Catalogue formation prommata 2022-1Formation à la traction bovine aux guides et au collier chez Pascal Durand 26, 27 et 28 Août 2022, Gentioux Pigerolles (23)
Catalogue formation prommata 2022-1
Catalogue formation prommata 2022-1Annonce reçue dernièrement:
Bonjour,
Voici R2D2, jeune bœuf Jersiais de 18 mois, il est dressé à l’attelage, se manipule comme un cheval, donne les pieds et adore le brossage et même la douche!!
Il connait bien sa gauche, sa droite et l’arrêt. Il commence à reculer. Il aime travailler.
Il vit avec Rosalie une vache Normande croisée Blanc Bleu très affectueuse et qui adore aussi le pansage. Elle se mène très facilement mais pas à l’attelage car elle a des problèmes de vision.
Les deux vivent en prairie avec poneys et chevaux et l’hiver en stalle à l’écurie.
J’étudie toutes les propositions pour eux deux, ferme pédagogique, travail dans les vignes, spectacle ou autres.
Ils sont en Belgique, province de liège.
Contact: tel:0032495/538576
« Huot », « Dia », « Ho », les cris de Jérôme De Juriew résonnent pour guider Hector, dernier arrivé dans la famille du prestataire champenois. Ce bœuf de trois ans a entamé son apprentissage pour travailler le sol aux côtés des juments, chevaux et mules. Sur les terres de Benoît Déhu, à Fossoy dans l’Aisne, Hector a fait ses premiers pas dans le monde de la traction animale.
« Il s’agit d’un croisement entre un Ferrandais et un Vosgien, explique Jérôme de Juriew. Je l’ai acquis auprès d’un des derniers bouviers français, Philippe Kuhlmann, en Alsace. Il n’avait pas encore été conditionné à travailler dans quelque activité et apprend donc très vite. »
D’un poids d’environ 900 kilos, Hector présente l’avantage de ne pas être trop large et peut donc passer sans soucis dans les vignes étroites champenoises. Avançant à une cadence différente du cheval, il apporte une puissance décuplée et est utilisé pour décompacter le sol mais aussi pour des opérations telles que le décavaillonnage.
« Cela fait neuf ans que nous travaillons avec Jérôme pour labourer le sol d’une parcelle de meuniers de 50 ares conduite en bio, informe Benoît Déhu, viticulteur. C’est une manière de valoriser notre terroir. Le travail est plus long qu’au tracteur, mais il y a moins de tassement, et une précision accrue. »
Pour travailler les 50 ares du viticulteur, sur tous les rangs, Jérôme de Juriew a besoin d’une bonne matinée, soit un peu plus de 4 heures. Pourvu d’un canadien agricole, Hector désherbe mécaniquement les adventices qui ont poussé à une vitesse accrue cette année au vu des conditions météorologiques.
« Finalement, le bœuf est animal très polyvalent, avec un caractère tranquille, estime Jérôme de Juriew. Il faut faire attention et le ménager, car il peut se blesser et boiter. Avec un bon entretien, il peut travailler jusqu’à 13 ans sans problème. »
Pour maintenir ses animaux en forme toute l’année, le prestataire d’Orbais-l’Abbaye les utilise l’hiver pour entretenir les bords de rivière ou encore s’occuper des espaces naturels.
« Je réfléchis également à intégrer des lamas, à la fin de l’année, pour débroussailler des sites protégés, révèle l’amoureux des bêtes. J’aime diversifier mes activités. Pour moi, c’est une passion avant tout. »
Dans le Sud Creuse, Pascal Durand vend 2 génisses vosgiennes, par manque de foin et de temps pour s’en occuper.
Pattuki née le 20/09/2019, elle a été débourrée au travail par un ami. Au collier 3 points et guidage de derrière avec un caveçon elle a tiré plusieurs fois un bandage de roue dans des fougères et fait un peu de débardage.
Elle n’est pas très confiante mais pas méchante et pas brutale. Malheureusement après plusieurs essais d’insémination elle n’a pas pris malgré des chaleurs marquées et régulières.
Je pourrais éventuellement compléter le dressage et la mettre au maraichage avec la Kassine et éventuellement aux brancards moyennant un supplément.
Prunelle née le 30 /06/2019 vêlage prévu début mars. Elle est un peu timide mais très gentille et confiante quand elle connaît. Elle est très agréable, de famille rustique et laitière.
Pascal Durand
Le Peux du tour 23340 Gentioux
Tel : 0676774781
Pascal Durand travaille avec les bovins Vosgiens de son père Joseph à la reprise de parcelles au printemps 2020 en Creuse.
