1 12 13 14 30

Rencontre internationale des bouviers à l’Ecomusée d’Alsace, Week-end de l’ascension 2017, Par Philippe Kuhlmann, Ungersheim (68)

illustration philippe phto p cranga 2 ok

Photo Pascal Cranga

Tradition et savoir faire ancien sont le socle sur lequel nous bâtissons de nouvelles perspectives concrètes et opérationnelles pour la traction animale bovine au 21ème siècle.

Des expériences démonstratives, sur un outil de levage à traction bovine d’abord, puis sur un nouveau concept de joug et une étable démontable et transportable, nous permettront de débattre de ces nouvelles perspectives.

“ Le joug de Pierre Mougin ” raconté par Philippe Kuhlmann, est une première de ces aventures-expériences ; l’émergence d’un joug de facture innovante en réponse à certains inconvénients du joug double classique…

________________________

“ L’attelage des bovins retrouve un regain d’intérêt alors qu’il paraissait relégué aux musées d’agriculture il y a une vingtaine d’années.

Parmi les bouviers du troisième millénaire on compte des traditionalistes purs et durs qui veulent perpétuer des gestes ancestraux avec des outils traditionnels et locaux. Leur point de vue se défend ; ce sont des passeurs de mémoire régionaux.

D’autres utilisateurs de bœufs aimeraient travailler régulièrement et facilement avec des bovins, et se retrouvent dans un système économique qui ne leur permet pas de perdre de la puissance et du temps.

illustration philippe phto p cranga 1 ok

Photo Pascal Cranga

Le confort de l’animal est une autre notion dont il faut tenir compte, bien plus qu’il y a  qu’il y a quelques années encore, pour plusieurs raisons. Notre culture a « humanisé » l’animal par anthropomorphisme, au point que l’on va plus s’apitoyer sur le sort  d’un bœuf au travail que sur celui d’un animal de batterie. Mais plus concrètement, pour travailler efficacement à long terme, il est important que l’animal travaille dans de bonnes conditions, avec du matériel bien adapté à ce qu’on lui demande.

La raréfaction des sources d’énergie va pousser petit à petit les générations futures à se tourner à nouveau vers la traction animale. Il faudra trouver des outils et des modes de travail modernes qui permettent d’avoir une bonne productivité à la traction animale, tout en tenant toujours compte de son investissement de départ minime.

C’est dans cet esprit que je me tourne encore et toujours vers l’attelage au joug double dès que l’on veut atteler deux bovins. Si un animal seul est plus fort au collier – je l’ai maintes fois vérifié – une paire de bœufs sera plus maniable et opérationnelle au joug double que les deux mêmes bœufs au collier. L’attelage au collier implique tout un ensemble de chaînes de traits, de chaînes de reculement, de courroies – avaloirs, sellettes – et de palonniers.

En plaine, deux animaux attelés au collier pourront donner satisfaction et un bon rendement avec une charrette à deux ou quatre roues sans que l’utilisateur ne prenne de risques excessifs, ou n’en fasse prendre à son entourage.

En montagne, en conditions extrêmes, je parle de pentes jusqu’à 60 %, je ne verrais jamais une charrette de deux ou quatre roues, attelée à deux animaux avec un timon qui ne soit pas pris dans le trou central d’un joug.

Dans ces conditions extrêmes l’animal attelé seul à la limonière pourra plus facilement faire corps avec sa charrette et la « tenir » dans un maximum de situations difficiles.

Outre son efficacité et la sécurité en toutes circonstances, l’intérêt du joug double réside dans son étonnante adaptabilité à passer d’un outil à un autre ; du râteau faneur à la faneuse à fourche, à la faucheuse, à la charrette, à la chaîne pour tirer un tronc… Ce passage demande juste au meneur de retirer la clavette du timon et de la remettre sur un autre timon, après avoir fait enjamber ce dernier par un des bœufs.

