Merci à Jean-Luc Guerringue pour cette communication.
Maryse et Michel Berne à Bourg-Argental travaillent sur une petite ferme de montagne en traction animale bovine.
Le 5 mai 2019, ils organisent un après-midi dans leur ferme avec différentes animations autour du milieu agricole traditionnel, cerclage de roues agricoles en bois, taille de joug, fabrication de coussins d’attelage en paille et de vire-mouches. Il y aura aussi des démonstrations de matériel autour du bois (scie mobile, fendeuse, broyeur) et la présence d’une auteure de romans du terroir. D’autres animations sont à confirmer.
Vous pourrez bien sûr visiter le très beau musée agricole « La ferme à l’ancienne », qu’ils ont constitué au fil des années. Venez rencontrer Maryse et Michel qui vous parleront avec enthousiasme de leur métier, du travail avec les animaux et de leurs passions.
Renseignements:
Maryse et Michel Berne, Morel 42220 Bourg Argental,
04 77 39 60 75
Travailler réellement avec des bœufs au XXIème siècle.
Comme chaque année depuis 14 ans, sous la houlette de Philippe Kuhlmann, tous les bouviers, dresseurs et meneurs de bovins, passionnés et acteurs, néophytes amateurs, professionnels ou simples curieux du milieu de la traction bovine, sont invités à participer à ces rencontres.
Ce rassemblement est l’occasion d’échanger et de partager autour des techniques et des savoir-faire de l’attelage bovin.
La rencontre se déroulera sur 4 jours, dont trois jours à l’Ecomusée d’Alsace et un jour chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren.
« Le travail agricole des bouviers en conditions réelles » en sera le thème avec en particulier la présentation d’un avant-train polyvalent avec freins et relevage, permettant de tracter divers outils de montagne.
Pour la journée du Vendredi uniquement: 9h30-10h: accueil des participants à GESELLENMATT, CHEMIN DU LONDENBACH 68140 SOULTZEREN
(merci de laisser les voitures sur le parking fléché)
Le repas de midi sera pris en commun, chacun apportant de quoi garnir la table et partager!
Elles permettront de voir pourquoi et comment aujourd’hui il est toujours possible d’utiliser la traction bovine dans une économie agricole durable. Ce sera aussi l’occasion pour Philippe de présenter quelques exemplaires de son manuel complet sur l’attelage des bovins.
Les après-midi à l’écomusée, il y aura une présentation d’attelages bovins sur « la place des charpentiers » puis du travail dans les champs avec les animaux.
Important inscription:
Pour une question pratique et quelque soit leur niveau d’implication aux rencontres, les personnes qui désirent y assister sont invités à contacter dès que possible Thomas Lippolis.
Pour le logement, le rez de chaussée de Hésingue pourra accueillir 11 bouviers (3+3+3+2) maximum. Une contribution de 10 € par personne sera demandée pour l’eau, l’électricité et l’entretien des chambres.
Par ailleurs chaque personne devra apporter un drap housse, une taie d’oreiller et un sac de couchage.
Inscrivez vous vite!!
Thomas.Lippolis@ecomusee.alsace
Voir aussi en cliquant ici.
Programme officiel:
Savoir-faire anciens, innovations et artisanat sont le socle sur lequel nous bâtissons de nouvelles perspectives concrètes et opérationnelles pour la traction animale bovine au XXIème siècle.
La rencontre des bouviers se déroule sur une période de 4 jours (3 à l’Ecomusée d’Alsace et 1 chez Philippe Kuhlmann) et a pour ambition de s’inscrire comme un événement majeur au sein de l’univers des bouviers, d’autant plus que le centre de formation de l’Ecomusée d’Alsace organise régulièrement des stages de traction animale bovine.
Jeudi 30 mai.
La journée est axée sur le pied des bovins et le ferrage.
Vendredi 31 mai.
Journée technique de travail agricole des bovins à la ferme de Philippe Kuhlmann, à Soultzeren (Chemin du Londenbach, merci de laisser les voitures sur le parking fléché).
Le travail agricole des bouviers en conditions réelles en sera le thème avec en particulier la présentation d’un avant-train polyvalent avec freins et relevage, permettant de tracter divers outils de montagne.
Le repas de midi sera pris en commun, chacun apportant de quoi garnir la table et partager.
L’accueil des participants se fera à 9h30-10h.
Samedi 1 juin.
