Nous, les éleveurs de bœufs de trait, représentons une petite minorité, certes, mais en pleine croissance, au sein du petit groupe d’utilisateurs d’animaux de trait en Europe.Le Groupe de travail sur les bovins de trait existe depuis une trentaine d’années.Nous sommes une association informelle de personnes qui pratiquent cette technique d’élevage ou qui s’y intéressent.La plupart d’entre nous viennent d’Allemagne, mais certains sont originaires d’Autriche, de Suisse ou de France.Chaque année, une rencontre de deux jours a lieu un week-end de février dans une ferme possédant des vaches, des bœufs ou des taureaux de trait.
Cette année, les 14 et 15 février, Mirko Zimmermann et son mari David ont accueilli près de 40 personnes à Hüttenberg Reiskirchen, près de Wetzlar, malgré une forte opposition !Quelques semaines avant la rencontre, le district de Lahn-Dill avait été déclaré zone de restriction pour la fièvre catarrhale ovine (type 8), ce qui a nécessité des négociations avec les services vétérinaires et de nombreuses démarches administratives.L’ironie du sort est que le test d’aptitude au trait devait initialement avoir lieu en novembre 2025 au tout nouveau Centre de recherche et de formation sur les bovins de trait, et y avait déjà été reporté pour la même raison.De plus, il a plu pendant des jours avant l’événement, rendant le terrain impraticable ;des conditions peu favorables pour une manifestation en plein air.Enfin, la propriétaire a annulé sa réservation à la dernière minute, alors qu’un dîner et des présentations étaient prévus.Ces deux événements se sont donc déroulés spontanément dans la grange des Zimmermann, qui ont également fourni le repas et les boissons.Malgré tous ces imprévus et des problèmes de santé, les Zimmermann ont réussi à accueillir la réunion.
Traditionnellement, les animaux des hôtes sont attelés les deux jours, et parfois des équipes invitées participent également.Le samedi soir, après un repas convivial, les participants présentent des photos, des courts métrages, des rapports ou des exposés sur leurs activités liées aux bovins de trait. Des conférences spécialisées sont parfois données par des intervenants extérieurs.L’essentiel est d’échanger sur le sujet, et de nombreuses amitiés se sont nouées lors de ces rencontres !
Ce qui a rendu la rencontre de cette année si particulière, c’est l’organisation simultanée d’un test d’aptitude aux bovins de trait !Nous le devons non seulement à Mirko et David sur place, mais surtout à Claus Kropp, directeur du laboratoire de plein air de Lauresham.En novembre 2024, il y a organisé le premier test d’aptitude depuis près de 80 ans.Ce faisant, il a donné un élan important à la petite mais notable tendance à redécouvrir cette technique culturelle autrefois essentielle et aujourd’hui presque oubliée.L’objectif est de pérenniser cet événement.
Un grand merci aux Zimmermann pour l’organisation de cette rencontre !
Le test d’aptitude ne peut être comparé aux compétitions de traction en Espagne ou aux États-Unis, où le but est de tirer la charge la plus lourde possible sur un traîneau sur une distance donnée, le plus rapidement possible.Il ne peut pas non plus être comparé aux compétitions américaines, qui impliquent diverses épreuves techniques dans des conditions et à des vitesses spécifiques.
Notre test d’aptitude n’a pas pour but de désigner des gagnants ou des perdants.Il s’agit plutôt d’une présentation conviviale et collégiale des aptitudes des bovins de trait, qu’ils soient débutants ou confirmés, et de leurs bergers.Il offre la possibilité de se comparer aux autres, ce qui encourage les participants à s’entraîner avant et pendant le test, et à maintenir leur niveau de performance après celui-ci.De plus, vous recevrez un document pour l’animal dressé, attestant de sa qualification, notamment lors de sa vente.
Comme les cinq bovins participants avaient moins de deux ans, l’accent n’était pas encore mis sur la force de traction, mais principalement sur leur aptitude au dressage et à l’apprentissage. L’objectif était de tester les compétences de base pour un travail ultérieur en forêt ou dans les champs, lors de défilés ou en zoothérapie : démarrer, s’arrêter et rester immobile de manière fiable, tourner à droite et à gauche, et faire quelques pas en arrière.Le parcours comportait 5 ateliers :
1. Un parcours de slalom composé de 5 cônes, avec départ et arrivée.
2. Une porte à ouvrir, franchir et refermer.
3. Une barre de 20 cm de haut à enjamber.
4. Un « L » formé de barres à franchir dans un ordre précis, combiné à une
simulation de cages à chiens (barres surélevées) dans laquelle l’animal devait être conduit et rester brièvement immobile.
5. Un point d’attache pour la mise en place et le retrait du harnais.
6. Une rencontre avec un gros tracteur en mouvement, klaxonnant, durant laquelle l’animal devait rester sous contrôle.
Les épreuves exigeaient que l’animal suive les instructions avec assurance et soit dirigé dans toutes les directions, qu’il s’arrête et reste immobile calmement, qu’il « manœuvre » et « se gare », et qu’il soit harnaché de manière détendue.
Aucune consigne n’était donnée quant à la manière dont les animaux devaient être menés : en licol, à l’aide de rênes, ou selon la méthode nord-américaine sans bride, par la voix, le langage corporel et le fouet.L’essentiel était la maîtrise des situations quotidiennes.
Les trois juges étaient la vétérinaire Elke Treitinger, qui a également effectué les contrôles sanitaires des bovins, Jörg Bremond, cofondateur de Zugrinder AG, et Anne Wiltafsky, experte en comportement et dressage bovins, qui a supervisé l’épreuve.Tous trois possèdent ou ont possédé des attelages de bovins.
Le style d’évaluation d’Anne Wiltafsky a clairement mis en évidence l’essentiel : les points positifs résidaient avant tout dans la qualité de la relation homme-animal, le respect du bien-être et de la sécurité des animaux, ainsi que dans l’interaction harmonieuse, fondée sur la confiance et le respect mutuels.
En résumé : les cinq animaux ont réussi l’épreuve.Cependant, les différences d’approche – tant chez les animaux que chez les humains – face aux différents obstacles étaient intéressantes :
Lisa Marie, une génisse Red Highland d’un an et demi, regrettait visiblement l’absence de son compagnon, resté à la maison avec lequel elle travaille habituellement.Malgré ses hennissements et sa nervosité manifeste, elle a suivi l’expérimenté Karl Wilhelm Becker, qui l’a guidée avec expertise à travers tous les obstacles.Claus Kropp a réalisé le parcours avec deux génisses Original Brown d’un an, très détendues, les encourageant de sa voix et de ses caresses.Doc et Marty l’ont suivi avec confiance, attendant les caresses après chaque épreuve.Markus Wintrich a également guidé deux génisses Vosgiennes d’un an et demi, bien développées, à travers les obstacles l’une après l’autre.Il a eu l’ambition et la patience de guider Onni et Biscuit sur le parcours sans corde, du moins dans certaines sections, en utilisant uniquement sa voix, son langage corporel et des signaux de fouet, ce qu’il a très bien fait.
Pour nous, spectateurs, l’observation fut riche d’enseignements et alimenta de nombreuses discussions. Le lendemain matin, et de nouveau ensuite, certains jeunes animaux furent attelés à des chariots légers.
Après un dîner concocté par Mirko et David, trois autres participants ont pris la parole.Julia Blumenthal a relaté son voyage en Ouganda avec Anne Wiltafsky : grâce à ses contacts avec Tillers International, puis lors du Symposium mondial sur les bovins de trait à Lauresham, Anne avait rencontré Boniface Okumu, responsable de l’« Oxenclinic » en Ouganda.Elle avait organisé un atelier sur les animaux de trait et s’était rendue avec Julia dans le nord du pays, près de Gulu.Julia nous a montré des photos de son voyage, illustrant son travail avec le bétail et la population locale.Le court-métrage sur la fabrication artisanale de jougs américains, réalisés uniquement à la machette et à une vitesse fulgurante, était particulièrement impressionnant.
Il y a de nombreuses années, Tillers International (https://tillersinternational.org) a fondé l’Oxenclinic avec Boniface.L’arrêt des financements pour la coopération internationale aux États-Unis a rendu encore plus difficile pour les populations de cette région, après la guerre, d’obtenir un soutien pour une agriculture plus performante et l’autosuffisance, ainsi que pour reconstituer les savoir-faire perdus dans ce domaine.
Claus Kropp a ensuite présenté une série de photos de son travail avec son propre bétail, les animaux du musée et ceux qu’il avait dressés. Parmi ces derniers figuraient principalement des races menacées : Allgäu Original Braunvieh, Hinterwälder, Ansbach Triesdorfer et Rätisches Grauvieh. Il propose d’ailleurs des stages de conduite de bovins de trait à Lauresham (https://kloster-lorsch.de/freilichtlabor/zentrum-fuer-zugrinderforschung-und-ausbildung/).
Anne a raconté plus tard comment elle s’était liée d’amitié avec deux mères célibataires vivant près de l’Oxenclinic. Depuis, elle les soutient : grâce à ses propres économies et à des dons, huit hectares de terrain ont été acquis et un réseau de mères célibataires a été créé sur place grâce à des dons. Ainsi, elles peuvent d’abord s’accorder des prêts entre elles, puis entre elles. Cela leur permet de subvenir à leurs besoins et de s’entraider. Des soins médicaux réguliers ont été organisés et de nouveaux dons ont permis d’assurer la scolarisation des enfants, y compris les repas et le déparasitage pour les prochains mois. Parmi les autres projets à l’étude figurent la construction d’un puits, éventuellement d’un réservoir d’eau de pluie pour l’irrigation pendant la saison sèche, et la garantie du paiement des frais de scolarité à long terme. Ces acquisitions de terres privées pour les agriculteurs sont particulièrement importantes en période d’accaparement des terres (en Ouganda, principalement par la Chine et l’Inde) afin de permettre aux populations locales d’être autosuffisantes – une situation similaire à celle de l’Allemagne, où il devient également de plus en plus difficile pour les agriculteurs et ceux qui souhaitent le devenir d’acquérir des terres, car la terre est une ressource limitée et fait l’objet d’une spéculation croissante de la part de personnes non agricultrices.
La préparation du rassemblement des meneurs de bovin :
Les premiers jours en Creuse sont fort en apprentissage. On découvre le débardage, l’éducation des bovins, la vie en autonomie, et plein d’autres choses dans un cadre magnifique. On continue les préparatifs pour le rassemblement avec les petits travaux quotidiens.
Le temps est toujours aussi beau et aussi chaud. Les boeufs ont pour lieu de repos 18 hectares de zone humide, de bruyère et plein de fougères. J’ai du mettre une cloche à Safran pour les retrouver. Le premier jour, j’ai du faire le tour avant que se soit eu qui me retrouve.
Le pré des garçons
On va boire à la rivière
Objectif nettoyage du matériel de modestine a la riviere
La nature est partout
Découverte du débardage et aussi la rencontre avec Édith
On visite les vaches de Jo avec Édith
Se soir (15 septembre), il y a eu une échappée de boeufs. On les a retrouvé à plus de deux kilomètres de leur grand pré. Sans le berger qui nous a prévenu, on aurait pu chercher longtemps. Cette ballade du soir m’a quand même permis de découvrir de très beaux paysages.
Conclusion : 6km à pied pour retrouver et ramener les deux chenapan.
On passe dans les bois
On profite du paysage en les cherchant
Ils ont tenu compagnie a des moutons en nous attendant
Un nouvel article réalisé sur la fin de notre voyage. N’hésitez pas a venir au rassemblement même pour un coucou ou pour les deux / trois jours.
On continue à apprendre le métier pour le débardage aux longues rênes.
J’avance doucement. Boulot a compris le principe mais il a aussi son mauvais caractère. Les ordres a la voix commence à être bien acquis. Pour Safran, on n’a pas de matériel adapté pour travailler dans de bonne conditions.
Boulot doit attendre a sa place pour harnaché
Qui a dit que les cornes était inutile ?
Bouleau commence a sortir du bois intéressant
On en profite pour découvrir le lieu du rassemblement
J’ai demander a Jo de l’aide pour les mettre au joug. Les maraichins connaissent très bien le joug de garrot mais ils ne connaissent pas le joug avec une immobilisation plus importantes. Voici une vidéo après 5 minutes de mise au joug et la première fois avec cette configuration de guide. Pour continuer dans la nouveauté, c’est une personne qu’ils ne connaissent pas qui les guides.
