Photo Jean Léo Dugast
Jean-Léo Dugast vient de mettre un bel article sur les huitièmes rencontres de bouviers à Ungersheim les 11 et 12 mai.
Photo Jean Léo Dugast
Jean-Léo Dugast vient de mettre un bel article sur les huitièmes rencontres de bouviers à Ungersheim les 11 et 12 mai.
Un passeur de mémoire emblématique.
Louis Moulignat, éleveur de Charollais, dresseur et atteleur de boeufs à Saint-Léopardin-d’Augy dans le Bourbonnais (Allier), est décédé au mois de Mai 2013 à l’âge de 91 ans.
C’était une des deux personnes avec Jean Fournier de Saône-et-Loire, qui nous a motivés, encouragés et guidés dans notre expérience d’attelage de bovins.
Son caractère marqué de dresseur ne l’empêchait pas d’être un homme chaleureux qui aimait la compagnie. Il était toujours heureux de transmettre son savoir, son expérience et ses histoires.
Il intervenait parfois avec ses boeufs lors de spectacles, à Embraud dans la ferme du groupe de musique traditionnelle et d’arts et traditions populaires « la Chavannée ». C’est dans ce lieu plein de convivialité que Michel Nioulou l’a rencontré pour la première fois.
Nous avons par la suite, au gré de plusieurs rencontres chez lui ou à Charolles chez Laurent Billoux, partagé avec lui des moments forts qui nous réjouissaient autant que lui.
Durant toute sa jeunesse il a travaillé avec des boeufs. Dans les années 1980, avec la complicité de Jean-Christophe Grossetête, un passionné d’attelage, il a remis en route le dressage de paires de boeufs.
Bien qu’il ait une grosse exploitation mécanisée, il prenait le temps de faire travailler régulièrement ses animaux au labour, hersage, bois et fumier.
Il a participé à de nombreuses fêtes dans l’Allier mais aussi dans les départements limitrophes.
Nous n’oublierons jamais notre rencontre avec ce passeur de mémoire attachant, un personnage fort, marquant et emblématique.
Merci Louis, vraiment!
Nous vous offrons ce film de notre première rencontre chez lui le 18 Août 2005. Il a lié Marin et Matelot, deux boeufs Charollais de plus d’une tonne chacun.
Ils n’avaient pas été liés depuis déjà quelques temps. Ce fut un grand et beau moment de voir cet homme si fier de nous montrer ses « deux gamins ».
Il ne les reliera ensuite plus qu’une ou deux fois, dont une fois avec nous en 2008, en compagnie de nos deux paires de vaches.
Voici aussi une vidéo où l’on voit Louis en visite à Charolles pour voir notre premier attelage composée de Vérité et Valentie.
Article paru à l’origine le 18 mai 2013
Pierre Gatard est agriculteur-éleveur. Pour son plaisir et pour quelques petits travaux sur l’exploitation, il utilise une paire de vaches Parthenaises qu’il a dressée lui-même. Une seconde paire de vaches Parthenaises est en dressage et une paire de jeunes boeufs Parthenays en élevage.
Il nous a communiqué des photos et ce commentaire plein de générosité et de dynamisme:
« Je vous envoie des photos de mes vaches. Vous pouvez voir les différentes activités comme le dariolage, le ramassage de betteraves, du foin, des défilés dans la foule et la conduite de la faucheuse-lieuse. D’ailleurs, pour la vache de gauche, c’était seulement sa deuxième fête, et c’est pour cela qu’elle était un peu difficile à tenir en ligne droite.
Je me sers aussi des vaches pour faire les clôtures, cela évite de monter sur le tracteur. Pour moi, c’est un vrai plaisir de travailler avec mes animaux, les vaches, comme les chevaux de trait! Avec eux, je suis heureux!!!
Mon exploitation fait 88 Ha. dont 15 Ha. de blé, 15 Ha. de maïs et le reste en herbage pour les bovins. Nous faisons environs 80 vêlages Parthenais. Nous engraissons des taurillons et des femelles.
Voici une vidéo de TV Vendée, qui présente le travail de Pierre Gatard et sa passion pour ses animaux.
Les 25 et 26 Avril, se déroulait dans la région viticole du Beaujolais, à Lantignié dans le Rhône, une formation à la traction bovine en solo.
Le stage a eu lieu chez Christian Ducroux, viticulteur, qui utilise deux chevaux sur son exploitation et qui, après avoir déjà eu, voici quelques années, un boeuf Vosgien en solo dans ses vignes, remet à nouveau au travail Coquet, un boeuf Ferrandais.
La formation était organisée par Luc Bauer (06 77 77 40 99, luc-ardab@corabio.org) de l’ARDAB (cliquez ici pour en savoir plus).
Venus de la Loire, de l’Ardèche, du Rhône, de Haute-Saône, les six stagiaires, tous du milieu agricole (agriculteurs, viticulteurs, débardeurs, prestataires de services en traction animale), ont suivi pendant deux jours l’enseignement de Philippe Kuhlmann.
Certains ont déjà des bovins dressés ou en cours de dressage, d’autres, déjà utilisateurs de chevaux, ont le projet d’utiliser la traction bovine dans leurs activités respectives.
Les cours ont été théoriques et pratiques.
Du matériel à la prise en main des animaux, de l’attelage à un outil à la mise au brancard, en passant par le comportement des animaux et des bouviers, la sécurité, l’alimentation des animaux de traits, les deux journées ont permis d’aborder, de balayer et de pratiquer les bases de l’attelage bovin.
