En Alsace, à Soultzeren, Philippe Kuhlmann, éleveur de bovins de la race vosgienne, est l’un des bouviers et dresseurs de bovins, les plus reconnus de France.
On le voit ici, débarder du bois à la chaîne et au traîneau.
En Alsace, à Soultzeren, Philippe Kuhlmann, éleveur de bovins de la race vosgienne, est l’un des bouviers et dresseurs de bovins, les plus reconnus de France.
On le voit ici, débarder du bois à la chaîne et au traîneau.

Nous attelons des vaches depuis 2005. Après Vérité et Valentie, Annabelle et Azalée, nous avions commencé de dresser une paire de boeuf en 2008.
Après un début de mise en confiance et une mise au joug, l’un des deux est devenu très craintif à l’égard de Michel Nioulou malgré un travail doux et mesuré. Il n’était donc pas possible de continuer le dressage.

Un des premiers liages de la première paire de boeufs dans la stabulation de l’exploitation


A la même période, une paire de jumeaux mâles naît sur l’exploitation. Laurent décide alors de les préparer dès leur plus jeune âge pour pouvoir les lier à terme.
Nous décidons de les nommer Papillon et Froment.
Froment dès le début, est le plus calme et le plus doux.
Dès leurs deux ans, il sont mis au joug de temps en temps et rapidement mis au timon du tombereau.
Tout se passe bien dans les petits chemins autour de l’exploitation et dans les prés.

Froment et Papillon au départ de vendenesse pour la Garaudaine à Charolles
Mais rapidement, il apparaît que Papillon est craintif devant l’imprévu et sur les obstacles. Sans être à première vue dangereux, il reste constamment « sur l’oeil », alors que Froment est d’une placidité à toute épreuve.

Froment et Papillon pendant le dressage



Froment et Papillon après un retour depuis vendenesse à La ferme de la Garaudaine


Froment et Papillon aux journées portes ouvertes de la cave du père Tienne chez Agnès et Eric Panay à Sologny (71) pendant la phase de mise en contact du public.
En 2011 après quelques sorties en ville et dans des environnements avec du public (portes ouvertes à la cave du père Tienne), Papillon se comporte avec crainte. Nous décidons donc d’arrêter de l’atteler vu notre présence fréquente dans la foule.
Nous travaillons donc actuellement avec Froment lié à Azallée. Cette paire, à priori dépareillée, ne manque pourtant pas d’intérêt. Ces deux animaux pour le moment d’une taille semblable sont très calmes, agréables, dociles et proches de nous.

Papillon à gauche sur la photo et Azalée au tombereau à Charolles en Octobre 2011


Froment et Azalée ont été filmé à la fin d’une scéance de travail au tombereau.
Nous devions, pour réaliser le transport du vin du domaine des vignes du Maynes jusqu’à Cluny le 13 juin 2010 (voir article du blog en cliquant ici), passer un gué sur la rivière Grosne.
Nos vaches n’avaient encore jamais passé de rivière en étant liées. Pour les préparer à cela, nous avons, quelques temps avant, emmené Annabelle et Azalée passer un gué près de Charolles.
Nous les avons déjà fait passer à la corde sans difficulté. Ensuite nous les avons liées et le passage dans l’eau n’a présenté aucun problème.
Nous vous présentons un petit montage du moment, accompagné de la musique du groupe « Rêves de mai » (03 85 34 16 04).

Nous avons participé à Charolles à la journée consacrée à la sensibilisation et à la récolte de fonds pour la recherche contre la mucoviscidose.
Nous avons, en collaboration avec nos amis des « Gas du Tsarollais », le groupe folklorique de Charolles, défilé dans la ville de Charolles avec un char chargé de grumes attelé aux deux paires de vaches, en nous rendant sur le site de la rencontre, au lycée agricole.






Le cortège était plutôt sonore et voyant ce qui a permis de sensibiliser le public à la cause et de faire une publicité pour la manifestation contre la mucoviscidose sur le site du lycée.

Une fois arrivés, nous avons fait des démonstrations de chargements et de déchargements de grumes à la roule avec les vaches.
Voici une vidéo de l’arrivée au lycée en fin de matinée.
Les méthodes traditionnelles de chargement des grumes de bois sont nombreuses:
Il nous arrive de réaliser des chargements à la roule.




