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Grande Messe des Bouviers du Monde, article de Cozette Griffin-Kremer pour l’Association internationale de MUSÉES AGRICOLES (AIMA) , Lorsch (Allemagne) 8-10 Mars 2024

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Logo conçu pour le Symposium par lasilhouettiste ©Lauren Muney

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Merci à Cozette Griffin-Kremer pour son article et pour le lien avec l’AIMA et ainsi nous permettre de reprendre cet article complet en Français. Michel Nioulou ABA.

Les index en gras soulignés sont des liens que vous pouvez ouvrir en cliquant dessus

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Le « Draft Cattle Symposium » au Laboratoire de Plein-Air Lauresham sur le Site UNESCO de l’Abbaye de Lorsch en Allemagne, 8-10 Mars 2024

Voir des vues aériennes et autres vidéos de la rencontre en cliquant ICI (Courtoisie Lauresham et Arbeitsgruppe Rinderanspannung) i

Cette rencontre était le produit de convergences entre divers acteurs et réseaux intéressés par les bœufs de trait de par le monde. Partenaires officieux depuis plus de vingt ans, le réseau français autour du noyau de communication « Attelages Bovins d’Aujourd’hui » ii et le « Groupe de Travail Attelage Bovin allemand » iii se sont enfin rencontrés en masse. Tout un contingent de Français ya participé, pour assurer des démonstrations d’équipementiers, de travail avec des bœufs, des arts des jougtiers, ou pour présenter une communication, participer aux débats et contribuer à l’importante exposition de jougs. C’était aussi le moment pour rendre hommage à Laurent Avon, inventeur des recensements des ateliers encore au travail en France et il se serait régalé.

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Les participants entourent deux des vedettes. (Photo C. Griffin-Kremer)

Les Français se sont retrouvés à côté de bouviers et de bouvières d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, entourés d’experts de la traction bovine : archéologues (surtout archéo-ostéologues), historiens, éthologues, animateurs de traction bovine au sein de musées de plein air et autres sites historiques, équipementiers, décideurs politiques du Land de Hesse, journalistes. Les réseaux des associations telles l’AIMA (Association Internationale des Musées d’Agriculture iv ), l’ALHFAM (Association for Living History, Farming and Agricultural Museums v ) et EXARC (regroupement de musées de plein-air d’archéologie expérimentale vi ) , dont les faisceaux sont entremêlés depuis des années, y ont contribué : participants, publicité et … jougs.

Claus Kropp, directeur de Lauresham, a relevé le défi d’organisateur ce congrès mondial hybride : 120 participants sur place, 26 en ligne, 20 pays représentés pour se réunir durant un long week-end consacré au passé et à l’actualité de la traction bovine dans ce site UNESCO Kloster Lorsch. Grâce aux moyens et à la mission du Laboratoire de Lauresham – reconstituer et montrer au public la vie quotidienne de la communauté entourant une grande abbaye autour de l’an 900 – le site a pu recevoir non seulement les participants, mais un public de plusieurs milliers de visiteurs.

2Gravure de Kloster Lorsch et de la ville vers 1615 par Matthaeus Merian, DE Wikipédia, domaine public vii

Site longtemps abandonné, qui occupe aujourd’hui un rang public régional et national, l’abbaye a abrité pendant des siècles un scriptorium renommé dont les manuscrits sont actuellement dispersés dans des bibliothèques de recherche. Pour rappeler ce passé d’érudition et d’éducation, le catalogue de l’exposition de jougs montre un passage du Codex de Lorsch contenant le mot latin pour le joug, iugum. viii Le village reconstitué sur la base des fouilles archéologiques est le lieu consacré aux travaux des saisons, aux champs et en forêt, aux métiers d’époque et aux programmes actuels d’éducation. Il possède son propre centre d’exposition et d’activités, un modèle de construction durable, tandis que le musée de l’abbaye dispose de vastes espaces pour accueillir des congrès et d’autres rencontres.

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Vue partielle du village médiéval de Lorsch reconstitué (Photo Cozette Griffin-Kremer)

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L’auditorium principal du musée (Photo Lauren Muney)

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Ed Schultz, délégué venu du site historique américain de Colonial Williamsburg, à la présentation de son affiche (Photo Lauren Muney)

Claus Kropp est depuis longtemps membre de l’EXARC (musées de plein air d’archéologie expérimentale), donc la première tranche de communications était consacrée aux archéo-ostéologues. En fait, il y avait un tel afflux de propositions pour toutes les séances, qu’une partie d’entre elles a dû avoir lieu éventuellement l’utilisation de posters dans le foyer du musée, toujours consacrés à la traction bovine ou au bien- être des animaux : la préparation de mortier de construction, le maraîchage au Canada, la production laitière plus humaine, surtout la préservation des savoir-faire des bouviers de par le monde et tant d’autres. La diversité des intervenants était particulièrement impressionnante : un photographe professionnel roumain qui consacre son travail à la vie traditionnelle en voie de disparition ou un ingénieur ougandais qui a fondé une association pour promouvoir le bien-être animal et humain par l’utilisation d’instruments de labour plus ergonomiques, à côté de pratiques agricoles plus soutenables.

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Une des visites guidées des vestiges de l’abbaye bénédictine (Photo Lauren Muney)

La Direction du site de l’abbaye a tenu à rendre accessible aux participants du Symposium la totalité de son musée : l’exposition permanente sur les fouilles archéologiques, qui sont toujours en cours, et le Musée du Tabac qui traite de l’histoire de la production et de la consommation du tabac, autrefois un pilier de l’économie locale. Un groupe de volontaires a même repris l’activité pour préserver le patrimoine des techniques et des variétés.

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Aperçu des chefs-d’œuvre en écume de mer (écume de mer) au Musée du Tabac ix (Photo C. Griffin-Kremer)

La ville de Lorsch possède de nombreuses maisons à colombage et l’héritage architectural fait partie intégrante de la triple mission du site, expliquée par les affiches « Wir in Lorsch » (« Nous à Lorsch ») : valoriser les activités des habitants autant que la région, poursuivre l’utilisation soutenable et innovatrice de la terre, promouvoir un sens de communauté régionale.

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De nombreuses activités étaient proposées pendant la journée réservée aux participants au congrès : les travaux des champs (rayage, labours, hersage, semis), de forêt (débardage), ou de transport, utilisant des véhicules d’époque, reconstitués, tractés par des bovins.

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Participants lors des démonstrations, avant d’ôter leurs vestes (Photo Lauren Muney)

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Exemple d’un rapport humain-animal à Lauresham, le gros câlin, mais aussi une attention de tout instant à la sécurité du personnel et du public (Photo C. Griffin-Kremer)

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Une des charrettes reconstituées avec quelques-uns des jougs utilisés (Photo Daniel Viry)

La présence de plusieurs spécialistes du comportement bovin (et humain…) a représenté un point particulièrement prisé par les participants. Les bouviers et bouvières d’aujourd’hui tiennent à établir des relations de coopération et d’affection avec leurs partenaires de travail. Comme le soulignait Claus et les autres participants venus du monde des musées, une toute première étape dans le dressage des bovins est d’obtenir qu’ils restent sans bouger lorsqu’une personne se rencontre directement devant eux, en principe une pure provocation, mais aussi un exploit qui doit rester invisible pour être efficace. Ainsi, le grand public, des gens si admirateurs des bœufs de Lorsch, ignore totalement une grande part du travail investi pour leur plaisir et leur sécurité.