Claire Declide, céréalière bio en Charentes, nous communique un texte sur son expérience et ses projets de jeune bouvière. Nous la remercions vivement pour sa contribution.
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Céréalière en Charente, je suis accompagnée par Léon, un Vosgien de deux ans et demi, depuis le mois de Mai 2019. Il vient de l’élevage de Monsieur Philippe Kuhllmann et a été débourré (en solo par l’arrière) par Manu et Émile Fleurentdidier en Avril 2019.
Je viens de la traction équine, que je pratique en «loisir» au sein de l’association des Traits Charentais depuis 2016, date d’achat de ma jument de trait, Ella.
J’ai suivi quelques formations en traction équine (BPREA, Haras Nationaux) avant de connaître les bœufs en Septembre 2018.
Je rencontre une paire de bœufs chez Manu et Émile à Moulismes dans la Vienne et découvre ainsi le travail des bovins. Je suis tout de suite très séduite: ils ont des gabarits plus petits qu’un cheval de trait, ils sont plus rustiques, ils passent partout, sont braves dans le travail et d’une excellente compagnie (calmes et affectueux). Naturellement, ils m’ont paru plus accessibles que le cheval: une santé moins délicate, une facilité d’entretien au quotidien, des aptitudes rapides au travail malgré leur jeune âge.
C’était un peu «fou» de ma part de vouloir un bovin de travail, car j’ai très peu d’expérience de travail et surtout, je ne viens pas d’une famille qui pratiquait l’élevage (bovin ou équin d’ailleurs). J’avais donc peu de notions sur leur comportement, leur santé et leurs besoins, mais j’avais conscience, avec l’expérience de ma jument, que toute la bienveillance du monde ne valait pas de solides connaissances en élevage…
Mais bon, Léon est arrivé ici, à deux ans, entier encore et j’ai fait tout mon possible pour lui fournir un environnement adéquat. Aujourd’hui, il s’entend très bien avec Ella, et ils vivent bien ensemble.
Dès son arrivée en Mai 2019, il a tout de suite été mis au travail, je le sortais, plusieurs fois par semaine, pour lui apprendre les ordres, en ajoutant, au fur et à mesure, des outils.
Nous avons commencé par lui faire faire des traînes en débardage, un peu de débusquage, de l’entretien de haies et il connaît aussi le travail de hersage de prairies.
J’essaie, selon mes disponibilités, de le faire travailler une fois par semaine au minimum, mais ce n’est pas toujours évident. Léon voyage très bien cela dit, ce qui nous permet de nous déplacer aisément.
Les sessions les plus intéressantes, doivent durer plusieurs jours pour mettre en place des automatismes, tant pour lui que pour moi.
J’ai découvert que Léon était aussi un très bon compagnon de marche. Avec le mauvais temps que nous avons connu ces derniers mois, impossible de faire des travaux agricoles dans de bonnes conditions, alors j’ai décidé que nous irions marcher afin d’essayer le bât. Je n’ai pas de bât ici mais j’ai essayé de lui mettre de petites charges sur le dos pour qu’il s’y habitue et cela n’a jamais posé problème. Je me suis aussi amusée à lui monter dessus, ce qu’il a très vite accepté aussi.
Castré en décembre 2019, il a passé un mois sans travailler. Depuis janvier, nous arrivons à programmer du travail, notamment du débardage, qui est, selon moi, l’une des activités agricoles les moins répétitives.
J’espère pouvoir le mettre au labour ainsi qu’à l’attelage cette année. A terme, j’aimerais pouvoir travailler notre (petite) vigne, pouvoir nettoyer mes haies et mes arbres sur la ferme avec lui, et aussi avoir un minimum de production en pommes de terre, maïs, haricots blancs que nous pourrions entretenir ensemble.
J’aimerai avoir le plaisir futur d’échanger avec vous, les autres bouviers, tant sur le travail que sur la joie de passer du temps avec nos compagnons.
Claire.
Une grande première depuis plus de deux mille ans. C’est au mois d’Août qu’ont lieu les fêtes de Grannos chez les Lemovices, peuple gaulois du Limousin, sur l’oppidum de Coriobona dans la vallée de l’Issoire.
Coriobona est un village reconstitué, grandeur nature avec une ferme aristocratique fortifiée, où l’on peut découvrir la vie au quotidien des Gaulois lors du I er siècle avant J.-C., celle de l’artisanat, des guerriers et des marchands (Cliquez ici pour voir). C’est avec leur chef Eporenos (Monsieur Boos Patrick) restituteur et de toute la troupe des Gaulois d’Esse que va se dérouler la moisson.
