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Mais d’où j’eus le goût du joug ? par Gilles Péquignot, Soultzeren (68)

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Mon métier c’est musicien, avant cela, j’ai été menuisier, technicien métreur, père au foyer mais depuis bientôt trente ans, je suis musicien.

On se construit des rencontres que l’on fait.

Quand nous avons annoncé à Michel Nioulou, un ami vielleux et jougtier de Mâcon que nous nous installions à Soultzeren, il a jubilé : « Mais c’est le village de Philippe Kuhlmann, un des dresseurs de bœufs les plus réputés de France, Allemagne, Suisse ! » 

Ah bon …

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Et depuis à chaque rencontre des bouviers à l’ Ascension, notre pote Michel vient nous rendre visite, on fait de la musique et on découvre le petit monde de la traction bovine.

J’ai bien sympathisé avec Philippe, il nous fait notre bois de chauffage, nous apporte des fromages de chèvre, des œufs, en échange je lui prête la main pour les foins ou des bricoles.

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L’an passé, j’ai eu la bonne idée de m’inscrire à un stage de lutherie, j’avais déjà réalisé des épinettes des Vosges et là, j’avais besoin d’une mandoline et d’une mandole. Ça m’a fait du bien de travailler avec un rabot et des ciseaux alors que les contrats de musique s’ annulaient les uns après les autres. Les instruments sont superbes et répondent à mes besoins, sauf qu’il n’y a pas moyen de les faire écouter à un public.

Le musicien par temps de crise sanitaire ne joue plus pour faire rêver ou danser et perd le moral et aussi 2/3 de ses revenus.

Avec le décès de Pierre Mougin, Philippe et les bouviers de France perdaient plus qu’un artisan, un homme aux doigts en or. Qui allait faire les jougs à présent ? C’est là que j’ai proposé à Philippe de me lancer dans l’aventure, je sais travailler le bois, je trouve ces objets esthétiques tout en étant fonctionnels. J’ai profité des conseils de mon ami Michel qui lui, réalise des jougs du charolais, du Velay, de la Loire, du Morvan et de Vendée notamment pour le Puy du fou.

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Me voilà à tailler avec rabots, ciseaux, planes et racloirs du bouleau vert : le beau tas de copeaux ! Mon jardin va être content ! Les jougs partiront avec les bœufs là où des hommes prennent le temps de vivre avec les animaux.

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Le ferraillage a été assuré par le papa de Gilles Péquignot

D’autre part, façonner le bois me permet de faire patienter mes instruments de musiques qui se languissent de ne plus abreuver les oreilles des danseurs confinés.

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Voir aussi l’article de l’Alsace en cliquant ici.

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Les boeufs de Laurent Martin avec Jo Durand le 6 juin 2021 au Musée départemental des tumulus de Bougon (79)

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Le dimanche 6 juin 2021, le Musée départemental des tumulus de Bougon (79) a organisé une démonstration de traction animale d’araire dans le cadre de la manifestation nationale des Rendez-vous au jardin. Conservant un site mégalithique composé de cinq monuments exceptionnels, le Musée propose un voyage en Préhistoire. S’intéressant particulièrement au Néolithique, époque à laquelle les populations deviennent sédentaires en domestiquant certaines espèces animales et végétales le parcours de visite est ponctué par des expositions, des reconstitutions et le site archéologique.

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L’araire, outil agricole à « tout faire* » apparaît vers -3500 avant notre ère1. Simple d’apparence, il est néanmoins complexe à produire et nécessite un savoir-faire pour qui souhaite s’en servir. Les recherches archéologiques et l’ethnologie font état de cet outil largement oublié dans nos régions.

Composés de matériaux périssables, les témoignages archéologiques sont rares et souvent partiels.

L’objectif de la démonstration réalisée au Musée était de tester en situation une reproduction d’araire d’inspiration archéologique et faire se rencontrer deux mondes professionnels qui ont à apprendre l’un de l’autre.

* travailler le sol : labourer, sillonner, butter, etc.