La journée « professionnelle » a permis la présentation et l’utilisation des équipements actuels pour la traction bovine, chevaline et asine, tels ceux du groupe français PROMMATA, x particulièrement prisés pour le maraîchage, ou ceux du groupe luxembourgeois Schaff mat Päerd xi (Travaille avec des Chevaux), tous deux dédiés au développement de produits ergonomiques pour les utilisateurs comme pour les animaux. Un des points forts de la journée « pro » était l’examen des outils reproduits par les forgerons et les tourneurs du musée sur la base d’objets trouvés lors des fouilles, par exemple, du puits principal de l’abbaye. Les guides ont aussi pris le temps d’expliquer la reconstitution des granges surélevées et des fameuses « pit-houses » (habitations semi-souterraines) du village médiéval.

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Présentation de l’équipementier PROMMATA : André Kammerer (Alsace) et Daniel Viry (bouvier venu du travail de débardage à cheval), Pascal Durand (Photo C. Griffin-Kremer)

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Les travaux pratiques, utilisant le même outil tiré par un des gris rhétiques de Gerd Döring du Groupe de Travail Attelage Bovin allemand (Photo C. Griffin-Kremer)

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Présentation par Paul Schmit de l’équipementier luxembourgeois Schaff mat Päerd (Photo C. Griffin-Kremer)

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Schaff mat Päerd distingue ses prototypes (en jaune) des instruments déjà commercialisés (en vert) (Photo C. Griffin-Kremer)

Le dimanche suivant les deux jours de colloque était consacré au public, la réouverture gratuite du musée pour la belle saison. Les organisateurs espéraient attirer 2 000 entrées, mais il y avait plus de 3 000 visiteurs, enchantés par les travaux avec les bœufs, les vaches et les chevaux, ainsi que par les activités pour les enfants, tels l’atelier de tissage à tablettes, ou la « voie » de la laine, du cardage à la couture.

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L’attelage de chèvres du Laboratoire de Plein-Air Lauresham (Photo L. Muney)

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Le bouvier alsacien Philippe Kuhlmann en train de débarder avec des bœufs de race Vosgienne de Lauresham, attelées au joug à coussins intégrés qu’il a lui-même inventé (Photo Astrid Masson)

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Démonstrations par les bénévoles du musée de toute la chaîne de production des textiles en laine (Photo L. Muney)

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L’atelier pour enfants de tissage à tablettes dans le centre multi-activités de Lauresham (Photo C. Griffin-Kremer)

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Inauguration de l’exposition sur les jougs « Yoke – Joug – Ayoko / Une histoire culturelle du joug à travers les millénaires », 10 mars-28 avril 2024 (Photo C. Griffin-Kremer)

L’un des points forts dépendant des communications en salle et l’exposition sur les jougs était la vidéo préparée par le Slovene Ethnographic Museum (SEM) sur le processus de conservation d’un joug très utilisé, du moment de sa donation au musée jusqu’à ‘à son transport à Lorsch pour prendre sa place dans l’exposition. Il ne manquait effectivement pas grand-chose concernant les types de joug venus de 15 pays : du joug chinois à fourche aux toutes dernières expérimentations d’un joug combiné sur la base du collier réglable à trois points, le tout représenté méticuleusement dans le catalogue.

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La pièce centrale de l’exposition

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Un même jeu exposé et illustré dans l’essai photographique de la vie traditionnelle en Roumanie proposé par Vlad Dimitrescu, collaborateur régulier de Lauresham / Lorsch. XII

Il y avait bien entendu les débats sur les races bovines les plus aptes pour le travail, enrichis par la visite des bouviers galiciens d’Espagne, qui en ont fait une partie importante de leur campagne en faveur de la reconnaissance de leur patrimoine régional auprès de l’UNESCO.

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Un Gris rhétique avant le débardage (Photo D. Viry)

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L’Allemand Gerd Döring avec ses deux Gris (Photo L. Muney)

Lauresham utilise toute une étable de Gris Rhétiques ainsi qu’une paire de Vosgiennes et des Rotvieh (Rouges). Le Groupe de Travail Attelage Bovin allemand a amené des Gris supplémentaires, une course aujourd’hui promue pour le triple usage (lait, viande, traction). xiii Ils ont travaillé tout à côté du stand pour la promotion de la race xiv et celui du GEH, le groupement allemand dédié à la conservation des courses à petits effectifs en général. XV

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Matthias Höwer derrière son Fritz, Glanrind ou Rotvieh (Photo C. Griffin-Kremer)

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La table de présentation des peluches, « best-sellers » de la boutique de Lauresham, modélisées sur la paire originale de Gris de Lauresham, Darius et David (Photo L. Muney)

Pour rappeler la fragilité des efforts de conservation des races et l’attachement des bouviers à leurs bêtes, la séance de débardage en forêt devait inclure des Vosgiennes, xvi des Gris, xvii le Rotvieh (Glanrind xviii ) et un Fleckvieh, xix ce dernier particulièrement apprécié par les Allemands pour le perfectionnement de son dressage à la conduite en lignes, tout comme un cheval, mais… le bœuf est mort subitement peu avant le congrès. En contrepartie de cette déception, nous avons assisté à la fête d’anniversaire d’un des Gris, David, pilier des travaux au musée, tandis que ses meneurs mangeaient son gâteau….

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Claus Kropp avec le gâteau d’anniversaire de David (Photo L. Muney)

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Les jougs à coussins intégrés de Philippe Kuhlmann, illustrés dans le catalogue de l’exposition, p. 73.

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Véronique et Michel Nioulou avec les chasse-mouches que confectionne Véronique et le joug sur lequel Michel a travaillé pendant la journée de démonstration, à côté d’autres jougs apportés par l’équipe française (Photo C. Griffin-Kremer)

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Le musicien et jougtier Gilles Péquignot en conversation avec Barbara Sosič, directrice de la collection agricole au Musée ethnographique slovène (SEM), parmi les contributeurs majeurs à l’exposition et au catalogue (Photo L. Muney)

Le contingent français de bouviers et de bouvières a largement contribué à l’animation de l’événement : jougtiers, équipementiers, chasse-mouches, toute une panoplie de jougs régionaux et d’innovations. La discussion sur le confort animal, le ferrage, mais surtout sur la maniabilité des jougs ou des colliers, est loin d’être terminé, et le dernier joug du catalogue de l’exposition montre une toute récente expérience avec un jeu combinant le collier à trois points et un nouveau système de réglage. xx

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Le forgeron-ferrier de Lauresham (Photo C. Griffin-Kremer)

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Les divers fers, à bœuf ou à cheval, qu’il fabrique (Photo L. Muney)