Un moment extraordinaire
Le rassemblement des meneurs de bovins :
Premier journée au rassemblement des bouviers sous un temps mitigé. Ce matin, Safran et Bouleau sont les premiers à montrer le travail qu’ils font. Le programme, débardage aux longues rênes. Une première pour eux de tirer des petits bois. Ils ont impressionné tout le monde par leur comportement exemplaire et le travail qu’ils fournissent.
Accueil des participants
Les maraichins sont les premiers a faire de la démonstration au joug avec des guides.
C’est Jo et Audrey qui les préparent. C’est une paire qui va être mener avec des personnes différents. Tout cela fait partie de leur éducation.
Zoom sur Safran et Bouleau avec le joug alsacien
On continue sur l’après midi par observer les autres bovins. On découvre le travail en maraîchage. Plus tard, je ressors Bouleau au collier pour observer tout le monde. Pauline Rnwn en a profité pour nous faire une démonstration sur l’ostéopathie. Après, je remet les garçons au joug et fais un dernier tour avec eux. J’en profite pour laisser des personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de manipuler des bovins de s’essayer à l’exercice. Pour le soir, on fait un grand feu (grillades et chamallow grillé) avant d’être chassé par la pluie pour aller nous coucher.
J’ai appris à l’heure du repas une triste nouvelle. Véro, une personne bénévole avec moi dans une association et qui avait toujours une plaisanterie à faire et un soutien, nous a quitté. Elle s’est battu pendant plus d’un an avec un cancer. La marche que j’ai faite prend tout sont sens. La cagnotte ne servira peut-être pas pour les personnes d’aujourd’hui mais pour celle de demain.
La cagnotte pour La Ligue contre le cancer est toujours ouverte et le liens est toujours en haute de la page. On est à 60€ de dépasser la barre des 8000€!
Encore merci pour vos soutiens sur la page, avec les partages, les j’aimes, les encouragements… Ensemble, on peut apporter un peu d’espoir, un petit moment de bonheur à toutes les personnes qui en ont le besoin.
Le coin du repas
Présentation du travail d’Agnes et Luc avec leurs animaux
Vache bretonne pie noir
Quelques explications ostéopathe avec Pauline
En attendant, Bouleau a décider de se coucher avec le joug. C’est plus impressionnant qu’il n’y parait.
Préparation du feu pour le soir
Deuxième journée avec les bouviers. On a vu encore beaucoup de chose et une superbe ambiance. Les bovins ont été irréprochable avec de nouveaux exercices et entouré de monde. Pour les repas, grillades au coin du feu. Bena Animal Training est venu avec des colliers de toute taille qui a fait le bonheur de beaucoup de personnes.
La marche vers Gentioux-Pigerolles fut très agréable.
Le soir, tout le monde a pu profiter des contes et du bal traditionnel qui a ravie beaucoup de personnes.
Stand d’Eline qui c’est fait dévalisé en quelques minutes
Moment au coin du feu
Grillade
Moment de présentation en groupe
Jo, Michel et Audrey apprennent a une genisse de monter dans un van etroit
Mission réussi
Grand marche a pied pour aller dans le bourg
Tous les attelages nous accompagne
Corentin et modestine
Chacun avance a sont rythme
Une visite imprevue
On arrive dans le bourg
Transport modestine
On profite du bar en attendant que la soiré commence
On a peut etre jamais vu autend de monde
La famille Kemmerer
Repas du soir
Camion Foodtruck
Un bon repas chaud
Le temps d’une histoire
Le conteur du soir
Bal trad
Les musiciennes
Une veillé au coin du feu
Pour ce dernier jour du rassemblement des bouviers, on a eu le petit déjeuner aux coins du feu avec Pauline Ernewein. Puis, on c’est dirigé vers la zone de travail des bovins. Les petits boeufs sont restés avec les autres darioleurs pendant que Pascal et Merise ont fait des démonstrations.
Il fait froid le matin (-5°C)
Le midi, j’ai mangé sur le marché un délicieux kébab et une crêpe. Peut de temps après, avec Corentin, on a passé un rapide diapo sur nos aventures, à la suite c’est André qui nous a présenté les hippossandals de Modestine et enfin Randoline pour son escargoline.
Travail du sol avec Pascal et Merise
Le célèbre monument au mort de Gentioux-Pigerolle
Michel Nioulou et les jougs
Une fois terminé, je suis retournée au terrain voir les animaux. La journée fut magnifique. Je n’ai pas eu assez de temps pour échanger avec tout le monde.
Le soir arrive, il est temps. Les dernières animaux partent. C’est le tour de Safran et Bouleau. Ils retournent en Vendée après 5 semaines de voyage. Une nouvelle page se tourne. Et une expérience extraordinaire a tout point de vu. Je n’aurai jamais assez de mot pour tout décrire.
Mais pour l’instant, je reste un peu plus longtemps sur place pour le rangement.
Mes aventures ne vont peux être pas en rester là. Je vais surement intervenir pour l’octobre rose au Lathus Saint Remy. Il y aura des nouvelles informations au fil du temps.
Merci encore pour votre soutien, partage et écoute. Merci à La Ligue contre le cancer pour avoir relayé la cagnotte de la corne rose. Le combat continue et la cagnotte aussi.
En 2023, j’ai 26 ans, je suis de Vendée et je m’apprête a faire 160km avec mes deux compagnons de route Safran et Bouleau. Ce sont des boeufs de race maraichine de deux ans.
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Idée est parti d’un ami Corentin Huber (les 10 pattes sur Instagram). Notre but est de voyager à pied avec des bovins pour ce rendre à Gentioux-Pigerolles.
Pendant ce voyage, nous réalisons une cagnotte pour une cause qui nous tient à cœur « la ligue contre le cancer » (https://collecter.ligue-cancer.net/teams/la-corne-rose). On a dépassé les 2800€ ! Merci, pour tout ceux qui ont participé et qui nous aide au quotidien pour réaliser ce rêve.
Nous terminerons cette aventure autour des bovins sur un weekend pour partager savoir, expérience, rencontre… Tout le monde est bienvenu, n’hésitez pas à vous inscrire pour le vendredi et le samedi
La corne rose – plus qu’un simple projet
Itinéraire de la marche.
Le rassemblement des meneurs de bovins
Les boeufs appartiennent a l’association des darioleurs que j’ai dressés et éduqué avec l’aide de Jaques et Serges de l’association.
Les « Darioleurs » de Vendée est une association qui a pour but de faire des démonstrations, et spectacle avec les boeufs. Le mot « darioler » signifie que une personne chante pour donner des indications de travail aux boeufs.
J’ai rejoint leur association pour apprendre de nouvelles choses. Par la suite et pour prendre la relève de Rosier et Lilas (les boeufs Normand), je me suis proposée avec d’autres personnes de dresser une nouvelle paire. Un nouveau défi pour moi. C’est comme ça que sont arrivés les deux boeufs maraichins Safran et Bouleau du Langon.
Peut de temps après ça, Corentin me parle de son projet de marcher avec Modestine. Je veux aussi participer a cette aventure d’une manière ou d’une autre. Les deux petits me viennent tout de suite en tête. Ils sont faciles, pas farouche, en bonne santé et possiblement disponible.
Après quelques discussions, c’est validé. Et les voilà devenu aujourd’hui des boeufs voyageurs.
Merci au darioleurs sans qui tout ça n’aurait pas commencé. A tout le groupe ainsi qu’au président Michel Turpaud. Merci à Jaques, Serge et Laurent de m’avoir supporter pendant des heures et soutenue dans ce projet sans oublier toute l’association et tout ceux que je n’ai pas nommé.
Photo de groupe
Michel Turpault avec la paire de boeuf normand (Rosier et Lilas)
Léonnie avec les boeufs normands
Les darioleurs dans une manifestations
Préparation:
Avant de ce lancer dans l’aventure, il faut s’entraîner. Entre ballade et une semaine de teste, les occasions sont nombreuses.
On prépare Bouleau pour porter le bat
Safran en ballade avec le bat.
Entrainement avec un passage dans une rivière
Découverte de la tente
Notre semaine de teste et d’entrainement :
Au mois d’avril, j’ai fait un teste grandeur nature pour notre voyage. Pendant une semaine avec deux jours de pauses on a parcouru 50 km.
Au départ, on a voyagé léger puis pour les plus grandes distances on a mis le bât. Je redecouvrais les paysages et les lieux. Le temps fut compliqué au départ avec de l’orage et de la pluie. Finalement, pour les jours les plus importants, il a fait très beau. Les garçons ont été irréprochable et toujours plus de bêtises. On as pu tester le matériel.
J’ai pu noter les dernières modifications et penser maintenant au plus grand voyage.
Première nuit hors du pré (chez moi) à plusieurs kilomètres sans le bat.
Même avec la distraction de copine ont continue la route
Safran est équipé du bat, avec l’intégralité des sac et la tente.
On marche tranquillement vers leur nouvelle maison a l’association des darioleurs
Bouleau a trouver un bon matelas d’herbe pour faire une pause
Bouleau (gauche) et Safran (droite)
On etait a 90 jours du depart !
Première nuit pour moi avec les bœufs n’ont loin dans un pré.
Photo souvenir dans le jardin
Felicie m’a accompagné pendant cette semaine de marche.
On gravite autour de notre lieux de repos pour découvir les chemins au alentour sans le bat
Ration du soir
Vue depuis la tente
Pour la première fois, Bouleau passe devant nous.
Un banc surprenant à Ecoute s’il pleut
Petite photo devant la mairie avant d’arriver a notre destination final
Decouverte du distributeur a pizza et pause repas
Un repas chaud
Je ne suis pas la seul a casser la croute
Entrainement au suivit pour Bouleau et au guide pour Safran.
Entrainement au suivit pour Bouleau et au guide pour Safran.
Arriver dans leur nouvelle maison
Rencontre avec l’association et les boeufs normand
Je continue a les voirs régulièrement pour continuer le dressage et les préparer pour le voyage.
Séance pour les ordres a la voix avec Bouleau.
Carnet de bord :
18 aout 2023
Le grand départ est dans trois jours
Demain, on prend la route pour notre lieu de départ près de Montmorillon.
Safran avec le bat
Apprentissage pendant la ballade a faire une pause.
Le bat utiliser pour le voyage. Bat de l’armée suisse.
Petit retour en arriere avec une photo en Août 2022 puis Octobre de la même année et enfin de la semaine dernière. Que du chemin de parcouru.
Photo prise peut de temps après leur arriver de l’élevage
Safran et Bouleau au joug de garrot quelques mois apres leur arriver.
Savran et Bouleau au spectacle de Beauchêne, une semaine avant le depart.
19 aout 2023
Transport des petits pour rejoindre le lieu de départ au Lathus Saint Rémy
Safran et Bouleau dans le van, pres pour le depart.
En route vers notre lieu de départ.
22 aout 2023
Premier journée de faite. Départ, au petit matin dans la fraîcheur. Nous somme arrivé au grand étang pour nous désaltérer et se reposer avec cette chaleur.
Le point de départ de la grande aventure
Safran ouvre la voie
Petite pause pour bouleau qui porte le bat aujourd’hui
Pause rafraichissant par cette chaleur accablante
Première nuit
22 aout 2023
Le réveil fut magnifique se matin. Après l’eau bien fraîche nous voilà repartis pour une nouvelle journée.
Lever de soleil magnifique
On boit avant de reprendre la marche.
Il a fait encore chaud aujourd’hui, cela fatigue toute la petite équipe. Sinon, tout de passe bien. On recherche toujours de l’eau. Nous avons été très bien accueilli pour le repos de l’après midi. Encore Merci a toutes les personnes qui m’aide pour mon voyage qui se soit les habitants ou mes parents
Se soir premier nuit a la belle étoile et demain on va se rapprocher un peu plus de Dinsac.
Découverte du patrimoine français
En route !
La campagne française
Pause en attendant de trouver le bon pré pour dormir.
C’est le repas du soir pour se préparer a la journée du lendemain
Moment repos au coucher de soleil
Diapo pour resumer les deux premiers jours
23 aout 2023
Après une première nuit à la belle étoile, nous reprenons la route. Même à 7h, la chaleur commence à devenir pesante. 5km plus tard, on pose nos bagages chez Dominique. Le programme de l’après-midi : sieste.
Coucher du soleil la veille au soir.
Répartition de la charge pour soulagé la fatigue des premiers jours
Arrêt discussion
Pres pour la sieste !
24 aout 2023
Dans se projet, je ne suis pas la seule a être partie sur les routes de France. Voici Corentin, André et Modestine (une génisses) qui se sont lancés d’Alsace en juillet avec 750km a parcourir.
Pour suivre leur période allez sur Instagram (Les 10 pattes).