Ayant résolu le problème de la différence de puissance entre deux animaux attelés grâce au joug de force – c’est je le rappelle, un joug désaxé, l’écart entre la tête du moins fort et le timon sera plus important que l’écart entre la tête du plus puissant et le timon – il restait à enrayer l’inconvénient des têtes de travers avec des bœufs de hauteur différente, je parle ici de toises différentes, mais par extension on devrait parler de port de tête différents.

C’est pour cela que je me suis tourné vers un ancien, un artisan au bon sens paysan, Pierre Mougin de La Bresse. Ayant été paysan avant d’être forgeron, tourneur, ajusteur en métallurgie, mais aussi bûcheron, scieur, menuisier, fabriquant de cors des Alpes, Pierre, artisan, artiste et génie inventif, petit homme rond aux yeux vifs, aux doigts de fée n’avait pas besoin de schéma 3D, ni de logiciel sophistiqué. Il a su résoudre en une dizaine de jours ce que des élèves de deux promotions d’ingénieurs avec toute leur technique n’ont pas su cerner en deux ans.

pierre mougin 7 ok

 Pierre Mougin  en 2015 lors de la journée technique chez Philippe Kuhlmann

pierre mougin 1 ok

De gauche à droite, Philippe Kuhlmann avec un joug Vosgien neuf de Pierre Mougin, Jean-Claude Mann bourrelier, et Pierre Mougin

pierre mougin 3 ok

pierre mougin 5 ok

Je suis allé le trouver dans son petit atelier de La Bresse dans les Vosges et lui ai dit : Pierre, il me faudrait un joug pour un gros et un petit bœuf, étudie pour qu’ils aient tous les deux la tête droite. Le joug devra être taillé en trois pièces, la première étant la partie maîtresse, reliant les deux autres parties qui seraient des jouguets légèrement mobiles sur un axe et réglable latéralement, permettant de rapprocher plus ou moins chaque bœuf  du centre du joug. Évidemment le bœuf le plus faible sera le plus loin du centre de traction.

proto joug p k 2 ok

proto joug p k 1 ok

Dix jours après, un coup de fil de Pierre: t’as qu’à passer, ton joug est fini. Ce n’était pas la réflexion ni les croquis qui étaient finis, mais bel et bien le joug. Après les premiers essais je lui trouvai un problème de déséquilibre qui gênaient les bœufs dans leur effort de traction. Une modification réalisée rapidement a permis de pallier à cet inconvénient et le joug Pierre Mougin fonctionne très bien. Il lui reste un inconvénient: son poids.

Celui-ci pourrait être moindre en changeant d’essence de bois, en passant du frêne au bouleau, et peut être de l’acier à l’inoxydable ou autre. Les essais montrent bien que les animaux peuvent garder la tête droite même s’ils marchent en dévers ou si l’un des deux marche dans une ornière ou dans un sillon profond lors du labour.

 Quatre ans après la fabrication de ce joug en trois pièces, je me rends compte que je ne l’utilise que dans certains cas très précis  et que je n’ai pas pris le temps ni les moyens de l’améliorer en poids et en finitions. La mise au point de mes autres jougs légers en bouleau, avec les matelassures intégrées, rend les services attendus, et je pense que si amélioration il doit y avoir, c’est vers un joug landais amélioré qu’il faut se tourner.

J’en reviens à l’idée de cette différence de puissance et d’aisance entre le collier et le joug. La stabilité que confère la tenue du timon  dans le centre du joug est indispensable en montagne, ainsi que la possibilité de rotation du timon dans le joug. Et il est important d’améliorer les conditions de travail des bovins du 21ème siècle. Une approche somme toute moderne.

Je m’oriente donc vers un mix entre le joug landais et le collier à trois matelassures apportant un bon respect du mouvement de l’épaule, le tout réglable à la fois pour des animaux de puissance différente, des travaux nécessitant une trace plus large entre les animaux – cas de la mise en place de culture en billons -, et en attelage éclair – atteler 2 bœufs en moins d’une minute.