Bien entendu, il y a eu naturellement beaucoup de discussions sur le contexte complet qui sous-tend toute utilisation réaliste de la traction bovine : sélection des animaux et promotion des races, conservation des métiers (jougtiers, bourreliers, maréchaux-ferrants), surtout les savoir -faire, ainsi que les conditions diverses encourageant des exploitations plus petites. Les Nord-Américains profitent évidemment du succès massif du modèle Amish et de leurs Horse Progress Days, qui génèrent un marché solide pour les équipementiers, bourreliers et autres. La situation à la fois comparable et différente des pays représente a fourni beaucoup de matière à réflexion, que ce soit en Inde, en Ouganda, aux Pays Bas, en Belgique ou au Luxembourg, en Espagne, en France, au Canada, à Cuba, en Irlande, en Italie ou en Autriche. De même que sur les institutions qui peuvent impulser le mouvement, tels les grands musées représentés – Colonial Williamsburg, Howell Living History Farm, The Henry Ford, Lauresham ou le Hessenpark – qui ont les moyens pour entreprendre des « re-enactments » (reconstitutions) à échelle réelle.

Cette réunion d’acteurs aussi divers est de bon augure pour l’avenir, tout d’abord grâce à la parution des actes, annoncée pour 2025. Côté contacts humains, il y a eu un sentiment de solidarité et un élan renouvelé. Une participante, à la tête de la ferme du Domaine Dahlem à Berlin, a noté un point commun à presque tous : un sentiment de « reconnexion » à la terre par un travail manuel qui oblige à apprécier la teneur, l’humidité, l’ éventuel compactage, la battance de la terre (Astrid Masson). xxx

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Aperçu de la séance consacrée aux traces (ou manque de…) dans l’analyse ostéologique des effets de l’attelage (Photo L. Muney)

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Jim Slining, représentant de Tillers International, xxii sur la création de modèles d’agriculture utilisant la traction animale (Photo L. Muney)

Avec 34 interventions à l’intérieur, le premier jour, et 10 pendant le second –outre les démonstrations commentées en plein-air – le temps est passé vite ! Mais il est possible d’évoquer au moins quelque chose avec un des fils conducteurs. La préoccupation évidente des archéologues était la question d’éventuelles traces d’un travail attelé détectable sur les os des bovins trouvés lors des fouilles. Mais il faut bien noter qu’ils s’intéressent tout autant aux pathologies en général pour comprendre le vivre-ensemble des humains et des bovins. Les intervenants d’honneur ont tous repris ce sujet des relations entre les espèces au sein d’une communauté, surtout celle d’une coexistence.

Les historiens, ethnologues, éthologues et représentants de musées qui ont succédé aux archéologues ont souligné les continuités et les ruptures dans l’évolution de la traction bovine. Il existe un large consensus sur la valeur des films pour préserver les savoir-faire, et nous avons également évoqué l’étrange absence de visibilité de la traction bovine et animale dans le discours académique ou des décideurs. Le rôle des musées de plein air et d’autres sites historiques était de nouveau mis en avant en tant que lieux de transmission de savoirs, tout comme ils peuvent contribuer à la compréhension du patrimoine culturel et à l’amélioration de la vie quotidienne des agriculteurs du monde entier. Dans le contexte du patrimoine, plusieurs intervenants ont évoqué la préservation et la promotion des races bovines locales en tant qu’importants marqueurs d’identité.

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En cohérence avec sa préoccupation du bien-être humain et animal, l’Oxen Clinic Uganda vise l’introduction d’innovations basées sur l’agriculture de conservation, la fabrication locale des outils et l’amélioration du jeu de garrot. xxiii

Enfin, il y avait de nombreuses communications sur de nouvelles visions de l’usage de la terre, de l’application des principes de l’agro-écologie, mais aussi l’importance des bovins dans les traditions religieuses et au niveau des représentations symboliques. , par exemple, en Inde et en Afrique, autant qu’en Nouvelle Angleterre.

Ces préoccupations faisaient écho aux objectifs des représentants du Land de Hesse, exprimés en début de colloque : l’agriculture soutenable, le souci du territoire et son développement à l’avenir. Ils soutiennent la publication des actes du symposium qui sortiront en 2025. Ceux-ci promettent d’être aussi réussis et encore plus volumineux que ceux issus du congrès «  Draft Animals in the Past, Present and Future », également publiés par l’Université de Heidelberg. xxiv

« Et maintenant, que faire ? » : à cette question récurrente soulignons un projet immédiat, puisque Lauresham / Lorsch fonde un centre de recherche et de formation pour la traction bovine qui pourra centraliser les efforts et servir de « hub » de communication entre les acteurs éparpillés autour de la planète. xxv

Cozette Griffin-Kremer

37Les premiers participants arrivés rassemblés autour d’une des vedettes du congrès (Photo L. Muney)

Remerciements aux participants qui ont fourni les photos : Astrid Masson, Lauren Muney et Daniel Viry

Le Groupe de Travail Attelage Bovin allemand propose un rapport très complet (en allemand) et des vidéos avec des points forts des communications, des démonstrations en plein air et des entretiens avec des participants. Un autre curriculum vitae du Dr Devinder K. Sadana pour l’équipe RRAN avec photos est également disponible. Rapport pour l’AIMA (Association Internationale des Musées Agricoles) en anglais .

Pour rappeler le côté imprévisible des rencontres, le jour d’arrivée (7 mars 2024) pour la plupart des participants, coïncidait avec une grève générale des Chemins de Fer Allemands (Deutsche Bahn) et de la Lufthansa, ce qui a empêché une dizaine de participants à venir….

38. Bouviers et symposiums Le village tranquille « médiéval » reconstitué de Lauresham à Kloster Lorsch attend son public et les participants au Symposium le dimanche matin (Photo C. Griffin-Kremer)

Remarques:

 je Tous les liens Internet étaient accessibles au 15 avril 2024

ii Attelages Bovins d’Aujourd’hui

iii Groupe de Travail Attelage Bovin allemand (Arbeitsgruppe Rinderanspannung

iv AIMA

v ALHFAM

vi EXARC

vii Voir Wikipédia sur Kloster Lorch

viii Yoke-Joug-Ayoko, Une histoire culturelle du joug à travers les millénaires , catalogue accompagnant l’exposition spéciale du 10 mars au 28 avril 2024, p.14, voir Mainzer Bücher verschiedenen Inhalts 72 (Codex Laureshamensis), 34v.

ix Visitez le musée du tabac de Lorsch et découvrez l’équipe de bénévoles (NB cliquez sur la fonction « traduire » pour la version anglaise ou française)