Pour notre 4eme jour de marche, nous sommes allés à Magnac-Laval. Après une nuit orageuse, on prend la route. Arrivée à 10h sur la place, on a été accueilli par Mr le Maire et des habitants. De superbes échanges autour des animaux et du voyage. J’ai été encore une fois superbement bien accueilli. Le soir, on a pu faire du tourismes en passant au Magn’accueil, puis devant l’église et enfin le vieux collège. Je remercie encore une fois les personnes qui m’ont hébergé et offert les repas.
Mâtiné pluvieuse
Pause petit déjeuner
Pause rencontre et accueil a Magnac Laval
Pause rencontre et accueil a Magnac Laval sur la place du village
Visite touristique à Magn’accueil
Visite touristique à Magnac Laval.
Visite touristique à Magnac Laval.
25 aout 2023
Pour notre 5 eme jour de marche, nous avons marché plus de 12km. On commence à rattraper notre retard sur les premiers jours de canicule.
Le matin, je commence à maîtriser le chargement du bat. On a longé sur 200m un route très fréquenté. Rien n’a fait peur à Safran ou à Bouleau, que ce soit vélo, voiture, caravane, tracteur ou même camion. Pour le repas du midi, nous nous sommes arrêtés dans un petit bois à côté d’un étang au frais. L’après midi, on a croisé des personnes qui m’ont donné beaucoup d’encouragement, des noms de village qui redonne un sourire pour enfin arriver sur place.
Bouleau et Safran profite du paysage
Moment détente a midi
Un peu d’humour dans la solitude de la marche
Un bouleau artiste !
On avance doucement mais surement
Photo de groupe de passage.
On profite de l’eau pour faire une petite pause.
On est arrivé pour poser les affaires
Moment détente du soir avec Safran
Safran photogénique
25 aout 2023
6 eme jour de marche.
Nous partons de Bicheuil vers 8h. Les paysages sont magnifiques. Direction Chateauponsac, la traversée relève parfois du défi. Les plus grosses peur de Safran sont les poubelles, boîtes aux lettres ou encore des fenêtres qui s’ouvrent à côté. Pour Bouleau, se sont les bouches d’égouts…
Nous avons croisé beaucoup de personnes sur la route. Notre histoire et notre cause (ligue contre le cancer) ont touché énorment de monde et apporté beaucoup de soutiens.
Après une petite interview et séance photo pour le bulletin municipal de Chateauponsac, on est allé se reposer au pied de la Gartempe. Bouleau a joué au mort et Safran c’est transformé en pot de colle.
Viens enfin le temps de repartir. Je suis passé par un panorama magnifique, une pierre à l’histoire spéciale et des chemins coupés du monde. J’ai encore la chance d’être accueilli se soir.
Merci a tout le monde pour cette journée
Paysage du matin
Safran et Bouleau qui porte le bat
Un reflet dans le miroir
On nous a pris en photo
Photo souvenir à Chateauponsac
Pont romain
Pause du midi
Safran regarde la rivière
Safran a préférer se coucher a côté de moi.
Boulot commence a montrer des signes de fatigue en faisant une tres grosse sieste
Bouleau KO
Vu magnifique sur Chateauponsac
Vu magnifique sur Chateauponsac 2
Le grignotage, c’est la vie.
On continue la visite touristique
De nombreux cairn le long du chemin
Arriver pour notre arrêt du jour
26 aout 2023
Pour notre 7eme jour, nous avons pris des petits chemins. Après une bonne partie de la journée sous la pluie, le temps est devenu meilleur qu’a partir de 15h.
Les paysages se sont transformés sous nos yeux.
Dans ma quête quotidienne de trouver où dormir pour le soir, j’ai eu l’aide de la mairie de Bessines ainsi que des habitants. Puis, j’ai été contactée par la Commune de Bessines-sur-Gartempe pour m’interoger sur mon aventure et de la cause que mettons en valeur.
Après tout cela, il était temps de poser les bagages.
J’ai eu a peine le temps de tout sortir que j’ai eu de la visite. Gaelle qui travaille avec la première personne (Phillipe de la ferme les bruyères) qui m’a accueilli pour mon départ, habite a quelques kilomètres. On a profité de se moment, pour prendre quelques photos, faire boire les boeufs chez le voisin et partager un apéro.
Ce fut une journée encore bien remplie.
Safran et la bache pour proteger les affaire de la pluie.
Changement de paysage
On a trouver un lieu pour la pause du midi
Mode broutage et avec la pluie qui s’annonce
On reprend la route avec Safran (et le chasse mouche confectionné par Vero Nioulou)
Vous l’avez peut-être croisée sur la commune et les alentours… Léonnie est en route avec ses deux amis Bouleau et Safran, deux jeunes boeufs de race Maraîchine, en direction de Gentioux en Creuse, pour un grand rassemblement de bouviers, où elle retrouvera son ami Corentin qui lui aussi a mené la vache Modestine à travers la France. A eux deux, ils profitent de ce voyage pour sensibiliser et récolter des fonds pour la lutte contre le cancer.
Partis le 21 août au départ de Lathus St Rémy, Léonnie et ses deux boeufs parcourent environ 7 à 8 km chaque jour et sont hébergés grâce au bouche à oreille.
Après avoir fait boire les boeufs, et la visite de Gaelle c’est l’heure de partir.
Les chemins sont de plus en plus vallonné. Au bout de quelques kilomètres, on avance sur une portion de route dangereuse. Mickaël et Gaelle m’escortent pour la traversée de l’autoroute.
Puis une pause repas s’impose. C’est le grand luxe, chaise, boisson, repas chaud, dessert, tout y est avec Gaelle.
Il est temps de repartir. Safran et Bouleau ont eu des difficultés a passé les chemins caillouteux. Ils ont montré des signes d’inconfort. On traverse une partie de la forêt puis on se rend à Lavedrenne pour le soir. Les garçons étaient contents, un petit retour dans le marais avec des galopades et des sauts. Enfin, j’ai monté la tente avec mes aides de camps.
Nos voisines jersiaise nous accompagnent pour notre départ du jour.
Chemin etroit
Des beaux paysages
Pause déjeuner pour Safran et Bouleau
Pause déjeuner préparer par Gaelle
On reprend la route dans une zone naturelle
Safran ouvre la marche
On est dejà arriver pour le soir
Portrait de Safran
Un maraichin dans un marais
Des boeufs passepartout
27 aout 2023
9eme jour de marche.
Je suis partie un peu plus tard que d’habitude. Les garçons attendent autour de la tente avant le départ. Après deux kilomètres, c’est déjà la pause du midi à St Léger la Montagne. Et ça porte bien son nom. Après un superbe accueil et un lieu de repos, c’est déjà l’heure de partir. On continue de grimper. Et c’est parti pour planter la tente au village de Mallety après cette journée de marche.
On trouve beaucoup de maison abandonné
On ne se lasse pas des paysages
On a trouver un nouveau compagnon de route
Pause de midi pour recharger les batteries
Photo souvenir à Saint Leger la Montagne.
On a fait un petit détour
28 aout 2023
Pour notre 10eme jours de voyage, repos dans le magnifique village de Mallety avec la famille Bayle. Des supers moments et des très belles rencontres. Merci a vous deux pour votre accueil.
Un repos bien mérité
Toujours plus de sieste
Je profite de l’occasion pour faire une lessive.
Bouleau est tres curieux et surtout si il y a manger dans les environs
Toujours plus proche.
Il ne faudrait pas beaucoup plus pour qu’ils rentrent avec moi dans la tente.
Pause de Safran
Photo souvenir a 3
Photo souvenir a 3 (2)
La famille Bayle
Selfie à Mallety
29 aout 2023
11eme jour, c’est reparti après un bon repos. On est descendu au prochain village de la Jonchère sous la brume et la pluie.
Après être resté un peu dans le bourg pour commander a mangé (burger), j’ai fait la rencontre d’un autres commerçants qui a apporté son soutien pour ce voyage (le boudin aux châtaignes un délice).
En repartant nous croisons deux groupes d’enfants, Safran et Bouleau ont été irréprochable. Plus qu’à pique-niquer auprès du stade.
Il est temps de repartir, on cherche un lieu pour le soir. Je finis par trouver, comme toujours on est super bien accueilli
Pour le soir, un repas chaud, des contacts pour les prochains arrêts et un lit.
On a dépassé les 5000€ de cagnotte. Merci pour votre participation à son succès que se soit en dons, partage, visibilité, un petit j’aime,… Tout est important
Encore Merci
On descend de la montagne
Bouleau ferme la marche
Paysage toujours aussi beau
La pluie s’invite
On continue les photos souvenir
Une interview qui a eu lieu cette journée là
Humour noir
Passage de groupe scolaire
Cadeaux que les personne m’ont offert (tomate, crêpes et la spécialité de la boucherie). J’ai profiter de l’occasion pour acheter un burger dans le seul snack de du voyage.
Passage d’un pont pour Bouleau
Pré du soir pour les garçons.
30 aout 2023
12eme jour. Après avoir été chercher les boeufs au prés et de découvrir que Safran avait une limace sur la tête c’est reparti , enfin, presque… Beaucoup de personnes sont venus nous voir le matin sur la route, pour posé des questions, faire quelques photos, nous soutenir,… ce fut avec plaisir.
Peu après ça, il était déjà l’heure de faire une pause à midi. Bouleau en a profité pour se cacher dans les fougères.
Deux heures plus tard, nous revoilà sur la route direction Chantegros. Toujours plus de monté ou de descente qui n’aurait pas la même saveur sans un bon suivie et des bon conseils ( Merci Gil Kmill ).
Après, nous avons été accueilli le soir par la ferme de « l’escargot des herbes folles ». Une très belle découverte pour moi et une grande première a manger des escargots. Il y a toujours plus de rencontres aussi enrichissantes a chaque étape. Le soir nous fûmes très surpris de voir quasiment tout le village venir à nous et de découvrir se voyage. Il est déjà temps d’aller se reposer pour repartir le lendemain.
Lever du matin
Passager clandestin
Pres au départ
Face a la nature
Bouleau et les fougère
Bouleau se fait attendre
On commence a rechanger de paysages
Toujours le meme retardataire
La ferme a escargot
On pose nos bagages
Toujours plus d’escargot
Nourrissage des escargots
Photo bonus
1 septembre 2023
13eme jour de voyage.
Le départ du matin attire encore beaucoup de monde du village à L’Escargot des Herbes Folles . Le temps de prendre les dernieres photos, il se fait déjà tard. Quelques kilomètres plus tard, on se retrouve devant la frontière entre la Haute Vienne et la Creuse. Et voilà une nouvelle étape de franchie. Puis, après tout ça une petite pause pour faire sécher les vêtements. L’après-midi fut rude. Des grosses chaleurs encore et toujours plus de monté. Le soir on a enfin pu se reposer chez Karine. Les boeufs ont profité de la vu et du jardin.
La ferme d’escargot
Bouleau ferme toujours la marche
On arrive en Creuse
On travers un nouveau village
Pause séchage
On continue a voir des lieux remarquables
Je commence a me rendre compte du chemin parcouru
On recherche l’ombre pour nos pauses. La chaleur est écrasante
On commence a voir les forets de resineux
Se soir, c’est dans un jardin que les garçon sont loger
Ils profite de la fraicheur
Coucher de soleil
2 Septembre 2023
Après un départ matinal sous le regard d’une grenouille, on continue la traversée de la Creuse. Nous empruntons le chemin des gaulois. Parcours assez chaotique mais qui a révélé une belle surprise. Au détour d’un chemin vers 12h, on tombe sur l’endroit parfait pour échapper à la chaleur avec de l’herbe et de l’eau pour les boeufs.
16h il faut déjà reprendre la route. L’étape du soir est toute proche. Encore un très belle accueil avec Antoine et Hélène et de beaux échanges.
Copine du matin
Paysage verdoyant
On voit de moins en moins de construction humaine
Paysage
Chemin des gaulois
Bouleau a été impressionnant dans la gestion du bat et du chemin même s’il a le don de se frotté a chaque obstacle
Pose du midi a coté de la seul source d’eau que l’on croisera de la journée
On se rapproche de notre étape du soir
Arriver pour le soir
3 septembre 2023
15eme jour.