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L’araire réalisé par Jérémie Vosges de la société Arkéo Fabrik est composé d’une pièce ramifiée d’orme. Le timon est formé d’une longue branche et le dental est taillé dans le tronc de l’arbre. Lors de l’expérimentation, le timon a été prolongé d’un faux-timon en frêne pour plus de maniabilité.

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Les pièces annexes, mais néanmoins indispensables, sont réalisées en châtaignier pour le mancheron et en if pour le reille interchangeable. Le reille est solidarisé au corps de l’araire par un astucieux système de maintien : ces deux éléments sont percés d’une mortaise carrée dans laquelle vient se coincer le mancheron qui verrouille l’ensemble. Cette reconstitution s’inspire assez fidèlement d’une découverte archéologique exceptionnelle datée du tout début de l’âge du Bronze dans le site italien de Lavagnone près du lac de Garde. Le modèle est celui d’un araire dental.

La paire de jeunes bœufs, de leurs noms Max et Gaston, était menée par Laurent MARTIN, leur propriétaire et dresseur, ainsi que par Jo DURAND, éleveur et dresseur confirmé. Pour ces deux bœufs de race Vosgienne, cette démonstration de travail était leur première sortie réelle, depuis leur arrivée chez Laurent en août 2020. En effet, leur dressage est encore en cours et durera jusqu’en milieu d’année 2022. Toutefois, la majorité des bases du dressage sont déjà posées et acquises. C’est justement par le biais de travaux comme ceux réalisés au musée que leur apprentissage se valide, en nouant acquis et expérience.

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Mis au joug sur un modèle américain, l’attelage à l’araire a nécessité l’utilisation de sangles en cuir et de cordes. L’ensemble formait ainsi un outil à la fois souple et stable, permettant un travail de sol efficace et aussi respectueux du rythme et des capacités des animaux.

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Pour Laurent comme pour les bœufs, le maniement de l’araire fut une découverte. Mais grâce aux conseils affûtés et à l’expérience de Jo, le trio a pu assurer la bonne réalisation du projet. La parcelle de 400m² fut ainsi travaillée sans peine en 3h30 par Max et Gaston, en alternant phases de travail et de repos. Les passages successifs en croisé ont permis d’obtenir un résultat homogène. A noter que pour finir, Max a assuré à lui seul le tirage du rondin utilisé pour enfouir les graines de sarrasin semées par le public quelques minutes auparavant.

Si la culture du sarrasin n’est pas attestée dans nos régions au Néolithique sa présence à l’état sauvage a été mise en évidence grâce à différentes études. Citons notamment les analyses de restes de pollens réalisés dans la sépulture collective de la Chaussée Tirancourt (Somme)2. Le sarrasin sera récolté et transformé dans le cadre d’un projet pédagogique associant des élèves de 6een octobre 2021.

1 Pétrequin et. al. Les outils à moissonner et la question de l’introduction de l’araire dans le Jura (France). 2006. Pétrequin et. al., dir. Premiers chariots, premiers araires, CNRS éditions.

2Girard M. La sépulture collective néolithique de la Chaussée-Tirancourt (Somme) Analyse Pollinique. 2006, BSPF, n°103, p. 133-142

 

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Rédaction Émilie ROGER – Musée départemental des tumulus de Bougon, Société Arkéo Fabrik, Laurent Martin et Jo Durand.

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Débardage chez Philippe Kuhlmann début 2021

Merci à Léa et Batiste pour leur envoi de vidéo.

Roland COSTEDOAT, ARGELOS (40)

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Fête du maïs, Laas octobre 2020

Roland COSTEDOAT nous communique ce texte de présentation de son travail.

Nous l’en remercions.

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Un passionné, Roland de PEDEBIDAOU.

Durant ma période d’activité d’agriculteur, je voulais, à la retraite, dresser une paire de vaches au joug comme d’antan.

J’ai choisi deux « Béarnaises », race de travail d’ici d’autrefois, que l’on appelait à l’époque « Blondes des Pyrénées». J’ai donc acheté 2 génisses de 6 mois que j’ai, au fur et à mesure de leur croissance, appris à me suivre et à marcher en rythme avec le joug.