Un prototype sera soumis à l’expérimentation lors de la rencontre des bouviers 2017 à l’Ecomusée d’Alsace. Mais pour cette première mise à l’épreuve, Pierre Mougin n’est plus, emporté par la maladie. Il aura dompté sa vie durant le métal, le cuir et le bois avec un savoir-faire et un génie inventif qui nous sert de modèle. Mais Pierre, comme tous ces glorieux anciens, s’ils laissent un vide, laissent aussi un espoir et une furieuse envie de continuer. Ils nous ont laissé bien des éléments de savoir faire qui sont autant de pierres pour construire un nouvel édifice. Le souvenir vif que nous avons d’eux est le ciment pour cette construction nouvelle ”.

 Philippe Kuhlmann

________________________

Ainsi la rencontre des bouviers 2017 sera l’une des pierres fondatrices de l’attelage bovin de demain, et le germe d’une nouvel usage et d’une nouvelle proximité avec les bovins en général.

Une étable pliable et déplaçable, d’une capacité de 8 à 10 bovins sera présentée en bâtiment off du festival Bàuistella 2017- Festival d’expérimentations constructives  dont le thème 2017 est « Architectures montables et démontables”.

étable mobile p kuhlmann 3 ok

étable mobile p kuhlmann 2 ok

Elle illustre cette nouvelle transhumance de service paysager. Une étable légère, à coût modique, déplaçable, à l’avantage sanitaire indéniable, permettant une répartition des fumures résiduelles pouvant être équipée de différentes fonctionnalités périphériques comme un souricière pour regrouper et mettre en contention des animaux peu habitués, un travail à ferrer ou à parer les pieds, etc…

Pour en savoir plus cliquez ici fichier pdf 2017_04_05_FK_Etable_Mobile

étable mobile p kuhlmann 1 ok

La rencontre 2017 est l’occasion de consolider l’association des bouviers, de l’ouvrir à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la traction animale bovine et aux nouveaux usages de bovins de service, quelles qu’en soient les approches, utilitaires, loisirs, praticiens réguliers ou simples amateurs. Nous parlerons à la fois de transmission des pratiques, expériences et savoir-faire anciens, et de transposition pour un “ré-emploi » des bovins dans le nouveau contexte émergeant au 21è siècle.

Merci à François Kiesler pour sa collaboration

Débourrage de boeufs ferrandais en 2016

Voici trois vidéos trouvées sur le net.

Nous ne connaissons pas les bouviers dresseurs. Si vous vous reconnaissez ou si vous connaissez cette paire de boeufs contactez nous pour connaitre plus de choses sur le travail de ces jeunes animaux et sur leur localisation.

Merci!!

Les boeufs Gascons de Laurent janaudy, Manziat (01)

cadet mignon tombereau ok

Laurent Janaudy est maraîcher en traction animale à Manziat dans l’Ain. Il travaille avec deux chevaux. Il avait jusqu’en 2014 une paire de vaches Aubracs avant que l’un de ses animaux ne s’écorne. Pour les remplacer, il a donc mis au dressage deux jeunes boeufs Gascons.

Laurent est un fin dresseur et utilisateur que ce soit avec les chevaux ou avec les bovins.

laurent janaudy dressage gascons 3

laurent janaudy dressage gascons 1

laurent janaudy dressage gascons 2

Voici rassemblées dans un même article quatre vidéos qui retracent quatre étapes de dressage des Gascons (les deux premières ont déjà été publiées sur le site, les deux autres sont nouvelles).

laurent janaudy dressage gascons 4

laurent janaudy dressage gascons 5

laurent janaudy dressage gascons 6

Un jour, deux jougs, deux jougtiers, Maillezais (85), 10 Août 2016 par Michel Nioulou

maillezais photo jean léo dugast 1 ok

Photo Jean-Léo Dugast

Une rencontre autour des bœufs de travail

Maillezais, au bord du marais Poitevin, accueillait le 10 Août 2016, la fête des bœufs de travail.