X PROMMATA

xi Tapis Schaff Paerd

XII Voir, par exemple, la quête pour trouver des bouviers en Roumanie

 xiii Voir Wikipédia sur les Gris Rhétiques

xiv Das rätische Grauvieh / Albula

 XV GEH (Gesellschaft zur Erhaltung alter und gefährdeter Haustierrassen eV) 

 xvi Voir Wikipédia sur la Vosgienne

xvii Les Gris Rhétiques y sont décrits comme les « allrounders from Switzerland », mais sont élevés aussi dans des pays avoisinants, voir Das rätische Grauvieh / Albula en allemand et en anglais

xviii Voir Wikipédia sur Bovins Glan couenne

xix Voir Wikipédia sur les Fleckvieh

xx Yoke-Joug-Ayoko, Une histoire culturelle du joug à travers les millénaires , pièce 44, p. 74

 xxx Astrid Masson, Rapport pour le Groupe de Travail Allemand https://www.zugrinder.de/de/terminanzeiger/worlddraftcattlesymposium.html

XXII Tillers International , grand spécialiste américain de formation en traction animale, équipements

xxiii Voir plus sur l’Oxen Clinic Uganda

XXIV Les animaux de trait dans le passé, le présent et le futur

xxv Rapport pour le Groupe de Travail AllemandAllemands

Article facebook de Pascal Durand à propos du symposium sur les bovins de travail dans le monde Lorsch (Allemagne) Mars 2024

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Voici la retranscription sur le blog de l’article Facebook de Pascal Durand.
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Petit retour sur le  « World Draft Cattle Symposium 2024 », congrès international sur la traction bovine qui vient de se tenir en Allemagne. Merci beaucoup à  Claus Kropp pour l’organisation et l’invitation!

30 pays représentés, 10 000 ans de domestication des bovins, des traces d’attelage depuis environ 5500 ans…  Actuellement les bovins restent encore les animaux de travail les plus utilisés dans le monde. Vaste sujet, abordé avec une journée en salle, une journée avec des explications et applications pratiques sur le terrain et le dimanche, des démonstrations ouvertes au grand public. L’archéologie était très représentée, sans doute à cause des traces d’attelage datant de 3 500 av. J.-C. ainsi que des financements de l’UNESCO! Nous avons également pu voir divers exemples actuels ou problématiques d’Europe de l’Est, d’Afrique, d’Inde, du Royaume-Uni, des USA…

Bien sûr, l’accent a été mis sur l’intérêt de la traction animale et de la traction bovine face aux problématiques écologiques, climatiques, sociales actuelles. La traction bovine est une partie non négligeable de la réponse aux problématiques énergétiques et agronomiques de l’agriculture mondiale, même si, à l’échelon de nos pays riches, c’est loin d’être une évidence.

Pour mémoire, la surface agricole représente 10% de la surface de la planète, soit 3% de terres arables ainsi que 7% de pâtures et autres cultures pérennes, les animaux étant donc disponibles partout pour travailler!

Ma maitrise de l’anglais ne me permettant pas de faire un compte-rendu détaillé de ce congrès, j’espère que, comme pour le symposium de 2021 (« Draft animals in the past present and future »), un livre sera publié prochainement. Lors de telles conférences, je me dis que je devrais pratiquer quelques mois avec des vaches anglophones pour progresser en anglais et profiter au mieux de ces échanges !

Le samedi, des ateliers pratiques sur l’approche du bovin nous ont encore une fois clairement montré la diversité des manières de faire: finesse, psychologie ou autorité… Merci Anne et Astride! Nous attendons avec impatience la nouvelle édition du livre et surtout l’espérons dans une langue plus accessible pour nous que l’Allemand!

Taille de jougs, forge, liage, principes d’attelage, attelage en paire au collier…, bien intéressant tout cela ! Je regrette un peu que le travail seul aux guides n’ait pas été représenté, c’est pourtant une pratique très répandue dans le monde, en dehors des Occidentaux ! Et c’est sans doute une solution d’avenir pour le travail de précision dans un contexte où le manque de main-d’œuvre agricole est récurent.

Pour ma part, j’ai pu présenter pendant un peu plus d’une trentaine de minutes sur une pelouse «  PrommataPrommata International », la Kassine et ses techniques agro-écologiques associées et ensuite, faire une démonstration avec les disques et la sous-soleuse! C’était vraiment court !!! Quelques photos ou vidéos projetées la veille auraient permis une explication plus claire et plus précise.

Notre démonstration « artisanale » faisait pâle figuré à côté des outils Luxembourgeois qui présentaient mieux mais que nous n’avons pas vu au travail. Les acteurs de la traction bovine française étaient biens représentés. Nous n’avons pas brillé par la maîtrise de l’anglais mais par les activités pratiques : taille de jougs, vire-mouches, menage de bovins, ostéopathie (bien cachée !), musique , outillage et techniques modernes… Merci l’équipe !

Étant repartis tôt le dimanche, une alliance avec la Belgique a permis de continuer les démonstrations de Kassine grâce à Yves : bœuf allemand, pilote de Kassine belge et machine française !

En conclusion, la traction bovine a une histoire énorme, une réalité actuelle évidente mais pour faire face aux nécessités et envies modernes, il faut mélanger tout cela et prendre le meilleur! Pour garder les savoir-faire, il faut que les pratiques et les outils évoluent. Des techniques de dressage douces, des harnachements confortables, des outils modernes constructibles et réparables localement, des techniques agronomiques adaptées… On est sur le chemin mais il reste un long parcours à faire!

Pour plus de photos, allez voir Attelages Bovins d’Aujourd’hui, le Monde des bovins de travail

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Rassemblement autour de la traction bovine, 22, 23 et 24 septembre 2023, Gentioux Pigerolles (23)

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    Quand deux jeunes bouviers de 20 ans et 26 ans décident de créer un nouvel événement autour de la traction bovine, on se dit que le renouveau qu’on sent frémir depuis déjà quelques années est en train de se manifester encore plus concrètement.

    Léonnie Biteau, 26 ans, originaire de Vendée, est issue de l’Académie des Bouviers du Puy du Fou, propriétaire de deux bœufs Highlands dressés et dresseuse de deux bœufs maraîchins pour l’association des darioleurs de Vendée (le dariolage est un chant pour mener les bœufs pendant le travail) .

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    Corentin Huber, 20 ans, originaire d’Alsace, attelle des bovins avec son grand-père André Kammerer depuis qu’il a 12 ans, il a peaufiné le dressage d’une jeune génisse Vosgienne. Une rencontre internationale de bouviers a lieu depuis de années en Alsace articulée autour du savoir-faire de Philippe Kuhlmann de Soultzeren (68). Corentin avait l’idée depuis longtemps d’organiser un rassemblement de bouviers qui serait plus central au niveau géographique ou du moins de le rendre itinérant en France d’année en année pour permettre un accès plus facile à de nouveaux publics qui, jusque-là, ne pouvaient y prendre part pour des raisons d’éloignement géographique. Ainsi, la formule permet de multiplier, d’enrichir et de mettre en complémentarité les différentes approches de la traction bovine avec des utilisateurs diversifiés, et des techniques variées. 

