Cette articles rassemblent des liens utiles pour ceux qui s’intéressent à la traction bovine.
On y trouve des personnes, associations, des structures de formation, du matériel, des documents de référence…
Si vous remarquez un lien inactif ou que vous souhaitez en partager un nouveau, faites-le nous savoir. Cette article ne demande qu’à s’enrichir avec le temps et les contributions de chacun.
Voici la thèse réaliser par Maurice Miara ainsi que la vidéo de la soutenance « Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne » en 2025 qui nous a autorisés le partage.
N’hésitez pas à contacter l’auteur pour plus d’informations sur son travail ou d’éventuels collaborations. Par ailleurs, si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à contacter le réseau Cheval & SHS, plusieurs chercheurs et doctorants travaillent sur ces sujets.
Résumer :
Dans un contexte de prise en compte des enjeux environnementaux, de nombreux agriculteurs écologisent leurs pratiques et s’orientent vers une agroécologie forte. Se développant sous des formes alternatives, ils remettent en question le productivisme, et interrogent nos rapports à la croissance, à la modernité et au progrès. Parmi ces pratiques agricoles alternatives, la traction animale connait un regain d’intérêt et évite de nombreux écueils de l’agriculture conventionnelle. Bien que cette pratique demeure marginale et soit perçue comme folklorique, nous constatons une augmentation du nombre d’installations, notamment des néo-paysans en maraîchage et en viticulture.Ce travail vise à analyser le potentiel de la traction animale agricole en France à s’inscrire comme une pratique durable et moderne dans une perspective de transition agroécologique. En s’appuyant sur l’agronomie systémique, en particulier sur le cadre de l’analyse de pratique, 67 entretiens ont été menés, dont 33 fermes. L’objectif est de comprendre les caractéristiques de la pratique, d’évaluer la durabilité des fermes la mobilisant et d’analyser les conditions de son développement.Les agriculteurs rencontrés sont majoritairement des néo-paysans, animés par une quête de sens et des motivations politiques et de passion pour les équidés. On observe une prédominance de petites fermes, engagées vers une forte écologisation de leurs pratiques. La traction animale occupe souvent une place centrale dans ces systèmes, guidant les choix stratégiques et permettant d’affirmer l’identité paysanne du projet. C’est une forme de coproduction avec le vivant. Par ailleurs, les fermes évaluées à l’aide de la méthode IDEA4 présentent des scores élevés de durabilité, en particulier pour les dimensions agroécologiques et socio-territoriales. Même dans la dimension économique, les fermes ont des résultats équivalents à la moyenne, démontrant la viabilité de ces modèles.Pour autant, la traction animale peine à émerger comme une pratique reconnue et crédible. Les tensions entre les différents acteurs de la communauté de pratique, combinées à son caractère marginal, participent à son invisibilisation. Son utilisation s’inscrit pourtant dans une forme d’innovation, la rétro-innovation, et apparaît comme moderne et durable afin de répondre aux défis de la transition agroécologique.Cette thèse analyse ainsi la réappropriation d’une pratique ancienne par des paysans engagés dans une écologisation de la société, redéfinissant nos rapports aux vivants et s’inscrivant dans une modernité alternative et durable. Les résultats soulignent la pertinence de cette forme d’agriculture alternative et son inscription au sein de la transition agroécologique.
Maurice Miara. Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne. Géographie. Université de Toulouse, 2025. Français. ⟨NNT : 2025TLSEJ030⟩. ⟨tel-05294495⟩.
Soutenue publiquement et enregistrée à l’Institut Agro, amphithéâtre Camille Moule, Rennes :
Ecole doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures. UMR LISST-DR.
Financements : ANRT, CS Filière équine, Fonds éperon. Convention Cifre avec l’Institut national des équidés de travail.
Direction de thèse : M. Mohamed GAFSI, Directeur de thèse, ENSFEA M. Philippe BOUDES, Co-directeur de thèse, L’institut Agro Rennes-Angers Jury : M. Michel STREITH, Président, Université Clermont Auvergne Mme Claire LAMINE, Rapporteure, INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur Mme Estelle DELEAGE, Rapporteure, Université de Caen Normandie Mme Soazig DI BIANCO, Examinatrice, L’Ecole supérieure des agricultures M. Christian MOUCHET, Examinateur, Institut Agro Rennes-Angers.
Table des matières :
Chapitre 1. La traction animale, état des lieux d’une réappropriation marginalisée
I. Caractéristiques et enjeux de la traction animale II. L’impensé de la traction animale : un trou noir de la recherche III. Problématique et questions de recherches
Chapitre 2. Une approche systémique qui saisit l’ensemble de la traction animale. Analyse de pratique, repaysannisation, agroécologie et rétro-innovation
I. L’agronomie systémique : cadre méthodologique II. Le cadre de l’agronomie systémique amendé : une approche de l’opportunité et de la modalité III. Approche de l’efficacité par l’évaluation de la durabilité IV. Comment objectiver le développement d’une innovation paysanne ?
Chapitre 3. Démarche et méthodologie
I. Un échantillonnage à plusieurs niveaux : présentation des corpus II. Une méthode de collecte principalement qualitative et basée sur l’entretien III. De la singularité à la montée en généralité : traitement des données brutes
Chapitre 4. Mobiliser la TA, un marqueur identitaire ?