Jérome Csubak et son épouse ont organisé cette rencontre sur le site des roulottes de l’abbaye dont ils sont les promoteurs. Emmanuel Fleurentdidier et Solène Gaudin étaient également venus épauler l’équipe d’organisation .

On a pu voir évoluer la paire de Vosgiens d’Emmanuel et la paire de boeufs Parthenay du propriétaire des lieux qui présentait également une paire de jeunes bœufs en début de dressage.

maillezais 8 ok

maillezais 10 ok jerome czubak 5 ok

Jérome Csubak

Différentes démonstrations d’attelages ont eu lieu devant un public venu nombreux malgré le déroulement de la fête un jour de semaine.

Des séances de travail avec des chevaux étaient aussi au programme avec en particulier un bel attelage de Manu Davignon.

Brocante, artisans, maréchal-ferrant venaient compléter les animations d’une journée déjà bien remplie.

La naissance de deux jougs.

 maillezais 1 ok

maillezais 2 ok

« Depuis le matin, à l’abri du soleil, sous la stabulation, des coups sonores de haches et d’herminettes viennent régulièrement ponctuer l’ambiance de la journée.

Lionel Rouanet et moi-même avions été invités à venir présenter le travail de la taille des jougs à la fête des bœufs de travail de Maillezais.

Soigneusement enveloppés dans des bâches étanches, nous déballons un peu avant neuf heure nos pièces de bois maintenues humides depuis chez nous à l’autre bout de la France, l’Aveyron pour Lionel et la Saône-et-Loire pour moi.

Le plein été n’est certes pas la meilleure époque pour transporter dans les voitures surchauffées des pièces de bois parfois immergées depuis plusieurs mois et sujettes dès leurs sorties de l’eau à une dessiccation trop rapide et à l’apparition de fentes dans les pièces qui peuvent parfois être rédhibitoires.

Après un déballage et mise en présentation de nos différents modèles de jougs, nous attaquons rapidement le travail.

Très fortuitement, il se trouve que chacun des modèles que nous avons à tailler aujourd’hui est nouveau pour l’un et pour l’autre.

Lionel commence un joug en frêne qui lui a été commandé. Ce dernier, un joug mixte, est destiné à joindre d’un côté un bovin et de l’autre une mule ou un âne.

maillezais 24 ok

maillezais photo jean léo dugast 2 ok

Photo Jean-Léo Dugast

Ce type de joug a suscité de nombreuses interrogations et questionnements du public.

Pour ma part, c’est un joug double que je taille, un modèle de la Loire, à la limite du Puy-de-Dôme, un joug « de montagne » comme le nomme la personne qui me l’a commandé. C’est avec le modèle d’un joug ancien à proximité que je taille la pièce de frêne.

gaillat p article joug 29 ok

gaillat p article joug 33 ok

maillezais 15 ok

gaillat p article joug 32 ok

Je travaille différemment de Lionel en pratiquant un traçage avec un gabarit sur la bille dégauchie.

Bien sûr le traçage n’est qu’indicatif mais permet aussi, au moins au début sur un modèle nouveau, d’avoir des repères précieux. La réalisation du gabarit à l’atelier permet aussi de bien s’imprégner des formes et des subtilités du joug que l’on découvre.

Bien qu’aujourd’hui à Maillezais, le modèle soit nouveau pour lui, Lionel réalise le plus souvent des jougs du type Aveyronnais dont il maîtrise la réalisation du fait de son apprentissage auprès de René Alibert à Laissac dans l’Aveyron.

A contrario, je travaille en autodidacte et j’ai été amené à réaliser de nombreuses formes régionales différentes (Charollais, Velay, Vendée, Loire). C’est aussi pour cela que je réalise des gabarits qui me permettent de mémoriser les formes et les tracés.