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Foire de Bordeau Juin 2019

La Béarnaise est une vache rustique. Elle porte une robe blonde froment et ses longues cornes sont évasées en lyre. Cette race est en voie de disparition et est donc classée en « sauvegarde de la race ».

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Fête du maïs Laas octobre 2020

Aujourd’hui encore des passionnés dressent des animaux et parcourent des foires et autres rassemblements, pour des démonstrations.

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Fête des Semailles Arudy, Octobre 2019

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Fête du maïs Laas, octobre 2019

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Fête du maïs Laas, octobre 2020

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Château de Montaner 1200 ans du blason, Octobre 2020

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Foire St Michel Maubourguet, Septembre 2020

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Château de Montaner 1200 ans du blason, Octobre 2020

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Foire St Michel Maubourguet, Septembre 2020

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Fête des Semailles Arudy, Octobre 2019

Marie Cadot, Valence (82)

marie cadot 3Marie Cadot une jeune dresseuse de bovin très active. Elle a rencontrée Renée Bagelet une référence en la matière. Son caractère volontaire et sa motivation lui ont permis un beau travail de dressage, sans à priori et très prometteur!

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L’histoire de Marie, Grive et Fury

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Bonjour, je m’appelle Marie Cadot, j’ai 24 ans et je suis née le 12 octobre 1995 à Agen. C’est mon grand-père, fermier, qui m’a transmis son amour et sa passion pour les vaches ainsi que des chevaux. Dès l’âge de 2 ans, j’étais en permanence avec lui. Il y a 8 ans et demi, mon grand-père a rentré une petite velle, de race brune des Alpes, que j’avais choisie parmi tout un troupeau. Je lui donnais le doux nom de Grive. De là est née une grande histoire.

Dès le début, j’ai passé énormément de temps avec cette petite velle. Je la promenais partout, même jusque dans la cuisine de chez mon grand-père et chez la voisine . Mon oncle n’était pas d’accord que je promène toujours cette vache, car il considérait que cela pouvait représenter un danger. Mais je n’ai jamais tenu compte de ses remarques, et je continuais à la promener. J’avais 16 ans.

Lorsque Grive arriva à l’âge adulte, il est venu le moment de la reproduction: le premier vêlage s’est très bien passé, un petit mâle est né. Pour le second vêlage, le veau était mort-né. Grive est très maternelle, car elle accepte de laisser téter les autres veaux. Malgré le deuxième vêlage problématique, nous avons décidé de tenter une nouvelle insémination. Malheureusement ce fut un échec. Pour mon grand-père, une vache qui ne se reproduit pas, qui ne fait donc pas de lait, ne sert à rien. Cette situation a été source de beaucoup de nuits blanches, mais j’étais déterminée à la garder pour moi seule.

Mais je ne savais pas que pour élever une vache, il fallait se déclarer éleveur afin d’obtenir un numéro de cheptel. J’ai dû faire face beaucoup de démarches administratives.

Et pour garantir au maximum la validité de mes ambitions, j’ai fait faire un acte notarié pour que personne ne m’enlève ma vache. Le temps passe et on me propose alors de faire les foires agricoles, les comices, où bien sûr je me fais remarquer !

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Je continue à essayer à nouveau une insémination mais malheureusement, c’est encore un échec. Je fais alors venir une nouvelle fois le vétérinaire et lui demande de tout faire pour ma vache. Il a donc fait un lavement puis des piqûres pour provoquer les chaleurs et l’inséminer à nouveau sans succès deux fois de suite. Même l’inséminateur me rassura en me disant que j’avais fait le maximum, je ne devais surtout pas me culpabiliser. Je le supplie d’intervenir une dernière fois. Nous en étions quand même à la quatrième insémination cette année-là, il me dit alors : « Si cela ne marche pas, c’est fini je n’en ferai plus ! Tu ne vas pas gaspiller tout ton argent pour un veau. Tu t’en rachètes une et on arrête là ».