I. Des néo-paysans en quête de sens II. Les raisons de l’adoption de la pratique : des volontés personnelles et politiques III. La traction animale s’insère dans des projets de production agroécologique IV. Modalité de la pratique : Dans quels modèles agricoles s’insère la traction animale ? V. Coproduire avec un autre être vivant : l’attraction animale VI. Des choix stratégiques graduels par rapport à la pratique
Chapitre 5. Des systèmes de production agroécologiques et durables
I. Avant-propos sur l’usage d’IDEA4 au sein de ce travail II. Des fermes avec des performances agroécologiques élevées III. Une implication socio-territoriale forte IV. « Ça ne doit pas être très rentable quand même ». Analyse des performances économiques V. Caractéristiques générales de la durabilité des fermes en traction animale
Chapitre 6. Analyse des conditions de développement de la pratique
I. La nécessaire structuration des acteurs de la pratique II. « C’est nous le futur ». Revendiquer la modernité III. Dépasser les contraintes spécifiques à la traction animale
Chapitre 7. Discussion générale
I. Une approche d’agronomie systémique qui positionne la traction animale dans le champ des pratiques paysannes II. Une proposition de société sympoiétique, durable et moderne III. Quelles perspectives pour la traction animale ?
La fiche technique « Bien réussir la manipulation des bovins: percevoir, comprendre, communiquer » transmet les bases des perceptions sensorielles et de l’apprentissage des bovins domestiques et montre comment les éleveurs d’un cheptel peuvent créer une relation positive avec leurs bovins.
Pages : 28Authors : Johanna Probst, Anet Spengler NeffPublisher(s) : FiBLYear of publication : 2024Publication Format : Technical guideVersion : Professional print / DownloadLanguage : FrenchDOI : 10.5281/zenodo.10694029Item no. : 1659
Le point sur les harnais pour la traction animale est un ouvrage pratique qui présente les différents types de jougs et de harnachements utilisés. Des illustrations et des explications montrent comment ils sont conçus et utilisés.
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L’énergie animale constitue avec l’énergie humaine l’essentiel de l’énergie employée en agriculture dans les pays en voie de développement.
Mais comment utiliser au mieux cette énergie ?
Dans un premier temps, il nous a donc semblé important de synthétiser les informations disponibles sur l’évolution historique de l’attelage et sur la conception des harnais en Occident et particulièrement en France ; nous verrons par ailleurs les limites aux possibilités de transfert de la technologie française de fabrication des harnais pour les pays en développement.
Dans un second temps, nous nous consacrerons essentiellement aux harnais pour bovidés et équidés à usage agricole. Une référence particulière sera faite aux camélidés au chapitre Modèles et plans de fabrication.
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SOMMAIRE
INTRODUCTION
DEFINITIONS
Attelage et harnais
Rôle des harmais dans la composition de l’effort de traction
Lexique
HISTORIQUE EN FRANCE
L’Antiquité
Du Moyen Age au XVIème siècle
Du XVII au XIXème siècle
Le XXème siècle
TYPOLOGIE
La fonction de l’attelage
Le mode de transmission des forces
Exemples
ETUDE THEORIQUE DU TRAIT ET DES HARNAIS
Les bovides
Les équidés
Les attelages multiples
Traction animale pour l’élevation de l’eau
CONCEPTION
Utilisation du harnais
Règles générales
Conception et fabrication des harnais en France
Conclusion
MODELES ET PLANS DE FABRICATION
Harnais pour bovides
Harnais pour équidés
Harnais pour camélidés
Attelage multiple
Choix des matériaux
POSE DU HARNAIS ET GUIDAGE
Pose du harnais
Le guidage
LES BLESSURES PREVENTIONS ET SOINS
Prévention
Soins
DES EXPERIENCES ET DES COMPETENCES
Information sur les harnais en France
Information sur les harnais pour les pays en développement
Jarmi / Yokes est une monographie scientifique publiée en 2024 par le Musée ethnographique slovène (Slovenski etnografski muzej).
Titre : Jarmi / Yokes
Auteur : Inja Smerdel
Éditeur : Slovenski etnografski muzej (Musée ethnographique slovène)
Date de publication : 2024
Langues : slovène et anglais
ISBN : 978-961-6388-95-5 / 961-6388-95-9
Droits : Tous droits réservés
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Ce livre, rédigé en slovène et en anglais, porte sur les jougs (jarmi), outils traditionnels en Slovénie utilisés pour atteler les bovins, principalement les bœufs. Il présente l’histoire et les types de jougs, en abordant aussi leur fabrication et leur rôle culturel, notamment dans les traditions paysannes.
La travail qu’a réaliser l’autrice se compose de trois parties : la première partie traite de questions théoriques et historiques, la deuxième partie présente des résultats comparatifs sur les jougs, avec une analyse de la collection du SEM et d’autres découvertes sur le sujet, et la troisième partie se concentre uniquement sur les bœufs et les relations homme-bœuf (d’après ses recherches sur le terrain) ; entre la matière et le spirituel, la terre et le ciel, des processus de travail quotidiens, leur place dans les contes populaires, etc. Le musée a décidé de ne publier que la deuxième partie, que vous avez maintenant sous la main sous le titre JARMI / YOKES. La monographie complète est également en attente de publication (probablement l’année prochaine), hélas ! uniquement en slovène…
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Voici le document PDF du livre pour consultation directe.