Un départ avec nos hôtes pour nous mettre sur le bon chemin. On passe à Montboucher en croisant quelques personnes puis on traverse une grande route avant d’arriver à un moulin. Un dernier au revoir et nous voilà repartis tous les trois. Dans l’après-midi, je croise plusieurs personnes qui me disent que je suis attendu au prochain village. Effectivement, quand je suis arrivé j’ai été accueilli avec de l’eau pour les boeufs et une bouteille de jus de pomme (offerte par une cliente anonyme) à La Ferme de Fontloup Tixier . Une dernière photo de groupe et c’est parti pour le repos du soir à Bouzogles. Sur le chemin on redécouvre l’histoire de France avec les mémorials. Il est déjà temps de se reposer.
On dit au revoir a nos hotes qui nous avais accompagner sur les premiers km.
Moulin et étang
C’est partie
Bouleau ouvre la marche
Sur les traces de l’histoire de France
Bouteille offerte par une personne anonyme
Pause devant le magasin de la ferme
On fait une photo devant le magasin
Quand des bœufs croisent une moissonneuse batteuse
On arrive pour notre arrêt du soir
Bouleau est le chouchou des dames
On continue a voir défilé des paysage
4 septembre 2023
16eme jour de voyage.
Pour notre départ, on nous accompagne pour traverser les champs et nous montrer les bons chemins. J’en découvre un peu plus sur l’histoire du lieu avant que mon guide reparte.
On a passer une bonne partie de la journée à monter dans la forêt. Pour la pause de midi, nous avons atteint le sommet sous le soleil et la chaleur.
Il n’y a plus qu’à tout redescendre maintenant. On a croisé des randonneurs à cheval qui viennent des Deux-Sèvres à quelques kilomètres de chez moi.
Puis je pars à la recherche d’un endroit pour ce soir. J’ai bien des contacts mais qui n’ont rien donner. Je fini pars tomber sur une petite zone non clôturer qui convient à tout le monde entre les champs. C’est le moment de poser les bagages.
Un dernier bisou baveux de la part des boules de poils et il est temps de se coucher.
A la traverser des champs
On arrive dans de la forêt
La sylviculture
On profite d’un point d’eau
On continue la route
Je profite des paysage
Pause du midi a l’ombre
Toujours plus de paysage
Une église perdu au milieu de la campagne
Bivouac du soir
Coucher de soleil
Safran et la curiosité
5 septembre 2023
17eme jour de voyage.
J’ai eu du mal a m’endormir cette nuit. Il y avait un beau clair de lune et boeufs ont décidé de casser la croûte à 2h du matin. Le soleil est vite arrivé par la suite, il est temps de repartir.
Les premiers chemin fut les pires qui soit pour les garçons. Très caillouteux avec de la pente. Après ça, on se retrouve en forêt, Bouleau nous a même ouvert la voie dans les ronces. Sortie de là, on a pu se reapprovisionner en eau et faire boire tout le monde.
Pour le midi, on trouve un petit coin sympa. Safran a écrasé malencontreusement sur toutes les tomates que j’avais reçu de la veille. Mes batteries externes sont presque toute vide. Je décide de le laisser le panneau solaire ouvert sur le dos de Safran pour le reste de la journée.
Je prends le chemin de la cascade de Jarraud. Sur la route je trouve un ruisseau ou tout le monde veux boire. On retraverse une nouvelle forêt. La température est agréable et on retrouve un tombereau abandonné au détour d’un chemin.
Je ne trouve pas non plus aujourd’hui une personne près a nous accueillir. Le point de chute de se soir sera la cascade. Endroit désert au départ, il fut vite rempli de voiture. Puis, j’ai fait la rencontre de personnes venant pique-niquer pour le soir autour d’un pizza et assez impressionné par mon aventure. Par la suite, j’ai fait la rencontre de Jérémy et Floriane. Deux voyageurs et leur deux chow-chow, qui débute leurs vacances et qui se sont arrêtés pour la nuit au même endroit que moi. C’est agréable de partager ce que l’on a avec d’autres personnes un lieu, du temps, des souvenirs, un repas,… La fin est proche de notre voyage. Il me reste moins de 25km à parcourir.
Chemin en pierre
Bouleau nous ouvre la voie dans les ronciers
On sort de la forêt
Un moment de plaisir
Retour a la civilisation
Safran et Bouleau se sont cachés
De nouveau paysage
Boeuf tout en 1
On a trouver un cours d’eau
On retourne dans la foret
Tombereau abandonné
Notre lieux de repos du soir
Je décide de laisser les garçons en liberté sans clôture pour le deuxième soir d’affilié.
6 septembre 2023
18 eme journée de voyage.
Après quelques photos souvenirs, une dernière discussion, la découverte d’un étrange champignon, de boire une dernière fois à la rivière et de récupérer une batterie pleine, il est déjà 11h.
La chaleur est déjà écrasente sur la route. Aujourd’hui, on ne fait que monté.
Vers 13h on trouve un petit endroit qui pourrait correspondre pour nous reposer. Peu de temps après c’est déjà reparti. On cherche encore un lieu pour se soir.
Les paysages change tellement en s’y peux de temps. Je croise une dame qui a la gentillesse de remplir mes gourdes malgré un rendez-vous et qui a entendu mes difficultés a me trouver un endroit pour le soir.
Peu de temps après sur la route. Une personne s’arrête et me propose de dormir dans le prochain petit village. C’était inespéré, il est déjà 16h30 et les garçons sont épuisés. On s’arrête un peu plus tôt que prévu mais c’est parfait.
Notre lieu de bivouac
On se prépare pour le depart
Nos voisins campeurs d’un soir
On boit une dernière fois avant le depart
Champignon particulier
Safran
On commence a sentir la fin du voyage
Les paysages changent toujours
Je profite de la vue pour faire des photos avec Bouleau et le materiel
Notre lieu pour le soir
Apres avoir enlever le bat a Safran, il a décidé de reste a coté. J’ai eu le temps immortalisé se moment de complicité entre nous deux.
C’est mieux d’etre a coté des affaires que de brouté
Un repos bien mérité
7 septembre
Le réveil d’aujourd’hui fut réalisé par les boeufs. Ils sont venu près du matelas avant d’aller se coucher au pied des affaires. Avant de partir, on nous invite à prendre le café.
Et c’est reparti, Safran et Bouleau marche de mieux en mieux. On trouve une petite zone parfaite pour le midi. Après avoir mangé, les garçons ont décidé de venir me voir et de rester là quelques temps avant de repartir ruminer.
Le soleil continue ça course et nous aussi. Pour le dessert on trouve sur le chemin plein de petits fruits, un régal pour les boeufs. On cherche l’ombre sur la route.
Dans un petit village, on tombe sur un vieux lavoir. Bouleau ne résiste pas à aller boire. Safran, lui a trouvé la fontaine du village plus loin.
Quelques kilomètres plus tard, il est temps de s’arrêter à Vassivière À Cheval pour la nuit.
Pour le dernier soir, je suis rejointe par Corentin (il a fait plus de 750km avec une vache et son grand père depuis l’Alsace jusqu’à Gentioux-Pigerolles). On échange sur nos voyages avec les bovins, les derniers préparatifs pour le rassembler des bouviers, la collecte de don pour La Ligue contre le cancer,…
Un reveil avec les 4 pattes
Safran attend a coté des affaires
Un café avant de prendre la route
On profite des plaisirs du voyage
On se retourne une derniere fois sur les paysages
On commence a retrouver des signes de vie
On trouve des fruits le long de la route
Plus que quelques kilomètres pour atteindre le lac
Les derniers selfies a trois
Des petites endroits charment
On est bientôt a l’arriver pour le dernier soir
Bouleau a faillit plonger dans le lavoir pour boire
Safran montre a Bouleau comment il faut passer une grille au sol
C’est au tour de safran de trouver la fontaine pour boire
On continue la route
On arrive au centre équestre
Dernier jour de bat pour Safran
C’est le repos du soir et la dernier nuit de se voyage
Corentin m’a rejoint pour partager un repas
8 septembre 2023
Dernier jour de marche.
Le réveil se fit en douceur. Les boeufs sont près pour le départ.
Pour cette journée, je fut accompagné par Corentin et Jo. Le temps est superbe. Très vite, on arrive au lac de Vassivière. Le paysage est lourds de sens pour moi. Une nouvelle étape de franchie et la promesse d’un lieu. On fait énormément de photo et le site est exceptionnel. On marche une très grosse partie sur les bords du lac pour profiter au maximum. Une phrase vien vite s’imposer « Petite vitesse, grand doucement » sur cette matinée. Le cadre est idyllique, eau bleu, herbes vertes, soleil rayonnant dans un paysage vallonné.
On révise les bases de dressage des boeufs en même temps on discute bovins, voyages, projets, rassemblement. Beaucoup de personnes nous prenne en photo ou en vidéo au détour des chemins.
Plus tard, on arrive au village de Lachaud. On fait une alte collation avec une correspondante du journal la montagne et quelques personnes. Le temps passe s’y vite, on discute animaux, des dernières rencontres et nouvelles,…
Les derniers kilomètres sont les plus longs. Le chemin me paraît interminable avec tous les cailloux. Mais on y est.
Une dernière photo sur le chemin avant de poser les bagages pour les prochaines semaines. Puis le temps du repos qui commence par un bon repas chaud.
Le périple n’est pas terminé. Jusqu’au 24 septembre, je continuerai à partager nos aventures, nos avancées, et pleins d’autres choses.
La collecte de don pour La Ligue contre le cancer continue! Bientôt, les 7000€ de récolter. N’hésitez pas a nous soutenir.
Un grand merci à tout le monde sans qui se voyage n’aurait pas la même saveur (lecteurs, hébergeant, soutiens, donateurs, les rencontres sur la route et tout ceux que je ne peux pas nommé…)
Le dernier reveil
On regarde le meilleur itinéraire avec Corentin et Jo
C’est partie pour la derniere journée avec la vue sur le lac
Moment inoubliable de faire marcher les boeufs dans le lac de Vassivière
Pause photo
Un rappel du première jour !
Boulot et le lac
Jo teste Safran au guide
Léonnie et Bouleau sur les rives du lac
Safran et Jo sont devant
On continue les photos souvenirs
Les boeufs sont les stars devant les passants
Moment tranquille
Photo a 3
Léonnie et Safran avec Bouleau de caché
Léonnie et Safran au guide
On continue notre route
Le dernier moment en voyant le lac
Plus que quelques kilomètres
Encore un changement de paysage
On est arriver à « Le peux du tour ». Plus que 2 km pour rejoindre la maison de Pascal et Mélanie
La dernier photo 3 trois de ce voyage à pied
Déchargement des affaires
Repas maison et c’est la fin de se voyage sur les routes
Merci encore pour votre soutien, partage et écoute. Merci à La Ligue contre le cancer pour avoir relayé la cagnotte de la corne rose. Le combat continue et la cagnotte aussi (jusqu’en 2023).
Voici le reportage photographique qu’a réalisé en 2023, Léonnie Biteau et avec la participation d’Edith Papin lors de la rencontre internationale des bouvières et bouvier de France et d’ailleurs.
En 2022, des jeunes bouviers vendéens partent sur les routes française pour rencontrés jougtier et bouviers. A leur retour, ils ont rédigée cet article qu’ils nous ont fait parvenir.
Novembre 2021, au vu de la bonne ambiance et la convivialité qui est installé au sein du groupe, “Lionel Rapin”, responsable de l’académie junior des bouviers propose à ses élèves un voyage pédagogique et culturelle en Alsace pendant le weekend de l’ascension 2022 pour partir à la “rencontre des bouviers de France”. Cela permettra d’échanger sur les différentes pratiques de la traction bovine. Cet échange se fera durant les journées « les bovins d’abord », organisé par “Philippe KUHLMANN” , un des meilleurs dresseurs d’Europe de bœufs. Un détour par chez “Michel NIOULOU”, à Mâcon, est organisé aussi car c’est l’un des derniers fabricants de jougs de France. A l’annonce de cette grande nouvelle, 7 bouviers décidèrent de prendre part au voyage car cela enrichira leur apprentissage. Lionel, Léonnie, Julien, Benjamin, Hugo, Xavier et Corentin, passionnés par les bœufs et la traction, participent à ce weekend.
Jeudi 26 mai 2022
Premier jour d’un long weekend, le grand jour est arrivé pour nos bouviers puyfolais. Rendez-vous à la Menanterie pour le traditionnel café du matin. Les retardataires habituels sont à l’heure voir en avance, première historique, malgré des petits yeux chez certains. Le café fait du bien, les premières expressions commencent à se faire entendre : “le weekend de l’ascension est un weekend de 4 jougs (parole de bouvier)”. Les pains au chocolat savourés et le café avalé, il est l’heure de charger le véhicule. En voyant le nombre de sacs et les glacières, les premières questions se posent : le véhicule sera-t-il assez grand ? Qui a le repas de midi ? Où sont les planches à palets et les brioches ?