Deux mois passent et l’échographie ne détecte rien. D’échec en échec, il fallait se rendre à l’évidence, il n’y avait rien à faire. Bon! Puisque ma Grive n’était bonne à rien, j’ai voulu prouver qu’elle avait d’autres qualités ! Je me suis mise à lui faire tracter dans un premier temps un pneu. En fait, elle adorait cet exercice, et progressivement une petite herse remplaça le pneu. Cette année-là, j’ai été invitée dans dix foires pour des démonstrations de travail aux champs.

Et puis un matin, ma vache montra tous les signes d’une grossesse, et l’histoire se répétant, cette grossesse n’était en rien normale. Du coup, j’appelle le vétérinaire qui me dit qu’elle devait faire une grossesse nerveuse !

Je lui demande de venir. Il fait une échographie et voit une poche sans veau, mais avec des cotylédons bizarres. Mais pas de veau … Or, selon moi, s’il y a une poche, il y un veau !  Il me dit que cela peut arriver qu’il n’y ait qu’une poche. C’est très rare mais le risque est que si elle se perce, elle peut infecter l’animal. Il me conseille donc de la surveiller. A ce moment-là, je travaillais en coopérative agricole où, bien sûr, tout le monde connaissait Marie et sa vache ! Dans le même temps, son état empirait, avec fièvre et absence d’appétit. Je la surveille même la nuit. Trois jours passèrent et le vétérinaire en la fouillant sortit une fois de plus un veau mort-né. Grâce à une analyse, on découvre que Grive est porteuse d’une maladie provocant les avortements, la néosporose.

Mais ma vache avait un pis énorme et le lait coulait par terre. La gestation avait donc tout de même provoqué une montée de lait. Il coulait, se perdait !!! Il fallait que je me mette à la traire.

Avant et après mes heures de travail à la coopérative où je suis employée, je me suis mise à traire à la main. Résultat : 40 litres par jour ! Faute de temps, je me rends à l’évidence, il fallait que j’achète un veau pour diminuer ce rythme infernal. En accord avec mes parents qui se rendaient bien compte de la situation, on se mit à la recherche d’un veau de la même race que Grive, et on le trouva chez Vincent dans le Gers. Grive l’adopta aussitôt et malgré la présence de ce veau, du lait, il y en avait toujours trop !!!

J’achète alors de nouveau un veau et avec le lait en surplus je me lance dans la confection de fromages nature, au poivre, au piment d’Espelette, mais aussi beurre et yaourts.

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Le temps passe, les veaux grandissent … A mon grand regret, à six mois, j’ai été obligée de les vendre : je n’allais pas les garder et pour en faire quoi?

Grive avait toujours une lactation forte. Je fais donc l’acquisition d’un troisième veau, le bien nommé Monsieur Ficelle. Dans le même temps je continuais ma production de fromages pour le plus grand plaisir de mes collègues de la coopérative.

Un jour, dans le cadre de mon travail, un client me proposa une velle Blonde d’Aquitaine pour qui sa mère n’avait pas assez de lait. J’ai sauté sur l’occasion et me voilà chez Monsieur Grimal. Quelle ne fut pas ma surprise : il s’agissait d’une velle née en liberté, qui n’avait jamais côtoyé l’homme. Le propriétaire, non sans humour, me souhaita bon courage ! Arrivée chez moi, je la décharge. A un mois, elle a une sacré force. Je ne savais pas si j’avais acheté une velle ou un pitbull car elle hurlait et sautait partout. Elle a d’abord refusé de manger pendant un jour et demi bien qu’elle ait été mise sous la vache. Le lendemain matin, la situation était toujours la même … Elle ne voulait pas téter. Sans que je ne cède de mon côté, après avoir hurlé toute la journée dans son box, elle a fini par aller téter toute seule le soir. Mais il ne fallait pas que je la regarde ou que je la touche. Quel cinéma pour la remettre au box ! L’ancien propriétaire m’avait bien dit « bon courage ! »