La journée de samedi est axée sur le travail agricole des bovins et le contact avec les visiteurs, avec échanges et démonstrations.
Dimanche 2 juin.
La journée de dimanche est axée sur le travail agricole des bovins et le contact avec les visiteurs, avec échanges et démonstrations.
Par ailleurs, à la maison des goûts et des couleurs, se tiendra aussi un atelier coloriage (Colorie ta vache), qui sera l’occasion d’une médiation en continu sur la race vosgienne…
Et le jeudi, il y aura un atelier participatif de confection d’un modèle de coussin frontal en paille tressée pour les bœufs animé par Véronique Nioulou (ces coussins servent à la fois de protection et d’ornement) dans la cour de Muespach de 14h à 16 ; par ailleurs, Véronique Nioulou réalisera, en parallèle, un grand coussin frontal. Cet atelier est destiné aux visiteurs âgés d’au moins 10-12 ans et permet de réaliser en quelques minutes ces coussins frontaux ainsi que des vire-mouches en ficelles.
Philippe Kuhlmann agriculteur de montagne à Soultzeren dans la haute vallée de Münster travaille uniquement avec des boeufs sur sa ferme depuis plus de 40 ans.
Il dresse plusieurs paires de boeufs au travail par an.
C’est entre autre en sortant du bois qu’il dresse ses animaux.
Nous le voyons ici sortir du bois de chauffage en bordure de rivière avec, au joug Vosgien double, un boeuf déjà aguerri et un second qui débute.
Une grume c’est coincée entre deux pierres et il a fallut s’y reprendre en plusieurs fois pour l’extraire. Le plus jeune des boeufs ne tirant pas encore bien, la tâche c’est avérée moins facile.
Un des attelages de bovin de Maryse et Michel Berne était en démonstration à l’occasion des Journées du Patrimoine le 16 Septembre 2018.
Jerry, le boeuf Ferrandais et Edelweiss la vache Villarde ont labouré et hersé une toute petite parcelle à l’intérieur de l’écomusée.
Le travail n’était pas très facile du fait d’un sol de très faible profondeur, très sec et durci par la sécheresse de l’été. L’exiguïté de l’endroit ne favorisait pas non plus un travail sur la longueur des deux bovins.
Cependant, un public attentif est passé régulièrement au cours de l’après-midi, engageant souvent la conversation pour en savoir plus long sur l’attelage et la pratique de Michel et Maryse.
L’utilisation du joug de cornes pour l’attelage des bovins bride les mouvements de tête des animaux. Ceux-ci, en période estivale, ne peuvent donc pas remuer la tête pour chasser les mouches qui les importunent en particulier aux yeux. La situation peut mettre les animaux dans un état d’énervement qui ne contribue pas à un travail efficace et serein.
L’utilisation de « filets » en frange de cuir ou textile, pendus à la tête des animaux permet de palier à ce problème.
Nous avons été collecter en 2018 Monsieur Robert Canard, l’une des dernières personnes qui connaît la technique traditionnelle de fabrication de « frindes » en chanvre textile, un modèle typique de filet vire-mouches réalisé à proximité de Curciat-Dongalon en Bresse (01).
Laurent Janaudy avec sa paire de vache Aubrac équipées de frindes (2010)
Etoupe de chanvre textile
Hormis l’apprentissage en direct et la pratique avec les informateurs, la vidéo est la meilleure des solutions pour transmettre un geste, un savoir-faire.
Réalisation en vidéo:
Partie 1
Partie 2
Cette fabrication a la particularité d’être réalisée en toronnant à deux brins les fibres de chanvre à partir des fibres brutes légèrement peignées et en réalisant en même temps le tressage des frindes.
Cette technique qui transforme directement de la fibre brute en un objet fini et fonctionnelle est difficilement compréhensible si on ne la voit pas se réaliser du début à la fin. Ce type de réalisation de toronnage/tressage simultané, est l’une des premières techniques « textile » utilisée par l’homme dès la préhistoire.
La réalisation:
1.Première boucle.
Un brin long est d’abord réalisé puis est bouclé à une extrémité.
La boucle va servir à tenir les torons suivants qui vont être réalisés pour former les franges pendantes du vire-mouche. Le brin long de cette boucle sera un des deux liens qui tiendra le vire-mouche sur la tête des bêtes.
2. Premiers brins longs.
Ensuite on monte des brins longs sur la boucle du premier brin.
