chantier de débardage cette année.

Celui de l’année dernière était plus un chantier de nettoyage après le passage de forestiers mécanisés. Le bois était à terre, pratiquement sec à rassembler sur une surface de quatre hectares.

Cinquante stères débardées majoritairement sur du terrain plat sauf en fin de chantier où il y avait de belle pièces sur les pentes d’un petit vallon. Les Pee avaient répondu présents aussi bien pour l’effort que pour leur facilité de placement. A la fin de ce chantier 2014, ils étaient bien aux ordres.

Celui de cette année était complet, abattage pour trois quart en sous bois, débardage en bordure de chemin avant découpage et fendage sur place pour transport mécanique. La contrainte était le respect des semis naturels de hêtres que l’ONF tenait à préserver.

De loin c’est le débardage qui a pris le plus de temps et c’est tant mieux car là, j’avais besoin des Pee, c’est une des raisons pour lesquelles je « fais » mon bois au lieu de l’acheter.

L’extraction, il n’y a pas d’autre mot, des sous-bois a été parfois compliquée et a pris beaucoup de temps même si les distances de traction n’ont pas dépassé les trois-quatre cent mètres mais jamais en ligne droite avec souches, mares et les semis naturels bien sûr.

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Que personne ne bouge, merci !  Photo © Arlette Jacquelin-Bertin 

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La corde était longue mais ils l’ont sorti tout de même  Photo © Arlette Jacquelin-Bertin 

Et puis il a fallu tester et mettre au point de notre dernier outil, un traîneau releveur pour les billes de bois.

Le système de sanglage de la bille a été le plus long à mettre en place, corde, chaîne, câble et pour finir une sangle à cliquet, l’imparable pour serrer sur une circonférence irrégulière. Il faut juste bien placer la poignée pour qu’elle ne soit pas abimée par la potence lors du relevage au moment de la traction.

L’autre point a été le positionnement bille/traîneau selon les tailles et poids de la bille pour que le relevage se fasse dès le début de la traction et que l’ensemble soit et reste efficace sur toute la distance de traction.

Il n’y avait pas de mode d’emploi ! Et il a fallu tout apprendre sur le tas ce qui a abouti à une modification complète de la potence après quelques jours d’utilisation.

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Le traineau version finale en action Photo © Arlette Jacquelin-Bertin 

A tout cela il faut ajouter l’éloignement du chantier de trois à quatre kilomètres depuis la maison selon l’endroit de la parcelle où nous débardions.

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Trajets aller et retour à pied par chemins …. Photo © Arlette Jacquelin-Bertin 

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… et voie forestière. Photo © Arlette Jacquelin-Bertin 

Et puis à la fin du chantier l’herbe commençait à sortir et il faisait beau, alors avec ces premiers chauds les odeurs de la forêt les faisaient penser à bien d’autre chose que mon chauffage pour le prochain hiver, mes Pee. Deux paniers équins anti-coliques ont fait l’affaire pour leur éviter toutes tentations et les arrêts intempestifs pour goûter l’herbe de la forêt. Le premier jour de leur utilisation le problème était réglé, les Pee avaient compris. Ils ont pu ainsi rester concentrés sur la traction. Juste une petite modification pour faciliter la respiration et voilà un bon investissement.

Mais contraint et forcé il a fallu que je trouve une solution pour me passer de la personne qui partageait avec moi les efforts et le bois pour cause de tendinite.

Après réflexions je me suis organisé pour préparer et marquer les trajets au travers des sous bois la veille des jours de débardage, pour transporter le matériel dont j’avais besoin et que je pouvais laisser sur place.

La mise en place du bois sur les outils de traction s’est faite avec les Pee à côté de moi, aux ordres et se mettant à ruminer en cas d’attente trop longue et ensuite l’étape traction.

Pour eux aussi le chantier a été plus complet, ceux sont eux qui ont assurer la mise en place des grosses pièces alors que c’était une tâche que l’on assurait auparavant à deux avec un vieux tourne bille.

Finalement nous avons fait tout ou presque le débardage à nous trois. Bravo les Pee !

Environ quarante stères de beau bois pour l’hiver, le contrat ONF fini dans les délais, les semis ont été bien soignés et une seule des cinq pistes de traction était encore visible à l’automne suivant.