Je comprends mieux pourquoi. Ce n’est pas pour rien que je l’ai nommée Fury. Quand elle me voyait, elle me chargeait et dès que je passais derrière, elle me donnait des coups de pieds. Petit à petit, elle s’est adoucie, mais madame refuse toujours le licol! Je l’ai fait marcher car c’est le minimum pour aller se présenter à une foire. Elle n’arrêtait pas de s’échapper. Comparativement, Monsieur Ficelle, à un mois, marchait très bien, uniquement tenu par une simple corde ! Fury est une Blonde d’Aquitaine, d’où son tempérament très vif. La génétique y est aussi pour quelque chose. Avec son comportement explosif, elle m’échappait, mais je n’ai cependant jamais utilisé un bâton .

Je la faisais marcher au petit matin, à 5 heures, au moment ou le soleil est encore bas. A cette heure-ci, Fury, plus tranquille, avait moins peur. Pour la rassurer encore plus, je la sortais avec son copain Monsieur Ficelle. Il a fallu des jours et des jours de marche, de patience à toute épreuve pour gagner sa confiance. Fury m’a fait tomber, me traînant sur vingt mètres. J’étais couverte de bleus. Mais après cinq mois d’un combat acharné, Fury, qui acceptait petit à petit ma compagnie, se mit à marcher à la perfection. Nous nous étions apprivoisées mutuellement, son véritable caractère s’était révélé …

Il lui a fallut cinq mois pour marcher correctement sans m’échapper, mais elle a été la meilleure de toutes.

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Aujourd’hui elle fait des exercices de traction avec un plaisir non dissimulé, elle est même demandeuse ! Elle tire un pneu, une herse et se permet même le travail très compliqué de passer et suivre un sillon sans dévier de sa trajectoire.

Pour réaliser des travaux autrement plus compliqués comme débarder, tirer des charges, décavaillonner, je lui ai fait faire un collier sur mesure et réglable auprès de Monsieur Collin. Et vous allez me demander : « Qu’est devenu Mr ficelle ? » Après une sélection difficile, mon petit veau a été choisi par Madame Sabine Rouas, propriétaire d’ Aston le Taureau, pour entrer dans sa petite troupe et assurer des spectacles de dressage.

Des projets avec Fury ne manquent pas! Je voudrais travailler avec elle pour faire un jardin et pourquoi pas un peu de maraîchage : pomme de terre, tomate. Mais le plus important pour nous deux restera la représentation sur les foires et les comices pour faire découvrir le dur métier de la terre autrefois. D’ailleurs le bovin est très intelligent, plus que le cheval à mon avis. L’avenir nous dira la suite…

Téléphone de Monsieur Collin : +32 475 61 62 35

Contact Sabine Rouas, professionnelle du bovin: 07 81 72 27 59

Marie Cadot 06 71 05 40 14

The End

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Vidéo de présentation sur la conférence du 8 et 9 mai 2021 « La traction animale, hier, aujourd’hui et demain », Claus Kropp

Remise à jour du recensement des bouviers de France par Corentin Huber

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Corentin Huber, jeune bouvier très actif et passionné de l’attelage des bovins tout comme son grand-père André Kammerer, se propose de remettre à jour le recensement que j’avais mené en 2013 à la création du blog sur la base du fichier constitué par Laurent Avon que l’on salut ici. Merci à lui qui a été l’initiateur du recensement.

Pour des raisons personnelles je suis actuellement beaucoup moins disponible pour travailler sur le blog à la mise en ligne, répondre aux courriers, et maintenir le carnet d’adresses à jour.

Le blog sert de lien et d’outil de communication sur le milieu des meneurs et dresseurs de bovins. Il est un média qui met en contact, informe, mobilise, motive. Je le constate chaque semaine par les courriers que je reçois via l’adresse de contact. La mise à jour des contacts semble donc être essentielle. Mais c’est un long travail fastidieux.

C’est pour moi une très belle nouvelle que de voir Corentin s’investir dans un travail qui jusqu’alors ne reposait que sur moi.

