Tifenn Vital nous présente Olivier Courthiade, un incontournable de l’attelage bovin en France.
« Les notes du piano s’échappent par la fenêtre, accompagnées des odeurs de cuisines où quelques plats du monde mijotent doucement. Dans la cour, le tombereau est prêt à accueillir le fumier, qui, chaque jour, est monté sur les pentes de cette ferme traditionnelle montagnarde, afin de fumer quelques parcelles.
Photo Alice Trainel
Dans les écuries, deux magnifiques mules des Pyrénées savourent un foin vert et fleuri en compagnie de quelques autres équidés au débourrage… Bienvenue à l’ « école des mulets »!
Devant l’étable, deux jeunes bœufs suisses se font coiffer de leur joug, puis dans la danse d’un savoir-faire passionné, les mains se saisissent des juilles, liant avec dextérité Opus et Sancti… Sans doute s’en iront-ils pour quelques travaux de débardage ou de fenaison en fonction de la saison.
A « Méras » on croise toujours mûles, bœufs et chevaux au travail dans la vie quotidienne. En ce moment, les bœufs sont suisses et une autre paire de gascons est en cours de dressage.
Installé depuis 1977 au cœur du département dans la haute vallée de l’Arize, Olivier, par ailleurs, enseignant d’équitation et d’attelage, cultive les 30 hectares de sa ferme uniquement avec des bœufs, chevaux et mulets. Il y forme bon nombre de stagiaires, demandeurs de savoirs liés à la traction animale.
Mais « Méras » c’est aussi chambres et table d’hôte où chaque soir, tous se réunissent, bercés par les histoires d’Hommes, d’animaux et de montagne, qu’offre Olivier au détour d’un air de piano… »
Contact : Olivier Courthiade « l’école des mulets », ferme de Méras, 09240 Nescus
Il est des métiers qui disparaissent, des jeunes qui cherchent leur route, des laboureurs à cheval qui (ré)investissent les rangs des gros vignobles bordelais… Et des Vieux qui perpétuent leur savoir dans des fermes et des forges… qui, lorsqu’ils prennent le temps d’échanger, nous rappellent l’étendue des savoir-faire qui animaient nos territoires au début du siècle dernier, avant le tracteur…
Jean Ousset a 74 ans. Le 3 avril 1954, il signait un contrat d’apprentissage dans la forge de son père à Labroquère (31). Ce dernier lui forge alors un brochoir avec un manche en frêne. C’est ce même outil qui va aujourd’hui servir à ferrer les bœufs gascons d’Olivier Courthiade, 58 ans plus tard.
Le travail est en chêne, fabriqué par un charpentier de la vallée à l’époque du père. La forge nous laisse un premier temps pantois dans les odeurs de charbon, la lumière filtrée par les fenêtres protégées par des grilles en fer forgé… Un univers de bois et de fer où les odeurs des bêtes se mêlent à la transpiration de l’homme qui s’affaire déjà à son Art…
« Avant, les bœufs et les vaches venaient ici en nombre se faire ferrer. Des chevaux aussi pour les fermiers les plus riches. Les mules étaient directement ferrées en montagne sur les chantiers. Des bœufs Gascons, pas de Limousines et de Blondes qui augmentent la productivité, mais qui sont tout de même moins rustiques .
Le pied des bœufs se pare peu. Composé de deux onglons, on lui pose donc huit fers. La paroi du pied est très fine ce qui nécessite une grande précision au moment d’enfoncer les clous. Aujourd’hui les clous à bœufs n’existent plus, ils avaient la tête plus plate que ceux utilisés pour les chevaux ! Les fers non plus d’ailleurs ! » Mais il y a cinq ans alors que Jean s’arrêtait dans une station d’autoroute sur la route du rendez-vous chez l’oculiste pour son épouse, celle-ci attire son attention sur un prospectus. Celui-ci mentionne une vente aux enchères où sera vendue une tonne de fers à bœufs. Imaginez la tête du commissaire-priseur lorsque Jean lui a annoncé vouloir acheter la totalité des fers !
Pourtant maintenant, les animaux ont disparu des champs, les brabants ont été remplacés par les charrues des tracteurs… et les forgerons, maréchaux, débardeurs à cheval, muletiers ont disparu rapidement. Jean s’est adapté en réparant les divers outils utilisés par la mécanisation. Les maréchaux ont aussi développé leur activité en se rendant au domicile des particuliers pour ferrer les premiers chevaux pour le loisir.