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    Après avoir beaucoup attelé avec son grand-père chez eux ou chez Philippe Kuhlmann pour travailler leurs animaux et apprendre auprès de cet incontournable dresseur, Corentin a rencontré la famille Durand, Joseph (Jo) le père et Pascal le fils. Il a découvert auprès d’eux le travail de précision en maraîchage aux guides, en solo et au collier que pratique au quotidien Pascal Durand sur sa ferme de Gentioux Pigerolles. A la découverte du lieu et d’un savoir-faire différent mais complémentaire de celui jusqu’alors rencontré chez Philippe Kuhlmann, l’organisation du rassemblement qu’il rêvait de mettre en place, lui paraît alors évidente à organiser ici. L’idée fait son chemin et, rejoint dans sa démarche par Léonnie croisée lors de précédentes rencontres de bouviers en Alsace, ils décident en concertation avec la famille Durand de mettre en place un rassemblement de bouviers en Creuse pour l’année 2023 avec l’idée de le rendre à l’avenir, nomade d’une fois sur l’autre.

En préambule au rassemblement, les voyages de Corentin, Léonnie et celui de Mathilde et James Prevost

    Trois voyages réalisés avec les animaux ont été entrepris avant le rassemblement pour rallier à pied Gentioux Pigerolles. Les deux premiers, dans le cadre de l’opération nommée « La corne rose » ont permis de collecter des fonds au bénéfice de la ligue de lutte contre le cancer et le second pour l’association « Trait d’union Limoge» qui aide plus particulièrement les enfants malades du cancer. La collecte conséquente de 8000 euros a été une franche réussite.

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    Corentin et son grand-père André Kammerer sont partis d’Alsace avec leur génisse Modestine et ont fait 750 kilomètres. Léonnie est partie avec les deux bœufs Safran et Bouleau de Lathus-Saint-Remy dans la Vienne et a parcouru 150 kilomètres. Mathilde et James Prevost avec leur fille Calli partis de Saint Maurice la Souterraine avec leur taureau Satanas et Perrine une ânesse, ont fait environ 90 kilomètres.

22, 23 24 Septembre 2023 : un rendez vous réussi

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    Le tour de table du vendredi au début de la rencontre permet à la trentaine de personnes de se présenter. On constate que beaucoup des participants ont en projet, sont en cours d’installation ou déjà installés professionnellement et qu’ils ont tous quelque part l’intention d’utiliser la traction animale et plus particulièrement la traction bovine. Certains ont déjà leurs animaux en cours de dressage et d’autres travaillent déjà depuis plusieurs années.

Les autres sont soit utilisateurs de bovins de travail pour les manifestations ou pour une utilisation personnelle hors activité professionnelle, soit sont intéressés à découvrir cette pratique.

Pendant ces journées, une part des participants n’a pu rester les trois jours, mais on peut dire qu’au moins quarante personnes professionnelles, ou en passe de l’être, ont été présentes sur les deux jours.

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    L’après-midi de samedi, on compte soixante quinze personnes sur l’espace du rassemblement. Les deux journées techniques du vendredi et samedi sont plutôt orientées sur le travail en solo et en guide au collier.

Sont présents sur le site, les animaux dressés de  Pascal Durand (Pattuki, Merise et Tomillo), la génisse Modestine d’André Kammerer menée par Corentin Hubert, Jacaranda la vache Pie noire Bretonne et son veau Unefleur de Luc et Agnès Bernard, Bouleau et Safran la paire de bœufs Maraîchin de l’association des darioleurs de Vendée dressée par Léonnie Biteau, Tilia la génisse de Jo Durand, le taureau Jersiais Satanas de james et Mathilde Prevost ainsi que leur ânesse Perrine.

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    Pascal le maître des lieux, tout au long des deux journées techniques, présente et travaille autour de l’utilisation de la Kassine de Prommata, un outil multifonction et modulable. Un accent tout particulier au sujet de la sécurité pendant le travail avec les animaux est souvent mis en avant.

Il met aussi en évidence les différentes problématiques liées au travail avec un animal, les rythmes, la force de l’animal et l’adaptation des méthodes et de l’outil à celle-ci, les comportements à tenir selon celui de votre bovin… Pascal présente aussi le travail de la terre en suivant les courbes de niveau ainsi que les façons culturales en fonction de l’état du sol, de la météo, de la force de l’animal…

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    Dans l’optique d’expliquer comment ménager les animaux, les bons réglages des outils, du harnachement, en particulier du collier, sont abordés à plusieurs reprises. Il explique l’intérêt de l’utilisation du caveçon et de la problématique de sa fabrication. Vincent Grande, sellier à Glange (87), est venu présenter des modèles prototypes qu’il développe en collaboration avec un ferronnier sous les directives de Pascal.

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    Différents animaux à plusieurs stades de dressage permettent de voir l’évolution et les techniques adaptées pour amener progressivement le bovin au travail que l’on souhaite obtenir de lui. Pascal a pu ainsi présenter Tomillo, un jeune mâle Vosgien déjà bien manipulé. Celui-ci mis aux guides lui permet d’aborder la manière de se comporter et de réagir avec un jeune animal en dressage.

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    On peut voir aussi avec Léonnie Biteau, l’évolution du comportement au travail de la jeune paire de Maraîchins mis au joug double de corne seulement quelques jours avant et menés de derrière aux guides. Ils étaient jusqu’alors au joug double de garrot menés de devant ou de derrière. On voit sur ces trois jours l’évolution et les progrès de la paire sur des petits débardages effectués tout au long du rassemblement. Les meneurs de l’Association des Darioleurs de Vendée utilisent la paire avec le joug de garrot et réalisent quelques débardages.

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    Laurent Martin des Herbiers en Vendée est présent le vendredi. Il vient de créer son entreprise « Deux mains quatre cornes »  et propose de la formation sur l’attelage bovin, des prestations, et de la médiation animale. Pendant sa journée de présence, il mène différents animaux, dont la paire de Maraîchins.

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     Corentin Huber travaille avec Modestine à différentes taches dont le passage du rouleau brise- fougères.

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    Eline Hoefsloot dresseuse de bovins et de chevaux, comportementaliste animal, est sur place le samedi pour présenter sont activité. Elle a aussi apporté un stock de colliers suisse anciens à trois matelassure remis en état. Ils permettent ainsi à certains de pouvoir se fournir directement dans la pièce maîtresse du harnachement.

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    Samedi en fin d’après midi, la plupart des attelages prennent la route en direction du bourg de Gentioux Pigerolles afin d’être prêts pour les animations de dimanche lors de la manifestation grand public organisée avec différentes associations de la commune. Le samedi soir, la soirée est ouverte avec un spectacle de contes après lequel s’enchaîne un bal traditionnel Limousin mené par Alexandra Lacouchie (violon) et Anne Riveau (accordéon diatonique), deux des meilleures musiciennes traditionnelles du Limousin.

    Dimanche, un marché de producteur se déroule sur la place du village enrichi de l’entreprise « Randoline concept » qui propose du matériel de randonnée animale comme des bâts, diapasons ainsi que l’escargoline (petite voiture à traction animale adaptée au transport de personnes à mobilité réduite). On peut aussi manger sur place auprès des différents stands de restauration rapides et locales.