Notre collaboration ne sera que bénéfique et engage une continuité du travail de Laurent Avon et du mien devant l’investissement de Corentin, jeune bouvier engagé.

Voici son appel qui, je le souhaite, sera suivi et bénéfique à tous dans le milieu. Je compte sur votre coopération.

Michel Nioulou


2013, cela fait plus de sept ans que le site existe. Et des centaines d’années que cette pratique est exercée. Le nombre de pratiquants ou de personnes ayant des connaissances actuellement en France est plutôt faible.

Pour le connaître plus précisément, je me lance sur le long chemin de la collecte d’informations…

Personnellement, je n’ai pas connu les débuts du blog’« Attelages bovins d’Aujourd’hui ». Je m’appelle Corentin Huber, j’ai 17 ans et cela fait 5 ou 6 ans que je suis vraiment actif dans ce monde.

Cela fait environ une semaine, à l’heure où j’écris cet article, que j’ai contacté le site. Après un rapide échange de mails, mes craintes se sont vite confirmées. Le suivi des personnes étant complexe, le site n’a pas pu remettre suffisamment les profils à jour.

J’avais déjà pris contact avec des bouviers d’un peu partout en France pour les rencontrer et j’ai constaté que le carnet d’adresses n’était pas à jour. Je me suis alors porté volontaire pour cette remise à niveau.

J’ai un peu compté par curiosité avant de me lancer: cent trente neuf personnes, c’est le nombre de profils qui n’ont pas mis été à jour depuis 2013 sur le site. Soit la moitié des personnes référencées….

Je trouve cela énorme! Ce chiffre doit diminuer, voire avec un peu de chance, disparaître pour ne laisser place qu’à du 2021 sur tous les profils. Je sais que c’est extrêmement optimiste de penser cela mais je veux y croire. Ce serait magnifique, non ?

Pour que tout cela soit réalisable, j’ai créé une nouvelle adresse mail pour le site :

carnet.adresse.aba@gmail.com

Un mail partira de cette adresse allant chez chaque personne ayant donné son adresse électronique.

Pour toutes les personnes qui n’ont jamais donné de mail, je prendrai contact par téléphone, si j’ai votre numéro.

Pour me faciliter la tâche, je vous invite à envoyer à cette adresse, un mail en me disant qui vous êtes afin de vous transmettre la fiche de renseignements dont j’ai besoin pour mieux cerner la pratique actuelle.

Pour les personnes qui veulent se rajouter sur la liste, je vous attends autant que les autres… et je vous répondrai avec plaisir Si vous connaissez aussi d’autres bouviers, faite-le moi savoir.

Cette adresse sera active dès la sortie de cet article et ce, indéfiniment, donc n’hésitez pas!

Corentin HUBER 

Vous êtes meneurs ou dresseur de bovin, vous avez un voisin ou une connaissance qui pratique, vous avez un projet d’attelage, contactez nous à cette adresse pour tenir à jour le recensement des bouviers en France. Merci: 

carnet.adresse.aba@gmail.com

ou au 06 74 94 94 18

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Laurent Martin, Chanverrie (85)

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Laurent Martin, bouvier Vendéen nous parle de son expérience et de ses projets auprès des boeufs d’attelage.

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Max et Gaston,  une aventure de 2005 à aujourd’hui

Tout a commencé pour moi il y a 15 ans, lors de ma rencontre avec la traction bovine. C’était durant un stage en tant que soigneur animalier au Grand Parc du PUY DU FOU.

Depuis, trois grandes étapes ont jalonné mon parcours, des rencontres très nombreuses et très riches d’enseignement et de belles relations nouées. La toute première, a été celle de Jo DURAND et Christine ARBEIT, contactés grâce au blog ABA.

Cette superbe rencontre m’a énormément appris, notamment sur le dressage et le menage de bovin en solo, mais pas que… Jo et Christine m’ont rapidement convié à les accompagner lors de la rencontre des bouviers à l’écomusée d’Alsace, c’était au printemps 2013.  Ce fut  pour moi une vraie révélation.