L’activité de dresseur de bovins et la longue expérience de Philippe Kuhlmann, qui travaille au quotidien avec ses boeufs sur les 35 hectares de prairies et les 20 hectares d’estives, ont été une mine de renseignements pour des stagiares très demandeurs d’informations.
En espérant que l’expérience se reproduise, les stagiaires sont repartis avec des connaissances et une nouvelle motivation pour leur projet.
Programme:Connaitre et utiliser le bœuf de trait.
René Alibert a taillé des jougs toute sa vie. Il a transmis son savoir et ses techniques à Lionel Rouanet. Lionel a appris méthodiquement, dans un apprentissage continu, à chacune de ses visites fréquentes, chez son maître de stage. Le travail est fait à la hache, à l’herminette et à la plane.




Publié le 20/02/2013
Autrefois symbole de soumission, le joug est devenu, aujourd’hui, un objet d’art et de décoration. Il reste aussi un outil du patrimoine rural, témoin d’un passé récent où les travaux des champs se faisaient à l’aide de la traction animale.
René Alibert est le dernier jougtier de l’Aveyron et peut-être de France. Son métier, il l’a appris avec son père et l’a exercé pleinement jusqu’en 1950. Il se rappelle l’époque faste où, sillonnant de long en large le département, ils ont façonné jusqu’à 20 jougs dans l’année.
A 73ans, René Alibert perpétue ce savoir-faire. Pour son plaisir, l’amour de la belle ouvrage et, sans doute, avec un brin de nostalgie, il continue à fabriquer des jougs. Le rituel est toujours le même. Il y a d’abord le choix du tronc et de l’essence : bouleau, frêne, noyer et merisier sont les essences les plus utilisées. Chaque joug est ensuite taillé dans la masse. Pas besoin d’un «combiné» ou d’une machine-outil sophistiquée. René Alibert n’a besoin que d’outils simples qu’il a soigneusement conservés et entretenus : la hache à col de cygne, le couteau à deux mains, la tarière et une herminette spéciale pour jougtier. Celle qu’utilise Mr Alibert a été fabriquée par Mr Canitrot, forgeron à Ségur.
Le jougtier n’a pas d’établi, il travaille à même le sol, à genoux ou courbé sur son ouvrage. Récemment, Mr Alibert a eu la joie de satisfaire deux irréductibles de la traction animale. Mr Ladet, de Barrage, près de Saint-Geniez, «joint» une paire de vaches pour de petits travaux agricoles. A Saint-Côme, Mr Bessière «joint» une paire de boeufs qu’il promène, l’été, à l’occasion des fêtes votives. Les autres jougs, de toutes dimensions, que René fabrique inlassablement chaque hiver, rejoignent une collection dont il fait profiter ses amis. Une collection à découvrir et un homme à rencontrer pour sa gentillesse, son talent et sa passion intacte et communicative pour ce métier de jougtier auquel il reste viscéralement attaché.
La Dépêche du Midi.
En 1993, un film a été réalisé sur René Alibert par Gilles Charensol. Cliquez ici pour voir la vidéo et les références.
Cet hiver, avec ses deux juments, Laurent Janaudy a labouré au brabant une parcelle de prairie.
Afin de préparer une plantation de choux, il vient de faire un passage de cultivateur dans la parcelle avec sa paire de vaches.
Les deux Aubracs, Chanfant et Chassagne, malgré un terrain encore humide, ont démonté le labour au « gribouli ».
Philippe Kuhlmann, éleveur, dresseur, et utilisateur de bovins, nous présente lui-même son parcours.
«Adolescent, j’ai vu des anciens travailler avec des bœufs vosgiens, et cela m’a fasciné !
Après avoir démissionné de l’ONF, j’ai repris une ferme laitière en vente directe en montagne vosgienne à 21 ans ! Travaillant avec un tracteur au début (1981), j’ai dressé mon taureau de reproduction pour de menus travaux, puis je l’ai utilisé de plus en plus, puis dressé d’autres, puis des paires de bœufs…
En 1985 je me suis séparé de mon tracteur et faisais alors le foin entièrement avec les bœufs attelés.
Pour des raisons familiales, j’ai arrêté ma ferme en 1994 pour débarder sur le plateau de Millevaches avec des bœufs et des taureaux vosgiens, 35000 stères de bois en 6 ans.
Depuis 2001, salarié-animateur à l’Ecomusée d’Alsace, je dressais les bœufs et faisais les animations attelage et transformation du lait.
Parallèlement, j’ai remonté un troupeau de bovins et actuellement ce sont 3 à 5 paires de bœufs, taureaux et vaches qui réalisent les travaux de la ferme, 35 ha de prairies dont 28 fauchées. Une estive de 20 ha permet d’élever les jeunes bêtes, génisses et bouvillons.
Depuis 1982, ce sont 110 à 120 bovins qui ont été débourrés, une bonne partie vendue pour l’attelage en France et à l’étranger, ceux ne donnant pas satisfaction partent en caissettes sous vide!
Un important travail sur le matériel, les moyens d’atteler, est réalisé avec les concours d’artisans travaillant le bois, le cuir, le métal.
J’anime aussi des fêtes de village et suis prêt à transmettre le savoir-faire. Je le fais entre-autres grâce à la rencontre des bouviers et par des articles.
Je travaille à la rédaction d’un manuel pratique sur l’attelage des bovins.»
Coquet et Mignon prêts au travail avec un joug expérimental articulé conçu par Philippe.
Contact:
Philippe Kuhlmann
06 19 05 79 85
ab.ph.kuhlmann@gmail.com