Le matériel a certainement sa part de responsabilité dans tout cela : le joug adhoc de M. Alibert d’Aveyron, une pelle de débardage pour le petit bois (un simple bac de brouette un peu modifié tout de même), le traîneau releveur pour les billes de bois et aussi les sangles de traction depuis le joug jusqu’à l’outil, les deux provenant d’un fabricant de sangle portuaire en Bretagne…

Il m’est difficile, et ce serait injuste, de ne pas mentionner également les deux Pee provenant de l’élevage Delaruelle à Bosc-Hyons, pas dans la catégorie matériel mais plutôt participants.

L’année prochaine, car nous la préparons déjà avec une certaine hâte, un vrai cône de débardage sera utilisé et compensera le manque de stabilité de la pelle de débardage actuelle qui a tendance à verser selon sa charge ou bien les obstacles sur la piste de traction.

Pour la petite histoire, pelle et traîneau viennent …. d’internet, plus précisément du site de la FAO. Là, il y a non seulement des outils à faire soi-même mais aussi plein de trucs et astuces qui facilitent le travail manuel en l’absence de moyens mécanisés.

Voilà ! deux bœufs dont je n’ai pu m’occuper assez durant leurs premières années, qui ne savaient même pas tirer au sortir de leur débourrage confié à un tiers et que d’aucun aurait condamné à la caissette de supermarché.

Deuf boeufs que j’appréhendais un peu, il faut bien le reconnaître en raison de leur taille et poids qu’aggravait leur « manque de savoir ».

Et puis un soir le déclic, on s’y est mis tous les trois et aujourd’hui ceux sont deux beaux bœufs de sept ans aux ordres qui connaissent bien ce boulot de débardage et qui ont une belle vie en troupeau avec mes deux bœufs bretons de neuf ans même s’ils ne sont pas dominants malgré leur taille.

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Pause pour Lesna (Naha à droite et Naki à gauche), la paire Bretonne au transport de fumier après la remontée sur le plateau

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Prétentieux ? Non, les Pee connaissent la marche en arrière. Photo © Arlette Jacquelin-Bertin 

Aucun ne pourra m’ôter de l’esprit que cet aboutissement est le seul fait de la contrainte du joug et du travail forcé de cette paire de bœufs. J’ai la certitude que Les Pee ont participé à leur apprentissage parce qu’il est impossible de soumettre, au sens propre du terme, à ce point sur une longue durée et de renouveller ce travail l’année suivante sans rebellion.

Temps, patiente, progression à leur rythme, et non au mien, je ne sais pas si c’est le secret mais c’est ma démarche et pas uniquement avec les bœufs. Et cela marche très bien, une question de temps uniquement.

Et les Pee en sont la preuve au vu de leur faible niveau de départ tant pour leur coordination que la pratique de l’effort sous le joug.

Je pense qu’avant la motorisation, les vieux, terme de respect sous ma plume, faisaient de même car la taille de leurs troupeaux ne leur donnaient que peu de choix et ils devaient faire avec les animaux dont ils disposaient.

Sûr qu’ils devaient faire preuve de patience, d’astuce et d’intelligence pour obtenir le résultat dont ils avaient besoin pour leur exploitation. Un bœuf ou une vache de traction, pire une paire, ne devait pas se remplacer comme aujourd’hui un tracteur en empruntant au Créd…. .

Et de plus, il me semble que cela développait également l’attachement si ce n’est l’affection pour ces animaux de trait, autant dire une forme de considération voire de respect.

J’ai connu cette affection au travers de deux paysans, l’un du Cantal et l’autre du canton de Vauds en Suisse, chez qui j’ai passé un peu de ma jeunesse en 1960/70. Il valait mieux ne pas leur adresser la parole et filer droit pendant quelque temps lorsqu’ils avaient du se séparer d’une de leurs vaches pour ramener du marché aux bestiaux ,voire de l’abattoir, de quoi faire vivre leur exploitation.

Une place dans l’étable était vide le soir et la chaîne d’attache pendait bêtement. Le reste du troupeau le ressentait aussi au travers de sa hiérarchie. A plusieurs centaines de kilomètres l’un de l’autre, sans se connaître, ils réagissaient exactement de la même façon dans la même situation.

Mais c’était il y a plus de cinquante ans ou presque, chaque animal avait un nom et une histoire pour ces gens là à cette époque. J’y suis encore je crois et j’ai bien envie d’y rester, je n’y gagnerais rien mais y perdrais encore moins.

