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Frédéric Grivel, Le Tholy (88)

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Frédéric Grivel après avoir été double actif depuis longtemps, va sans tarder passer en activité agricole à temps plein.

Il nous communique un texte qui relate sa démarche, son histoire, ses projets et son travail avec les boeufs d’attelage.

Nous le remercions pour sa contribution..

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Comme beaucoup de monde, je ne suis pas fils mais petit-fils d’agriculteur.

Depuis mon plus jeune âge, je passais tout mon temps libre dans la toute petite ferme de montagne vosgienne de mes grands-parents.

Je n’ai jamais vu les anciens travailler avec les bœufs. A ma naissance, même dans ce coin de montagne isolé et préservé, tout le monde avait rangé la traction animale dans les souvenirs d’une époque révolue, souvent synonyme d’un asservissement permanent à la terre, ne faisant qu’entretenir une misère dont seule la mécanisation pouvait les affranchir.
Tout le monde avait cédé au relatif confort qu’offre l’acquisition d’un tracteur, mais il en était un qui a toujours été nostalgique, qui a toujours regretté ses bœufs bien qu’ayant deux tracteurs à la maison: il s’agit de mon grand-oncle Louis.
Ce brave Louis, opiniâtre et discret, a consacré toute sa vie à ses deux métiers : bûcheron pour ramener un salaire et paysan parce que même si ce n’est pas rentable, il faut coûte que coûte poursuivre l’oeuvre des anciens et prendre soin de ce coin de montagne qui a nourri nos aïeux.

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C’est Louis qui m’a transmis le virus de la traction bovine, qui m’a expliqué le travail fait par les anciens à la force de la corne, comment ils ont façonné la montagne, défriché des forêts, érigé des murs de pierres sèches, construit des maisons, des routes, transporté des blocs de granit de plusieurs tonnes avec des dénivelés improbables… pour ne parler que des activités qui ont laissé une trace encore visible de nos jours.
A cela il faut ajouter toutes les activités quotidiennes effectuées ou facilitées par les animaux : les foins, les travaux des champs, les déplacements…
Quand Louis parlait du travail avec les bœufs, son discours était soudain empreint de nostalgie. Il n’occultait pas les aspects difficiles et exigeants de cette activité mais le regard fatigué par des décennies de dur labeur s’éclairait et c’est l’oeil étincelant qu’il relatait les exploits que ces animaux et leurs meneurs réalisaient au quotidien.

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Je l’entends encore dire « lorsque tu arranges des pierres de plusieurs centaines de kilos pour en faire un mur de levée (mur de soutien), vas-y demander au tracteur de faire un pas de côté pour corriger l’angle de traction ». Dans l’exercice, il fallait autant de délicatesse que de puissance et être capable de stopper l’effort sur un simple ordre vocal pour effectuer un travail d’une précision chirurgicale à laquelle nos anciens étaient tellement attachés.

Bref, à voir et à entendre tout cela, dresser des bovins me paraissait une évidence, presque une obligation, en tous cas une vraie passion.

J’ai commencé par demander à Louis de me montrer comment mettre le joug, le chapeau, les tochnottes… puis avec mon épouse Nathalie nous avons démarré le dressage de notre premier bœuf en 2000.

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Avec pas mal d’expérience dans les chevaux et beaucoup d’observation du comportement des bovins, nous avons obtenu plus de moments de satisfaction que de déconvenues.

Nous étions alors tous deux salariés à l’extérieur et j’ai réalisé qu’avec un emploi du temps surchargé, le travail sur la ferme était toujours fait par le tracteur. Les animaux démarraient leur apprentissage et, avant d’avoir pu rendre des services, ils arrivaient en âge d’être vendu. Tout ce temps investi en dressage pour rien…

Nous avons cessé des dresser des animaux pendant quelques années puis en 2015 un jeune couple de la vallée voisine est venu me trouver en me disant « on nous a dit que tu as une ancienne remorque d’une centaine d’année avec des roues à bandage. Nous allons nous marier dans six mois et on voudrait être en tête du cortège sur cette remorque ».