 

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     Votre serviteur présente des jougs de sa fabrication et taille en démonstration un joug neuf. Véronique mon épouse présente la fabrication traditionnelle de vire-mouches en fils torsadés. L’après midi Léonnie et Corentin présentent un petit film sur leurs aventures vagabondes et bovines de « La corne rose » qui a permis d’expliquer les raisons d’entreprendre de telles expériences et de vivre le quotidien de plusieurs dizaines de jours de voyage et de nomades avec des animaux. Une parcelle mise à disposition au bas du bourg permet aux animaux et à leurs bouviers de réaliser pour le grand public des démonstrations de travail. A cette occasion, on croise Philippe Kuhlmann qui, en plein déménagement de sa ferme de l’Alsace vers la Creuse, prend un peu de temps pour venir rencontrer toutes les connaissances du milieu et faire aussi de nouvelles rencontres.

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     Ces trois jours confirment le renouveau et le conséquent intérêt croissant pour la traction bovine et animale en générale. Le nombre de projets évoqués lors des tables rondes ou des discussions ne peut que ravir tous les passeurs de savoir-faire. Cependant, la transmission de l’immatériel ne tient toujours qu’au vivant et le vivant est précaire. Il est nécessaire de travailler tous dans le même sens à multiplier les collaboration entre meneurs et dresseurs expérimentés, ainsi que les occasions de transmissions par des formations et des rencontres. C’est un point capital si l’on veut que ces pratiques millénaires, même si elles sont bien ancrées dans « l’aujourd’hui », restent connues, pratiquées et participent de plus en plus à la vie des territoires, au maintien des races de bovins, des paysans, de l’homme .

    C’est pour cette raison qu’il est très encourageant de voir que ce rassemblement est un vrai laboratoire de rencontres et d’échanges. Les nombreux participants peuvent ici à loisir, s’informer, échanger, se convaincre ou se faire peur, partager, prendre des contacts, apprendre, mener des animaux. Bref ils peuvent se faire une idée, conforter leurs projets et se nourrir de l’énergie de passionnés engagés.

Ils pourront ainsi avancer vers un futur où, plus tard, ils transmettront à leur tour leurs savoir-faire acquis avec l’expérience qui, un jour peut-être, a débuté à Gentioux Pigerolles.

     Un énorme merci à Pascal Durand et à Mélanie sa compagne pour la co-organisation, leur accueil et leur gentillesse.

    Merci à Pascal pour sa pédagogie et sa disponibilité auprès de tous.

    Merci à Jo qui motive toujours beaucoup les jeunes à l’attelage et qui n’est pas avare de conseils.

    Merci à Léonnie et Corentin qui, au regard de la participation importante, ont réussi leur première organisation.

    Merci à tous les participants pour leur présence au rassemblement.

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Appel pour information au sujet d’un collier entièrement en bois

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Elke treitinger nous a communiqué ce mail avec des photos pour un appel au sujet d’un collier entièrement en bois dont on ne connait rien. 

Si quelqu’un a des indices communiquez nous vos connaissances!!!Merci! 

Contact: aba.attelagesbovinsdaujourdhui@gmail.com

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Cher Monsieur,

Je demande l’aide de nos bouviers français au sujet d’un collier sculpté provenant du musée ethnographique de Ljubljana dont voici les photos.

Le musée n’a aucune information à ce sujet ; je demande partout, plus il y a de personnes au courant, plus l’information est intéressante. Si vous avez déjà vu ce genre de choses ou si vous en avez déjà fait l’expérience, n’hésitez pas à nous le faire savoir !

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Le collier est entièrement sculpté en bois, jusque dans les moindres détails ; seules les attaches pour les cordes de traction sont en fer. Il est nettement plus petit que les tailles de colliers habituelles ; c’est pourquoi nous supposons qu’il a été sculpté pour des ânes (mulets ?), en raison de l’angle supérieur horizontal du collier.

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L’angle inférieur du collier est ouvert et présente des fentes de chaque côté dans lesquelles étaient insérés soit deux bâtons, soit un arc en bois. Les trous sont bien visibles dans l’espace vide en haut et ils seraient protégés dans les fentes

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Il n’y a pas non plus d’indication sur son âge, si ce n’est qu’il faisait déjà partie de la collection du musée avant que celui-ci ne soit construit.

Quelqu’un s’est donné beaucoup de mal et nous espérons ainsi trouver des indices…

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Bien à vous et reconnaissant pour vos efforts

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Terry Klein, Réguisheim (68)

chantier débardage

Ça commence peut-être par le spectacle sublime d’une fine nappe de brouillard d’un matin d’automne flottant au dessus du sol, puis glissant dans le creux du sillon fraîchement tracé, contrastant avec le vrombissement assourdissant qui accompagne le panache de fumée anthracite du tracteur sur lequel mon cul est vissé .

En tout cas quand je reprends la très petite exploitation familiale, elle se compose de 7 ha de céréales cultivées avec des vieilles machines et tracteurs et l’aide de voisins, ainsi que 3 ha de prairie pour les fourrages des moutons en autoconsommation, et de la jument de type comtois que j’avais déjà adjointe dans une recherche d’autonomie énergétique et alimentaire, quelques poules mais plus de lapins, le clapier étant trop petit.

avant-train+petite remorque

Mais mon inexpérience en matière d’animaux au travail et mon habitude de me débrouiller à ma façon n’ont pas eu les meilleurs résultats puisqu’on a fait un peu de transport et de fanage. Deux sécheresses successives m’ont conduit à m’en séparer en tant que cheval de loisirs, puisqu’on pouvait l’atteler et monter.

L’expérience de mettre des cabas sur les sièges avant et arrière d’une poussette double tractée par la chienne pour ramener des récoltes de la parcelle des anciens jardins située près du petit canal et récemment défrichée, a sûrement participé à l’arrivée d’Éclair l’âne, animal réputé pour sa sobriété alimentaire , et d’un porte-outils polyvalent pour le maraîchage (Kassine).

travail du sol

Toutefois le résultat de certains travaux comme l’arrachage des pommes de terre ainsi que le rythme général du travail fatigant en sol lourd, comme monter les buttes, [(pour pdt, haricots, etc. )] ou même biner les « simples » rangs de betterave fourragère par exemple, n’étaient pas vraiment satisfaisants .

montage de buttes

Crise de la quarantaine (ou pas) , crise sanitaire (ou pas), est arrivé le bœuf Mignon .

Mignon et moi apprenant avec Phillipe

De caractère plus « stoïque », peut-être rapport à l’évolution des espèces, que les équidés et leur oreilles dressées qui prennent la fuite sur leurs longs membres, les bovins vont plutôt s’arrêter et baisser la tête, cornes en avant, l’air de dire « T’es sûr ? « . Ce sont les plus beaux !

le + beau

La puissance et la sérénité qu’il dégage des sabots à la pointe des cornes en font un compagnon idéal pour les travaux à la ferme .

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Cherchant à s’inspirer de savoirs ancestraux, la complémentarité du règne végétal et animal, les uns respirant même ce que les autres expirent, devient très intéressante dans un type de permaculture incluant l’herbivore. Ces derniers, à fortiori les ruminants, concentrent à moindre coût énergétique « l’énergie » de vastes surfaces en herbe sous la forme du fumier, servant à enrichir la petite surface dédiée à une production végétale destinée à l’autoconsommation en utilisant la traction animale (l’attraction animale).