Ce n’est pas la première fois que j’interviens sur ce site puisqu’en automne 2017 avec Solène Gaudin nous avons participé au tournage d’un documentaire « Le vrai visage des Gaulois », où nous avions réalisé un labour à l’araire gauloise, avec deux bœufs vosgiens.
Cette fois-ci, il s’agit de la moisson avec le vallus, la moissonneuse gauloise, dont la représentation a été trouvée en Gaule Belge.
C’est une première pour cette reconstitution avec un bœuf vosgien.
D’autres essais avaient été réalisés avec un cheval ou un âne et même avec des hommes. La réalisation de la moissonneuse n’est pas seulement du folklore « à la gauloise » pour le grand public venu passer la journée sur ce site, mais c’est surtout une restitution grandeur réelle avec deux archéologues, Sammy Benmakhad doctorant archéo-agronome, et Stéphane Gaudefroy, de l’INRAP et céramologue, venus pour l’occasion.
Le vallus a été réalisé par Patrick Boos d’après des sculptures, et de deux textes antiques de Pline et de Columelle.
Le vallus est tout en bois: c’est une caisse avec, à l’avant, un peigne qui vient cueillir les épis d’épeautre, et à l’arrière des brancards dans lesquels on vient loger le bœuf. Ce vallus est connu par les Gaulois dans le nord de la France, en Belgique, et en Allemagne, lieu de grandes cultures où l’on cultive l’épeautre et le millet.
Paradoxalement, c‘est une machine tractée, mais où « l’outil » est devant le boeuf.
A l’arrière, un homme qui tient le vallus règle la hauteur de coupe. A l’avant, un homme rabat les épis vers le peigne.
Cette moisson va se faire avec Tino, bœuf vosgien de quatre ans, dressé au menage en solo par l’arrière. Là, on n’a pas mis la charrue avant le bœuf, mais le vallus.
Il a donc fallu apprendre à Tino à tirer pour pousser l’outil. Lors de la préparation et pour la présentation, je suis aidé par Emile qui sera à la manœuvre du vallus mais aussi par Elian qui sera rabatteur.
Tino est un bœuf qui apprend vite même si la manœuvre est délicate pour lui.
Il faut qu’il tire le vallus pour qu’il avance, qu’il apprenne à le faire tourner et à faire demi-tour sur place. Pour cela, on a fabriqué un vallus d’entraînement, un essieu, une caisse, et des brancards. Le valllus doit être équilibré car le bœuf tire et Emile doit tenir les brancards pour tenir la direction mais n’avoir aucun poids à porter. Tino pousse bien l’outil, il faut maintenant le faire tourner, ce qu’il réalise assez bien, puis faire demi-tour sur place. Après une heure d’entraînement, on sait que Tino va pouvoir réaliser la moisson.
Fin Juillet, Emile, Tino et moi nous nous rendons à l’oppidum de Coriobona, où nous retrouvons Patrick Boos qui va nous montrer le vallus avec lequel nous allons travailler. On garnit Tino puis on le met dans les brancards. C’est Patrick qui se place à l’arrière pour la direction, puis l’on fait marcher Tino. Il effectue des lignes droites et des demi-tours. Tout se passe comme à l’entraînement.
Nous sommes prêts pour la moisson.
Enfin, les grands jours arrivent, les visiteurs sont là en nombre et certains sont venus spécialement pour voir un bœuf travailler, suite à l’annonce faite sur le blog de Michel Nioulou : « Attelages Bovins d’aujourd’hui ».
Après la présentation du vallus et de Tino dans l’hémicycle du village, on se rend dans le champ où l’on doit moissonner l’épeautre, accompagnés des Gaulois du village et des archéologues.
C’est un grand moment de l’Histoire que l’on va reconstituer, avec des gestes autrefois quotidiens que l’on va réaliser dans l’idée de les redécouvrir. Tino est prêt, tout le monde attend ses premiers pas dans le champs. C’est parti, Tino pousse ou tire et Patrick rabat les épis vers le peigne du vallus. Les premiers épis tombent dans la caisse. Le vallus fonctionne, la moisson se déroule comme il y a deux mille ans. On peut voir la satisfaction des reconstituteurs, des Gaulois d’Esse, des archéologues, et de Patrick qui a fabriqué le vallus, des bouviers, qui ont tous le sentiment de vivre une grande première.
Maintenant que l’on sait que ça marche, cette reconstitution permet aussi de faire quelques modifications sur le vallus afin d’améliorer la récolte mais c’est aussi ce qu’ont dû faire les Gaulois de l’époque.