Et la transmission alors ? « Eh beh, tu vois tous les fers accrochés au plafond ? C’est les essais des jeunes apprentis ! On y touche pas c’est des souvenirs… Il y en a eu des jeunes exceptionnels ».
Jean a vécu un drôle de tournant dans notre société. « Mais tout cela, il fallait le vivre pour pouvoir analyser ». Et quand on lui demande s’il pense que la traction animale va revenir à la mode…il doute, et hausse un sourcil stupéfait lorsque je lui annonce que les deux bœufs qu’il vient de ferrer vont aller travailler dans un vignoble bordelais pour l’entretien des sols. Pour la photo ? Il ne faut pas douter que le domaine saura tirer partie de ce nouvel outil… Cependant, cela laisse entrevoir un possible « retour » à de « nouvelles » façons de (re)travailler… A méditer !
Tifenn Vital, monitrice-guide de tourisme équestre dans les Pyrénées-Atlantiques, ancienne stagiaire d’Olivier Courthiade. Elle collabore aussi à la mise à jour du carnet d’adresses de ce site.
René Lazerges est éleveur à la retraite et son fils a maintenant repris l’exploitation.
Pendant toute sa vie, il a toujours conservé une ou deux paires attelée pour réaliser les petits travaux de l’exploitation, le fumier, le bois et les patates. Jusque vers 1970, l’utilisation était quotidienne. Elle est devenue ensuite plus ponctuelle, mais maintenue jusqu’à aujourd’hui.
Il conserve donc une paire de boeufs Gascons. C’est Olivier Courthiade qui les fait travailler en les attelant pendant toute la saison d’été, soit sur sa ferme pour les travaux, soit sur diverses manifestations.
Pendant l’hiver, Monsieur Lazerges les hiverne chez lui et les utilise parfois pour tirer un peu de bois.
Gérard et Patrick Respaud sont des éleveurs et défenseurs de la race Gasconne. Le père et le fils sont des passionnés de l’élevage et de cette race. La recherche de la qualité des animaux est essentielle pour eux et les guide dans leur travail.
L’exploitation a, depuis toujours, gardé au moins une paire de vaches attelées. Ils réalisent de nombreux travaux avec leurs animaux et tiennent à maintenir l’attelage chez eux.
Malgré une perte complète du troupeau il y a peu, repartis de zéro, ils ont reconstitué un troupeau et remis immédiatement des vaches à l’attelage.
Ils ont actuellement une paire de vaches de quatre ans dressées et une paire de génisses de deux ans en dressage.
Monsieur Respaud nous présente son parcours.
« Mes parents travaillaient la ferme avec deux paires de vaches. Il n’y a qu’à partir de 1965 que nous avons eu le premier tracteur, en plus du travail avec les vaches (j’avais 14 ans).
La mécanisation est allée trop vite. Malgré le tracteur, mon père avait toujours gardé une paire de vaches dressées. J’aimais bien faire quelques travaux dans les champs ou dans les bois.
Malgré la modernisation, nous avons toujours gardé cette tradition.
Mon fils à pris la succession de la ferme et, étant donné que cela lui plaisait, nous avions gardé les deux paires de vaches dressées soit pour le bois ou pour planter les pommes de terre.
Nous avions un cheptel de 70 bêtes composé de 18 vaches mères et de boeufs à l’engraissement. Tout cela engraissé avec les produits de la ferme (foin, céréales) en label rouge.
Jusque-là, il était facile de redresser une paire de vaches, vu leurs origines dociles.
Pourquoi des vaches et pas des boeufs?
les vaches vivent plus longtemps: la dernière vache vendue avait 22ans.
Les vaches font un veau chaque année. Les boeufs ne travaillent qu’une dizaine d’années.
Mais voilà que depuis un an et demi, notre troupeau a été abattu pour cause de tuberculose et là, tout s’est vraiment compliqué. Nous étions dégoutés et voulions tout arrêter.
Mais, les associations auxquelles je participais avec l’attelage m’ont tellement soutenu et sollicité que nous avons reconstitué le troupeau.
Mais hélas la docilité des bêtes n’y était plus. Les bêtes d’aujourd’hui ne connaissent plus l’homme, elles ne connaissent que le tracteur.
Donc pour atteler à nouveau, nous apprenons à la bête la présence de l’homme, la corde et le joug ensuite. A ce jour, nous sommes à deux attelages en cours de dressage, de 4 ans et de 2 ans. »
L’école des mulets de la ferme de Méras vous propose 3 formules pour venir partager son univers.