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Au retour de cette belle expérience, j’ai voulu répondre à une forte envie de valoriser ces récents acquis, en boostant la traction bovine au PUY du FOU.

J’y étais embauché depuis 2006 en tant qu’animalier saisonnier et aussi bénévole à la Cinéscénie (spectacle nocturne) dans l’équipe des « Toucheurs de boeufs ».

J’ai alors initié la création de l’Académie de Bouvier (cf: article ABA du 17/12/2014). Il y avait depuis longtemps au PUY DU FOU le principe d’Académie, mais rien n’était dédié exclusivement à la traction bovine, alors que le site compte aujourd’hui pas moins de 7 paires de boeufs dressés et attelés pour répondre aux besoins des différents spectacles du site. Cette Académie a depuis formée presque 35 jeunes et moins jeunes, de 14 à 52 ans.

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L’envie était forte pour moi et les réflexions allaient bon train pour me pousser à exploiter mes acquis et les valoriser dans un projet plus personnel, mais la vie en avait voulu autrement jusque là. Et puis, en ce début de printemps 2020, tous les feux étaient au vert et les facteurs positifs se sont cumulés pour faire aboutir et concrétiser l’arrivée de Max et Gaston.

Cette jeune paire de boeufs de race Vosgienne née mi-mai 2019, est arrivée au sein de l’exploitation d’un ami. Jean est à la tête d’une entreprise qui propose des prestations d’éco-pâturage, et il m’a gentiment proposé de pouvoir intégrer Max et Gaston au sein de son cheptel. Les deux broutards ont été élevés chez Jo DURAND, la boucle de transmission fonctionne pas mal du tout !!! Ils étaient déjà très sociabilisés et permettaient un bon contact : un terrain très propice pour commencer une belle relation, avec des bases saines et solides.

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Le projet avec ces bovins est double : permettre une création d’activité de prestation d’entretien, travaux forestier, maraîchage, et envisager la création d’une formation pour transmettre ce savoir acquis depuis plus de 15 ans. Je souhaiterais proposer cet apprentissage à tout bon volontaire, porteur de projet dans le domaine agricole, forestier, ou même à des particuliers qui souhaiteraient s’ouvrir à cette noble pratique qui correspond aujourd’hui et encore plus demain, à une alternative durable pour une gestion respectueuse de l’environnement. Celle-ci prendra la forme d’une session de formation séquencée en différents modules avec, pour certains d’entre eux, les thématiques suivantes : L’approche du bovin, sa lecture, sa psychologie, son contact et sa manipulation, les possibilités qu’offre le dressage en solo/en paire…

A l’époque où nous sommes, il me semble important de remettre au coeur de notre société le CONTACT entre les gens et les animaux. La démarche de Jean est un vrai succès dans le secteur (cf : La tondeuse qui broute.fr) et outre la démarche d’entretien écologique, c’est aussi ce lien re-créé entre les animaux et les hommes.

Ma démarche avec Max et Gaston suit la même trame, afin de permettre de faire redécouvrir que les animaux ont été depuis la nuit des temps au contact de l’homme dans son quotidien. Pour moi, c’est essentiel et cela participe activement à sa bonne santé et à sa bonne intégration dans son environnement.

Cela doit lui permettre de conserver des repères, des valeurs et de les transmettre sainement aux générations à venir. 

 Laurent MARTIN 

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Appel à contribution de Claus Kropp: Travailler avec l’énergie animale au 21e siècle Une archive virtuelle, de l’importance et de la promotion des animaux de trait

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Claus Kropp du Laboratoire d’Archéologie Expérimentale de Lauresham en Allemagne lance un appel pour créer une banque de documents vidéos des attelages en traction animale dans le monde aujourd’hui.

Un appel auprès de tous les utilisateurs en France est lancé.

Merci de lire le document ci-dessous et de faire le maximum pour y répondre afin de créer un outil documentaire indispensable à la mise en avant de la traction animale.

Nous lançons tout particulièrement l’appel aux bouviers puisque c’est ici sur ABA le lieu de le faire.