Aujourd’hui la stabulation libre a fait retourner ces bovins dans un anonymat complet à la gloire de la rentabilité et les primes agricoles ont amorcé une réelle dégradation des conditions d’élevage bovin jusqu’à essayer de faire changer le menu de ces herbivores et de créer des « étables » pour le moins concentrationnaires auxquelles sont associés des outils, que je renonce à qualifier ici, et dont un des meilleurs exemples est la désileuse.

Il serait temps de chercher le juste milieu entre ce passé et ce que l’on connaît aujourd’hui car, à mon humble avis et à ce train-là, le pire est à venir pour mes copains.

Frédéric Iehlé 

Photos Arlette Jacquelin-Bertin Les photos (signées en bas à droite) sont soumises à droit d’auteur

Voir aussi en cliquant ici.

Jerémy Bulteau, Longeville-sur-mer (85)

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Jérémy a 32 ans. Il a eu l’envie de devenir bouvier grâce au Puy du Fou où il mène les boeufs au spectacle de la cinéscénie depuis 4 ans.

Son apprentissage de meneur, outre l’expérience du Puy du Fou, se poursuit chaque jour en même temps que celui de ses propres boeufs.

Il peut aussi compter sur le soutien important d’Arnaud Berland, Bénédicte Touchard et Jérôme Briand, bouviers eux aussiLaurent Martin et Lionel Rapin, également meneurs à la cinéscénie du Puy du Fou.

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Passionné depuis tout petit par les animaux, il élève aujourd’hui de nombreuses races en voie de disparition ou locales comme des chèvres poitevines, des poules de Marans, des moutons de Belle-Ile.

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En 2019 il achète une jeune paire de mâles Maraîchins,  issue de la ferme du Palaineau au Langon, dont les propriétaires sont de fervents défenseurs de la race Maraîchine.

Les boeufs ont aujourd’hui un an.

Avec ses boeufs, il projette de participer à des  rassemblements agricoles, fêtes traditionnelles, locales, estivales, marchés de producteurs locaux….

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Voici un article sur Jérémy publié dans Ouest France le 08/09/2019.

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Corentin Huber, Rosheim (67)

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Corentin Huber nous communique une présentation de son parcours. Ce jeune homme est passionné et impliqué à la pratique de l’attelage bovin. 

Merci à lui pour sa contribution

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« Corentin Huber, une passion et un rêve. »

Je m’appelle Corentin, je vais  avoir 16 ans, j’habite à Rosheim, je fais le trajet pour aller voir mon papy, André Kammerer, le plus souvent que je le peux. Cette passion me  vient d’ailleurs de lui.
Tout a commencé il y a quelques années, papy a eu son premier bœuf, Grivé, c’était nouveau pour tout le monde et même impressionnant pour moi.

Au départ je n’étais pas du tout rassuré et pas vraiment attiré. Au fil du temps je m’y suis habitué et j’ai commencé à m’y intéresser. Grivé n’avait pas l’habitude de travailler avec d’autres personnes que papy, je n’ai jamais réussi à le faire réellement travailler et c’est là que j’ai commencé à aller à la rencontre des bouviers et chez Philippe Kuhlmann.

C’est papy qui m’a appris à conduire avec un bœuf, et c’est Philippe qui m’a enseigné pour une paire.

 

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Corentin avec André, passation de savoir et de passion

Après la perte du bœuf de papy, il y a eu deux nouveaux arrivants, Tino et Greby. Cette jeune paire venant de Philippe est mon nouveau défi, j’apprends et je progresse en même temps qu’eux et j’expérimente de nouvelles initiatives en forêt comme sur la route.

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Je rêve qu’un jour, moi aussi, comme mes ancêtres j’aurai une paire de bœuf en apprentissage. Mon plus grand rêve serait de partir avec une charrette, de quoi faire un parc, et ma paire de bœufs. Dans mon périple j’aimerais vivre de belles rencontres, partager la vie des gens.

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Les boeufs d’André Kammerer au travail, Breitenbach (67)

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André Kammerer en compagnie de Corentin, son petit fils, aux rencontres de bouviers 2018 à l’écomusée d’Alsace (photo Cozette Griffin Kremer)

André Kammerer n’est pas agriculteur, mais utilise depuis plusieurs années des boeufs de travail. Après avoir été obligé de se séparer de Grivé son premier boeuf utilisé en solo, il travaille maintenant avec une nouvelle paire de boeufs achetée chez Phillippe Kuhlmann à Soultzeren (cliquez ici pour voir).

En côtoyant son grand père, Corentin son petit fils s’est intéressé à l’attelage des boeufs et est devenu un bouvier prometteur.