Impacts du matériel de traction sur les os et articulations du bovin
En bleu (sur les illustrations) : les zone qui seront impactées par le matériel de traction.
Collier :
– Cervicales basses
– Garrot
– Sternum
– Scapula (omoplate)
– Articulation scapulo-humérale
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Joug de garrot :
– Cervicales basses
– Garrot ++
– Sternum
– Ligament nuchal +
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Joug de cornes
– Crâne
– Atlas (1er cervicale)
– Ligament nuchal
– Bourses atloïdienne et axoïdienne
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Impacts du matériel de traction sur les os et articulations du bovin
Collier :
– Brachio-céphalique
– Omo-transversaire
– Sterno-céphalique
– Dentelé du cou
– Rhomboïde
– Trapèze cervical
– Fascia cervical
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Joug de garrot
– Dentelé du cou
– Rhomboïde
– Trapèze cervical
– Splénius
– Semi-épineux
– Longissimus
– Fascia cervical
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Joug de cornes
– Muscles de la nuque
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Autre impact du matériel de traction bovine
Le collier et le joug de garrot pourront également avoir un effet sur la trachée et l’œsophage en les compriment ou du moins sur les fascias qui les entourent. Ils pourront également impacter le nerf phérique, nerf moteur du diaphragme (principale muscle de la respiration).
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Impacts du travail de traction en duo sur le bovin
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Les principaux impacts se feront sur les structures suivantes :
– Nuque
– Scapulas (omoplates) et muscles s’insérant dessus
– Charnière cervico-thoracique et nerfs qui en proviennent
– Bassin, muscles s’insérant dessus et nerfs qui en proviennent
Le bien-être de votre animal au quotidien forge sa vitalité de demain.
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Laurie Menu (OA 1282)
David Menu (OA1284)
Osthéopathe pour animaux
Depuis 2017, les ostéopathes animaliers non vétérinaires doivent être inscrits au Registre National d’Aptitude (RNA) et avoir un numéro OA pour exercer légalement.
La pratique de l’ostéopathie animal en l’absence d’inscription à ce registre expose à des poursuites pour exercices illégal de la médecine vétérinaire. Les ostéopathes animaliers non inscrit au RNA ne sont pas couvert par les assurances.
L’archéologue amateur passionné et engagé Henri Pellegrini (Membre de (l ‘IPAAM) Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes. Membre de (l’ASER centre Var). Président Honoraire d’ARCHEAM, Cercle d’Histoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes)
nous fait le grand privilège de nous accorder une seconde publication avec un texte sur les araires, paru dans le N° 1 de la revue Archéam, (Janvier 1994).
Il s’intéresse principalement aux peintures et gravures rupestres du monde entier, en archéologie.
Son attention est surtout d’analyser le mode d’harnachement et les caractéristiques des animaux et engins tractés, travois, chars, chariots, ainsi que les instruments aratoires utilisés depuis le néolithique à nos jours.
Merci à Cozette Griffin-Kremer pour son article et pour le lien avec l’AIMA et ainsi nous permettre de reprendre cet article complet en Français. Michel Nioulou ABA.
Les index en gras soulignés sont des liens que vous pouvez ouvrir en cliquant dessus
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Le « Draft Cattle Symposium » au Laboratoire de Plein-Air Lauresham sur le Site UNESCO de l’Abbaye de Lorsch en Allemagne, 8-10 Mars 2024
Voir des vues aériennes et autres vidéos de la rencontre en cliquant ICI(Courtoisie Lauresham et Arbeitsgruppe Rinderanspannung) i
Cette rencontre était le produit de convergences entre divers acteurs et réseaux intéressés par les bœufs de trait de par le monde. Partenaires officieux depuis plus de vingt ans, le réseau français autour du noyau de communication « Attelages Bovins d’Aujourd’hui » ii et le « Groupe de Travail Attelage Bovin allemand » iii se sont enfin rencontrés en masse. Tout un contingent de Français ya participé, pour assurer des démonstrations d’équipementiers, de travail avec des bœufs, des arts des jougtiers, ou pour présenter une communication, participer aux débats et contribuer à l’importante exposition de jougs. C’était aussi le moment pour rendre hommage à Laurent Avon, inventeur des recensements des ateliers encore au travail en France et il se serait régalé.
Les participants entourent deux des vedettes. (Photo C. Griffin-Kremer)
Les Français se sont retrouvés à côté de bouviers et de bouvières d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, entourés d’experts de la traction bovine : archéologues (surtout archéo-ostéologues), historiens, éthologues, animateurs de traction bovine au sein de musées de plein air et autres sites historiques, équipementiers, décideurs politiques du Land de Hesse, journalistes. Les réseaux des associations telles l’AIMA (Association Internationale des Musées d’Agriculture iv ), l’ALHFAM (Association for Living History, Farming and Agricultural Museums v ) et EXARC (regroupement de musées de plein-air d’archéologie expérimentale vi ) , dont les faisceaux sont entremêlés depuis des années, y ont contribué : participants, publicité et … jougs.
