Voici quelques photos du réglage d’un joug neuf « Nioulou » réalisé en bois lamellé-collé chez Bernard Sarraire au printemps 2015.
Ses deux jeunes boeufs Limousins sont encore en dressage.

Attelage d’une paire de vaches de race Grise rhétique (rätisches Grauvieh) attelées en collier trois points, lors de la PferdeStarks 2015, en Allemagne
Ces vaches étaient présentées par Gerhart Döring et sa femme et venaient de Weißenborn (commune de Saxe, à l’est de l’Allemagne).
Vidéo en ligne de Denis Fady.
Voir aussi l’article complet sur le site « Hyppothèse » en cliquant ici.
« Fête de l’Agriculture Autrement »
LE 11 OCTOBRE 2015
SUR LE SITE DE LA FERME
DE L’ETABLISSEMENT D’ENSEIGNEMENT AGRICOLE DE MONTMORILLON.
Dans le cadre de nos animations de territoire jusque là dédiées principalement à la Traction animale, nous avons décidé cette année d’élargir le thème aux nouvelles façons d’appréhender la production agricole dans une logique de respect des consommateurs, de l’environnement et de la biodiversité. Le principe de produire « autrement » se développe aujourd’hui parmi de nombreux acteurs du monde agricole.
Pour démontrer, s’il en est besoin, que l’enseignement agricole et notamment notre établissement montmorillonnais est impliqué et convaincu du bien fondé de ces pratiques, nous organisons donc cette manifestation sur notre site d’enseignement.
Elle s’articulera autour de 7 pôles:
Chaque pôle proposera une ou des animations et des circuits de visite pour montrer au public que la production agricole peut concilier respect du consommateur, de la biodiversité, de l’environnement, des animaux d’élevage et rentabilité.
Cette fête sera aussi l’occasion pour ceux qui ont des projets de vie en milieu rural de rencontrer des organismes qui les aideront à imaginer leur avenir, et de découvrir les possibilités de formation offertes
Cette manifestation sera bien sûr avant tout, un moment festif et convivial et l’occasion d’aller à la rencontre de producteurs et éleveurs locaux.
Des repas composés de produits locaux et issus de circuits courts (viande de la ferme du lycée par exemple…) seront confectionnés et servis à midi par le personnel du lycée agricole.
Du pain et des pizzas seront confectionnés et cuits dans le four à bois restauré du site.
« La Fête de l’agriculture autrement » se déroulera sur une journée, sur le site de la Grange à Gaudon, propriété du lycée agricole.
Entrée gratuite.
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Merci à Gérard Coti pour sa communication.
En septembre 2009, nous avions avec les deux paires de vaches transporté la vendange des anciennes vignes des moines de Cluny depuis Cruzille jusqu’à Blanot (voir article sur notre blog en cliquant ici). Cette année, le vin a été acheminé jusqu’à l’abbaye de Cluny.
Après avoir traversé les bois de Cluny et le gué de la Grosne le vin de la cuvée 910 est entré dans Cluny avec Annabelle et Azalée fraîchement ferrées.
la cuvée 910 est chargée et attelée prête au départ

passage du gué de la Grosne avant d’entrer dans Cluny
arrivée à Cluny
avec les musiciens devant l’abbaye
Le 26 juillet nous étions invités à participer avec notre attelage mixte composé d’Azalée la vache et de Froment, le boeuf, à la fête du seigle de Ménessaire.Après avoir charrié vers la batteuse la moisson de seigle depuis la terre où elle avait été fauchée à la main, notre attelage était ensuite utilisé pour l’entraînement d’un manège qui actionnait une petite batteuse/dépiqueuse.
Ce n’est pas le travail le plus agréable pour nos animaux, en particulier pour celui qui tourne à l’intérieur du cercle. En effet, le rayon de braquage assez court oblige l’animal du centre à marcher de côté durant toute la séance de travail. Le terrain également en pente créait une irrégularité du mouvement. Il aurait fallu aussi que nous relions d’une corde, la tête de la bête intérieure à l’axe du manège afin de ne pas dévier du rayon de travail.
Malgré cela, nous étions très contents de la journée. La paire maintenant bien aguerrie, est restée calme, malgré un public nombreux et demandeur de renseignements.
La fête de Ménessaire dans le Morvan, petite commune de la Côte-d’Or enclavée dans la Saône-et-Loire, nous a permis d’emmener les vaches dans un territoire où l’attelage bovin reste très emblématique.
Nous avons pu y rencontrer des gens sympathiques en particulier Guy Namur qui comme nous, attelait par passion jusqu’à, il y a peu de temps, une paire de boeuf charollais.
La commune compte un musée sur le seigle qui présente toutes les facettes et l’utilisation de cette céréale.
Nous avons animé un manège qui entraine une petite machine à battre.
Les vaches n’étaient pas à la fête, surtout pour Anabelle (attelée à droite) qui a marché en crabe tout l’après midi sur un petit cercle autour du manège.
Nous retournons avec plaisir cette année dans ce sympathique village.
Contrairement aux chevaux et leurs harnachements complexes et couteux, le matériel d’attelage des bovins est beaucoup plus simple et limité.
Dans la région du Charollais Brionnais il se compose:
Les jougs:
On trouve en Charollais Brionnais deux types de jougs:
Le joug découpé aux formes élégantes, esthétiques et travaillées
Les têtières comportent sur le dessus des passages de liens avec un rebord qui évite les ripages de liens éventuels.
Les passages de cornes à l’avant sont entaillés à la forme des cornes.
Des motifs de décoration ainsi que les initiales ou le nom du jougtier sont marqués au fer rouge à l’avant.
Les jougs sont la plupart du temps peints en bleu comme les chars ou les tombereaux.