C’est donc avec prudence que nous avançons la taille sur nos jougs respectifs.

Bien sûr le public s’interroge et s’étonne de nos réponses lorsque nous leur expliquons que nous réalisons régulièrement des jougs dont la destinée n’est pas de finir en décoration au dessus d’une cheminée ou d’une porte, mais bel et bien d’avoir un usage réel, une fonction de travail chez les différents bouviers qui nous les réclament.

gaillat p article joug 34 ok

gaillat p article joug 30 ok

La découverte de la part du public de l’existence encore active de la pratique professionnelle de l’attelage bovin les laissent souvent dubitatifs, certains repartent sûrement en se disant qu’on leur a raconté des mensonges !!! Et pourtant!!

maillezais 22 ok

En milieu de matinée, une dizaine de personnes de l’académie des bouviers du Puy-Du-Fou nous rendent visite. Le groupe guidé par le dynamique et motivant Laurent Martin, a échangé sur la technique, les différentes formes de jougs, l’attelage, le liage. Cette rencontre a été pour nous l’occasion de croiser des praticiens, apprentis ou confirmés qui travaillent dans l’environnement très spécifique du spectacle, mais dont l’implication dans l’attelage des bovins est très marquée et passionnée.

La présence en visiteurs de Jo Durand, paysan bouvier au Dresny en Loire-Atlantique et de Nicole Bochet, chercheuse et passionnée par l’attelage bovin, a permis une nouvelle fois, outre l’amitié que nous avons pour eux, de croiser des expériences, des points de vues.

maillezais 13 ok

En discussion avec Jo Durand 

A la pause de midi avant d’aller manger quelques mogettes pour reprendre des forces, nous mouillons copieusement nos deux pièces de frêne et nous les couvrons soigneusement pour limiter le séchage. La température est forte et le soleil ardent !! Nous devons être vigilants !!

Après avoir repris nos tailles en début d’après-midi, comme une pause dans notre journée, nous prenons le micro devant la paire de Parthenay pour un moment de présentation du travail des jougs, de leur fabrication et de leur utilisation avec différents liages de plusieurs modèles de notre fabrication.

maillezais photo jean léo dugast 3 ok Photo Jean-Léo Dugast

maillezais photo jean léo dugast 4 ok

Photo Jean-Léo Dugast

maillezais 20 ok

maillezais 21 ok

maillezais 11 ok

Emmanuel Fleurentdidier

maillezais 6 ok

Solène Gaudin

Nous reprenons ensuite le travail, toujours au son des haches, grandes et petites herminettes, planes, ciseaux, gouges et maillets entrecoupé d’explications de notre part, et d’enrichissants témoignages et anecdotes que nous confient les nombreuses personnes de la région qui viennent à nous et qui voici quelques décennies encore, liaient des bovins.

maillezais 9 ok

maillezais 3 ok

maillezais 4 ok

maillezais 12 ok

maillezais 23 ok

gaillat p article joug 35 ok 

Progressivement, le public se fait plus clair, puis disparaît. Les jougs ont déjà bien pris forme. Les deux lourdes pièces de frêne du matin se sont visiblement affinées et allégées, la finition se fera à la maison dès notre retour.

Le soir est venu et, malgré la fin de la fête, nous taillons encore un peu, comme pour prolonger ce moment, où, malgré le fait que nous nous connaissons déjà depuis plusieurs années, nous avons pour la première fois travaillé côte à côte. Moments rares, intenses où, dans la même passion, nous avons fabriqué chacun un joug qui coiffera des bœufs qui patiemment travailleront dans la discrétion des montagnes du Massif Central et des Pyrénées. »

 Michel Nioulou

 maillezais 17 ok

maillezais 19 ok

Toutes photos Véronique Nioulou sauf mentions « Jean-Léo Dugast ».