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J’ai dis pas de problème mais avec quoi allez vous tirer cette charrette ? Ils n’avaient pas réfléchi à la question. J’avais à ce moment une génisse de deux ans et demi que  je savais vide. J’ai dis bon je vous dresse une vache et on se retrouve dans six mois pour le mariage, je serai prêt. Nathalie et moi nous sommes attelés au dressage de Sidonie. (Cliquez ici pour voir)

Tout s’est très bien passé, avec un investissement temps très limité. Sur les six mois que nous avions, j’ai travaillé pendant un mois une demi-heure par jour au licol avec le joug simple sur la tête pour lui apprendre les ordres de bases. Puis pendant quatre mois, elle est partie au pré, je n’avais pas le temps de la travailler. Ce n’est que trois semaines avant le mariage que je l’ai rapprochée de la maison pour lui faire tirer la charrette tous les soirs.

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On ne forme pas un animal à la traction en si peu de temps, mais pour ce que nous avions à faire c’était suffisant.

Nous avons continué par la suite à démarrer le dressage d’autres animaux.
J’ai aujourd’hui une paire de bœufs de 3 ans qui sont débourrés et qui me rendent bien des services sur des travaux légers. Ils ont participé à des démonstrations publiques, ils doivent maintenant apprendre à tirer plus fort.
Une paire de taureaux de deux ans commence l’apprentissage également.

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J’ai la chance de travailler très régulièrement avec Philippe Kuhlmann, qui s’attache à transmettre son savoir et son mode d’exploitation agricole, aux antipodes de l’agriculture classique mais qui, j’en suis certain, sera source d’inspiration pour beaucoup à l’avenir.

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Frédéric avec Philippe Kuhlmann

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Chez Philippe Kuhlmann (Soultzeren) à la journée technique 2019 de la rencontre de bouviers 2019

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En compagnie de Corentin Huber à la rencontre de bouviers 2019 à l’écomusée d’Alsace

Cette année nous avons réalisé la fenaison sur plus de trente hectares exclusivement avec les bœufs (hormis le pressage qui est sous-traité).

Nathalie a quitté son emploi en 2015 pour s’occuper de nos deux enfants et a développé depuis deux ans une activité de transformation fromagère.

Quant à moi, le fait que notre petite exploitation a pu s’agrandir un peu et surtout la possibilité de travailler en commun avec Philippe me permettent à mon tour de mettre de côté mon activité professionnelle actuelle pour me consacrer pleinement à l’agriculture et à la traction bovine.

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Création de l’association Violette et François JUSTON, archives autour des attelages de bovins

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« Quand la corne arrachait tout » couverture de la première édition

Elvire Caspar nous communique ce texte au sujet de la création d’une association autour de l’oeuvre de François Juston son grand-père.

Il a beaucoup milité pour les attelages de boeufs et a en particulier écrit un ouvrage de référence: « Quand la corne arrachait tout ».

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François JUSTON, connu pour son ouvrage « Quand la corne arrachait tout », édité en 1994, a mené les bœufs dans la ferme familiale en Ardèche (Saint Maurice en Chalençon) jusqu’à 40 ans. Puis la vie l’a poussé à travailler comme salarié dans une autre exploitation, où l’unique vache servait à donner du lait et un veau de temps en temps, mais pas le temps pour l’attelage…

Toutefois, passionné qu’il était, il n’a jamais cessé de participer aux recherches sur l’attelage bovin, tant sur son histoire que sur son présent et son avenir. Une partie de la collection d’images et de textes qu’il a accumulée est aujourd’hui conservée au Musée national des arts et traditions populaires (13). L’autre partie est chez nous, sa famille.

Ce petit encart a pour but de vous faire savoir que Nelly et Lydie JUSTON, ses filles, et moi-même, sa petite fille, avons créé l’association Violette et François JUSTON (sans le soutien de sa femme Violette, François n’aurait pas été aussi loin dans ses recherches).

Son objectif est de protéger, promouvoir et diffuser ces ouvrages, en commençant par rééditer Quand la corne arrachait tout, épuisé très rapidement lors de sa parution.

Si vous souhaitez faire partie des premiers soutiens de cette association qui a beaucoup de travail devant elle, vous pouvez adhérer en envoyant un chèque (à l’ordre de l’Association Violette et François JUSTON), à l’adresse en fin d’article, la cotisation étant de 5 euros.

Et si vous souhaitez faire partie des futurs soutiens, vous pourrez acheter le livre réédité courant 2020 (si tout se passe bien !).