Voici quelques images tournées pendant l’hiver 2018/19 et au printemps 2019 où l’on voit surtout Corentin sortir du bois de chauffage. On y trouve aussi quelques scènes d’une journée de travail à Soultzeren avec des boeufs de Philippe Kuhlmann.

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Grivé au bois avec André voici quelques années

Merci à André Kammerer pour sa contribution.

Débardage et dressage de boeufs chez Philippe Kuhlmann, Soultzeren (68) en février 2019

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Philippe Kuhlmann agriculteur de montagne à Soultzeren dans la haute vallée de Münster travaille uniquement avec des boeufs sur sa ferme depuis plus de 40 ans. 
Il dresse plusieurs paires de boeufs au travail par an. 
C’est entre autre en sortant du bois qu’il dresse ses animaux. 
Nous le voyons ici sortir du bois de chauffage en bordure de rivière avec, au joug Vosgien double, un boeuf déjà aguerri et un second qui débute.

Une grume c’est coincée entre deux pierres et il a fallut s’y reprendre en plusieurs fois pour l’extraire. Le plus jeune des boeufs ne tirant pas encore bien, la tâche c’est avérée moins facile.

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Sandrine et sébastien Huck, jeune boeuf Vosgien en dressage, la Chapelle aux bois (88)

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Obélix à deux mois

Sandrine et Sébastien Huck nous ont contacté pour présenter leur projet de dressage d’un jeune boeuf Vosgien. Ils veulent à terme l’atteler en solo au joug simple Vosgien pour intégrer l’attelage bovin aux activités de la ferme pédagogique.

Ils nous présentent leur activité.

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Nous sommes une Ferme Pédagogique et Thérapeutique Itinérante. (Cliquez ici pour voir)

Facebook (groupe) Fermes Pédagogique et Thérapeutique Itinérante de la Bécorne 

Nous nous déplaçons partout dans la région grand-Est en priorité, mais dans toute la France si on nous le demande, moyennant des frais de déplacement.

Nous intervenons pour les anniversaires, dans les foires, comices agricoles et commerciaux, les EHPAD, salons…

Au travers d’activités ludiques, de parcours et de défis au milieu des animaux, enfants et adultes découvrent les animaux, leur vie, la biodiversité…

Nous proposons un jeu de piste autour des animaux, qui eux même sont présents. Nous nous déplaçons notamment avec un bœuf Vosgien, des lapins, des paons et des poules. A l’issue du jeu, les enfants reçoivent un petit diplôme et une médaille qu’ils décorent eux-mêmes.

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La ligne directrice de la ferme est la découverte des animaux et leur environnement. Les activités sont adaptées à chaque situation.

Nous avons également pour objectif la découverte du patrimoine ancien, c’est pourquoi nous animons chacun de nos événements en tenue traditionnelle paysanne avec des sabots en bois.

Nos coordonnées:

Ferme de la Bécorne

Ferme Pédagogique et Thérapeutique Itinérante

Mme HUCK Sandrine

9 les Aulnouzes

88240 la Chapelle aux Bois

portable 06 76 96 52 29 où 06 36 76 05 10

fixe 03 29 30 59 49

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Obélix le 16 12 2018 prenant la pose de lui même

Hélène et Amaury Beaudoin et Sophie Lambertyn, VILLERS SUR AUCHY (60)

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Amaury et Hélène Beaudoin sont paysans bio laitiers sur une grosse structure (Cliquez ici pour voir).

Ils nous ont contactés pour quelques renseignements sur l’attelage, le dressage des bovins et le matériel. Ils sont très motivés et engagés dans leur projet.

C’est après avoir vu des scènes d’attelages de bovins dans le film « Les gardiennes » de Xavier Beauvois avec Nathalie Baye, Laura Smet, qu’ils ont eu envie de dresser des bovins.

Leur but est de pouvoir les amener au travail en retrouvant les gestes des anciens, d’avoir une expérience différente avec les animaux de celle qu’ils ont dans leur quotidien de producteur de lait.

C’est sans prétention ni objectif d’une utilisation professionnelle qu’ils ont commencé le travail avec une amie, Sophie Lambertyn.

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Ils ont décidé de dresser deux jeunes génisses pour travailler au collier. Elles sont croisées Holstein par la mère et Limousin par le père. Mésange a une robe noire et Morphée est de couleur acajou.

Le début de la sociabilisation et du dressage se passe bien. La détermination et l’enthousiasme des protagonistes est complète. Nous suivrons ce projet avec intérêt.

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