Après la pose du premier brin sur la boucle, les brins suivants sont mariés en une trame autour des brins réalisés précédemment, formant ainsi une bande tressée en haut de la pièce, avec les brins libres et pendants en dessous d’une longueur de trente trois centimètres, faisant leur office de vire-mouches.
Monsieur Canard dispose ordinairement dix brins sur la boucle initiale
Début de Frinde en raphia de couleur pour voir comment s’organisent les brins pendants. Il n’y a ici que neuf brins mis en place
3. Montage de brins longs pour obtenir la longueur souhaitée.
Lorsque les dix brins sont tous en place sur la boucle de départ, la longueur de la frinde n’est pas suffisante. Pour continuer à créer des brins pendants et donc augmenter la longueur, au lieu de partir de la boucle de départ, on repart à tresser à partir du premier brin pendant (brin numéro 1 sur la photo ci dessus) et on tresse jusqu’à obtenir au bout, un nouveau brin pendant.
Puis on repart du second brin pendant, et ainsi de suite, en décalant d’un brin à chaque fois, jusqu’à obtenir une bande en haut de soixante centimètres de long.
Le dernier brin long réalisé sera l’un des deux brins qui servira à faire la boucle finale et le brin long de fixation sur les bêtes. Il n’est donc pas nécessaire de le faire aussi long en bout (juste de quoi former la moitié de la boucle finale).
4.La finition.
La bande supérieure a alors un vide en son bout, de la forme d’un triangle. Il faut donc combler le triangle dessiné pour obtenir une bande supérieure de la forme d’un rectangle, en tressant au départ du dernier brin pendant réalisé. On réalise des aller-retour en décalant à chaque fois, en bas, d’un départ de brin.
5. La boucle finale.
On réalise pour finir avec l’extrémité du toron de remplissage, une boucle à l’inverse de la première boucle de montage, en la mariant avec le dernier brin pendant réalisé.
Une fois mariés, ces deux brins n’en forment plus qu’un seul, qui fera office du second brin d’attache sur la tête des bovins.
Robert Canard et Véronique Nioulou en apprentissage
Frinde complète réalisée par Robert Canard
Vous pouvez aussi nous contacter sur l’adresse du blog pour des compléments d’informations.
Merci à Monsieur Robert Canard pour nous avoir transmis ce savoir-faire. Sa gentillesse et son humour nous ont fait passer une journée des plus agréables.
Merci à Monsieur et Madame Gérard et Colette Basset pour leur accueil, leur gentillesse et pour avoir permis la rencontre avec Monsieur Canard.
Véronique et Michel Nioulou
La quatrième formation à la traction bovine animée par Philippe Kuhlmann se déroulera dans le cadre de l’Ecomusée d’Alsace, du 11 au 15 mars 2019.
Il reste encore quelques places.
Une partie de la formation se déroulera sur la ferme de Philippe Kuhlmann permettant aussi d’aborder le travail avec plusieurs paires de boeufs à un stade de dressage différent.
Une approche du parage et ferrage des bovins sera aussi abordée.
Vous pouvez vous inscrire en téléchargeant le document ci-dessous:
formation traction animale bovine mars 2019
Contact: Hélène Strammiello
tel: 03 89 74 44 71 et 06 72 97 59 30
Attention trigger warning : sang, coupe d’un onglon
Gaëtan Dübler (Cliquez ici pour voir) nous propose un article suite à une formation de ferrage des bovins qu’il a effectué chez Philippe Kuhlmann (Cliquez ici pour voir).
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Cours sur le ferrage du 21 au 23 janvier 2019.
Avec mon boeuf Léo, je transporte et je vends de la bière artisanale dans des marchés, foires et événements (Cliquez ici pour voir).
Léo a marché pieds nus ou avec des hyppo-sandales qui m’ont été fournies par Mélanie Engeler, la spécialiste de ces protections en Suisse via la compagnie qu’elle a fondeé, BitsnbootsGmbH (Cliquez ici pour voir).
Ces derniers temps les onglons de Léo ont commencé à se raccourcir. Comme il y a longtemps qu’il n’a pas porté de chaussures, il ne donne plus le pied derrière. Il faut donc le ferrer. Etant donné que je devrai le faire régulièrement, il a été décidé avec Philippe Kuhlmann, qui a suivi mon projet dès sa genèse et m’a conseillé, de m’apprendre à réaliser cette opération moi-même.
D’abord nous nous sommes intéressés à l’anatomie du pied en en coupant un provenant d’une boucherie.