 

Elvire CASPAR

Association Violette et François JUSTON

Logement communal

65240 ARDENGOST

06 03 94 77 37

asso.vfjuston@laposte.net

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Extrait de Quand la corne arrachait tout :

 

A titre d’introduction :

                        La plume et l’aiguillon.

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            Ce recueil d’un savoir complexe et mouvant, en voie de très proche disparition, est inséparable de la vie de son auteur. François JUSTON se présente lui-même.

 

            Un dur chemin.

 

            « Né le 4 août 1920, aîné de famille nombreuse, Ardéchois par mon père, Cévenol et Alsacien par ma mère, j’aime fidèlement le Massif Central, ses aspects, son histoire, les traces et souvenirs du métier exigeant de bouvier.

            Ainsi que beaucoup d’autres, à première vue moins bien placés, j’ai dû quitter en janvier 1960, net d’emprunts et amélioré, le bien familial, acquis voici fort longtemps par mon trisaïeul Mathieu Juston, dit le Cadet, le 9 ventôse, an XIII.

            Je n’ai servi que trois employeurs de l’enfance à la soixantaine : mon père en Ardèche ; un aviculteur-accouveur près de Valence ; et enfin une grosse société avicole près de Romans. Pour un homme atteint dans son corps par des sciatiques répétées pendant vingt-quatre ans, passer du bétail inscrit ou réputé… au poussin anonyme qui reflue par vagues et par milliers, passer de l’attelage heureux, fier et personnalisé… à la pintade bruyante et brise-tout, ce fut un crève-coeur accompagné de bien d’autres découvertes.

 

            Bouvier toujours.

 

            Sans négliger mon gagne-pain et d’autres activités culturelles, le bouvier recyclé que j’étais a trouvé des interlocuteurs, des amis, des correspondants. Des gens de tous horizons : fermiers, éleveurs, techniciens, vétérinaires, bibliothécaires. Pourquoi un tel acharnement ? Voici des éléments de réponse.

            La bibliothèque agricole de mon grand-père maternel – très érudit – et ses souvenirs de l’Italie Centrale avaient constitué pour moi un premier ferment du besoin d’apprendre. J’ai ensuite engrangé des observations faites sous l’uniforme des troupes alpines en Piémont, Alsace, Bavière et Autriche. S’y rajoutent les souvenirs de quatre années très dures de sécheresse, durant l’Occupation. Enfin, mes réflexions sur les incohérences multiples de l’élevage bovin dans le Massif Central et le maigre apport de la documentation agricole dans la période 1880-1945.

            Un tel foisonnement de sources contradictoires ne m’a pas rebuté. Je me suis peu à peu orienté vers l’étude de populations bovines traditionnelles ou négligées, et tout particulièrement des bovins d’ouvrage en tous pays. Il en est résulté plusieurs articles ou fascicules répondant à des demandes précises :

            « Permanence et variations, ou la génétique vue par un homme de terrain » (signalé par J.J. Lauvergne et R. Laurans dans leur bibliographie signalétique, 1961-1979)

            « Des vaches Ferrandaises, pour quoi faire ? »

            « Chars et boeufs de la préhistoire saharienne »

            « Virabio » (encouragé par F. SIGAUT, alors secrétaire de l’A.F.M.A.) et deux fascicules écrits à l’usage de nouveaux bouviers-charretiers-laboureurs d’Afrique (équipe Projet d’Action Educative Togo, de Quimper).

Plusieurs articles, non incorporés dans cet ouvrage, sont centrés sur les attelages bovins exceptionnels à grands effectifs, attelages attestés par des récits de voyages, des photos ou des films.

 

            La fuite des ans.

 

            Le temps a des conséquences irréversibles. C’est pourquoi Jean CUISENIER lançait dans son éditorial de juin 1984, cet avertissement : « Si d’autres bouviers ne viennent pas parler d’eux-mêmes, recueillons au moins les traces visibles et sonores de leurs pratiques ». (in Bulletin de l’A.F.M.A.)

            Je me suis alors rendu compte qu’il y avait mieux à faire. J’ai voulu dégager, comparer, creuser, expliquer des faits tangibles, le plus souvent ignorés. Ainsi en est-il de « six caractéristiques importantes des jougs de tête » (page 60). Importantes pour l’action mécanique du moteur vivant ; pour la liberté d’esprit du bouvier ; pour l’ethnologue qui veut dépasser les routines, les apparences, les préjugés…

            Comparativement à l’étude précitée, les éléments d’un lexique » (page 121) – sous la direction de Mr J.M. DUPLAN – ont été une tâche bien plus aisée et agréable à réaliser. D’autres mots occitans survivent, plus ou moins altérés, en Bourbonnais par exemple.