Claus Kropp, directeur de Lauresham, a relevé le défi d’organisateur ce congrès mondial hybride : 120 participants sur place, 26 en ligne, 20 pays représentés pour se réunir durant un long week-end consacré au passé et à l’actualité de la traction bovine dans ce site UNESCO Kloster Lorsch. Grâce aux moyens et à la mission du Laboratoire de Lauresham – reconstituer et montrer au public la vie quotidienne de la communauté entourant une grande abbaye autour de l’an 900 – le site a pu recevoir non seulement les participants, mais un public de plusieurs milliers de visiteurs.
Gravure de Kloster Lorsch et de la ville vers 1615 par Matthaeus Merian, DE Wikipédia, domaine public vii
Site longtemps abandonné, qui occupe aujourd’hui un rang public régional et national, l’abbaye a abrité pendant des siècles un scriptorium renommé dont les manuscrits sont actuellement dispersés dans des bibliothèques de recherche. Pour rappeler ce passé d’érudition et d’éducation, le catalogue de l’exposition de jougs montre un passage du Codex de Lorsch contenant le mot latin pour le joug, iugum. viii Le village reconstitué sur la base des fouilles archéologiques est le lieu consacré aux travaux des saisons, aux champs et en forêt, aux métiers d’époque et aux programmes actuels d’éducation. Il possède son propre centre d’exposition et d’activités, un modèle de construction durable, tandis que le musée de l’abbaye dispose de vastes espaces pour accueillir des congrès et d’autres rencontres.
Vue partielle du village médiéval de Lorsch reconstitué (Photo Cozette Griffin-Kremer)
L’auditorium principal du musée (Photo Lauren Muney)
Ed Schultz, délégué venu du site historique américain de Colonial Williamsburg, à la présentation de son affiche (Photo Lauren Muney)
Claus Kropp est depuis longtemps membre de l’EXARC (musées de plein air d’archéologie expérimentale), donc la première tranche de communications était consacrée aux archéo-ostéologues. En fait, il y avait un tel afflux de propositions pour toutes les séances, qu’une partie d’entre elles a dû avoir lieu éventuellement l’utilisation de posters dans le foyer du musée, toujours consacrés à la traction bovine ou au bien- être des animaux : la préparation de mortier de construction, le maraîchage au Canada, la production laitière plus humaine, surtout la préservation des savoir-faire des bouviers de par le monde et tant d’autres. La diversité des intervenants était particulièrement impressionnante : un photographe professionnel roumain qui consacre son travail à la vie traditionnelle en voie de disparition ou un ingénieur ougandais qui a fondé une association pour promouvoir le bien-être animal et humain par l’utilisation d’instruments de labour plus ergonomiques, à côté de pratiques agricoles plus soutenables.
Une des visites guidées des vestiges de l’abbaye bénédictine (Photo Lauren Muney)
La Direction du site de l’abbaye a tenu à rendre accessible aux participants du Symposium la totalité de son musée : l’exposition permanente sur les fouilles archéologiques, qui sont toujours en cours, et le Musée du Tabac qui traite de l’histoire de la production et de la consommation du tabac, autrefois un pilier de l’économie locale. Un groupe de volontaires a même repris l’activité pour préserver le patrimoine des techniques et des variétés.
Aperçu des chefs-d’œuvre en écume de mer (écume de mer) au Musée du Tabac ix (Photo C. Griffin-Kremer)
La ville de Lorsch possède de nombreuses maisons à colombage et l’héritage architectural fait partie intégrante de la triple mission du site, expliquée par les affiches « Wir in Lorsch » (« Nous à Lorsch ») : valoriser les activités des habitants autant que la région, poursuivre l’utilisation soutenable et innovatrice de la terre, promouvoir un sens de communauté régionale.
De nombreuses activités étaient proposées pendant la journée réservée aux participants au congrès : les travaux des champs (rayage, labours, hersage, semis), de forêt (débardage), ou de transport, utilisant des véhicules d’époque, reconstitués, tractés par des bovins.
Participants lors des démonstrations, avant d’ôter leurs vestes (Photo Lauren Muney)
Exemple d’un rapport humain-animal à Lauresham, le gros câlin, mais aussi une attention de tout instant à la sécurité du personnel et du public (Photo C. Griffin-Kremer)
Une des charrettes reconstituées avec quelques-uns des jougs utilisés (Photo Daniel Viry)
La présence de plusieurs spécialistes du comportement bovin (et humain…) a représenté un point particulièrement prisé par les participants. Les bouviers et bouvières d’aujourd’hui tiennent à établir des relations de coopération et d’affection avec leurs partenaires de travail. Comme le soulignait Claus et les autres participants venus du monde des musées, une toute première étape dans le dressage des bovins est d’obtenir qu’ils restent sans bouger lorsqu’une personne se rencontre directement devant eux, en principe une pure provocation, mais aussi un exploit qui doit rester invisible pour être efficace. Ainsi, le grand public, des gens si admirateurs des bœufs de Lorsch, ignore totalement une grande part du travail investi pour leur plaisir et leur sécurité.
La journée « professionnelle » a permis la présentation et l’utilisation des équipements actuels pour la traction bovine, chevaline et asine, tels ceux du groupe français PROMMATA, x particulièrement prisés pour le maraîchage, ou ceux du groupe luxembourgeois Schaff mat Päerd xi (Travaille avec des Chevaux), tous deux dédiés au développement de produits ergonomiques pour les utilisateurs comme pour les animaux. Un des points forts de la journée « pro » était l’examen des outils reproduits par les forgerons et les tourneurs du musée sur la base d’objets trouvés lors des fouilles, par exemple, du puits principal de l’abbaye. Les guides ont aussi pris le temps d’expliquer la reconstitution des granges surélevées et des fameuses « pit-houses » (habitations semi-souterraines) du village médiéval.