Ces journées étaient plus que de la simple démonstration, elles vont permettre de continuer les recherches et les études à venir, montrer au public le travail de la traction bovine, expliquer le futur à travers le passé. Mais nous sommes « aujourd’hui » , au temps où l’on se pose toutes ces questions sur notre avenir, notre agriculture, nos énergies, nos sols, mais aussi sur notre travail avec les animaux….
La moisson se termine sous les applaudissements du public! Alors merci à tous ces gens d’être venus redécouvrir notre passé, merci à Patrick Boos, aux Gaulois d’Esse, aux archéologues. Merci à Solène Gaudin pour son travail en amont, à Michel Nioulou pour son blog qui aide à communique. Merci à Tino, premier bœuf à pousser le vallus depuis deux mille ans. Un grand merci à Emile et Elian pour les heures de préparation de dressage. Comme toujours chez les Gaulois, c’est avec un banquet que s’achève la fête de Grannos.
Emmanuel Fleurentdidier
Bosognatos « celui qui connaît les bœufs »
Contact :
les Gaulois d’Esse, le pont Binot, 16 500 ESSSE
Je vais essayer de vous écrire un article sur mes expériences « bovines. »
Passionnée d’équins dès mon plus jeune âge, j’ai acquis mon premier cheval à dix ans, un vif Camarguais destiné au triage des taureaux. Je suis d’abord cavalière, fascinée par les animaux de travail, et j’ai passé un Certificat de Spécialisation pour le métier de Cocher en 2006 au CFPPA de Montmorot, suite à un voyage en attelage qui avait débuté dans le Minervois et s’était achevé dans le Jura.
J’ai suivi la formation en réalisant des stages dans diverses fermes, en différents lieux (Belgique, Ariège, Pyrénées-Orientales, Jura, etc…). Entre-temps, je me suis occupée du petit troupeau de la maison, trois mules et quatre chevaux, et j’ai pu expérimenter différentes attitudes et aptitudes de ces agréables compagnons.
Les mules ont une énergie qui me dépasse par moment, ayant de très jeunes enfants à cette époque et n’étant pas disponible à cent pour cent. Les chevaux de trait manquent de régularité dans le travail de la terre (ce qu’ils ont fini par acquérir avec le temps !) et on me conseille régulièrement les bovins !!
L’histoire du boeuf a donc commencé avec l’arrivée de Mireille et Niko, des éleveurs-voyageurs qui, cherchant un lieu pour fabriquer un « travail » afin de ferrer leurs vaches, se sont arrêtés à la maison quelques jours.
Partis des Pyrénées-Atlantiques pour se rendre dans les Alpes, où une estive les attendait, ils ont fait une halte de plusieurs jours, ce qui m’a permis de leur faire part de mon « coup de coeur » pour Nougaï, leur jeune veau Béarnais.
Et puis, les voyageurs sont repartis, sept mois se sont écoulés, et la vie a continué lorsqu’un coup de fil inattendu est arrivé disant ceci: « Viviane, ton veau est sevré, il t’attend dans le Vaucluse ! »
Partagée entre le doute et l’envie, je pars avec mes deux filles enchantées chercher Nougaï, déjà costaud, qui rentre tout juste dans le petit van qu’on m’a prêté pour l’occasion. A l’aise avec la bourrellerie, j’ai pu, avec mon rouleau de cuir, réaliser un licol sur mesure.
Nougaï est arrivé fatigué et perdu dans son nouveau chez lui : une belle clôture deux fils et un box de trois par trois l’attendaient (il semblait tout petit). Rapidement je lui mets une brave jument de trait pour lui tenir compagnie et prends un rendez-vous avec le vétérinaire pour la castration (étape délicate). Nous allons le voir, le brosser presque tous les jours afin qu’il s’habitue à nous, il est content de nous entendre arriver, fort démonstratif, il meugle et nous suit le long de la clôture lorsqu’on part.
Et puis très vite, j’ai commencé à vouloir faire des promenades au licol, et de loin, impossible de savoir qui mène qui, et puis, petit à petit, plus de doute, c’est moi qui le mène. Il tient à l’attache et monte dans le camion sans difficulté.
Mes deux filles et moi décidons de partir à la Mer, cinq jours de balade, une jument pour soulager mes deux filles et le boeuf bâté pour porter nos affaires, ainsi que la marche pour tisser la confiance et le voyage pour tester nos envies et notre tenacité.
Le voyage est magnifique, l’accueil que suscite notre petite tribu me « bluffe », la présence du boeuf surprend, le saugrenu du projet amuse les gens et la présence de Nougaï pousse au respect.