           

            Se comprendre.

 

            Sous le titre « les bovins enjougués découverts par l’image » (page 146), le dernier quart de l’ouvrage constitue une initiation directe à une langue étrangère. Il se veut accessible à un public non averti. J’ai envisagé un emploi possible de cette cinquantaine de pages sous forme d’affichage, dans un musée ou une exposition. Il faut que « ça saute aux yeux ». L’avantage pédagogique des silhouettes, c’est qu’elles éveillent l’active et sympathique attention des visiteurs. En effet, les bovins traditionnels ou exotiques sont devenus totalement étrangers à la population urbaine et souvent même aux gens de la terre.

 

            Découvrir.

 

            L’espèce bovine domestiquée a été mêlée à toutes sortes d’agricultures, de techniques, de migrations, de religions, depuis des époques très éloignées où la forêt feuillue, ou même la forêt-galerie, jouaient un rôle modérateur et nourricier, souvent favorable à la vache. Et ceci aussi bien en Inde qu’en Afrique, en Hongrie qu’en Scandinavie.

            Plus près de nos préoccupations, mon voeu constant peut se résumer ainsi : voir un jour des chercheurs qualifiés tirer parti de ma longue quête. Si les disciplines scientifiques sont parfois rivales ou pointilleuses, nous somme tous, finalement, solidaires dans la recherche du vrai ».

 

                                                                                                          F.J., février 1990

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Elvire aux rencontres de bouviers en Alsace chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren en 2015 sur les pas de son grand-père

Livre de jacques Laporte sur Renée Bagelet, l’attelage des vaches et sa vie de paysanne

 

Jacques Laporte présente son livre et sa démarche:

« Photographe naturaliste et humaniste, passionné des hommes et de leurs traditions, j’ai suivi pendant quinze ans la vie de Renée Bagelet, afin d’immortaliser dans un ouvrage, le dur labeur d’une agriculture « Paysanne » au plus près de la terre et des bêtes.Renée a travaillé ainsi jusqu’en 2010……Ce n’était pas du folklore!!!!! »

Pour commander le livre de Jacques Laporte Cliquez ici et ici.

 

Consultez le blog de l’occitan en cliquant ici

Renée Bagelet, femme authentique

A bientôt 86 ans, Renée Bagelet ne perd pas le nord. Lucide, et très active, même si depuis 5 ans elle n’amène plus ses bœufs dans les champs pour labourer, charger du foin ou sortir du bois… Mais n’allez pas croire qu’elle reste assise sur sa chaise, al canton. Renée, c’est une vedette. Les visites se succèdent : des curieux qui l’ont vue dans un film, impatients de la découvrir… Des habitués qui ne peuvent pas se résoudre à ne plus prendre de nouvelles. Plusieurs films sont sortis sur elle dont celui d’Amic Bedel et Jack Levé « Las 4 sasons de la Renada » en V Òc. Jacques Laporte, un photographe qui la suit depuis 15 ans va sortir un livre d’ici quelques jours. Renée, sous les projecteurs mais nous ne sommes pas au spectacle. Une femme authentique qui se fiche pas mal du qu’en-dira-t-on.