Présentation de l’équipementier PROMMATA : André Kammerer (Alsace) et Daniel Viry (bouvier venu du travail de débardage à cheval), Pascal Durand (Photo C. Griffin-Kremer)
Les travaux pratiques, utilisant le même outil tiré par un des gris rhétiques de Gerd Döring du Groupe de Travail Attelage Bovin allemand (Photo C. Griffin-Kremer)
Présentation par Paul Schmit de l’équipementier luxembourgeois Schaff mat Päerd (Photo C. Griffin-Kremer)
Schaff mat Päerd distingue ses prototypes (en jaune) des instruments déjà commercialisés (en vert) (Photo C. Griffin-Kremer)
Le dimanche suivant les deux jours de colloque était consacré au public, la réouverture gratuite du musée pour la belle saison. Les organisateurs espéraient attirer 2 000 entrées, mais il y avait plus de 3 000 visiteurs, enchantés par les travaux avec les bœufs, les vaches et les chevaux, ainsi que par les activités pour les enfants, tels l’atelier de tissage à tablettes, ou la « voie » de la laine, du cardage à la couture.
L’attelage de chèvres du Laboratoire de Plein-Air Lauresham (Photo L. Muney)
Le bouvier alsacien Philippe Kuhlmann en train de débarder avec des bœufs de race Vosgienne de Lauresham, attelées au joug à coussins intégrés qu’il a lui-même inventé (Photo Astrid Masson)
Démonstrations par les bénévoles du musée de toute la chaîne de production des textiles en laine (Photo L. Muney)
L’atelier pour enfants de tissage à tablettes dans le centre multi-activités de Lauresham (Photo C. Griffin-Kremer)
Inauguration de l’exposition sur les jougs « Yoke – Joug – Ayoko / Une histoire culturelle du joug à travers les millénaires », 10 mars-28 avril 2024 (Photo C. Griffin-Kremer)
L’un des points forts dépendant des communications en salle et l’exposition sur les jougs était la vidéo préparée par le Slovene Ethnographic Museum (SEM) sur le processus de conservation d’un joug très utilisé, du moment de sa donation au musée jusqu’à ‘à son transport à Lorsch pour prendre sa place dans l’exposition. Il ne manquait effectivement pas grand-chose concernant les types de joug venus de 15 pays : du joug chinois à fourche aux toutes dernières expérimentations d’un joug combiné sur la base du collier réglable à trois points, le tout représenté méticuleusement dans le catalogue.
La pièce centrale de l’exposition
Un même jeu exposé et illustré dans l’essai photographique de la vie traditionnelle en Roumanie proposé par Vlad Dimitrescu, collaborateur régulier de Lauresham / Lorsch. XII
Il y avait bien entendu les débats sur les races bovines les plus aptes pour le travail, enrichis par la visite des bouviers galiciens d’Espagne, qui en ont fait une partie importante de leur campagne en faveur de la reconnaissance de leur patrimoine régional auprès de l’UNESCO.
Un Gris rhétique avant le débardage (Photo D. Viry)
L’Allemand Gerd Döring avec ses deux Gris (Photo L. Muney)
Lauresham utilise toute une étable de Gris Rhétiques ainsi qu’une paire de Vosgiennes et des Rotvieh (Rouges). Le Groupe de Travail Attelage Bovin allemand a amené des Gris supplémentaires, une course aujourd’hui promue pour le triple usage (lait, viande, traction). xiii Ils ont travaillé tout à côté du stand pour la promotion de la race xiv et celui du GEH, le groupement allemand dédié à la conservation des courses à petits effectifs en général. XV
Matthias Höwer derrière son Fritz, Glanrind ou Rotvieh (Photo C. Griffin-Kremer)
La table de présentation des peluches, « best-sellers » de la boutique de Lauresham, modélisées sur la paire originale de Gris de Lauresham, Darius et David (Photo L. Muney)
Pour rappeler la fragilité des efforts de conservation des races et l’attachement des bouviers à leurs bêtes, la séance de débardage en forêt devait inclure des Vosgiennes, xvi des Gris, xvii le Rotvieh (Glanrind xviii ) et un Fleckvieh, xix ce dernier particulièrement apprécié par les Allemands pour le perfectionnement de son dressage à la conduite en lignes, tout comme un cheval, mais… le bœuf est mort subitement peu avant le congrès. En contrepartie de cette déception, nous avons assisté à la fête d’anniversaire d’un des Gris, David, pilier des travaux au musée, tandis que ses meneurs mangeaient son gâteau….
Claus Kropp avec le gâteau d’anniversaire de David (Photo L. Muney)
Les jougs à coussins intégrés de Philippe Kuhlmann, illustrés dans le catalogue de l’exposition, p. 73.