La bienveillance naît grâce à la présence de mes deux filles et du boeuf, j’en reste complètement stupéfaite !
De retour de ce petit périple, j’entreprends d’atteler Nougaï, il accepte le harnais sans souci, étant déjà habitué à l’attache sur une chaîne de six mètres cinquante, il n’est pas surpris par le contact des « traits » qui viennent régulièrement dans ses pattes. Il tire très vite son pneu par monts et par vaux, les enfants se régalent de descendre et monter sur celui-ci, et rient sans arrêt, oubliant même la présence de l’animal.
Le convoi est heureux et l’entreprise a fonctionné parfaitement. J’essaye par la suite de le mener avec les longues rênes plutôt qu’à la tête, ce qui le déstabilise un peu dans les premiers temps et qu’il accepte par la suite. Je nous sens donc prêts pour « tenter » le Grand Jour, le jour où nous allons mettre Nougaï dans les brancards devant l’attelage agricole 4 roues. J’ai toujours une bonne montée d’adrenaline à ce moment-là, ayant déjà essuyé quelques départs dynamiques. Je choisis une petite route légèrement montante sur laquelle le boeuf n’aurait pas trop à tirer. Les premiers trois cent mètres vont bien, et puis une légère descente provoque le contact de « l’avaloir », surprenant Nougaï qui se met au trot. Cela m’ oblige à lâcher les seuls liens qui nous unissent. Nougaï rentre dans un grand pré longeant la route, galope, pour finalement s’arrêter, essoufflé. Il nous attend, inquiet.
Nous reprenons donc les « commandes » et repartons jusqu’à la maison bien tendus mais quand même satisfaits par cette première sortie. Quelques jours après, nous reprenons le boeuf entre deux barres en bois et reculement serré afin de le désensibiliser, nous faisons plusieurs sorties en le contraignant régulièrement, ce qu’il accepte petit à petit.
Par la suite, nous sommes repartis avec un attelage tiré par une jument et le boeuf monté ou bâté vers l’Ariège par la Voie Verte (Mirepoix-Foix-Saint Girons). Ce voyage nous permet de déménager certains animaux vers notre prochaine destination, car nous allons nous installer sur la Ferme des Moulis (09290 Camarade).
Nous n’avons pas ré-attelé le boeuf sur ce périple comme il était prévu, car nous avons rencontré sur notre chemin trop de marcheurs et de cyclistes en cette période estivale. De plus Nougaï est vite sensible des pieds et cherche rapidement à marcher sur le bas-côté.
Pour les connaisseuses et les connaisseurs, vous comprendrez très vite que ce genre de périple avec un bovin créait des « noeuds administratifs » plutôt désagréables. J’avais pris soin avant de partir de faire faire à Nougaï une prophylaxie (une prise de sang) pour pouvoir prouver au cas où, que mon animal n’était pas porteur de maladies contagieuses, mais la démarche est apparue incomplète et on me culpabilisa d’avoir mal fait, la bonne démarche étant de créer un nouveau « Cheptel », d’obtenir un nouveau numéro afin d’être enregistré en Ariège, de procéder à une première prophylaxie quinze jours avant « l’introduction »(dans le cheptel nouvellement créé) et de faire une seconde prophylaxie quinze jours après « l’introduction ».
Ces démarches n’ayant « ni queue ni tête » me concernant, puisque mon cheptel n’est composé que d’un seul bovin, je contacte donc la Chambre d’Agriculture de l’Aude afin de faire passer Nougaï pour un animal « forain » voué au nomadisme. J’attends encore leur réponse bien que je commence à me dire que je vais sûrement chercher une autre maison pour Nougaï afin qu’il travaille davantage.
Alors voici la vraie raison de cet article : Je cherche une bonne maison pour Nougaï !! Une maison où il ne finira pas en steaks tout de suite, car ça tout le monde peut s’en occuper et c’est une prédiction qu’il a déjà assez souvent entendue ! Nougaï est sensible, heureux et loyal, c’est un animal de coeur qui donnera sans compter car il a appris à aimer l’humain et ça … ce n’est pas une évidence pour tous les êtres vivants !!
Si vous êtes prête ou prêt à l’aimer, venez le voir et … peut-être deviendra-t-il votre compagnon de vie et de travail comme il l’a été pour nous. Je serais par ailleurs intéressée pour terminer d’atteler Nougaï à la quatre roues, et serais prête à rémunérer une personne pour venir à la maison une semaine afin de le travailler à deux.
Viviane Dautais