Le principe est simple.
On utilise un char de débardage dont les quatre roues sont plus fortes et plus basses que celles d’un char classique.
On dispose deux rondins solides sur chacune des roues d’un côté du char afin de faire une rampe de chargement.
Si les troncs ne sont pas trop lourds, on fixe à chaque roue du côté des rondins, les extrémités d’une seule chaîne (ou corde). Celle-ci est étalée au sol afin de pouvoir placer la grume dessus en l’approchant avec les vaches à la chaîne.
Ensuite la corde est rabattue sur le côté opposé.
On attelle une paire de bovins à l’extrémité de la corde ou de la chaîne afin de pouvoir hisser le tronc qui va prendre appui sur les rondins et monter sur ceux-ci en coulissant à l’intérieur de la boucle formée par la corde.
Chargement avec Annabelle et Azalée
Si les troncs sont gros et lourds on utilise le même principe de traction mais avec une chaîne à chaque roue et une paire de bovins à chaque extrémité.
Au fur et à mesure du chargement, les points d’ancrages de la corde ou des chaînes sont changés afin de pouvoir hisser les dernières grumes au sommet du char.
Au chargement, du fait de la forme irrégulière des bois, il faut compenser l’avancement irrégulier du tronc sur les rondins en dirigeant l’attelage du côté opposé au côté de la grume qui monte le moins vite.
Pour le déchargement des grumes de tailles raisonnables nous pratiquons l’opération inverse en ajoutant simplement des cales entre la grume et les traverses avant et arrière du char afin de faciliter le roulement jusqu’à la roue.
déchargement avec Annabelle et Azalée

Au cours des chargements de grumes, quelle que soit la méthode employée, le matériel subit de fortes contraintes et souffre énormément.
Il faut arrêter de tirer dès que la grume est sur le char sinon, on lève, et au pire, on verse le char.
Le char que nous utilisons vient de la commune de Varennes sous Dun et a été refait par nos soins (aiguille ferrée, bras de mécanique, coulisse de train avant).




Notre expérience en la matière est bien modeste, mais elle permet cependant de montrer au public le chargement de lourdes grumes sans grues ni fourches de tracteurs.
Le dressage de la première paire a débuté pendant l’été 2005. Le problème majeur était qu’il n’y avait pas d’autres animaux déjà dressés. Autrefois le dressage était réalisé en utilisant les paires rendues au travail. Les jeunes bêtes suivaient ou étaient encadrées par les paires plus anciennes. Il a donc fallu s’y prendre différemment. La méthode douce de familiarisation et de dressage progressif a été choisi. Laurent a trié parmi son troupeau deux génisses qui présentaient un caractère docile et un gabarit semblable. Le travail s’est d’abord axé sur la familiarisation à l’homme, une levée des craintes des animaux.
Manipulations douces, brossage, caresses, accoutumance à la voix, mise en confiance sont des éléments déterminants pour avoir des animaux à l’écoute. Le début du dressage s’est fait à la corde en apprenant aux animaux à suivre l’homme, à s’arrêter, à savoir attendre en restant calme. Lors de cette phase chaque bête est travaillée seule puis rapidement les animaux sont mis en paire sans joug.
Parallèlement, pour les habituer à porter le joug sur la tête, on place à chacune, en dehors des séances de travail, un demi joug de dressage.
Lorsque les animaux en paire non encore liés au joug, ont acquis la faculté de suivre, s’arrêter et rester calmes, on passe à la phase de travail identique à la précédente mais en les liant à la tête par le joug. Elles sont alors solidaires ce qui peut provoquer au tout début un passage de panique, car, se sentant prises à la tête, elle peuvent chercher à résister voire à fuir. Mais en général, les bovins s’habituent rapidement. Le problème ne s’est jamais trop posé pour Vérité et Valentie.
Dès lors, le travail évolue rapidement vers une conduite sans corde, avec comme unique contact avec les bêtes, la voix et l’extrémité de l’aiguillon en bois de houx pour appuyer les ordres vocaux qui sont petit à petit intégrés par les animaux. C’est une confiance mutuelle entre les bovins et leur meneur qui permet la réussite du dressage. Dès que les animaux sont habitués à se déplacer et à manoeuvrer liés, on peut commencer la traction.
On procède par paliers en traînant à la chaîne un pneu, une palette pour que les bêtes s’habituent à avoir derrière elles un objet qui les suit et fait du bruit. Ensuite la mise au timon peut être un petit moment de stress. L’apprentissage du recul est plus compliqué car contre nature pour un animal.

Tout au long du dressage, l’important travail de désensibilisation est à réaliser pour que les vaches soient préparées à affronter toutes sortes d’événements surprenants (Bruits divers, musique, motos, petit moteurs, ballons, chiens, parapluies ……) Ce travail est essentiel si l’on veut utiliser les animaux en toutes circonstances. Cela dit, un animal reste un animal et la prudence doit rester de mise à chaque instant. Pour la seconde paire, Annabelle et Azalée ont été dressées attelées derrière la première paire après les avoir accoutumées au joug en liberté et encadrées progressivement à deux meneurs.
Dans un premier temps, les animaux sont moins proches de l’homme. Le dressage est fait avec moins de contacts. Une fois les bêtes habituées à suivre la paire de devant, et la reprise en main à deux encadrants, les phases de mise en confiance par rapport aux meneurs et à l’environnement restent les mêmes. Ce travail de dressage sur les deux paires a été mené avec passion et sans prétention aucune. La rencontre avec les anciens qui ont travaillé avec des bovins attelés est toujours fort enrichissante. Ils font souvent part de leur expérience et de leur savoir faire; savoir les écouter est essentiel.
Chacun apprend chaque jour un peu plus, homme et bête.