Le véhicule chargé, 11h30 nous voila parti pour traverser la France direction Mâcon en Saône et Loire. Le trajet va être long mais il se fera dans la joie et la bonne humeur. Les premiers remontants et les musiques campagnardes nous accompagnent jusqu’à notre première halte tant attendue par certains. Quelques kilomètres plus tard les ventres gargouillent mais les aires de repos sont remplies, il va falloir attendre. Cinq aires de repos plus tard, enfin nous trouvons notre lieu de pique nique, un sous bois calme et verdoyant, idéal pour sortir notre petit barbecue et nos viandes. Les batteries rechargées nous parcourons les grandes plaines françaises jusqu’à Mâcon où nous arrivons à notre hôtel. Nous déchargeons les valises rapidement pour aller chez Michel NIOULOU.
Michel à 56 ans, il est jardinier-paysagiste. “Vielleux hors pair, amoureux du répertoire traditionnel du Charollais et du Brionnais, c’est aussi l’un des derniers fabricants de jougs de France (jougtiers)”. Si ce métier se fait de plus en plus rare, il continue de résister grâce à la détermination de Michel Nioulou qui veille à maintenir la flamme.
Nous sommes arrivés en début de soirée, où nous sommes accueillis à bras ouverts par Michel et sa femme Véronique. Ils nous font visiter leur petit éden de verdure au cœur de la ville. On entre dans un jardin très boisé, verdoyant, calme, frais et très fleuri. C’est là où Michel conserve et taille ses jougs. Nous poursuivons la visite avec l’atelier. Jougs, gabarits, charrette, herminettes, planes, haches… occupent cet espace dans lequel l’odeur du bois est enivrante. Pendant les explications de Michel, certains sont attirés par la “sciure” qui jonche les établis et le sol. Remis de nos émotions, nous nous rejoignons autour d’un moment de convivialité, sucre pour Corentin et Mâconnais pour les autres. Les anecdotes sur les hérissons notamment et les fous rires fusent, la bonne humeur et la convivialité sont bien présentes. Michel nous explique la journée du vendredi qui sera consacrée à la fabrication de deux jougs qu’on ramènera au Puy du Fou. Un livret explicatif nous à été transmis quelques semaines plus tôt pour apprendre la taille d’un joug. Après ces échanges, il est temps de quitter Michel et Véronique pour les retrouver le lendemain. Nous décidons d’aller manger dans un restaurant à Mâcon. Hasard puyfolais, nous sommes accueillis par Marie-Ange. Fous rires et délires accompagnent notre repas. Deux, trois tables débarrassées, nous décidons de continuer cette si belle soirée. Des vendéens qui ne se déplacent jamais sans leur planche à palet décident de faire une partie sur le parking de 4 murs. Après de longues heures, la fatigue se fait ressentir et nos bouviers regagnent l’hôtel car demain la journée s’annonce physique et longue.
Vendredi 27 mai 2022
Journée chez Michel Nioulou pour la fabrication des jougs. Rendez-vous à 7h30, rue des charmilles. Le groupe est motivé et en forme pour “tailler des jougs”. Michel nous explique la procédure de la journée, nous présente les différents outils avec leur utilité. On compose deux équipes pour avancer plus vite et pour que tout le monde participe. Nous sortons les morceaux de hêtre des bassins qui immergeait dans l’eau depuis 3 ans. Nous nous installons sur l’herbe et nous commençons par tracer les jougs avec les gabarits « vendéen charolais », les mesures sont adaptées aux bœufs du Puy du Fou. Nous dessinons les 4 faces et nous prenons les haches pour dégrossir le bois. Sous l’œil expert de Michel, les coups et les postures ne sont pas adéquats. Il nous conseille pour être plus efficace et usé moins d’énergie. Petit à petit nous sommes meilleurs et les jougs avancent bien, on aperçoit la forme des futurs jougs. Toujours dans la joie et la bonne humeur, ça chambre, ça déconne mais le travail avance vite et bien. On impressionne Michel et Véronique par notre sérieux et notre engagement. Les copeaux de bois volent de partout, les coups de haches passent près des genoux pour les moins habiles comme Julien, les mains de Hugo commencent à cramper, les gouttes de sueur dégoulinent le long de nos sourires. Les jougs bien avancés, place au traditionnel petit déjeuner des bouviers, où les pains aux chocolats et les sandwichs de rillettes requinquent ces hommes. Rien ne vaut un petit mâconnais pour accompagner ses bouchées. Les bois bien dégrossis, place à la taille des embannures avec les herminettes pour être plus précis. A genoux sur les jougs, les coups s’enchaînent, les gars se relaient car c’est assez physique comme activité. La matinée se déroule tranquillement et le travail avance bien, nous ne les aurons pas finis le soir mais on en fait le plus possible. Personne ne veut s’arrêter en si bon chemin. Viens l’heure de la pause du midi, nous rentrons dans la maison, sur la table une surprise nous attend. Michel et Véronique nous on offert un frêne chacun à planter (bois de l’aiguillon) pour perpétuer cette tradition et deux petites vaches en cuirs par personne. Après l’apéro, Véronique nous à cuisiné une spécialité locale, le saucisson cuit avec ses pommes de terre. Plat conséquent préparé lors des vendanges pour donner à manger aux paysans. Nos ventres bien remplis, nous reprenons le travail avec comme objectif de finir les embannures et tailler les têtières. Nous reprenons les outils et nous recommençons toujours sous les conseils pertinents de Michel. On voit bien la forme des jougs à présent, on se le représente bien sur la tête des bœufs avec le passages des courroies. Après quelques coups d’herminettes et de plane pour arrondir les angles, vient l’heure de s’arrêter mais difficile tellement c’est passionnant, le fait de pas pouvoir finir déçoit mais on les finira cet hiver pendant les académies. Les jougs enroulés dans une bâche et chargés dans la voiture, il est temps de repartir direction l’Alsace. Les salutations achèvent cette formidable et enrichissante journée auprès de Michel et Véronique NIOULOU. Ces deux personnes sont exceptionnelles, chaleureuses, pédagogues, généreuses et ont la joie de vivre. « A la revoyure » « à ctes cotsse », en Vendée où à Mâcon. Merci à vous et à bientôt.
Direction l’Alsace pour cette fin de journée, plus précisément Soultzeren à quatre heures de route. Le trajet se fait tranquillement avec plusieurs haltes auprès de forêts occupées par des « ourfs » selon Xavier. On arrive à l’hôtel à Soultzeren pour récupérer nos clés. Nous décidons de rejoindre les autres bouviers chez Philippe KUHLMANN en haut des montagnes pour passer la soirée avec eux. Nous sommes très bien accueillis et faisons connaissance avec ces personnes. Les chants paillards commencent à se faire entendre et les rires sont de la partie. La soirée se finit calmement et nous regagnons le village. Nous étions prêts, surtout Lionel, à trouver des vaches soi-disant perdues dans les montagnes, mais par manque de preuves et de luminosité nous entrons dans l’hôtel. L’arrivée dans l’auberge se fait sereinement jusqu’à ce que Benjamin laisse les clés dans la chambre qui s’était refermée dans son dos, et là le code ce n’était pas le 888 comme à Mâcon. Mais la plus le choix, il n’y a ni l’aide du public ni le 50/50, il faut appeler l’hôtelier à 3 heures du matin. Le séjour commence sur les chapeaux de roue. Toutes ces péripéties finies, nous tombons dans les bras de Morphée pour attaquer une journée de samedi bien remplie.
Samedi 28 mai 2022
Après avoir emprunté les routes sinueuses des Vosges, nous arrivons chez Philippe où d’autres bouviers sont présents. Ce sont les journées « les Bovins d’abord ». Ces journées qui se déroulent sur 4 jours sont organisées par Philippe et Christine sur la ferme de Philippe. Elles permettent aux bouviers de France de se rencontrer et d’échanger sur les différentes pratiques et travaux de chacun. C’est très enrichissant pédagogiquement et socialement.
Philippe KUHLMANN est un fervent bouvier très reconnu. Il a dressé plus de 300 bœufs depuis quatre décennies. Propriétaire d’une petite ferme reculée dans la vallée de Munster, il travaille toutes ces terres avec les bœufs. Il n’a qu’un motoculteur équipé d’une faucheuse pour couper son herbe. Les activités faites avec les bœufs sont les suivantes : fanage et andainage des foins, labour, plantations, transports de foin et de fumier. Mais l’activité principale est le débardage en fortes pentes dans les montagnes. Son leitmotive est un savoir-faire qu’il souhaite transmettre, persuadé que la traction bovine est une technique d’avenir car moins polluante.
Nous commençons la matinée par préparer les paires de bœufs pour les emmener au Valtin à 22 Km. “Nous faisons connaissance avec des bouviers venus d’Aveyron, Joël et Guy, des bons gaillards avec un bon sens de l’humour et Dimitri, un maraîcher belge travaillant avec de la traction bovine et équine toujours prêt à raconter des blagues”. Les bœufs mis dans la bétaillère et les affaires chargées nous partons à Valtin. Là-bas, il y est organisé pour l’évènement du débardage en forte pente et un marché local avec des vendeurs de cloches, de vins et de spécialités de la région. Le site est magnifique dans un petit village de montagne avec des maisons à l’architecture locale très coloré. Philippe prépare ses bœufs et les monte dans la montagne où il redescend de grandes perches de sapins pour montrer l’activité aux autres bouviers et touristes. “Rencontres, discussions, ostéopathie sur des bœufs, animent” l’après-midi. En milieu d’après-midi, Philippe emmène ses bœufs dans une prairie voisine pour montrer la démonstration d’andainage de foin. C’est une animation intéressante. On revient au cœur de la fête où nous avons discuté avec Pauline, ostéopathe équine et bovine. Nous avons aussi présenté et expliqué nos jougs à l’assemblée. Après la présentation nous repartons vers Soultzeren en faisant une escale sur une station de ski pour prendre des photos avec une vue panoramique unique. Le soir nous sommes arrivées, Julien, Corentin et Xavier se sont essayé à la pratique de la fauche d’herbe à la faux avec Guy pendant que Benjamin, Hugo et Lionel restauraient un tombereau pour transporter du foin le lendemain. Une fois ces activités terminées et les vaches traites, la dégustation de produits des différentes régions de France débutait. Philippe, qui écrit des livres aussi, nous à lu un texte racontant ses débuts dans sa ferme et son amour pour la traction bovine. La soirée continua jusqu’à tard dans la nuit, les chansons à ripounet résonnèrent dans les vallées du Munster. La trouspinette ou trousfinette selon Madeleine est appréciée. La fatigue se fit ressentir pour certains qui ont pu apprécier la douceur d’une meule de foin pour reprendre leurs esprits et où d’autres continuèrent à fêter dignement ce weekend.
Dimanche 29 mai 2022
Le réveil fût compliqué pour certains, mais c’était l’heure de faire les valises car toutes bonnes choses ont une fin. Le petit déjeuner avalé pour les plus téméraires et le fourgon chargé, nous repartons vers les sommets pour rejoindre notre « petite famille » du weekend. A première vue, les ébats de la veille ont marqué quelques têtes, c’est dur, mais il faut y retourner les bœufs nous attendent pour aller ramasser du foin. Un verre d’amitié est organisé dans la salle des fêtes du village auquel nous participons. Nous passons principalement la journée avec Corentin, jeune bouvier à l’expérience conséquente. Les animations proposées sont du ramassage de foin et l’initiation à la faux présenté par Philippe. Nous avons pu nous tester à la fauche sans grand succès car il faut avoir le coup de main. On a pu assisté à une prestation de cor des Alpes aussi, c’est un instrument de musique à vent, il était utilisé initialement pour communiquer à distance en montagne.
Viens le début de soirée, le moment de se dire au revoir et à la prochaine. Nous remercions Philippe KUHLMANN d’avoir organisé cet évènement auquel nous avons fort apprécié les échanges et les activités réalisées. Nous sommes admiratifs devant ce genre de vie où les journées sont rythmées par le pas des bœufs et où le partage et les traditions sont perpétués par des personnes qui ont la main sur le cœur et sont prêts à montrer leur quotidien aux passionnés. Le respect pour la nature et la passion pour le métier de bouvier est omniprésent auprès de ces personnes là qui ont parfois tout quitté pour devenir ce qu’ils sont aujourd’hui. Philippe est un grand nom du monde des bouviers, atypique, passionné, impliqué, et toujours prêt à transmettre pour pérenniser le travail avec les bœufs. Un grand merci pour tout, à bientôt.