Photo Jacques Laporte

Photo Jacques Laporte

Una mirgueta per las polas

Elle a le sens de la formule; des piques aussi. Mais elle sait également être dame de coeur. C’était ma première rencontre avec cette légende. J’en ai vu d’autres, mais me voilà un peu sur ma réserve. Jacques Laporte le photographe nous attend. Il l’a prévenue. Mais elle a déjà oublié. On ne va pas s’embarrasser avec les présentations. La Renada sap pas ont se virar. Oc-ben! Quitament a 85 ans ! Pas besoin de lui demander de faire quelque chose. Elle fera ce qu’elle voudra, comme elle entend, au moment choisi. Un brin résistant, un zeste cabot. Elle observe, écoute mon occitan : « es pas lo mème que lo meu mas parlas melhor que l’autre que venguèt ». Me damne, un compliment ! C’est Jacques qui va prendre : « Aquel li comprend pas res. Parla francés. Li vos cal explicar ». Elle « rondine » un peu mais se prête au jeu : « sabiái sachut, auriái metut un polit capèl. N’ai un trentenat! ». Mais pas de temps à perdre. Il faut aller nourrir les poules… avec une souris qu’elle a attrapée ! Dans la grange, Blanchette et surtout Pétassou ne sont plus là : « Es mòrta aquí, dabant ieu, de vielhum ». Depuis 5 ans, elle ne travaille plus les champs avec son parelh de buòus dondats. Fini les labours, les moissons, le foin, rentrer le bois, faire la vigne. Tot aquò ambe los buòus…e de bravas susadas ! Mais la grange n’est pas vide pour autant. Jacques Laporte lui demande de travailler. Elle fait la litière des 5 vaches. Jack Levé qui avait fait les images du film d’Amic Bedel est revenu pour s’y frotter. Mais c’est son manteau qui ressort, orné de paille. Prétexte ou pas, Renée a l’œil et se fait un plaisir de le brosser. Un tantinet séductrice.

Photo Jacques Laporte

Photo Jacques Laporte

Jacques lo pastissièr

Ca fait plus de 15 ans que Jacques laisse ses éclairs. Il a flashé sur la Renée. Pâtissier de métier, sortir des murs pour mettre en boîte la nature, les savoirs-faire qui se perdent, ceux qui les font encore. Une photographe humaniste tel qu’il se définit. Un ami lui a parlé de Renée. « Je suis des années 50 et j’ai connu ce monde paysan en pleine mutation. Aujourd’hui on veut refaire du folklore. Mais Renée c’est de l’authentique ». Renée, il faut savoir l’apprivoiser. Alors Jacques lui amène des gâteaux. « Les photos c’est joli. Mais les gâteaux c’est bien meilleur ! » Alors lo pastissièr comme elle l’appelle a gagné sa confiance. Mais pas totale : « Vous avez intérêt à me donner un livre quand il sortira ! » Jacques préfère en rire. Elle semble satisfaite des photos du livre. Mais sa coquetterie en pâtit. « J’ai les cheveux frisés comme une queue de rat. Et là, mais je suis grosse comme une barrique !  » Mais se rassure de suite : « Là j’étais plus jeune, j’aurais pu encore me remarier ». Son premier mari : « l’ai fotut a la pòrta » !

Photo Jacques Laporte

Photo Jacques Laporte

Lo regent que quirda

Vient le moment de l’interview. De cette vie riche faite d’authenticité de durs labeurs, tout lui semble normal. « Que volètz que vos digue? Era coma aquò. » Bien sûr, elle égraine ses histoires, son histoire, avec la même saveur, ce certificat d’études loupé pour un exercice de calcul mental. « I comprenguèri pas res, mè alèra res de tot ! E lo regent me fotèt una engulada, quirdava talament, entendi enquèra que quirda! » Un sens inné de la formule, magnifié par une théâtralité très probante. D’ailleurs elle a longtemps brûlé les planches. Sa vie de regenta aurait été plus calme mais certainement plus banale et moins médiatique. Car Renée n’en finit plus d’être connue et reconnue. « N’i a que son jaloses. Tè, enquèra la Renée que passa al cinema. Que vòl enquèra ? … M’en foti, los emmèrdi ! » Pas facile, sans concession mais attachante. Elle ne dit rien de ce qu’on attend mais se raconte à sa manière. Elle a l’allumage facile mais c’est sans doute une marque de gratitude. De toute façon c’est comme ça. E se siás pas content, vira te lo cuol al vent !

En quittant la Renada, je lui fait le poutou. Oui, vraiment, dans ce monde d’uniformité et de conventions, l’authenticité de La Renada détonne. Elle tonnera et trônera longtemps dans ma mémoire.

Lo Benaset @Benoit1Roux

Plus d’informations sur ce livre qui fait appel au financement participatif :

https://fr.ulule.com/femme-paysanne/description/

Renée Bagelet et ses bœufs Photo : Jacques Laporte

Photo : Jacques Laporte

Sandrine et sébastien Huck, jeune boeuf Vosgien en dressage, la Chapelle aux bois (88)

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Obélix à deux mois

Sandrine et Sébastien Huck nous ont contacté pour présenter leur projet de dressage d’un jeune boeuf Vosgien. Ils veulent à terme l’atteler en solo au joug simple Vosgien pour intégrer l’attelage bovin aux activités de la ferme pédagogique.