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Cette paire atypique (Âne / Bœuf) est aussi très efficace pour attelés en ligne, Éclair n’y entendant pas autrement, à l’avant-train « maison », une remorque de voiture derrière : avant-train très pratique pour accrocher remorques ou machines (faucheuse , faneuse/andaineuse etc.)

la tête dans le cul

butteuse à disque

Actuellement on a construit un enclos fermé et des cages mobiles pour les lapins, on fabrique un bât pour Éclair l’âne et on va remettre en route une ancienne petite batteuse fixe récupérée dans un département voisin en vue de la récolte des blés anciens semés l’automne passé .

Bien qu’il paraisse plus simple et infiniment plus rapide d’user de la puissance des moteurs pour, par exemple, faire la tournée de remplissage des abreuvoirs, tout cela est faisable avec un attelage bovin aujourd’hui. Et bien plus encore. Et durablement.

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Traction animale, Agnès et Luc Bernard, article du Maine Libre du 8 Décembre 2022, Courgenard (72)

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Serge Capmas, Gavaudun (47)

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Serge Capmas nous livre un petit texte sur son expérience avec les bovins de trait. Merci à lui.

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On peut dire que depuis tout petit je suis un fanatique des bovins et du matériel agricole ancien.

J’ai commencé à dresser une paire de génisses blondes d’Aquitaine il y a une quinzaine d’années, j’étais en activité, je n’ai pas consacré assez de temps pour elles.

Le temps passe, la retraite arrive et le rêve se réalise : en 2018, je trouve Moris bœuf Vosgien, 8 ans et dressé.

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Avec lui, je travaille la terre, il mène la jardinière pour déplacer les clôtures mobiles, promenades etc … C‘est un ange.

En novembre 2018, j’ai participé à la formation des bouviers à l’écomusée en Alsace avec Philippe Kuhlmann (qui avait dressé Moris à l’époque, comme quoi le monde est petit).

J’ai participé au rassemblement des bouviers sur le même site en 2019, une rencontre très enrichissante et conviviale, dont je remercie les organisateurs.

Je suis souvent sollicité pour participer à des animations: comice agricole, journée agribio 47, journée de l’élevage départementale et fêtes locales.

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Moris a tourné un film en l’honneur des 200 ans de ROSA BONHEUR, la première peintre animalière (Sabot n° 108).

Eté 2021, j’ai fait l’acquisition de deux génisses Vosgiennes Plume et Fleur, en gestation et débourrées.

Printemps 2022, elles ont mis bas (mâle et femelle Téléna). Téléna est en apprentissage.

Je dresse mes génisses en espérant qu’elles travaillent aussi bien que Moris.

Vous pouvez aussi lire un article du facebook de la chambre d’agriculture du Lot et Garonne en cliquant ici

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Reportage télévision sur Agnès et Luc Bernard, Attelages de bovins Pie Noire Bretons, Courgenard (72)

Travailler avec une vache ! article de Pascal Durand, GENTIOUX PIGEROLLES (23)

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Travailler avec une vache !

La vache, animal de travail des petites fermes françaises, a encore sa place mais, peut-être, avec des pratiques légèrement différentes de ce qui est connu.

En quelques mots, voici mon avis et mes pratiques.

L’accès au foncier est de plus en plus compliqué, rentabiliser du matériel motorisé sur de petites structures est également difficile, même avoir la nourriture pour de puissants animaux de travail peut être compromis. La vache nous donne du lait, de la viande, les légumes qu’elle permet de cultiver, sans compter son aide pour les transports comme le bois ou le fumier. Je précise que son intérêt ne réside pas seulement dans son utilité, il peut s’agir également d’affinités pour ceux qui ne se sentent pas à l’aise avec des chevaux. Plus placides que des chevaux, les bovins peuvent être plus rassurants.

En quelques décennies de nombreuses choses ont changé:

– Les tracteurs de nos grands-pères ne sont pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui, le matériel de traction animale actuel n’est pas forcément le même que celui du 19e siècle, le climat est déréglé et moins prévisible…

Pour s’adapter, certaines techniques agronomiques changent et donc certains outils doivent évoluer. Il en est de même pour les harnachements comme pour les manières de travailler avec les bovins, et il est possible d’intégrer des accessoires et formes connus ailleurs mais moins pratiqués sous nos contrées.

– Le travail avec les animaux dont les bovins, ne fait plus partie de notre environnement quotidien depuis l’enfance, maintenant il s’agit d’une réappropriation des raisons et des savoir-faire. Il y a beaucoup de choses à apprendre, à découvrir, à pratiquer, mais cela laisse également la possibilité de l’envisager sous un nouvel angle, (notamment sur la relation avec les animaux), il ne s’agit plus d’une connaissance et d’ une habitude indiscutable qui se transmettent, mais d’ une recherche parfois mûrement réfléchie.

– Il y a de moins en moins de monde dans les campagnes, on doit travailler seul avec nos animaux, même pour des travaux de précision. Il n’y a plus le vieux ou le gamin pour donner la main. Le guidage et le dressage doivent donc être faits en conséquence.

– Sur les petites fermes, les animaux ne travaillent pas tous les jours car les activités sont très variées entre la production, la transformation, la vente… qui sont souvent les clefs de la survie des petites structures.

– Les travaux lourds, souvent peu rentables en traction animale peuvent, si nous le souhaitons, être réalisés par des tracteurs présents dans notre environnement proche.

– Il reste donc pour la traction animale et plus particulièrement pour les petites structures travaillant avec une vache ou un bœuf, principalement du travail de précision ou du travail en conditions difficiles. Celui-ci est difficilement rentable à la main et trop coûteux en matériel motorisé spécialisé.

En résumé, on a plus besoin de bovins bien dressés et précis que de puissance, ce qui est grandement amélioré par le travail avec un seul animal. Je rajouterai également qu’aujourd’hui nous sommes nombreux à porter haut les questions de bien-être animal et à ne pas souhaiter de relations brutales ou violentes au quotidien. Les animaux qui nous aident dans notre travail, même s’ils sont forcément sous la contrainte ( ils ne voient pas toujours l’intérêt de cultiver des patates ou de sortir du bois), l’acceptent beaucoup mieux quand il y a une contrepartie affective et de l’attention.

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Traditionnellement, en France, les bovins sont en général attelés avec un joug double, principalement pour les raisons suivantes:

  • Le joug, simple ou double, a un coût relativement réduit, surtout pour certains modèles (pas les plus confortables!) qu’on peut réaliser soi-même.
  • Les animaux au joug ne nécessitent pas d’autres harnais (comme l’avaloire) car le joug permet de freiner les attelages roulants.
  • Le joug double étant également un outil de contention, on peut travailler même avec des animaux partiellement dressés ( ou au moins un des deux).
  • Les animaux restant en paire avec un de leurs congénères, il n’y a pas besoin de les habituer à être en confiance et serein seul avec nous.
  • Le travail en paire au joug peut commencer dès que les animaux connaissent deux ordres: marche et arrêt. Pour tourner, on en arrête un et on fait avancer l’autre.