Coupe de la partie abaxiale de l’onglon. Postérieurement aux phalanges, on observe les tendons fléchisseurs puis les coussinets plantaires. Au-dessous se trouve la sole, et devant, la muraille
Vue montrant le positionnement des clous dans la paroi.
Coupe frontale présentant la muraille, la sole, ainsi que le tissu podophylleux.
Notre attention s’est alors portée sur les clous.
La partie distale du corps est taillée afin d’amener le clou à ressortir de l’onglon lorsqu’elle est positionnée à l’intérieur. Suivant l’endroit, il est nécessaire d’introduire un angle dans le clou avec le marteau avant de le rentrer afin de s’assurer qu’il va suivre le bon chemin.
Puis il m’a appris à sélectionner les fers en fonction de leur taille et de leur forme.
Une fois la broche enfoncée, il reste à la couper avec la tricoise à talon. Ensuite, une encoche doit être taillée dans la corne avec un ciseau, puis le clou est retourné à l’intérieur à l’aide de la pince et du brochoir afin qu’il ne dépasse pas.
On en vient ensuite à la façon d’enlever un fer. A l’aide d’un rogne-pied et du brochoir, on réalise un jeu au niveau des clous qui permet de les extraire avec la tricoise.
Après la théorie, il a été temps de passer à la pratique et je me suis entraîné à réaliser ces travaux sur des jambes provenant d’animaux tués.
La question du parage avec une rénette, une lime-râpe, le rogne-pied et le marteau a ensuite été abordée.
In fine, nous avons choisi des fers pour Léo à partir des empreintes que j’avais amenées.
Parallèlement à ceci, nous avons réalisé du débardage avec ses bœufs, fendu et rangé du bois, et transporté une balle ronde avec le Ramé.
Au-delà du savoir-faire remarquable de Philippe, ce qui est fascinant chez lui est sa capacité de refuser tout conformisme, de questionner les axiomes du capitalisme, de concevoir sa vie de façon complètement originale. C’est certainement là ultimement que réside la liberté et il a su investir cet espace de façon exceptionnelle. C’est un enseignement que je garde précieusement dans un monde de plus en plus dysfonctionnel où résister devient plus nécessaire que jamais.
Un grand merci à Philippe et Anne-Catherine pour m’avoir accueilli une nouvelle fois sur leur propriété et les efforts qu’ils ont faits pour m’aider.
Gaëtan Dübler
En 2016, Gaëtan Dübler et son boeuf Léo alors qu’il portait des hyppo-sandales
Jacques Laporte présente son livre et sa démarche:
« Photographe naturaliste et humaniste, passionné des hommes et de leurs traditions, j’ai suivi pendant quinze ans la vie de Renée Bagelet, afin d’immortaliser dans un ouvrage, le dur labeur d’une agriculture « Paysanne » au plus près de la terre et des bêtes.Renée a travaillé ainsi jusqu’en 2010……Ce n’était pas du folklore!!!!! »
Pour commander le livre de Jacques Laporte Cliquez ici et ici.
Consultez le blog de l’occitan en cliquant ici
Renée Bagelet, femme authentique
A bientôt 86 ans, Renée Bagelet ne perd pas le nord. Lucide, et très active, même si depuis 5 ans elle n’amène plus ses bœufs dans les champs pour labourer, charger du foin ou sortir du bois… Mais n’allez pas croire qu’elle reste assise sur sa chaise, al canton. Renée, c’est une vedette. Les visites se succèdent : des curieux qui l’ont vue dans un film, impatients de la découvrir… Des habitués qui ne peuvent pas se résoudre à ne plus prendre de nouvelles. Plusieurs films sont sortis sur elle dont celui d’Amic Bedel et Jack Levé « Las 4 sasons de la Renada » en V Òc. Jacques Laporte, un photographe qui la suit depuis 15 ans va sortir un livre d’ici quelques jours. Renée, sous les projecteurs mais nous ne sommes pas au spectacle. Une femme authentique qui se fiche pas mal du qu’en-dira-t-on.