Conjointement, un congrès virtuel intitulé « Animaux de travail – passé, présent et avenir » sera mis en place les 8 et 9 mai 2021 où la banque de données et une première série de clips seront présentés à cette occasion.

Nous comptons sur vous et faites passer l’info!!

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Les animaux de trait à travers le monde continuent à contribuer à la vie et à l’économie de millions d’êtres humains. Que ce soit pour le transport, l’agriculture ou la foresterie, le recours à l’énergie animale est d’une importance primordiale depuis des siècles.

Bien que sa soutenabilité économique ne soit pas mise en doute, on constate aujourd’hui dans de nombreuses régions du monde un déclin massif du nombre d’animaux de travail.

La pression de la part des marchés capitalistes, la rationalisation technologique du travail agricole et la baisse qui en résulte à l’échelle mondiale du nombre d’agriculteurs modestes et de paysans ont mené à l’abandon de l’énergie animale en faveur d’outils et de transports qui dépendent des énergies fossiles.

Ces archives virtuelles visent à documenter l’état actuel de l’utilisation des animaux de trait au XXIe siècle. Elles serviront aussi à démontrer que l’utilisation de l’énergie animale n’est pas une question de nostalgie ou de folklore, mais dans certaines circonstances, reste économiquement viable et soutenable.

À travers entretiens, vidéos, photographies et illustrations, ces archives offriront à de nombreux témoins l’occasion de dire les raisons pourquoi ils utilisent des animaux de trait et de travail, et d’évoquer les défis auxquels ils font face. Les organisations, associations et musées impliqués dans la préservation et la promotion de la traction animale et qui forment les utilisateurs ou informent le public sont également invités à contribuer.

Comment utiliser ces archives numériques ?

Ce projet de banque de données en accès libre aura son propre site Internet et permettra de visionner toutes les vidéos en utilisant des mots-clefs ou des sujets proposés grâce à un menu déroulant (par exemple, agriculture, transport et foresterie). Il sera également possible de chercher par pays.

La structure des clips vidéos

Chaque vidéo devrait durer environ 5 minutes et commencer par une image fournissant les informations de base (situation géographique, date, éléments descriptifs, etc.). Suivra un entretien introductif sur la personne, l’association ou le musée, et ensuite une série de séquences vidéo et de photos pourra conclure le clip afin de donner une impression aussi vivante que possible des animaux et du travail pour lequel ils sont utilisés. Pour une meilleure compréhension des vidéos, il est souhaitable d’ajouter des sous-titres.

Comment soumettre des clips à destination des archives ?

Il n’est pas nécessaire de nous fournir des versions déjà éditées ou finalisées. On peut envoyer les documents séparés pour l’entretien, les clips vidéo, les photos ou illustrations au moyen d’un disque dur externe, par des systèmes comme WeTransfer ou Dropbox.

Un document séparé devrait détailler les données sur la situation géographique et les informations sur la personne, l’entreprise, l’association, l’exploitation ou le musée, ainsi que l’autorisation pour la « Digital archive of draft animals usage in the 21st century » d’éditer et d’utiliser toute la matière fournie. Après examen des données, les clips vidéo seront édités, finalisés et publiés dans la banque de données.

Congrès virtuel : « Animaux de travail – passé, présent et avenir » en 2021

La banque de données et une première série de clips seront présentées lors d’un congrès virtuel « Animaux de travail – passé, présent et avenir », 8-9 mai 2021

Organisée par

Claus Kropp

Laboratoire d’Archéologie Expérimentale de Lauresham

Nibelungenstrasse 32

64653 Lorsch

Allemagne

c.kropp@kloster-lorsch.de

Traction bovine en Colombie, communication de Pascal Durand

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Pascal Durand, paysan utilisateur de bovins de travail, a travaillé sur des projets de développement agricole en Amerique du sud et en particulier au Mexique.

Aujourd’hui revenu sur sa ferme à Gentioux-Pigerolles dans la Creuse, il nous communique ces très intéressantes photos d’attelages en Colombie partagées sur les réseaux sociaux avec des contacts qu’il a conservé dans le pays.

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