Je remercie aussi toutes les autres personnes présentes durant ce weekend avec lequel nous avons passé de très bons moments riches en enseignements, en rigolade, en histoire, en échanges et à partager nos façons de voir les choses. Christine, Guy, Joël, Dimitri et son fils, Daniel, André, Pauline, Corentin, Madeleine, Baptiste, Erwan… A une prochaine fois dans une autre région de France pour une rencontre bouvier qui est nécessaire pour entretenir ce savoir-faire qui est la traction bovine.
17 heures, nous repartons direction la Vendée, plus précisément la Menanterie. La fatigue se fait ressentir, l’excitation est moins trépidante qu’à l’aller et les chansons se font de moins en moins entendre. Les quelques haltes dans les aires de repos permettent de se réveiller, mais c’est la tête remplie de souvenirs que nous regagnons chacun notre petit chez soi jusqu’à la prochaine fois autour d’une paire de bœufs ou d’un barbecue. C’était un weekend inoubliable, gravé à jamais dans nos mémoires et que nous reparlerons encore et encore…
Un grand merci à Lionel de la part des bouviers de l’académie, sans lesquels ce weekend ne se serait pas fait. On est reconnaissant envers toi pour tout ce que tu nous apportes les samedis matin d’hiver et les soirs de Cinéscénie.
On souhaite remercier Elisabeth et Aymard, sans lesquels, ce weekend n’aurait pas pu se faire.
Fig.1. Promenade (Photo Astrid Masson), la fille ainée d’Anne sur Geanna
TRADUCTION française
Le « Groupe de Travail ZUGRINDER » (Bœufs de trait) a été fondé durant les années 1990 par une poignée de personnes, notamment Jörg Bremond et Rolf Minhorst, tous deux présents à la rencontre mi-février 2025. Ils ont constaté à cette époque que presque personne en Allemagne ne maîtrisait plus l’utilisation des bœufs de travail. Depuis lors, ce groupe, ouvert à tous, réunit une fois par an quelque 40 à 60 personnes, généralement vers la mi-février, tous invités par une personne ou par une institution comme un musée qui peut montrer son propre travail avec des bœufs, des vaches et même des veaux. Les participants travaillent ensemble pendant un week-end, parlent « boulot » et montrent des techniques et des équipements. Enfin, on y discute beaucoup du comportement et de la communication avec les bovins, car il n’existe pratiquement aucune littérature scientifique sur ce sujet. Le mot d’ordre de la rencontre, c’est « sans communication, il n’y a pas de collaboration ».
Fig. 2. Les participant/es (Photo Astrid Masson)
Cette fois, la rencontre s’est déroulée sous un soleil radieux, une fine couche de neige et des températures avoisinant les -3°C chez Anne Wiltafsky et sa famille à Tuttlingen, à une bonne vingtaine de kilomètres au nord-ouest du lac de Constance. C’est une ferme où l’on utilise une race en voie de disparition en Allemagne, les Vosgiens, tandis qu’en France, les Vosgiens sont soutenus par l’État en tant que race locale et menacée. Cependant, Anne a acheté ses quatre veaux en Sarre, auprès d’une des rares entreprises en Allemagne qui les utilise encore dans l’aménagement paysager et aussi pour la traite. Biscuit et Beaux ont maintenant 7 mois, Onni et Belle sont un peu plus jeunes et sont chez Anne depuis 6 semaines. Geanna, une croisée Holstein-Fleckvieh de 14 ans, vit également avec la famille.
Fig. 3. Anne Wiltafsky et amie (Photo Léonnie Biteau)
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Fig. 4. Sautillant avec Anne (Photo Léonnie Biteau)
La spécialité d’Anne est l’observation du comportement et la manipulation respectueuse des bovins de trait et elle a déjà dressé de nombreux animaux. Ce week-end, elle nous a montré comment initier de manière ludique des veaux à leurs futures tâches. Pour l’entraînement, elle utilise consciemment les besoins et les élans naturels des animaux, comme le besoin de jouer après avoir bu du lait maternel : tout éleveur de bovins connaît le « sautillement » des très jeunes veaux, juste après avoir bu au pis de leur mère ou du seau contenant son lait. Anne utilise cette explosion d’énergie naturelle pour courir avec les veaux, sauter par-dessus des obstacles ou monter des escaliers.
Elle profite de leur curiosité naturelle pour leur faire découvrir des objets inconnus qu’ils sont censés tirer, par exemple. Plus tard, on leur enfile même des chaussettes de yoga antidérapantes pour qu’ils puissent monter les escaliers de la maison sans crainte. Les veaux apprennent très tôt à donner ou à lever leurs pattes, ce qui est très utile plus tard, quand ils apprennent à enjamber des cordes ou quand il faut parer la corne des sabots.
Fig. 5. Chaussettes anti-dérapantes et patte levée (Photo Astrid Masson)
Fig. 6. Allez hop, on monte l’escalier (Photo Léonnie Biteau)
Imaginez notre surprise à suivre Beaux qui montait l’escalier jusqu’au premier étage, puis qui traversait un pont sur le toit de la grange pour sortir ! Après, on s’est réuni autour d’un buffet champêtre, apporté par les participants et accompagné par une soupe aux lentilles et des boissons chaudes, auprès de deux feux de bois et des sièges divers pleins de couvertures. Tout à côté, les gens partageaient leurs savoir-faire comme, par exemple, pour l’épissage de cordes ou la diversité des bottines à vache.
Anne a eu l’idée géniale – entre beaucoup d’autres – de mettre de la paille sur des bâches pour que les veaux se couchent pour se reposer et ! bon nombre de participants se sont allongés à leurs côtés, comme quoi les relations humaines-animales allaient bon train.
Fig. 7. Épissage (Photo Astrid Masson)
Fig. 8. Et on se couche (Photo Léonnie Biteau)
Durant l’après-midi, divers objets ont formé un « parkour » sur le pâturage enneigé, notamment des jouets à veaux en forme de boudins en caoutchouc d’un mètre de long, un toboggan en plastique pour enfants et – oui ! – une batterie.
Tout d’abord, les animaux s’en sont approchés avec précaution, puis les ont reniflés de long en large, et ont fini par les juger si inoffensifs qu’ils pouvaient les lécher. Justement, il faut permettre aux animaux à bien prendre le temps d’examiner les objets, par exemple lorsqu’ils sont censés les tirer pour la toute première fois, et avant de les y atteler.
Fig. 9. On joue aussi à la batterie (Astrid Masson)
Fig. 10. Puis on suit les copines (Photo Léonnie Biteau)
À l’aide d’un petit collier, un des plus grands veaux a tiré une des légers boudins en caoutchouc à travers le parkour d’obstacles. Les autres veaux l’ont suivi, courant librement autour de lui, et ont ainsi pu perdre leur peur du « monstre » mystérieux en caoutchouc.
Le soir, nous avons mangé ensemble à La Lochmühle, une ancienne ferme convertie en hostellerie. Comme d’habitude lors de ces réunions, chacun a pu montrer des photos ou des films de son travail avec les bêtes. La vétérinaire Elke Treitinger a donné une conférence intitulée « Manger, ça s’apprend ». Elle y montrait comment, contrairement aux idées reçues, les veaux commencent parfois à ruminer dès l’âge de 3 jours et mangent du foin le premier ou le deuxième jour – mais pas de la même façon que leur mère. Ils doivent d’abord l’apprendre et ils ne peuvent le faire que si des bovins adultes ou au moins plus âgés sont présents. Chez les veaux sans contact avec des aînés, ce comportement est retardé de 2 à 3 semaines. Elle a donc préconisé de leur offrir du foin dès leur premier jour.
Philippe Kuhlmann a montré des images et des films impressionnants de son travail avec des bœufs et des taureaux vosgiens dans la forêt. Il est actuellement le seul agriculteur de ma connaissance qui cultive des prairies et des forêts sans tracteur sur une exploitation de 40 hectares dans la Creuse.
Fig. 11. Rencontre des tractions (Photo Edwin Rotzal) : Ben et Bubi, Gris rhétiques menés par Gerd Döring et Maximilian Bauer devant une locomotive KDL de 70ch, fabrication 1944 par la firme Budich à Breslau, roulant sur une voie à 600mm d‘écartement.
Edwin Rotzal a présenté ses photos du mois de janvier : débardage avec Ben et Bubi, les bêtes de la famille Döring. Il y avait aussi des scènes impressionnantes de la locomotive à vapeur du chemin de fer local à voie étroite en pleine coopération avec les bouviers.
Ruben Klemm, 19 ans, a surpris tout le monde avec des photos de la récolte du foin, du transport de fumier et d’autres travaux réalisés exclusivement avec deux bœufs de trait tardivement castrés et un cheval. L’exploitation est située à Pobiedna, en Pologne, près de la frontière tchèque et à peine 50 km au sud-est de Görlitz. Elle est gérée par ses parents, avec lui et ses 2 frères. Ruben est venu à la rencontre en vélo et – signe des nombreux succès à assurer les contacts fructueux – est reparti pour passer un moment chez Philippe Kuhlmann.
Astrid Masson a également montré des photos des débuts naïfs de son travail avec des vaches et des bœufs, allant de 2006 à aujourd’hui sur le Domaine de Dahlem et à la ferme d’Auenhof à Pabstthum, où elle utilise des Pies Noires Allemandes (Niederungsrinder) et des Vogelsberger (Rotes Höhenvieh).
Fig. 12. Remarquez le collier pour bébé, mais aussi l’épis sur le front (Photo Astrid Masson)
Le dimanche matin, on a discuté des hipposandales à vaches, de comment manipuler le sens de la croissance des cornes en faisant de petites marques de lime dessus, et sur la question de savoir si la forme de la tête et les épis des poils sur le front pourraient indiquer le caractère d’une vache. Les conversations se sont poursuivies lors d’une jolie balade dans la neige avec le petit quatuor de veaux et la fille d’Anne chevauchant la vache Geanna. De retour à la ferme autour du feu de cheminée, nous avons terminé les restes du buffet. Ensuite, les participants sont rentrés chez eux – à vélo, en train ou en voiture, inspirés et enrichis de nouvelles idées.
Un aspect de la rencontre tout particulièrement encourageant et bienvenu, c’est que bon nombre de jeunes sérieusement intéressés y ont participé. Certains travaillent et s’entraînent déjà avec des bovins. Cette technique de travail avec les bœufs présente tant d’avantages – écologiques, sociaux et même économiques – et pourrait rencontrer un intérêt renouvelé à l’avenir.
Depuis l’an passé, deux associations autour de la traction bovine œuvrent pour la promotion et le développement de la pratique. Après la rencontre de l’Ascension 2024 en Creuse à Chatelus-Malvaleix organisée par « L’Association Attelage Bovins d’Aujourd’hui », c’est l’AFMB (Association Française des Meneurs de Bovins) qui organisait ses secondes rencontres désormais itinérantes au fil des années.
Il faut saluer le fait que des membres actifs des deux associations étaient présents tout comme chez Philippe Kuhlmann en Mai.
C’est Agnès et Luc Bernard à Courgenard dans la Sarthe qui accueillaient au sein de « La Ferme d’Héliacynthe », la grosse cinquantaine de participants venus de toute la France. L’itinérance de cette manifestation a le grand avantage de permettre l’accès à la manifestation à un public de la grande région autour du point de rencontre, sans avoir à traverser toute la France. Au fil des ans, toutes les régions aurons cette facilité d’accès grâce au caractère nomade de ces rencontres. Ainsi, cette année, des bouviers et autres personnes de l’Ouest de la France et des Pays de Loire concernés par la traction bovine, étaient présents et élargissaient ainsi le cercle de personnes engagées et désireuses de partager et de promouvoir la pratique.
Ces rassemblements techniques et pratiques sont cependant très conviviaux et l’émulation qu’ils provoquent est évident.
La ferme d’Héliacynthe sur laquelle les propriétaires Luc et Agnès pratiquent la traction bovine depuis 2011, à été l’écrin parfait pour ces trois jours d’échanges. La qualité de l’organisation et de l’intendance de Luc et Agnès et des membres actifs de L’AFMB dont Léonnie Biteau, est à saluer chaleureusement. Elle a permis un déroulement agréable, confortable et efficace de ces trois jours.
Le thème dominant était la sociabilisation, le dressage et la mise au travail de jeunes animaux. Une sixaine d’animaux d’âges différents ont été les acteurs de ces journées.
Jean Léo Dugast, photographe de renom de la traction animale (http://percheron-international. blogspot.com/) et Guy Chapelier un ami de la famille Bernard ont réalisé de nombreux clichés de ces journées. La presse locale ainsi que France 3 Pays de Loire ont couvert l’événement.