Véronique et Michel Nioulou avec les chasse-mouches que confectionne Véronique et le joug sur lequel Michel a travaillé pendant la journée de démonstration, à côté d’autres jougs apportés par l’équipe française (Photo C. Griffin-Kremer)
Le musicien et jougtier Gilles Péquignot en conversation avec Barbara Sosič, directrice de la collection agricole au Musée ethnographique slovène (SEM), parmi les contributeurs majeurs à l’exposition et au catalogue (Photo L. Muney)
Le contingent français de bouviers et de bouvières a largement contribué à l’animation de l’événement : jougtiers, équipementiers, chasse-mouches, toute une panoplie de jougs régionaux et d’innovations. La discussion sur le confort animal, le ferrage, mais surtout sur la maniabilité des jougs ou des colliers, est loin d’être terminé, et le dernier joug du catalogue de l’exposition montre une toute récente expérience avec un jeu combinant le collier à trois points et un nouveau système de réglage. xx
Le forgeron-ferrier de Lauresham (Photo C. Griffin-Kremer)
Les divers fers, à bœuf ou à cheval, qu’il fabrique (Photo L. Muney)
Bien entendu, il y a eu naturellement beaucoup de discussions sur le contexte complet qui sous-tend toute utilisation réaliste de la traction bovine : sélection des animaux et promotion des races, conservation des métiers (jougtiers, bourreliers, maréchaux-ferrants), surtout les savoir -faire, ainsi que les conditions diverses encourageant des exploitations plus petites. Les Nord-Américains profitent évidemment du succès massif du modèle Amish et de leurs Horse Progress Days, qui génèrent un marché solide pour les équipementiers, bourreliers et autres. La situation à la fois comparable et différente des pays représente a fourni beaucoup de matière à réflexion, que ce soit en Inde, en Ouganda, aux Pays Bas, en Belgique ou au Luxembourg, en Espagne, en France, au Canada, à Cuba, en Irlande, en Italie ou en Autriche. De même que sur les institutions qui peuvent impulser le mouvement, tels les grands musées représentés – Colonial Williamsburg, Howell Living History Farm, The Henry Ford, Lauresham ou le Hessenpark – qui ont les moyens pour entreprendre des « re-enactments » (reconstitutions) à échelle réelle.
Cette réunion d’acteurs aussi divers est de bon augure pour l’avenir, tout d’abord grâce à la parution des actes, annoncée pour 2025. Côté contacts humains, il y a eu un sentiment de solidarité et un élan renouvelé. Une participante, à la tête de la ferme du Domaine Dahlem à Berlin, a noté un point commun à presque tous : un sentiment de « reconnexion » à la terre par un travail manuel qui oblige à apprécier la teneur, l’humidité, l’ éventuel compactage, la battance de la terre (Astrid Masson). xxx
Aperçu de la séance consacrée aux traces (ou manque de…) dans l’analyse ostéologique des effets de l’attelage (Photo L. Muney)
Jim Slining, représentant de Tillers International, xxii sur la création de modèles d’agriculture utilisant la traction animale (Photo L. Muney)
Avec 34 interventions à l’intérieur, le premier jour, et 10 pendant le second –outre les démonstrations commentées en plein-air – le temps est passé vite ! Mais il est possible d’évoquer au moins quelque chose avec un des fils conducteurs. La préoccupation évidente des archéologues était la question d’éventuelles traces d’un travail attelé détectable sur les os des bovins trouvés lors des fouilles. Mais il faut bien noter qu’ils s’intéressent tout autant aux pathologies en général pour comprendre le vivre-ensemble des humains et des bovins. Les intervenants d’honneur ont tous repris ce sujet des relations entre les espèces au sein d’une communauté, surtout celle d’une coexistence.
Les historiens, ethnologues, éthologues et représentants de musées qui ont succédé aux archéologues ont souligné les continuités et les ruptures dans l’évolution de la traction bovine. Il existe un large consensus sur la valeur des films pour préserver les savoir-faire, et nous avons également évoqué l’étrange absence de visibilité de la traction bovine et animale dans le discours académique ou des décideurs. Le rôle des musées de plein air et d’autres sites historiques était de nouveau mis en avant en tant que lieux de transmission de savoirs, tout comme ils peuvent contribuer à la compréhension du patrimoine culturel et à l’amélioration de la vie quotidienne des agriculteurs du monde entier. Dans le contexte du patrimoine, plusieurs intervenants ont évoqué la préservation et la promotion des races bovines locales en tant qu’importants marqueurs d’identité.
En cohérence avec sa préoccupation du bien-être humain et animal, l’Oxen Clinic Uganda vise l’introduction d’innovations basées sur l’agriculture de conservation, la fabrication locale des outils et l’amélioration du jeu de garrot.xxiii
Enfin, il y avait de nombreuses communications sur de nouvelles visions de l’usage de la terre, de l’application des principes de l’agro-écologie, mais aussi l’importance des bovins dans les traditions religieuses et au niveau des représentations symboliques. , par exemple, en Inde et en Afrique, autant qu’en Nouvelle Angleterre.