Photo Jacques Laporte
Una mirgueta per las polas
Elle a le sens de la formule; des piques aussi. Mais elle sait également être dame de coeur. C’était ma première rencontre avec cette légende. J’en ai vu d’autres, mais me voilà un peu sur ma réserve. Jacques Laporte le photographe nous attend. Il l’a prévenue. Mais elle a déjà oublié. On ne va pas s’embarrasser avec les présentations. La Renada sap pas ont se virar. Oc-ben! Quitament a 85 ans ! Pas besoin de lui demander de faire quelque chose. Elle fera ce qu’elle voudra, comme elle entend, au moment choisi. Un brin résistant, un zeste cabot. Elle observe, écoute mon occitan : « es pas lo mème que lo meu mas parlas melhor que l’autre que venguèt ». Me damne, un compliment ! C’est Jacques qui va prendre : « Aquel li comprend pas res. Parla francés. Li vos cal explicar ». Elle « rondine » un peu mais se prête au jeu : « sabiái sachut, auriái metut un polit capèl. N’ai un trentenat! ». Mais pas de temps à perdre. Il faut aller nourrir les poules… avec une souris qu’elle a attrapée ! Dans la grange, Blanchette et surtout Pétassou ne sont plus là : « Es mòrta aquí, dabant ieu, de vielhum ». Depuis 5 ans, elle ne travaille plus les champs avec son parelh de buòus dondats. Fini les labours, les moissons, le foin, rentrer le bois, faire la vigne. Tot aquò ambe los buòus…e de bravas susadas ! Mais la grange n’est pas vide pour autant. Jacques Laporte lui demande de travailler. Elle fait la litière des 5 vaches. Jack Levé qui avait fait les images du film d’Amic Bedel est revenu pour s’y frotter. Mais c’est son manteau qui ressort, orné de paille. Prétexte ou pas, Renée a l’œil et se fait un plaisir de le brosser. Un tantinet séductrice.
Photo Jacques Laporte
Jacques lo pastissièr
Ca fait plus de 15 ans que Jacques laisse ses éclairs. Il a flashé sur la Renée. Pâtissier de métier, sortir des murs pour mettre en boîte la nature, les savoirs-faire qui se perdent, ceux qui les font encore. Une photographe humaniste tel qu’il se définit. Un ami lui a parlé de Renée. « Je suis des années 50 et j’ai connu ce monde paysan en pleine mutation. Aujourd’hui on veut refaire du folklore. Mais Renée c’est de l’authentique ». Renée, il faut savoir l’apprivoiser. Alors Jacques lui amène des gâteaux. « Les photos c’est joli. Mais les gâteaux c’est bien meilleur ! » Alors lo pastissièr comme elle l’appelle a gagné sa confiance. Mais pas totale : « Vous avez intérêt à me donner un livre quand il sortira ! » Jacques préfère en rire. Elle semble satisfaite des photos du livre. Mais sa coquetterie en pâtit. « J’ai les cheveux frisés comme une queue de rat. Et là, mais je suis grosse comme une barrique ! » Mais se rassure de suite : « Là j’étais plus jeune, j’aurais pu encore me remarier ». Son premier mari : « l’ai fotut a la pòrta » !
Photo Jacques Laporte
Lo regent que quirda
Vient le moment de l’interview. De cette vie riche faite d’authenticité de durs labeurs, tout lui semble normal. « Que volètz que vos digue? Era coma aquò. » Bien sûr, elle égraine ses histoires, son histoire, avec la même saveur, ce certificat d’études loupé pour un exercice de calcul mental. « I comprenguèri pas res, mè alèra res de tot ! E lo regent me fotèt una engulada, quirdava talament, entendi enquèra que quirda! » Un sens inné de la formule, magnifié par une théâtralité très probante. D’ailleurs elle a longtemps brûlé les planches. Sa vie de regenta aurait été plus calme mais certainement plus banale et moins médiatique. Car Renée n’en finit plus d’être connue et reconnue. « N’i a que son jaloses. Tè, enquèra la Renée que passa al cinema. Que vòl enquèra ? … M’en foti, los emmèrdi ! » Pas facile, sans concession mais attachante. Elle ne dit rien de ce qu’on attend mais se raconte à sa manière. Elle a l’allumage facile mais c’est sans doute une marque de gratitude. De toute façon c’est comme ça. E se siás pas content, vira te lo cuol al vent !
En quittant la Renada, je lui fait le poutou. Oui, vraiment, dans ce monde d’uniformité et de conventions, l’authenticité de La Renada détonne. Elle tonnera et trônera longtemps dans ma mémoire.
Lo Benaset @Benoit1Roux
Plus d’informations sur ce livre qui fait appel au financement participatif :
https://fr.ulule.com/femme-paysanne/description/