Pour cette rencontre, tous les animaux étaient au collier. Deux paires supplémentaires au joug étaient prévues mais, en dernière minute, elles n’ont pas pu être présentes sur la manifestation. Luc et Agnès mettaient à disposition plusieurs animaux à partir de cinq mois dont le boeuf Réglisse. Jo Durand de Gentioux-Pigerolles (23) était venu avec une jeune vache et Marine Ardoin de Baguer-Morvan (35) avait déplacé son jeune boeuf Froment du Léon.
En plusieurs sessions sur la carrière de la ferme, différents intervenants ont décrit et présenté leurs méthodes d’approches et de mise au travail. Laurent Martin de « 2 mains 4 cornes » des Herbiers (85), Philippe Kuhlmann éleveur dresseur de Chatelux-Malvaleix (23), Pascal et Jo Durand paysans de Gentioux-Pigeroles (23) sont intervenus séparément ou conjointement sur les différents ateliers. Une intervention des ostéopathes Laurie Cheramy et David Menu de Bessay sur Braye (72) et de la vétérinaire Clohé Boisseau du Theil sur Huisne (61) ont permis d’aborder l’impact du travail sur l’animal et les bonnes méthodologies à appliquer en conséquence .
Une forêt située au abords de la ferme à permis de débarder des bois de différentes sections en fonction de l’âge et du niveau de travail des animaux.
Un espace « maraîchage » a vu évoluer les bovins avec différents outils dont la Kassine et la forca. Pascal Durand est intervenu en détail pour présenter toutes les possibilités et avantages de la Kassine. Emmanuel Fleurentdidier présentait quand à lui, la forca, outil d’origine espagnol très léger et maniable.
Côté matériels, accessoires et informations, Léonnie Biteau à l’accueil tenait à disposition différentes documentations dont le livre sur l’attelage bovin de Philippe Kuhlmann. Laurent Martin présentait son entreprise autour de l’attelage bovin (prestations, médiation, formation à la traction bovine…) avec documents et matériel ludique. Eline Hoefsloot de Enveitg (66) proposait de nombreux colliers trois points d’occasion remis en état. Emmanuel Fleurentdidier de la région de Montmorillon (86) avait aussi différents jouguets et accessoires en lien avec l’attelage bovin. Léa Rigal, jeune bourrelière de Blanzat (63) avec son entreprise « Les Vaches seront bien Gardées » présentait un licol de sa fabrication et a échangé avec les meneurs afin de cerner les besoins en bourrellerie pour les bovins. Véronique Nioulou, passionnée de travaux de fil, présentait des vire-mouche tressés selon des méthodes traditionnelles et un atelier qui a permis à quelques personnes d’apprendre la technique de tressage de ces indispensables accessoires pour lutter contre les mouches pendant l’attelage . Michel Nioulou présentait différents jougs anciens ou neufs de sa fabrication ainsi que des démonstrations de confection de coussins d’attelage en paille.
Dimanche, animaux et meneurs se sont déplacés au bourg de Courgenard pour présenter le travail avec les bovins sur une terre à proximité de la brocante organisée dans le village. Michel et Véro Nioulou ont présenté des démonstrations (vire- mouche et taille de jougs) Laurent Martin présentait des documents sur son entreprise autour des bovins de travail.
Comme d’habitude lors de ce type de rencontre, la convivialité et la bonne humeur n’ont en rien freiné les échanges techniques et les pratiques de terrain. Le partage de savoir a été intense, les nombreux contacts nouveaux et l’émulation que suscite un tel rassemblement, ont été plus que bénéfiques à tous. Pendant la journée, les repas et les soirées, l’attelage bovin et tout son environnement était LE sujet !!!
Le nombre de nouveaux meneurs ou de personnes en instance de se mettre à l’attelage bovin ne cesse de grandir depuis plusieurs années. A chaque fois la constatation de l’engouement croissant pour la pratique motive chacun d’entre nous et permet de maintenir animaux, lignées de travail, dresseurs, éleveurs, savoirs et savoir-faire. Le milieu est modeste, inconnu de beaucoup, méprisé parfois mais bien vivant, empreint de dynamisme, de bonne volonté et bien ancré dans la réalité d’aujourd’hui. Il vit sa vie au pas, mais avance, sûrement!!!.
Le blog Attelages bovins d’Aujourd’hui, les différents facebook et réseaux permettent le lien et la communication entre chaque rassemblement. Mais les rencontres physiques renforcent ces liens et les concrétisent. Comme chaque fois nous sommes tous regonflés à bloc jusqu’aux prochaines rencontres organisées cette fois ci par l’association ABA pour l’ascension 2025 chez Philippe kuhlmann en Creuse.
Voici les trois premières vidéos avec plutôt des images d’ambiances, de liage et de moments de vie, et une vidéo de débardage et débusquage lors de la rencontre de bouvières et bouviers chez Philippe Kuhlmann en Creuse à Châtelus-Malvaleix pour le week-end de l’Ascension 2024.
Merci à Cozette Griffin-Kremer pour son article et pour le lien avec l’AIMA et ainsi nous permettre de reprendre cet article complet en Français. Michel Nioulou ABA.
Les index en gras soulignés sont des liens que vous pouvez ouvrir en cliquant dessus
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Le « Draft Cattle Symposium » au Laboratoire de Plein-Air Lauresham sur le Site UNESCO de l’Abbaye de Lorsch en Allemagne, 8-10 Mars 2024
Voir des vues aériennes et autres vidéos de la rencontre en cliquant ICI(Courtoisie Lauresham et Arbeitsgruppe Rinderanspannung) i
Cette rencontre était le produit de convergences entre divers acteurs et réseaux intéressés par les bœufs de trait de par le monde. Partenaires officieux depuis plus de vingt ans, le réseau français autour du noyau de communication « Attelages Bovins d’Aujourd’hui » ii et le « Groupe de Travail Attelage Bovin allemand » iii se sont enfin rencontrés en masse. Tout un contingent de Français ya participé, pour assurer des démonstrations d’équipementiers, de travail avec des bœufs, des arts des jougtiers, ou pour présenter une communication, participer aux débats et contribuer à l’importante exposition de jougs. C’était aussi le moment pour rendre hommage à Laurent Avon, inventeur des recensements des ateliers encore au travail en France et il se serait régalé.
Les participants entourent deux des vedettes. (Photo C. Griffin-Kremer)
Les Français se sont retrouvés à côté de bouviers et de bouvières d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, entourés d’experts de la traction bovine : archéologues (surtout archéo-ostéologues), historiens, éthologues, animateurs de traction bovine au sein de musées de plein air et autres sites historiques, équipementiers, décideurs politiques du Land de Hesse, journalistes. Les réseaux des associations telles l’AIMA (Association Internationale des Musées d’Agriculture iv ), l’ALHFAM (Association for Living History, Farming and Agricultural Museums v ) et EXARC (regroupement de musées de plein-air d’archéologie expérimentale vi ) , dont les faisceaux sont entremêlés depuis des années, y ont contribué : participants, publicité et … jougs.
Claus Kropp, directeur de Lauresham, a relevé le défi d’organisateur ce congrès mondial hybride : 120 participants sur place, 26 en ligne, 20 pays représentés pour se réunir durant un long week-end consacré au passé et à l’actualité de la traction bovine dans ce site UNESCO Kloster Lorsch. Grâce aux moyens et à la mission du Laboratoire de Lauresham – reconstituer et montrer au public la vie quotidienne de la communauté entourant une grande abbaye autour de l’an 900 – le site a pu recevoir non seulement les participants, mais un public de plusieurs milliers de visiteurs.
Gravure de Kloster Lorsch et de la ville vers 1615 par Matthaeus Merian, DE Wikipédia, domaine public vii
Site longtemps abandonné, qui occupe aujourd’hui un rang public régional et national, l’abbaye a abrité pendant des siècles un scriptorium renommé dont les manuscrits sont actuellement dispersés dans des bibliothèques de recherche. Pour rappeler ce passé d’érudition et d’éducation, le catalogue de l’exposition de jougs montre un passage du Codex de Lorsch contenant le mot latin pour le joug, iugum. viii Le village reconstitué sur la base des fouilles archéologiques est le lieu consacré aux travaux des saisons, aux champs et en forêt, aux métiers d’époque et aux programmes actuels d’éducation. Il possède son propre centre d’exposition et d’activités, un modèle de construction durable, tandis que le musée de l’abbaye dispose de vastes espaces pour accueillir des congrès et d’autres rencontres.
Vue partielle du village médiéval de Lorsch reconstitué (Photo Cozette Griffin-Kremer)
L’auditorium principal du musée (Photo Lauren Muney)
Ed Schultz, délégué venu du site historique américain de Colonial Williamsburg, à la présentation de son affiche (Photo Lauren Muney)
Claus Kropp est depuis longtemps membre de l’EXARC (musées de plein air d’archéologie expérimentale), donc la première tranche de communications était consacrée aux archéo-ostéologues. En fait, il y avait un tel afflux de propositions pour toutes les séances, qu’une partie d’entre elles a dû avoir lieu éventuellement l’utilisation de posters dans le foyer du musée, toujours consacrés à la traction bovine ou au bien- être des animaux : la préparation de mortier de construction, le maraîchage au Canada, la production laitière plus humaine, surtout la préservation des savoir-faire des bouviers de par le monde et tant d’autres. La diversité des intervenants était particulièrement impressionnante : un photographe professionnel roumain qui consacre son travail à la vie traditionnelle en voie de disparition ou un ingénieur ougandais qui a fondé une association pour promouvoir le bien-être animal et humain par l’utilisation d’instruments de labour plus ergonomiques, à côté de pratiques agricoles plus soutenables.
Une des visites guidées des vestiges de l’abbaye bénédictine (Photo Lauren Muney)
La Direction du site de l’abbaye a tenu à rendre accessible aux participants du Symposium la totalité de son musée : l’exposition permanente sur les fouilles archéologiques, qui sont toujours en cours, et le Musée du Tabac qui traite de l’histoire de la production et de la consommation du tabac, autrefois un pilier de l’économie locale. Un groupe de volontaires a même repris l’activité pour préserver le patrimoine des techniques et des variétés.
Aperçu des chefs-d’œuvre en écume de mer (écume de mer) au Musée du Tabac ix (Photo C. Griffin-Kremer)
La ville de Lorsch possède de nombreuses maisons à colombage et l’héritage architectural fait partie intégrante de la triple mission du site, expliquée par les affiches « Wir in Lorsch » (« Nous à Lorsch ») : valoriser les activités des habitants autant que la région, poursuivre l’utilisation soutenable et innovatrice de la terre, promouvoir un sens de communauté régionale.
De nombreuses activités étaient proposées pendant la journée réservée aux participants au congrès : les travaux des champs (rayage, labours, hersage, semis), de forêt (débardage), ou de transport, utilisant des véhicules d’époque, reconstitués, tractés par des bovins.
Participants lors des démonstrations, avant d’ôter leurs vestes (Photo Lauren Muney)
Exemple d’un rapport humain-animal à Lauresham, le gros câlin, mais aussi une attention de tout instant à la sécurité du personnel et du public (Photo C. Griffin-Kremer)
Une des charrettes reconstituées avec quelques-uns des jougs utilisés (Photo Daniel Viry)
La présence de plusieurs spécialistes du comportement bovin (et humain…) a représenté un point particulièrement prisé par les participants. Les bouviers et bouvières d’aujourd’hui tiennent à établir des relations de coopération et d’affection avec leurs partenaires de travail. Comme le soulignait Claus et les autres participants venus du monde des musées, une toute première étape dans le dressage des bovins est d’obtenir qu’ils restent sans bouger lorsqu’une personne se rencontre directement devant eux, en principe une pure provocation, mais aussi un exploit qui doit rester invisible pour être efficace. Ainsi, le grand public, des gens si admirateurs des bœufs de Lorsch, ignore totalement une grande part du travail investi pour leur plaisir et leur sécurité.
La journée « professionnelle » a permis la présentation et l’utilisation des équipements actuels pour la traction bovine, chevaline et asine, tels ceux du groupe français PROMMATA, x particulièrement prisés pour le maraîchage, ou ceux du groupe luxembourgeois Schaff mat Päerd xi (Travaille avec des Chevaux), tous deux dédiés au développement de produits ergonomiques pour les utilisateurs comme pour les animaux. Un des points forts de la journée « pro » était l’examen des outils reproduits par les forgerons et les tourneurs du musée sur la base d’objets trouvés lors des fouilles, par exemple, du puits principal de l’abbaye. Les guides ont aussi pris le temps d’expliquer la reconstitution des granges surélevées et des fameuses « pit-houses » (habitations semi-souterraines) du village médiéval.