Le joug, après plusieurs millénaires d’utilisation, s’est affiné et a pris des caractéristiques locales différentes en fonction des animaux ou de la géographie, mais il reste basé sur le même principe, un bois reliant la tête (ou le garrot dans d’autres pays) de deux bovins.

Comme je le précisait plus haut, les harnachements ont évolué et le véritable changement est survenu récemment avec l’arrivé du collier, il y a seulement quelques décennies.

Dans les années 30, à la demande d’Hitler, exigeant un meilleur traitement des bovins au travail, des scientifiques ont élaborés un collier pour bovins qui améliore leur conditions de travail, leur confort au travail et qui également augmente leurs capacités de travail. Il est simple et économique à réaliser et peut relativement facilement passer d’un animal à un autre. C’est le collier 3 points, parfois appelé collier Suisse. En Allemagne, Hitler ayant interdit l’usage du joug, le collier 3 points l’avait remplacé pour le travail en paire comme en solo.

Les bovins, qui ont eu l’opportunité de travailler avec le joug et avec le collier, affirment clairement leur préférence. Un bœuf me disait (en espagnol) qu’il tirait plus facilement la kassine et 5 dents de vibroculteur avec un collier, que la même kassine et 4 dents de vibroculteur harnaché avec un joug simple. La FAO confirme les propos du bœuf !

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Pour les raisons citées ci-dessus, j’ai choisi de travailler avec une vache harnachée avec un collier et menée de derrière aux guides, et avec un caveçon. Voici quelques-unes des pistes qui fonctionnent pour moi afin de le faire dans de bonnes conditions :

  • Si on veut travailler avec un seul animal, celui-ci doit être serein et en confiance avec nous comme au milieu du troupeau. Il doit se sentir en sécurité avec nous. Pour ma part, pour y arriver, généralement après le sevrage, je le mets seul, au piquet, à proximité de la maison. Il se désensibilise, et à ce moment-là, il fait plus partie de la famille que du troupeau. Après un an, il rejoint le troupeau, il s’y sent bien, mais n’a pas peur de le quitter pour venir nous voir à la maison…

 

  • Les bovins suivent très facilement une ligne, suivre une raie de labour ou un passage de roues sur un chemin ne demande pas énormément de pratique mais, si nous voulons plus de précision le caveçon (ou le licol) et les guides sont indispensables. Ainsi, ils peuvent désherber avec précision les lignes de carottes et celles d’oignons, précision qui n’est pas nécessaire pour des lignes de choux ou  de pomme de terre. En effet ce dernier type d’implantation culturale n’engage qu’une routine à suivre les rangs et d’en sortir pour prendre le suivant sans grandes interactions de précisions tout au long du rang contrairement à d’autres cultures qui nécessitent de réajuster précisément la trajectoire via les guides et le caveçon.

 

  • Les bovins nous suivent facilement. Dans les étapes de dressage il faut au plus tôt leur apprendre à passer devant si nous souhaitons guider de derrière. Je fais généralement cela la première année, dans l’ordre suivant : 
        • Les habituer à être attachés.
        • Aller se promener en les tenant au licol ou au caveçon en leur enseignant les ordres de base. Toujours donner avec la voix les ordres qu’on donne avec les gestes. L’idéal est de le faire tant qu’on est assez fort pour le contenir, entre le sevrage et les 6 mois c’est le plus facile mais on peut, avec plus de force, le faire plus tard.
        • Quand l’animal marche correctement au licol, passer au plus vite à ses côtés, au niveau de son épaule (pour marcher de front). Cette étape est courte et à partir de ce moment on peut mettre la longe en guides pour commencer à l’habituer au guidage sur le licol ou caveçon.
        • Quand cela fonctionne, passer en arrière de son épaule pour qu’il soit devant, et nous derrière. Pendant toutes les étapes précédentes le rassurer en lui parlant et en mettant la main sur son dos juste en arrière de l’épaule.
        • A partir de ce stade, il est possible de passer juste derrière lui avec les guides. Les guides passant bien sur ses flancs, l’animal se rassure en sentant le contact. Quand il marche aux guides, on a tout intérêt à aller se promener dans les chemins, les bois, faire du tout-terrain…pour le désensibiliser mais également pour ancrer les ordres en travaillant : les arrêts, demi-tours, changements de direction…Les séances ne doivent pas être trop longues et s’adapter à sa maturité intellectuelle. Il ne restera plus qu’à réviser les ordres et à apprendre les différents travaux et l’effort le moment venu. Ne pas sous estimer les séances de promenade avec les animaux jeunes, ça les prépare bien pour la suite mais c’est également un très bon apprentissage pour rentrer en contact avec l’animal, le connaître, apprendre à anticiper, s’habituer au guidage…aussi important pour le jeune meneur que pour le jeune bovin.

 

La sécurité !

Pour la sécurité du bovin comme pour celle du meneur ou de son entourage, ne jamais oublier que l’ordre de base qui doit être intégré avant d’atteler est l’arrêt, le STOP !

Pour cela le caveçon est un très bon outil pour la sécurité, il n’est pas là pour violenter. Même avec un animal gentil et confiant, je l’utilise, car en dressage comme au travail on doit pouvoir faire face à tout imprévu.

En dressage comme pour le travail, j’utilise une sorte de surfaix avec des passants pour les guides. Le surfaix permet d’avoir un point de levier pour les guides en arrière des épaules, ce qui est très important pour les animaux qui font demi-tour sur place, sous les guides. C’est très pratique pour ne pas perdre le contact, surtout avec des jeunes animaux encore vifs.

 

L’apprentissage se fait par étapes et plus on commence jeune, moins on a besoin de batailles et de conflits, mais également moins on aura besoin de force.

Avant un an, les séances d’apprentissage ne doivent pas excéder 15 ou 20 minutes, et plus ils grandissent, plus leur maturité intellectuelle leur permet de faire des séances longues.

Souvent, ne pouvant les travailler régulièrement, il est préférable et plus efficace de les faire travailler tous les jours pendant 1 semaine ou 2 (même s’ils restent plusieurs semaines sans travailler) que de faire une séance tous les 8 ou 15 jours.

Un animal adulte qui travaille très peu verra de moins en moins l’intérêt de travailler et, il faudra aller au conflit pour remettre en place un travail serein et de qualité . Une période de reprise sera donc nécessaire pour retrouver l’attention au travail en plus de la condition physique. Pour ces raison, il est important d’avoir différents travaux à réaliser au long de l’année mais forcément également une gamme d’outils suffisamment variés ou suffisamment polyvalents pour pouvoir travailler régulièrement.

Voilà quelques infos sur ma manière de travailler et quelques raisons de mes choix.

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A vendre jeune bœuf pour l’attelage, Courgenard (72)

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À vendre bœuf Breton Pie Noir 2 ans. Bien manipulé, sorti en public. Travail léger au collier. Caractère très calme.

Contact Luc au 06 09 16 29 10

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