Au centre on trouve deux ou trois trous pour le positionnement et le réglage de la tsordzeure.
le joug droit est rudimentaire dans sa taille qui s’inscrit dans une section triangulaire. La forme se retrouve dans le morvan.
La face avant est parfaitement droite, il n’y a pas de logement entaillé pour les cornes. Les têtières n’ont pas de rebords pour retenir les liens à l’arrière.
On trouve en général qu’un seul trou de tsordzeure.
Les jougs découpés sont les plus fréquemment rencontrés. On retrouve la même forme dans le Haut Beaujolais.
La plupart des jougs observés sont en hêtre ou en frêne. Nous en avons un en cormier. Les jougs en hêtre sont les plus légers.
Ils étaient fabriqués par les charrons ou les sabotiers comme François Lamborot au vieux bourg de Dyo.
A Charolles la maison Michel / Clément fabriquait des jougs droits et découpés ainsi que tous les articles de boiselerie. Des jougs d’une forme différente étaient envoyés dans la loire.
On y trouvait aussi tout le nécessaire pour l’attelage bovin (liens, cordets, cordes)
Les cordets:
Les cordets les plus simples à se procurer sont ceux fabriqués par soi-même avec, le plus souvent, des pousses de Chêne de trois ou quatre centimètres à la base torsadées sur elles- même et enroulées en anneau.
Ils peuvent servir sans se rompre quelques mois suivant l’intensité d’utilisation.
cordets en bois torsadé anciens (Colombier en Brionnais)
Les cordets en cuir torsadé (comme pour ceux en bois) ont une durée de vie bien plus longue. Bien entretenus ils peuvent servir plusieurs années. Ceux fabriqués en nerfs de boeuf ont encore plus de résistance. Ils sont parfois recouverts d’une gaine de cuir cousue.
Pour réaliser un cordet à quatre tours (comme tous les anciens que nous avons rencontrés) il faut environ cinq mètres de lanière de cinq centimètres de large.
cordets anciens en cuir (Colombier en Brionnais)
noeud d’arrêt d’un cordet cuir ancien (Colombier en Brionnais)
Certaines régions utilisent des anneaux en fer forgé. Mais le système en cuir permet d’absorber les chocs transmis par le timon au joug amenant ainsi un confort appréciable pour les animaux.
La tsordzeure:
La tsordzeure peut être en cuir; elle ressemble alors à une grosse ceinture , ou en bois torsadé comme pour les cordets.
tsordzeure ancienne en bois torsadé sur son joug droit d’origine (Colombier en Brionnais)
tsordzeure neuve en cuir avec ses deux cordets utilisée à la Garaudaine
timon, cordets, tsordzeure en situation
Les deux ou trois trous du joug où passent la tsordzeure sont un moyen de réglage lorsque l’un des deux animaux a tendance à être plus dynamique que l’autre.
Ainsi, on fait passer la tsordzeure dans le trou du côté de la bête la plus vive afin de la charger pour la freiner par la charge. De cette manière, les deux animaux progressent parallèlement.
Les liens:
En Charollais Brionnais on les appelle « layoures ».
La plupart des régions utilisent des liens uniquement en cuir (Auvergne) ou en cordes (Ain). En Charollais Brionnais, les liens sont mixtes, cuir et corde de chanvre.
Chaque partie fait deux mètres cinquante à trois mètres soit cinq à six mètres de liens.
Leur largeur varie entre deux et trois centimètres pour le cuir et généralement une section de dix à douze millimètres pour les cordes.
Le raccord entre le cuir et la corde est simple. Le cuir est entaillé d’une fente de trois centimètres arrêtée à l’emporte pièce de chaque côté. La corde est bouclée à un bout. Le cuir est passé à travers la boucle et le brin de la corde passé à l’intérieur de la fente.
raccord entre cuir et corde
L’accrochage est fait à l’arrière du joug sur un point d’ancrage(une vis en générale) autour de duquel est inséré le lien cuir fendu de la même manière qu’au raccord cuir / corde.
Parfois le lien est cloué à la place de la vis à l’arrière.
Le lien cuir sort à l’avant du joug au niveau inférieur des passages de cornes intérieures par une fine mortaise.
têtière vue de l’avant, on distingue à droite la sortie du lien au passage de cornes intérieures
Au liage, on place sur le front des animaux et sous les liens un coussin appelé en Charollais Brionnais « pieumet ». Il est fait en paille de seigle, en paille de bois (variété de carex) ou simplement en toile de sac de jute rembourrée.
pieumets anciens en laîche état neuf (Saint Christophe en Brionnais)
Pour chasser les mouches des yeux des animaux pendant la saison chaude on dispose des chasses mouches en cuir ou en cordelettes de chanvre ou de lin. On les appelle « vire-moutses » ou « émoutsets ».
Les attelages de la Garaudaine utilisent uniquement du matériel neuf réalisé par nos soins (jougs, liens, cordets cuir, tsordzeure, vire-mouches, pieumets).
Chaque année en Juillet a lieu la fête de l’âne à Baron près de Charolles.
Cette rencontre autour des ânes de toutes races venus de tous horizons est conviviale. De nombreux exposants complètent la richesse de cet événement fort sympathique.
Les organisateurs ont été dans les tous premiers à engager un attelage de vaches de Garaudaine en 2007.
C’est avec Vérité et Valentie, les seules à être dressées à l’époque, que le public a redécouvert une pratique qui, seulement 50 ans auparavant, était tellement dans le quotidien du pays.
Cette première participation à une fête locale a été un encouragement pour la poursuite de l’aventure grâce aux retours positifs du public, des exposants et de l’organisation.
Depuis, chaque année, une paire de vaches évolue à travers la fête et participe à diverses animations.