Ils nous présentent leur activité.

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Nous sommes une Ferme Pédagogique et Thérapeutique Itinérante. (Cliquez ici pour voir)

Facebook (groupe) Fermes Pédagogique et Thérapeutique Itinérante de la Bécorne 

Nous nous déplaçons partout dans la région grand-Est en priorité, mais dans toute la France si on nous le demande, moyennant des frais de déplacement.

Nous intervenons pour les anniversaires, dans les foires, comices agricoles et commerciaux, les EHPAD, salons…

Au travers d’activités ludiques, de parcours et de défis au milieu des animaux, enfants et adultes découvrent les animaux, leur vie, la biodiversité…

Nous proposons un jeu de piste autour des animaux, qui eux même sont présents. Nous nous déplaçons notamment avec un bœuf Vosgien, des lapins, des paons et des poules. A l’issue du jeu, les enfants reçoivent un petit diplôme et une médaille qu’ils décorent eux-mêmes.

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La ligne directrice de la ferme est la découverte des animaux et leur environnement. Les activités sont adaptées à chaque situation.

Nous avons également pour objectif la découverte du patrimoine ancien, c’est pourquoi nous animons chacun de nos événements en tenue traditionnelle paysanne avec des sabots en bois.

Nos coordonnées:

Ferme de la Bécorne

Ferme Pédagogique et Thérapeutique Itinérante

Mme HUCK Sandrine

9 les Aulnouzes

88240 la Chapelle aux Bois

portable 06 76 96 52 29 où 06 36 76 05 10

fixe 03 29 30 59 49

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Obélix le 16 12 2018 prenant la pose de lui même

Philippe Kuhlkmann le travail avec les boeufs et l’agriculture de montagne, vidéos du site Sàmmle

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Voici de beaux documentaires sur Philippe Kuhlmann, sa manière de travailler, ses techniques, son parcours, ses motivations et ses engagements. A ne pas louper et à voir en totalité.

Ces vidéos sont issues du site Sàmmle à retrouver en cliquant ici et ici.

« Des paysans de la Vallée de Munster, Philippe Kuhlmann se distingue par une grande originalité, en particulier le travail qu’il réalise avec les bœufs. Autodidacte, il a appris en fréquentant les anciens. Très respectueux de la nature, il fait les foins, travail avec le bois, vend de la viande, élève et dresse des animaux. Ses journées sont longues et il ne se plaint jamais d’en faire trop, selon la devise : « un travail repose de l’autre ». De l’étonnante séquence du débroussaillage des fougères avec deux bœufs, en passant par les explications techniques de séchage du foin, apprendre de Philippe Kuhlmann est passionnant, avec de surcroit quelques belles confidences sur sa philosophie de vie.

Réalisation : Jean-Christophe Schreiber
Entretien : Gérard Leser
Production CTAI & OLCA – 2013″

 

Le travail avec les boeufs:

 

La vie de paysan de montagne:

 

Débrousaillage d’un pré de fougères par traction bovine:

Chargement et déchargement du foin:

Fauchage et travail du foin au sol:

Assemblage d’un ballot de foin pour transport à dos d’homme:

Harnachement pour traction bovine et démonstration des ordres :

Alex et Vanessa Gaubicher, Attelage mixte bovin/équin

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Voici un petit texte que nous ont communiqué Alex et Vanessa lors de leur passage en Bourgogne près de chez moi et avec qui j’ai été mis en contact par Laurent Billoux qui les a croisés par hasard sur la route près de Charolles grâce à la chance des rencontres imprévues!!!

Nous essayerons de suivre leur périple et leur expérience de vie.

Michel Nioulou

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« Pour la petite histoire, nous avions une ferme dans le Jura à Moirans-en-Montagne et, par un jour de printemps, nous avons décidé d’arrêter car nos enfants nous demandaient du temps à leur consacrer.

Nous avons donc réalisé un vieux rêve de voyage au rythme du pas de l’animal. Nous avons choisi de partir avec une vache que nous avions gardée pour le lait , le fromage et le beurre.