Un grand merci à Jean-Léo pour sa contribution.

Histoire d’un joug

gaillat p article joug 36 ok

Un message laissé sur le répondeur : « Bonjour Monsieur, je vous contacte car le joug de mes bœufs est trop petit et il m’en faudrait un plus grand. Merci de me rappeler »

C’est ainsi que commence souvent la fabrication d’un nouveau joug.

Quelques temps après l’appel, je me rends à Chausseterre dans la Loire pour prendre les mesures sur une paire de bœufs Vosgiens âgés de bientôt cinq ans.

Philippe Gaillat qui m’avait contacté au téléphone, m’avertit : « Je veux un joug de montagne, le même que j’utilise actuellement, mais à la bonne taille. Par contre il faudrait l’élargir un peu, les bêtes ont plus de gabarit qu’autrefois et elles frottent trop au timon lorsqu’elles travaillent avec un joug ancien, même si les têtières sont à la bonne taille »

gaillat p article joug 40 ok

On regarde, on décide des quelques modifications qui ne modifieront pas l’esthétique du modèle.

Je prend les mesures sur les bœufs avec les deux modèles de jougs de prises de taille (type Charollais et type Velay) que j’ai réalisés voici quelques années. Ces jougs sont de simples têtières réglables grâce à une réglette mobile, que je viens positionner sur les cornes à la bonne place afin de prendre au plus juste la taille des têtes.

 gaillat p article joug 1 ok

gaillat p article joug 2 ok

gaillat p article joug 3 ok

gaillat p article joug 4 ok

gaillat p article joug 5 ok

Après avoir bien observé et analysé la forme du joug « de montagne », c’est le joug de mesure du type « Charollais » qui me servira à reporter la bonne taille grâce à des points de repères communs aux deux formes de jougs.

Il me sera aussi possible de fabriquer par la suite un joug de mesure « de montagne » afin d’avoir directement les tailles pour la réalisation d’un tel modèle sans passer par un modèle intermédiaire.

 

Et voilà c’est parti pour la réalisation d’un nouveau modèle pour moi.

Une fois rentré à la maison, je prend les cotes d’un joug ancien que j’ai ramené de Chausseterre afin de tracer des gabarits (vue du dessus, de face et de l’arrière) sur de la planche fine tout en tenant compte des modifications décidées avec Philippe.

 gaillat p article joug 37 ok

gaillat p article joug 38 ok

Je trie un morceau de frêne au bon débit dans le bassin où trempent depuis plusieurs mois, des pièces, qui cette fois-ci avaient été débitées au banc de scie.

Après un tracé rapide réalisé avec les gabarits en mettant bien sûr les têtières à la bonne mesure, j’attaque la taille. gaillat p article joug 23 ok

D’abord les ouvertures de têtières, puis le passage des liens sur le dessus, et la découpe de la forme arrière des têtières. Taille du corps central, des oreilles, des passages de liens à la base des têtières. Dégrossis à la hache, finitions à l’herminette, plane, râpes, racloirs.

gaillat p article joug 39 ok

 gaillat p article joug 29 ok

gaillat p article joug 30 ok

gaillat p article joug 31 ok

gaillat p article joug 32 ok

gaillat p article joug 33 ok

gaillat p article joug 34 ok

gaillat p article joug 35 ok

J’ai taillé en partie ce joug à la journée des bœufs de travail à Maillezais en Vendée.

 gaillat p article joug 28 ok

Tout au long de la taille, le joug est maintenu humide et enveloppé après chaque session de travail.

 gaillat p article joug 22 ok

gaillat p article joug 21 ok

La taille terminée, le joug est flambusqué, c’est-à-dire qu’il est passé au feu et simultanément imprégné de matière grasse animale ou végétale, afin de limiter au maximum les problèmes de fentes.