Ces préoccupations faisaient écho aux objectifs des représentants du Land de Hesse, exprimés en début de colloque : l’agriculture soutenable, le souci du territoire et son développement à l’avenir. Ils soutiennent la publication des actes du symposium qui sortiront en 2025. Ceux-ci promettent d’être aussi réussis et encore plus volumineux que ceux issus du congrès « Draft Animals in the Past, Present and Future », également publiés par l’Université de Heidelberg. xxiv
« Et maintenant, que faire ? » : à cette question récurrente soulignons un projet immédiat, puisque Lauresham / Lorsch fonde un centre de recherche et de formation pour la traction bovine qui pourra centraliser les efforts et servir de « hub » de communication entre les acteurs éparpillés autour de la planète. xxv
Cozette Griffin-Kremer
Les premiers participants arrivés rassemblés autour d’une des vedettes du congrès (Photo L. Muney)
Remerciements aux participants qui ont fourni les photos : Astrid Masson, Lauren Muney et Daniel Viry
Le Groupe de Travail Attelage Bovin allemand propose un rapport très complet (en allemand) et des vidéos avec des points forts des communications, des démonstrations en plein air et des entretiens avec des participants. Un autre curriculum vitae du Dr Devinder K. Sadana pour l’équipe RRAN avec photos est également disponible. Rapport pour l’AIMA (Association Internationale des Musées Agricoles) en anglais .
Pour rappeler le côté imprévisible des rencontres, le jour d’arrivée (7 mars 2024) pour la plupart des participants, coïncidait avec une grève générale des Chemins de Fer Allemands (Deutsche Bahn) et de la Lufthansa, ce qui a empêché une dizaine de participants à venir….
Le village tranquille « médiéval » reconstitué de Lauresham à Kloster Lorsch attend son public et les participants au Symposium le dimanche matin (Photo C. Griffin-Kremer)
Remarques:
je Tous les liens Internet étaient accessibles au 15 avril 2024
viiiYoke-Joug-Ayoko, Une histoire culturelle du joug à travers les millénaires , catalogue accompagnant l’exposition spéciale du 10 mars au 28 avril 2024, p.14, voir Mainzer Bücher verschiedenen Inhalts 72 (Codex Laureshamensis), 34v.
xvii Les Gris Rhétiques y sont décrits comme les « allrounders from Switzerland », mais sont élevés aussi dans des pays avoisinants, voir Das rätische Grauvieh / Albula en allemand et en anglais
Alice Michel-Fèbvre est l’une des filles de Claude Michel qui excerça le métier de fabricant de jougs à Vendenesse-les-Charolles dans un premier temps, puis à Charolles, rue Gambetta.
Alice Michel-Fèbvre nous propose un petit historique de l’activité de son père et de son grand-père, en nous livrant ses souvenirs.
Merci à elle pour cette participation.
« Mon grand-père, Pierre Clément né le 16 Octobre 1854, à Vendenesse-lès-Charolles, était installé sur la commune au lieu-dit « Molaise ». Il fabriquait des jougs pour la demande locale.
C’était un travail artisanal qui laissait libre cours à la forme particulière et personnelle qui s’adapterait le mieux à celle de l’animal pour lequel il était destiné, en l’occurence, les vaches et les boeufs Charollais. C’est ce qui fît la renommée du fabricant.
Pour exercer cette activité, il fallait une autorisation du directeur des contributions de l’arrondissement. En effet, le percepteur de Charolles, Monsieur P.Finaud, lui délivra l’avertissement-formule suivant:
« Monsieur Pierre Clément demeurant à Molaise sera redevable de la somme de 58 francs 90, pour exercer l’activité de marchand forain, n’allant pas à plus de 20 kilomètres de sa résidence à l’aide d’une voiture à quatre roues avec collier ».
Depuis, l’atelier de « Molaise » où travaillait Pierre Clément a été détruit au moment de la modification du tracé de la route Express dans les années 1980.
Après la guerre de 1914, Monsieur Claude Michel, né le 12 Août 1885 à Suin, revient au pays, miraculeusement épargné par l’horreur de la Grande Guerre, après sept ans sous les drapeaux, service militaire compris. La paix retrouvée, malgré sa formation d’électricien dans les ascenseurs à Paris, Claude Michel est attiré par son Charollais.
Il épouse en 1919 sa promise, Antoinette, née le 2 Août 1885 à Vendenesse-lès-Charolles. C’est précisément la fille de Pierre Clément, le fabricant de joug bien connu. Le jour venu, après avoir travaillé quelques années avec son beau-père, malgré sa formation d’électricien en ascenseur, il prend tout naturellement sa succession. Il s’installe à Charolles, rue Gambetta. Son atelier a été aussi détruit, il y a quelques année pour dégager une partie des remparts de la ville.
La fabrication de jougs se poursuit jusque dans les années 1950.
Claude Michel va en forêt choisir ses arbres, des hêtres et des bouleaux, il en effectue le cubage avec une étonnante facilité, lui qui se vantait d’aller à l’école uniquement le Jeudi, jour de repos de l’époque. Le calcul mental semblait pour lui d’une évidente simplicité, tant il était doué.
Une fois la matière première repérée et achetée, les arbres étaient abattus à l’aide d’un immense passe-partout. Il avait ensuite recours aux services des rouliers messieurs Machillot ou Burtin de Charolles, avec leurs grands boeufs Charollais attelés pour effectuer le débardage.
Les troncs étaient alors déposés à la scierie Sabatier-Roberjon, route de Mâcon à Charolles, pour obtenir des sections de bois vert dans lesquels seront sculptés les jougs.
A l’atelier, après avoir tracé des repères avec des gabarits, quelques ébauches étaient données à la scie à ruban avant de commencer le travail très physique de ces pièces, qui allaient devenir le moyen d’atteler des boeufs et de leur donner ainsi toute leur puissance de traction.