Du coup, au fil des préparatifs, nous nous sommes dit qu’elle pouvait aider une jument pour tracter plutôt que d’être attachée derrière ou à côté. Nous avons utilisé notre peu de connaissance en dressage avec les chevaux pour dresser la vache et sa génisse de 18 mois, au départ avec un pneu de tracteur en solo puis en paire avec notre percheronne et notre comtoise.

Après avoir passé l’été au dressage, nous sommes partis depuis le 16 octobre 2018 sans la génisse pour plus de simplicité. Nous nous sommes dirigés vers le marais Poitevin puis la Dordogne etc…Nous avons avancé au gré de nos envies et des rencontres que nous faisions  sur la route. 

Notre vache » Imotep  »  – c’est son p’tit nom – est un croisement  de Brune des Alpes et de Simmental.

Concernant le ferrage, nous avons opté pour le pied nu, avec des hippo-sandales. Même pour la vache, cela fonctionne très bien. »

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«Mon bœuf, ma liberté », un film suisse sur l’histoire d’amour entre un homme et un bœuf

Voir aussi l’article du blog.

Passe-moi les jumelles du 7 septembre 2018, une émission de la Radio Télévision Suisse.

Tout laisser tomber pour partir sur les chemins de Suisse romande avec un petit bœuf… C’était le projet un peu fou de Gaëtan Dübler. Depuis bientôt 3 ans, le projet est devenu réalité. Avec Léo, un taureau de race Hinterwald, Gaëtan écume les marchés de Suisse romande pour vendre de la bière artisanale. Il campe dans la nature, se suffit de peu. Un choix de vie étonnant mais délibéré pour ce Fribourgeois qui souhaitait retourner à l’essentiel : une vie plus riche et plus libre. Voici l’histoire surprenante d’une amitié entre un homme et un bœuf !

«Mon bœuf, ma liberté » un reportage de Valérie Teusher

Images : Séverine Barde Son : Théo Viroton Montage : Ana Acosta

Illustration sonore : Ariane de Montmollin

Etalonnage : Olivia Nicole

Mixage : Fanny Lelong

Lieux de tournage : Yverdon, Suchy, Agiez, Orbe, Romainmôtier, Croy, Rances, Vallorbe, La Mathoulaz

Avec la participation de : Gaëtan Dubler, Stéphane Deytard, Paulette Sunier, Louis Guignard, Fredy et Christiane Dubler, Adrien Marin, Christine Rossier, Jacqueline Michaud Remerciements : Café le Tempo, Tina Silva. Ferme à la noix, Suchy La Malterie, Ferme de l’Epinette, Fabrice Davit

Passe-moi les jumelles: Youtube: https://youtube.com/passemoilesjumelles Site: http://rts.ch/play/tv/emission/passe-…

FaceBook: https://facebook.com/passemoilesjumelles #Passemoilesjumelles #Paju

Retrouvez la Radio Télévision Suisse: Youtube: https://youtube.com/RTS

Site: http://rts.ch

Pour le plaisir de travailler avec des vaches, film du « Grenier d’images », avec les attelages bovins de Maryse et Michel Berne, Bourg-argental (42)

Découvrez le parcours de Maryse et Michel Berne, filmés par Sophie Arlot et Fabien Rabin du Grenier d’images.

A voir absolument!

Une paire de boeufs Vosgiens en formation chez Philippe Kulmann pour André Kammerer Breiteinbach (67)

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Depuis plusieurs années André Kammerer attelle en solo Grivé, un boeuf Vosgien.

André nous communique des informations sur la mise en route de la paire de remplacement de son boeuf actuel.

« Fin janvier, mauvaise surprise, probablement suite à une mauvaise chute, Grivé ne se sert plus de son postérieur gauche. Diagnostic: luxation de la hanche, le fémur est désolidarisé du bassin. Aujourd’hui il marche toujours sur trois pieds et j’ai décidé d’arrêter ses souffrances.

Après un long moment de déprime, grâce aux encouragements d’Evelyne mon épouse, je me décide à rebondir et je me remets au joug, cette fois-ci avec une paire.

Visite chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren où je trouve là deux jeunes taureaux Vosgiens qui me plaisent: Greby le noir et Tino le rouge.

Pour le moment ils ne sont pas castrés, et nous les avons mis en apprentissage.