 gaillat p article joug 27 ok

gaillat p article joug 26 ok

gaillat p article joug 25 ok

gaillat p article joug 24 ok

gaillat p article joug 20 ok

Pour la seconde fois, je monte dans les montagnes de la Loire à la limite du Puy-de-Dôme pour le réglage du joug sur la tête des bœufs.

gaillat p article joug 7 ok

gaillat p article joug 8 ok

gaillat p article joug 12 ok

gaillat p article joug 10 ok

gaillat p article joug 13 ok

gaillat p article joug 11 ok

 

gaillat p article joug 9 ok

Après plusieurs liages pour vérifier et modifier l’appui des cornes dans les logements, le passage du bas de la têtière au dessus du chignon, le positionnement semble bon et les bêtes à l’aise.

 gaillat p article joug 14 ok

gaillat p article joug 16 ok

gaillat p article joug 15 ok

gaillat p article joug 18 ok

gaillat p article joug 19 ok

gaillat p article joug 17 ok

Le joug travaille dorénavant à sortir du bois, du fumier, herser les prairies avec une paire de bœufs de bon tempérament.

Fabriquer régulièrement des jougs aujourd’hui paraît peut-être impensable et pourtant, mon expérience d’une dizaine d’années ainsi que celle de mon ami Lionel Rouanet qui fait le même travail que moi prouvent le contraire. N’oublions pas bien sûr les quelques anciens en particulier René Alibert qui reste un exemple et une référence en la matière.

Malgré une expérience modeste, des erreurs, des recherches, des tâtonnements, le travail que je réalise avec passion est d’un enrichissement énorme avec le plaisir du contact avec les animaux, la satisfaction d’une tentative de maintien d’un savoir-faire au service d’un autre savoir-faire. C’est aussi une expérience humaine riche de rencontres simples et sincères qui motivent à chaque fois pour continuer à maintenir la flamme.

Michel Nioulou

gaillat p article joug 6 ok. Histoire d'un joug.

Fête du « char à boeufs » à Chasselas avec un attelage bovin de Michel Berne en 2015

michel Berne Chasselas 8 ok

C’est Michel Berne et Maryse Berne Duclos de Bourg-Argental (42) qui ont attellé en 2015 à Chasselas (71) une paire de bovins, à l’occasion de la fête du « Char à boeufs ». Cette manifestation s’est déroulée pour le cinquantième anniversaire de la reconstitution du voyage qu’avait fait Claude Brosse à Versailles vers 1700 avec un char à boeufs pour redynamiser la vente des vins de la région.  

C’est le char spécialement fabriqué et utilisé en 1965 pour la reconstitution et par chance sauvegardé en parfait état jusqu’à aujourd’hui, qui a été utilisé.

Michel et Maryse avaient gentiment dépanné Laurent Billoux qui devait venir initialement avec l’un de ses attelages bovins qui, à la suite d’une blessure d’une de ses vaches dressée, n’avait pas pu être présent.

La journée s’est déroulée dans la bonne humeur et a rappelé à de nombreuses personnes de Chasselas, la reconstitution de 1965.

 

michel Berne Chasselas 1 ok

michel Berne Chasselas 10 ok

michel Berne Chasselas 7 ok

michel Berne Chasselas 6 ok

Michel Berne en discussion entre bouviers avec Laurent Janaudy de Manziat.

michel Berne Chasselas 5 ok

michel Berne Chasselas 4 ok

michel Berne Chasselas 3 ok

michel Berne Chasselas 2 ok

michel Berne Chasselas 9 ok

Antoine Dugué

dugué antoine 3 ok

Antoine Dugué pratique la traction bovine depuis quelques années. 

Il dresse actuellement deux bœufs Canadiens de deux ans que l’on peut voir en photo sur son site.

Il préfère utiliser les races laitières ou les races anciennes n’ayant pas été alourdies pour la production de viande ces dernières décennies car elles ont plus d’allant.

Précédemment il a dressé une paire de boeufs Jersiais au joug de garrot.