-Une formule découverte de 4 jours. Moment de rencontre et de partage sur les diverses pratiques agricoles et forestières de l’utilisation des animaux de trait. En fonction des saisons venez apprendre à herser avec les mules au joug landais, labourer avec les boeufs, débarder avec un cheval, participer aux foins… A la table d’hôte vous entendrez des histoires d’Hommes et de chevaux en dégustant les spécialités du monde…
-Une formation zootechnie et traction animale. 300heures pour pousser l’apprentissage et se professionnaliser.
– Les stages à la carte en fonction de vos besoins. Venez en discuter à 15h autour d’un café et nous trouverons la formule adaptée!
7 Avril 2013 : à Bazillac (65), présence de l’attelage de Pierre Nabos
Du 11 au 12 Mai 2013 : 8e Rencontre internationale des Bouviers à l’écomusée d’Alsace
Chaque année, professionnels et passionnés se donnent rendez-vous à l’Ecomusée d’Alsace pour confronter leurs expériences et présenter les usages des bœufs au travers de présentations et démonstrations d’harnachement, de dressage et de conduite. Durant trois jours, on découvre une demi-douzaine de bœufs au travail, dans le village et dans les champs.
Cruzy, terre d’antan à Cruzy (89), traction animale, travail du sol, plantation des pommes de terre avec Maya et Emmanuel Gascard et leur paire de bœufs Vosgiens. Présence de chiens de troupeaux, tonte de moutons, exposition de basse-cour, spectacle équestre, vieux tracteurs, concert, balade avec des ânes, jeux anciens, marché artisanal.
Dimanche 7 Juillet 2013 : Fête de l’âne à Ragny (89), présence de Maya Gascard et ses bœufs.
Dimanche 21 Juillet 2013 : Fête de la batteuse à St Quentin Falavier (38) (attelage Michel Berne)
Dimanche 28 Juillet 2013 : Fête à Nods (25) attelage Jean-Luc Guerringue
Vendredi 2 Août 2013 : Autrefois le couseran à Saint Giron (Ariège) avec de nombreux attelages de bovins dont celui de Pierre Nabos
Samedi 3 Août 2013 : Défilé (en soirée) à Balbigny (42) (attelage Michel Berne)
Dimanche 4 Août 2013 : Autrefois le couseran à Saint Giron (Ariège) avec de nombreux attelages de bovins dont celui de Pierre Nabos, et « Laviron 1900 » à Laviron (25) attelage Jean-Luc Guerringue
Dimanche 11 Août 2013 : Fête paysanne à Soleymieu (38) (attelage Michel Berne)
Dimanche 18 Août 2013 : Fête d’été à Burdignes (42) (attelage Michel Berne)
Dimanche 25 Août 2013 : Fête des battages à Vernioz (38) (attelage Michel Berne)
Dimanche 1 Septembre 2013 : Fête des vieux métiers à St Jean de Toulas (69) (attelage Michel Berne)
Samedi 7 Septembre 2013 : Après-midi battage à Morel, 42220 Bourg Argental chez Maryse et Michel Berne, avec exposition d’objets et d’outils anciens dans le musée en construction. Soupe aux choux servie à partir de 19h00.
Comice agricole à Courgenard (72) avec la participation des bœufs d’Agnès et Luc Bernard
Dimanche 8 Septembre 2013 : Comice agricole à Courgenard (72) avec la participation des bœufs d’Agnès et Luc Bernard
Vendredi 4 et Samedi 5 Octobre 2013 : Salon de la traction animale à Montmorillon.
Pour cette 5ème édition, la traction bovine sera à nouveau présente. Invitée déjà au salon de 2011, elle représente un aspect moins médiatisé mais qui conserve de nombreux adeptes. On constate même une augmentation des demandes et de l’intérêt. La traction bovine se place dans la même logique que la traction équine : durabilité, préservation de la biodiversité génétique, création de lien social. Le 5ème Salon de la Traction Animale de Montmorillon a accueilli quelques meneurs et dresseurs réputés avec leurs bœufs.
Dimanche 13 Octobre 2013 : Fête du maïs à Laas (64).
Attelages attendus : vaches de M. Macombe, vaches de M. Saraméa, vaches de M. Hourquieg, vaches de M. Nabos, bœuf du lycée d’Oloron-Sainte-Marie
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