Il fallait se rapprocher le plus possible de l’anatomie bovine. Quelques fois, une retouche était donc nécessaire suivant l’animal.
A genoux sur le sol de l’atelier, face à ce gros blocs de bois vert, protégé par un immense tablier et un coussin de toile rempli de frisons de bois, il dégrossissait pour ébaucher la forme, à l’aide d’herminettes, de grosses gouges et de planes.
Cela demandait une force évidente pour obtenir enfin, après des heures de travail, la forme désirée.
La finition s’effectuait à la râpe et au papier de verre.
Les formes étaient variables selon le modèle et la région. Trois tailles étaient proposées.
Dans la région, on proposait des jougs découpés Charollais et des jougs droits. Pour l’Auvergne où il avait une clientèle de grossistes, il proposait un modèle particulier.
La famille de Gramont de Lugny-lès-Charolles, qui possèdait une exploitation sucrière dans le bassin de l’Ile de France, avait fait une commande d’une vingtaine de jougs qui étaient partis pour lier les boeufs de l’exploitation. Ils avaient été payés en numéraires et en nature avec du sucre en poudre.
La production était gravée sur le bois avec un fer chauffé au rouge: c’était la signature de l’artisan-artiste CLEMENT.
A la vente, ils étaient accompagné d’accessoires:
Les « cordets » en cuir torsadé, qui soutiennent l’attelage au joug.
Les « pieumets » , petits coussins de paille de seigle qui protége la tête des boeufs ou des vaches attelés de la tension des liens.
Les sangles appelées « layoure » ou « liures » en cuir.
Les « vire-mouches » avec ses ficelles qui, pendues devant les yeux, et par leur mobilité continue, éloignaient les insectes.
Mon père travaillait beaucoup et de toutes ses forces, pour réaliser durant l’hiver, des réserves de matériels à vendre avant les ventes de printemps et de la belle saison.
Il employait plusieurs personnes suivant la demande, mais a toujours eu un employé embauché à l’année.
J’ai grandi dans cette atmosphère où l’odeur du bois s’est révélée inoubliable. Les années ont passé, la demande de jougs s’est peu à peu ralentie avec le remplacement progressive des bovins de trait par les chevaux puis par la mécanisation qui s’installait.
Dans le courant des années 1920, il a fallu pour assurer la stabilité financière de la famille, s’orienter vers d’autres fabrications, avec toujours cette merveilleuse matière première qu’est le bois.
C’est ainsi que barattes, moules à beurre ovales ou rectangulaires à décors de vaches, de fleurs ou de glands, cages à fromages, garde-manger, broyeurs à pommes de terre, vêleuses, ruches en bois, râteaux à blé et à foin en bois, selles à laver, battoirs à linge, pelles à grain, manches de faux, faux à blé avec un râteau intégré, fléaux, jeannettes sur pied (50X15) de repasseuse pour repasser les manches de corsages et de chemises, des « potets » (couffin d’aiguisage ») que l’on pendait à la ceinture, et qui contenaient la pierre d’aiguisage pour affûter les faux.
Les jouets en bois sont venus renforcer la gamme des produits:
Tricycles, brouettes d’enfants, trottinettes, luges et aussi tableaux noirs d’écoliers.
Les affaires étaient prospères. Il fallut même adapter la fabrication aux besoins de la clientelle Auvergnate, notamment pour les jougs et pour la forme des râteaux à foin avec une certaine courbure de dents, obtenue par immersion dans l’eau bouillante.
On a changé de siècle depuis, mais la merveilleuse aventure est intacte dans mes souvenirs. Mon père était de ceux qui trouvaient le bonheur dans le travail.
Avec l’âge, lorsqu’il cessa son activité vers 1955, il continua malgré tout à aller tous les jours à son atelier « tourner autour de son établi » comme il aimait à le dire. »
Alice Michel-Fèbvre.
Cliquez sur les photos pour les agrandir
Fers à marquer
Carte mentionnant en haut « Fabrique de jougs »
et en bas à droite « cordes, liures cuir, cordets etc ». Ce sont là tous les accessoires nécessaires à l’utilisation des jougs Charollais (dans cette région du Charollais et du Brionnais, les liens sont mixtes en cuir et corde, les cordets sont les anneaux de traction en cuir tressé).
Monsieur Michel à gauche et un ouvrier, devant l’atelier, rue Gambetta à Charolles
Lettre de commande de jougs
Stand de la foire-exposition de Paray-le-Monial
On y voit, à gauche de la photo, sur un présentoir, les jougs découpés Charollais rangés par taille, et tout en haut, les jougs droits.
Dépliant mentionnant en bas à gauche, « jougs droits et découpés ».
L’archéologue amateur passionné et engagé Henri Pellegrini (Membre de (l ‘IPAAM) Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes. Membre de (l’ASER centre Var). Président Honoraire d’ARCHEAM, Cercle d’Histoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes)
nous fait le grand privilège de nous accorder la publication qui suit.
Il s’intéresse principalement aux peintures et gravures rupestres du monde entier, en archéologie.
Son attention est surtout d’analyser le mode d’harnachement et les caractéristiques des animaux et engins tractés, travois, chars, chariots, ainsi que les instruments aratoires utilisés depuis le néolithique à nos jours.
bibliographie de l’article : H. P. ASER du Centre Var. : « in : Les Cahiers de L’ASER N° 23 »
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