Liage des vaches de Laurent Billoux à Charolles en 2009 sur un joug Charollais dit « découpé ».
La méthode a été transmise par Jean Fournier de Chassigny sous Dun (71).
Liage des vaches de Laurent Billoux à Charolles en 2009 sur un joug Charollais dit « découpé ».
La méthode a été transmise par Jean Fournier de Chassigny sous Dun (71).
Voici un petit texte que nous ont communiqué Alex et Vanessa lors de leur passage en Bourgogne près de chez moi et avec qui j’ai été mis en contact par Laurent Billoux qui les a croisés par hasard sur la route près de Charolles grâce à la chance des rencontres imprévues!!!
Nous essayerons de suivre leur périple et leur expérience de vie.
Michel Nioulou
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« Pour la petite histoire, nous avions une ferme dans le Jura à Moirans-en-Montagne et, par un jour de printemps, nous avons décidé d’arrêter car nos enfants nous demandaient du temps à leur consacrer.
Nous avons donc réalisé un vieux rêve de voyage au rythme du pas de l’animal. Nous avons choisi de partir avec une vache que nous avions gardée pour le lait , le fromage et le beurre.
Du coup, au fil des préparatifs, nous nous sommes dit qu’elle pouvait aider une jument pour tracter plutôt que d’être attachée derrière ou à côté. Nous avons utilisé notre peu de connaissance en dressage avec les chevaux pour dresser la vache et sa génisse de 18 mois, au départ avec un pneu de tracteur en solo puis en paire avec notre percheronne et notre comtoise.
Après avoir passé l’été au dressage, nous sommes partis depuis le 16 octobre 2018 sans la génisse pour plus de simplicité. Nous nous sommes dirigés vers le marais Poitevin puis la Dordogne etc…Nous avons avancé au gré de nos envies et des rencontres que nous faisions sur la route.
Notre vache » Imotep » – c’est son p’tit nom – est un croisement de Brune des Alpes et de Simmental.
Concernant le ferrage, nous avons opté pour le pied nu, avec des hippo-sandales. Même pour la vache, cela fonctionne très bien. »
A Charolles, Laurent Billoux paysan éleveur de bovins Charollais en bio, dresse régulièrement des animaux à l’attelage depuis 2005.
On le voit sur cette vidéo débarder des éclaircies de douglas dans les pentes des bois de Souvigne à Beaubery près de Charolles en 2014.
Il travaille ici avec Froment et Azalée, une paire mixte boeuf/vache qu’il a utilisé pendant plusieurs années.
La vidéos et les photos ont été prises par Marie-Françoise Augoyard, nous la remercions pour sa contribution.
Le liage que nous pratiquons est celui de notre région du Charollais Brionnais.
Il nous a été enseigné par Jean Fournier et confirmé par de nombreux autres anciens bouviers. La méthode permet de lier sans avoir à passer entre les mains la totalité de la longueur des liens à chaque tour de tête ou de corne. Jean Fournier dit qu’il ne faut jamais « faire sauter la layoure ».
Pendant le liage, le lien reste pendu entre les bêtes et les tours sont faits de sorte à ne pas avoir à retirer la longueur du lien. Le liage se termine sur la corde que l’on lie avec un noeud coulant simple pris autour des dernières passes de corde.
Cette méthode permet également un déliage rapide. De la même manière qu’au liage, le lien retombe entre les bêtes sans avoir à passer les longueurs entre les mains.
A la pose du joug, on peut faire un tour mort sur la corne intérieure. Mais au déliage, si la bête secoue la tête en se sentant libérée le meneur peut prendre un coup de joug du fait du tour mort qui solidarise jusqu’à la fin la tête et le joug.
C’est pourquoi sur les conseil de Jean Fournier, pour commencer le liage nous croisons directement de l’avant corne intérieure à l’arrière corne extérieure où l’on bloque alors avec un tour mort.
Liage:
Cette vidéo permet de bien visualiser la méthode que nous employons.
Devant les nombreux déplacements sur sol dur et caillouteux de notre plus jeune paire de vaches, nous avons dû ferrer pour la première fois.
Le ferrage des onglons avant extérieurs qui sont ceux qui forcent et usent le plus en travaillant, a permis d’avoir une marche plus confortable pour les bêtes.
Voici quelques photos du ferrage d’Azalée.
En septembre 2009, nous avions avec les deux paires de vaches transporté la vendange des anciennes vignes des moines de Cluny depuis Cruzille jusqu’à Blanot (voir article sur notre blog en cliquant ici). Cette année, le vin a été acheminé jusqu’à l’abbaye de Cluny.
Après avoir traversé les bois de Cluny et le gué de la Grosne le vin de la cuvée 910 est entré dans Cluny avec Annabelle et Azalée fraîchement ferrées.
la cuvée 910 est chargée et attelée prête au départ

passage du gué de la Grosne avant d’entrer dans Cluny
arrivée à Cluny
avec les musiciens devant l’abbaye
Le 26 juillet nous étions invités à participer avec notre attelage mixte composé d’Azalée la vache et de Froment, le boeuf, à la fête du seigle de Ménessaire.Après avoir charrié vers la batteuse la moisson de seigle depuis la terre où elle avait été fauchée à la main, notre attelage était ensuite utilisé pour l’entraînement d’un manège qui actionnait une petite batteuse/dépiqueuse.
Ce n’est pas le travail le plus agréable pour nos animaux, en particulier pour celui qui tourne à l’intérieur du cercle. En effet, le rayon de braquage assez court oblige l’animal du centre à marcher de côté durant toute la séance de travail. Le terrain également en pente créait une irrégularité du mouvement. Il aurait fallu aussi que nous relions d’une corde, la tête de la bête intérieure à l’axe du manège afin de ne pas dévier du rayon de travail.
Malgré cela, nous étions très contents de la journée. La paire maintenant bien aguerrie, est restée calme, malgré un public nombreux et demandeur de renseignements.
La fête de Ménessaire dans le Morvan, petite commune de la Côte-d’Or enclavée dans la Saône-et-Loire, nous a permis d’emmener les vaches dans un territoire où l’attelage bovin reste très emblématique.
Nous avons pu y rencontrer des gens sympathiques en particulier Guy Namur qui comme nous, attelait par passion jusqu’à, il y a peu de temps, une paire de boeuf charollais.
La commune compte un musée sur le seigle qui présente toutes les facettes et l’utilisation de cette céréale.
Nous avons animé un manège qui entraine une petite machine à battre.
Les vaches n’étaient pas à la fête, surtout pour Anabelle (attelée à droite) qui a marché en crabe tout l’après midi sur un petit cercle autour du manège.
Nous retournons avec plaisir cette année dans ce sympathique village.