Je me rends un jour par semaine chez Philippe. Voici les photos de la première journée de travail.

Pour la paire noire, à droite Greby, 2 ans 1/2, 1 mois au travail, et comme maître d’apprentissage, à gauche, Milou, 4 ans , 8 mois de travail. 

Pour la paire rouge, à gauche Tino, 3 ans, 2 mois au travail, et à droite Mani, 7 ans, 4 ans de travail. »

Merci à André de participer activement et amicalement à la vie du site par sa contribution.

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Hommage de Frédéric Iehlé à René Alibert jougtier à Laissac (12)

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Frédéric Iehlé nous communique ce texte suite à la disparition de René Alibert. Nous le remercions pour sa communication.

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C’est difficile de s’exprimer sur la disparition d’un dernier ou d’un des derniers surtout lorsqu’on l’a rencontré, lui a serré la main, l’a regardé travaillé et eu recours à lui comme à une sorte d’expert dans une activité sans réel futur et cantonné à un cercle très restreint.

Cela a été mon cas il y a sept ou huit ans, je n’ai pas la date exacte.

A deux reprises je suis descendu de ma Haute-Normandie en Aveyron une première fois pour faire l’acquisition de deux jougs neufs après avoir abandonné l’idée d’utiliser des jougs ‘de brocante’, puis une seconde fois pour l’ajustement que je n’arrivais pas à faire seul.

C’est lors de ce second voyage que j’ai découvert M. René Alibert.

Après plusieurs discussions téléphoniques et échanges de courrier avec photos, j’ai du me rendre à l’évidence que je ne pourrais ajuster seul le joug sur un de mes bœufs bretons qui avait un cornage pour le moins particulier comme Monsieux Alibert le reconnut en le voyant.

Alors une nuit de juin, j’ai chargé mes deux Bretons pie-noire dans le van à deux heures du matin et nous sommes descendus chez «René» qui avait tout préparé.

Ce fut tout de même une expédition!! avec un arrêt forcé sur un terrain de football vers Riom car les bœufs s’étaient détachés et retournés dans le van prêts à sortir car souffrant de la chaleur. Mais après un peu de marche et de bouses sur le terrain, tout était rentré dans l’ordre et nous avons repris l’autoroute pour Laissac. Cela l’avait bien fait rire.

Nous avons passé deux jours sur place dans une étable prêtée pour l’occasion à sa demande, avec une tonne à eau à disposition, du foin et l’autorisation pour moi de coucher dans l’étable.

Une matinée fut nécessaire pour ajuster le joug, adapter le liage et le coussin  et finalement entendre un refus sans appel  de la part de «René» « Non ce n’est pas la peine, c’est bon » qui répondait à ma demande de dernier test suite à sa correction finale du joug!

Il est venu me dire au revoir le soir après avoir repiqué un cent de salades pour ses poulets ce qui leur donnait un goût délicieux au vu du geste qu’il fit en regoupant ses doigts devant sa bouche. Nous avons encore parlé bœufs, puis il est rentré et moi je suis reparti vers le Nord quelques heures plus tard de très bonne heure le lendemain matin.

Ce qui m’a frappé chez «René» c’est qu’il y avait toujours quelqu’un pour répondre, voire prévenir ses demandes. Beaucoup sont venus voir mes bœufs mais beaucoup étaient là pour lui, pour faire ce qu’il ne pouvait pas faire, le soutenir. Il était entouré et aidé d’une façon presque naturelle comme si cela lui était du par respect pour ce qu’il était ou représentait et surtout,  je pense, avait vécu et savait faire.

L’entourage et l’aide que beaucoup lui donnait plus que volontiers m’a impressionné.

«Se plier en quatre» n’a jamais eu autant de signification pour le soutien dont il bénéficiait. «René» était réellement très entouré.

Je me souviens aussi du plaisir des contacts qu’il m’avait dit avoir avec les gamins de l’école proche de sa maison.

Je voudrais dire ici à sa sœur, à tout cet entourage dont il a bénéficié et que j’ai pu rencontré combien j’ai apprécié de rencontrer Monsieur Alibert ainsi qu’eux mêmes.

Aujourd’hui, il me reste deux jougs signés qui font merveille comme peuvent en témoigner ces photos avec mes deux Normands et qui me semblent être le meilleur hommage que je puisse faire à «René».

Frédéric Iehlé

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