On trouve sur son site un article paru dans le numéro 75 de la revue « Sabots » consacré au joug de garrot,  ainsi qu’une comparaison entre l’attelage bovin et équin.

dugué antoine 2 ok

dugué antoine 1 ok

Vidéos de travail avec un boeuf Pie noir Breton chez Agnès et Luc Bernard à Courgenard (72)

Luc bernard cassis au jouget Le dresny 2014 2 ok

Luc Bernard avec Cassis au jouguet au Dresny en 2014

Agnès et Luc Bernard mettent en ligne de nombreuses vidéos de l’utilisation fréquente de leur boeuf Cassis pour différents travaux sur leur ferme. Ils l’utilisent en particulier pour dérouler le fil de fer barbelé lors de la réalisation des clôtures.

Cliquez sur les différents liens ci-dessous qui conduisent directement aux vidéos du Facebook de la Ferme d’héliacynthe.

https://www.facebook.com/heliacynthe

Déroulage du fil de fer 1   

https://www.facebook.com/watch/?v=1026464337442532

 

Déroulage du fil de fer 2

Déroulage du fil de fer 3

Transport de grillage de clôture

Transport de grillage de clôture 2

Guidage des veaux au pré

Guidage des veaux au pré 2

Guidage des veaux au pré 3

Labour au brabant avec les deux boeufs Montbéliards de Jean-paul Foray, Saint-Bénigne (01)

jp foray reyssouze labour 4 ok

Jean-Paul Foray de Saint-Bénigne, a mis au travail deux boeufs Montbéliards. Il était présent à la fête de Reyssouze dans l’Ain à quelques kilomètres de chez lui.

Voici quelques photos et une vidéo de ses animaux au travail.

jp foray reyssouze labour 7 ok

jp foray reyssouze labour 6 ok

jp foray reyssouze labour 5 ok

Jean-Paul échange  sur sa pratique de bouvier avec Laurent Janaudy, un maraîcher en traction animale et bouvier lui-même venu de Manziat en voisin.

jp foray reyssouze labour 3 ok

jp foray reyssouze labour 2 ok

jp foray reyssouze labour 1 ok

Réflexions sur la conduite d’un boeuf en solo de derrière par Jo Durand, le Dresny (44)

boeufs solo jo durand 2016 2 ok

Jo Durand travaille sur sa ferme avec entre autres, une paire de boeufs Vosgiens. Il a aussi dressé un boeuf Vosgien en solo qu’il mène souvent en guide.

Il nous communique quelques photos et un petit argumentaire sur les avantages de la pratique. 

Pour les cultures légumières qui ne demandent pas de puissance, je n’ai besoin que d’un seul bœuf et le menage par l’arrière permet de conduire le bœuf et l’outil en même temps.
Je suis seul pour effectuer ce travail, c’est donc plus rentable que si nous étions deux.

boeufs solo jo durand 2016 10 ok

boeufs solo jo durand 2016 9 ok

boeufs solo jo durand 2016 8 ok

boeufs solo jo durand 2016 1 ok

Pour les transports légers, j’utilise un avant-train (avec un siège) sur lequel j’attelle une remorque. Je voyage donc assis.

voyage pédagogique 2014 Montmorillon ouest de la france 1 ok

Pour les débardages, je travaille souvent derrière le bœuf .
En plaçant le bœuf avec les rennes longues, de derrière je suis beaucoup plus précis et rapide; j’accroche mes bois en restant derrière, j’ai beaucoup de précision pour le tirage car de derrière je vois la trajectoire du bois.

boeufs solo jo durand 2016 7 ok

boeufs solo jo durand 2016 6 ok

boeufs solo jo durand 2016 5 ok

boeufs solo jo durand 2016 4 ok

boeufs solo jo durand 2016 3 ok

Merci à Jo et Christine pour leur communication.

1 12 13 14 30