Présentation de l’équipementier PROMMATA : André Kammerer (Alsace) et Daniel Viry (bouvier venu du travail de débardage à cheval), Pascal Durand (Photo C. Griffin-Kremer)
Les travaux pratiques, utilisant le même outil tiré par un des gris rhétiques de Gerd Döring du Groupe de Travail Attelage Bovin allemand (Photo C. Griffin-Kremer)
Présentation par Paul Schmit de l’équipementier luxembourgeois Schaff mat Päerd (Photo C. Griffin-Kremer)
Schaff mat Päerd distingue ses prototypes (en jaune) des instruments déjà commercialisés (en vert) (Photo C. Griffin-Kremer)
Le dimanche suivant les deux jours de colloque était consacré au public, la réouverture gratuite du musée pour la belle saison. Les organisateurs espéraient attirer 2 000 entrées, mais il y avait plus de 3 000 visiteurs, enchantés par les travaux avec les bœufs, les vaches et les chevaux, ainsi que par les activités pour les enfants, tels l’atelier de tissage à tablettes, ou la « voie » de la laine, du cardage à la couture.
L’attelage de chèvres du Laboratoire de Plein-Air Lauresham (Photo L. Muney)
Le bouvier alsacien Philippe Kuhlmann en train de débarder avec des bœufs de race Vosgienne de Lauresham, attelées au joug à coussins intégrés qu’il a lui-même inventé (Photo Astrid Masson)
Démonstrations par les bénévoles du musée de toute la chaîne de production des textiles en laine (Photo L. Muney)
L’atelier pour enfants de tissage à tablettes dans le centre multi-activités de Lauresham (Photo C. Griffin-Kremer)
Inauguration de l’exposition sur les jougs « Yoke – Joug – Ayoko / Une histoire culturelle du joug à travers les millénaires », 10 mars-28 avril 2024 (Photo C. Griffin-Kremer)
L’un des points forts dépendant des communications en salle et l’exposition sur les jougs était la vidéo préparée par le Slovene Ethnographic Museum (SEM) sur le processus de conservation d’un joug très utilisé, du moment de sa donation au musée jusqu’à ‘à son transport à Lorsch pour prendre sa place dans l’exposition. Il ne manquait effectivement pas grand-chose concernant les types de joug venus de 15 pays : du joug chinois à fourche aux toutes dernières expérimentations d’un joug combiné sur la base du collier réglable à trois points, le tout représenté méticuleusement dans le catalogue.
La pièce centrale de l’exposition
Un même jeu exposé et illustré dans l’essai photographique de la vie traditionnelle en Roumanie proposé par Vlad Dimitrescu, collaborateur régulier de Lauresham / Lorsch. XII
Il y avait bien entendu les débats sur les races bovines les plus aptes pour le travail, enrichis par la visite des bouviers galiciens d’Espagne, qui en ont fait une partie importante de leur campagne en faveur de la reconnaissance de leur patrimoine régional auprès de l’UNESCO.
Un Gris rhétique avant le débardage (Photo D. Viry)
L’Allemand Gerd Döring avec ses deux Gris (Photo L. Muney)
Lauresham utilise toute une étable de Gris Rhétiques ainsi qu’une paire de Vosgiennes et des Rotvieh (Rouges). Le Groupe de Travail Attelage Bovin allemand a amené des Gris supplémentaires, une course aujourd’hui promue pour le triple usage (lait, viande, traction). xiii Ils ont travaillé tout à côté du stand pour la promotion de la race xiv et celui du GEH, le groupement allemand dédié à la conservation des courses à petits effectifs en général. XV
Matthias Höwer derrière son Fritz, Glanrind ou Rotvieh (Photo C. Griffin-Kremer)
La table de présentation des peluches, « best-sellers » de la boutique de Lauresham, modélisées sur la paire originale de Gris de Lauresham, Darius et David (Photo L. Muney)
Pour rappeler la fragilité des efforts de conservation des races et l’attachement des bouviers à leurs bêtes, la séance de débardage en forêt devait inclure des Vosgiennes, xvi des Gris, xvii le Rotvieh (Glanrind xviii ) et un Fleckvieh, xix ce dernier particulièrement apprécié par les Allemands pour le perfectionnement de son dressage à la conduite en lignes, tout comme un cheval, mais… le bœuf est mort subitement peu avant le congrès. En contrepartie de cette déception, nous avons assisté à la fête d’anniversaire d’un des Gris, David, pilier des travaux au musée, tandis que ses meneurs mangeaient son gâteau….
Claus Kropp avec le gâteau d’anniversaire de David (Photo L. Muney)
Les jougs à coussins intégrés de Philippe Kuhlmann, illustrés dans le catalogue de l’exposition, p. 73.
Véronique et Michel Nioulou avec les chasse-mouches que confectionne Véronique et le joug sur lequel Michel a travaillé pendant la journée de démonstration, à côté d’autres jougs apportés par l’équipe française (Photo C. Griffin-Kremer)
Le musicien et jougtier Gilles Péquignot en conversation avec Barbara Sosič, directrice de la collection agricole au Musée ethnographique slovène (SEM), parmi les contributeurs majeurs à l’exposition et au catalogue (Photo L. Muney)
Le contingent français de bouviers et de bouvières a largement contribué à l’animation de l’événement : jougtiers, équipementiers, chasse-mouches, toute une panoplie de jougs régionaux et d’innovations. La discussion sur le confort animal, le ferrage, mais surtout sur la maniabilité des jougs ou des colliers, est loin d’être terminé, et le dernier joug du catalogue de l’exposition montre une toute récente expérience avec un jeu combinant le collier à trois points et un nouveau système de réglage. xx
Le forgeron-ferrier de Lauresham (Photo C. Griffin-Kremer)
Les divers fers, à bœuf ou à cheval, qu’il fabrique (Photo L. Muney)
Bien entendu, il y a eu naturellement beaucoup de discussions sur le contexte complet qui sous-tend toute utilisation réaliste de la traction bovine : sélection des animaux et promotion des races, conservation des métiers (jougtiers, bourreliers, maréchaux-ferrants), surtout les savoir -faire, ainsi que les conditions diverses encourageant des exploitations plus petites. Les Nord-Américains profitent évidemment du succès massif du modèle Amish et de leurs Horse Progress Days, qui génèrent un marché solide pour les équipementiers, bourreliers et autres. La situation à la fois comparable et différente des pays représente a fourni beaucoup de matière à réflexion, que ce soit en Inde, en Ouganda, aux Pays Bas, en Belgique ou au Luxembourg, en Espagne, en France, au Canada, à Cuba, en Irlande, en Italie ou en Autriche. De même que sur les institutions qui peuvent impulser le mouvement, tels les grands musées représentés – Colonial Williamsburg, Howell Living History Farm, The Henry Ford, Lauresham ou le Hessenpark – qui ont les moyens pour entreprendre des « re-enactments » (reconstitutions) à échelle réelle.
Cette réunion d’acteurs aussi divers est de bon augure pour l’avenir, tout d’abord grâce à la parution des actes, annoncée pour 2025. Côté contacts humains, il y a eu un sentiment de solidarité et un élan renouvelé. Une participante, à la tête de la ferme du Domaine Dahlem à Berlin, a noté un point commun à presque tous : un sentiment de « reconnexion » à la terre par un travail manuel qui oblige à apprécier la teneur, l’humidité, l’ éventuel compactage, la battance de la terre (Astrid Masson). xxx
Aperçu de la séance consacrée aux traces (ou manque de…) dans l’analyse ostéologique des effets de l’attelage (Photo L. Muney)
Jim Slining, représentant de Tillers International, xxii sur la création de modèles d’agriculture utilisant la traction animale (Photo L. Muney)
Avec 34 interventions à l’intérieur, le premier jour, et 10 pendant le second –outre les démonstrations commentées en plein-air – le temps est passé vite ! Mais il est possible d’évoquer au moins quelque chose avec un des fils conducteurs. La préoccupation évidente des archéologues était la question d’éventuelles traces d’un travail attelé détectable sur les os des bovins trouvés lors des fouilles. Mais il faut bien noter qu’ils s’intéressent tout autant aux pathologies en général pour comprendre le vivre-ensemble des humains et des bovins. Les intervenants d’honneur ont tous repris ce sujet des relations entre les espèces au sein d’une communauté, surtout celle d’une coexistence.
Les historiens, ethnologues, éthologues et représentants de musées qui ont succédé aux archéologues ont souligné les continuités et les ruptures dans l’évolution de la traction bovine. Il existe un large consensus sur la valeur des films pour préserver les savoir-faire, et nous avons également évoqué l’étrange absence de visibilité de la traction bovine et animale dans le discours académique ou des décideurs. Le rôle des musées de plein air et d’autres sites historiques était de nouveau mis en avant en tant que lieux de transmission de savoirs, tout comme ils peuvent contribuer à la compréhension du patrimoine culturel et à l’amélioration de la vie quotidienne des agriculteurs du monde entier. Dans le contexte du patrimoine, plusieurs intervenants ont évoqué la préservation et la promotion des races bovines locales en tant qu’importants marqueurs d’identité.
En cohérence avec sa préoccupation du bien-être humain et animal, l’Oxen Clinic Uganda vise l’introduction d’innovations basées sur l’agriculture de conservation, la fabrication locale des outils et l’amélioration du jeu de garrot.xxiii
Enfin, il y avait de nombreuses communications sur de nouvelles visions de l’usage de la terre, de l’application des principes de l’agro-écologie, mais aussi l’importance des bovins dans les traditions religieuses et au niveau des représentations symboliques. , par exemple, en Inde et en Afrique, autant qu’en Nouvelle Angleterre.
Ces préoccupations faisaient écho aux objectifs des représentants du Land de Hesse, exprimés en début de colloque : l’agriculture soutenable, le souci du territoire et son développement à l’avenir. Ils soutiennent la publication des actes du symposium qui sortiront en 2025. Ceux-ci promettent d’être aussi réussis et encore plus volumineux que ceux issus du congrès « Draft Animals in the Past, Present and Future », également publiés par l’Université de Heidelberg. xxiv
« Et maintenant, que faire ? » : à cette question récurrente soulignons un projet immédiat, puisque Lauresham / Lorsch fonde un centre de recherche et de formation pour la traction bovine qui pourra centraliser les efforts et servir de « hub » de communication entre les acteurs éparpillés autour de la planète. xxv
Cozette Griffin-Kremer
Les premiers participants arrivés rassemblés autour d’une des vedettes du congrès (Photo L. Muney)
Remerciements aux participants qui ont fourni les photos : Astrid Masson, Lauren Muney et Daniel Viry
Le Groupe de Travail Attelage Bovin allemand propose un rapport très complet (en allemand) et des vidéos avec des points forts des communications, des démonstrations en plein air et des entretiens avec des participants. Un autre curriculum vitae du Dr Devinder K. Sadana pour l’équipe RRAN avec photos est également disponible. Rapport pour l’AIMA (Association Internationale des Musées Agricoles) en anglais .
Pour rappeler le côté imprévisible des rencontres, le jour d’arrivée (7 mars 2024) pour la plupart des participants, coïncidait avec une grève générale des Chemins de Fer Allemands (Deutsche Bahn) et de la Lufthansa, ce qui a empêché une dizaine de participants à venir….
Le village tranquille « médiéval » reconstitué de Lauresham à Kloster Lorsch attend son public et les participants au Symposium le dimanche matin (Photo C. Griffin-Kremer)
Remarques:
je Tous les liens Internet étaient accessibles au 15 avril 2024
viiiYoke-Joug-Ayoko, Une histoire culturelle du joug à travers les millénaires , catalogue accompagnant l’exposition spéciale du 10 mars au 28 avril 2024, p.14, voir Mainzer Bücher verschiedenen Inhalts 72 (Codex Laureshamensis), 34v.
xvii Les Gris Rhétiques y sont décrits comme les « allrounders from Switzerland », mais sont élevés aussi dans des pays avoisinants, voir Das rätische Grauvieh / Albula en allemand et en anglais
Voici le reportage photographique qu’a réalisé en octobre 2023, Léonnie Biteau lors d’une formation à la traction bovine avec Laurent Martin et sa structure « 2 mains 4 cornes » aux Herbiers.
Merci à Léonnie pour sa participation active depuis plusieurs années au blog et au milieu des attelages de bovins.
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