Christine Arbeit et Jo Durand nous ont communiqué cette vidéo du boeuf qu’ils utilisent en solo au collier.
Étiquette : Race vosgienne
Entretien des haies avec deux boeufs Vosgiens pendant l’hiver 2015/2016, par Solène Gaudin
Durant l’hiver, de nombreux petits travaux d’entretien sont à faire sur la ferme. L’entretien des haies en fait partie, notamment leur nettoyage en évacuant le bois mort afin de permettre aux jeunes arbres de pousser. Ce bois servira pour le chauffage hivernal.
Un ou deux bœufs peuvent être utilisés, ici, on travaille avec Varo et Grivé, la paire de boeufs Vosgiens de Manu Fleurentdidier ( formateur traction animale, CFPPA de Montmorillon).
On leur met le joug auquel on accroche un chaîne munie d’un ressort de traction et d’une arête de poisson, sans oublier la chaîne de débardage. On amène les bœufs devant le bois à sortir, on accroche notre chaîne à l’arbre puis on la met dans l’arête de poisson.
On demande aux bœufs de faire demi-tour sur place et on avance pour sortir le bois à deux ou trois mètres de la haie. On laisse le bois puis on recommence l’opération plus loin.
On essaye de regrouper les bois ensemble pour pouvoir les reprendre par la suite. Les gros bois seront rapportés directement en traîne directe à la ferme pour être débités. Pour les petits bois, on attelle les bœufs à un avant train muni d’une remorque et on ramasse le reste.
« La forcat », un outil de maraîchage simple et efficace, démonstration avec un boeuf Vosgien en solo le 7 mai 2016 aux rencontres de bouviers à l’écomusée d’Alsace, par Solène Gaudin
Quoi de mieux que le site de l’écomusée d’Alsace pour présenter un outil ancestral pour le travail du sol et de tirer de notre passé, notre avenir !!
Un outil simple mais efficace, utilisé depuis des centaines d’années en Espagne et remis au goût du jour par quelques utilisateurs espagnols d’une façon plus moderne et plus polyvalente, plus simple dans son utilisation.
Cet outil, c’est la « Forcat » que Manu Fleurentdidier est venu présenter, suite à des déplacements chez des maraîchers bio en Espagne où il l’a découverte.
A la base, c’est une araire à laquelle on ajoute un sac en paille tressé qui sert de butoir. Les différentes tailles de buttes sont faites en ajoutant plus ou moins de terre et de paille dans le sac.
Aujourd’hui, elle est toujours utilisée en tant que telle par des maraîchers dans la région de Valencia.
C’est chez Abel Ibanez et Alfred Ferris Garcia que j’ai pu voir fonctionner cet outil en version moderne. Auparavant tout en bois, la Forcat est maintenant métallique. De conception toujours aussi simple et légère, elle est facile à mettre en place et à utiliser. Elle est bien équilibrée avec une bonne pénétration dans le sol.
La Forcat est composée de 2 parties :
– La limonière est plus courte que celle d’origine qui allait jusqu’au collier. Elle est supportée par une petite sellette. Sur la partie arrière de la limonière, se trouve le palonnier et la partie de fixation du reste de l’outil : l’âge.
L’âge, de conception simple permet de recevoir différents accessoires :
- Brabanette pour le labour
- Des « ailes » pour monter des billons ou butter
- Des lames sarcleuses de longueurs différentes que l’on peut mettre dans un sens ou dans l’autre en fonction du travail souhaité.
L’âge a toujours sur sa base, une pointe carrée qui fait office de sous-soleuse
On trouve deux poignées sur le manche de la Forcat, l’une permet de tenir l’outil pendant le travail et l’autre, plus basse, permet de lever l’outil pour les manœuvres.
Pour faciliter le transport ou le déplacement de la Forcat jusqu’aux champs, un support avec deux roues vient se greffer sur la pointe de la Forcat.
Pour la démonstration, nous avons utilisé un bœuf de l’écomusée, mené par René Cretin. Il était garni d’un licol, d’un collier 3 points avec croupière, d’une petite sellette et d’une paire de traits.
L’outil se déplace facilement derrière l’animal sans même être tenu grâce à ses roues.
Sur le terrain, c’est avec la brabanette que le premier travail s’effectue. Elle est montée sur un axe et c’est une cordelette qui permet le retournement des versoirs. Le réglage du terrage se fait avec une pige.
L’animal marche dans la raie et la Forcat suit et réalise le labour.
Nous changeons d’accessoire en retirant la brabanette pour mettre une lame sarcleuse. Un simple marteau suffit pour le changement. En effet, c’est un coin qui maintient l’ensemble des accessoires.
Après réglage de la pige de terrage, la Forcat fait son travail dans une simplicité surprenante pour les spectateurs, elle est ancrée en terre et suit le bœuf sans même être maintenue. Un travail de sarclage impressionnant et rapide.
Puis l’accessoire pour créer des buttes est mis en place, changement rapide grâce à ce fameux coin. Et voilà que le bœuf reprend les lignes de travail pour ouvrir le sol et monter en quelques minutes plusieurs billons.
A voir aussi (merci à Christine Arbeit pour l’information):
La démonstration faite, plusieurs personnes ont pu s’initier et prendre en main la Forcat. Les utilisateurs ont été agréablement surpris de la facilité d’utilisation et de la rapidité du changement d’accessoire sans avoir à sortir une caisse à outil.
Solène Gaudin
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Pour tous renseignements, contactez Emmanuel Fleurentdidier qui transmettra:
06 12 25 94 21
Une page facebook pour la ferme de la cocotrie chez Jo Durand, utilisateur de boeufs de trait , le Dresny (44)
« FAITES DE LA PREHISTOIRE » Les boeufs de Jo Durand sur le site mégalithique de Monteneuf, Archéosite de Brocéliande dans le Morbihan (56), 19 juillet 2015

Jo Durand et ses boeufs à la fête des battages de La Chevallerais (44) le 26-7-2015
Les boeufs Vosgiens de Jean-Luc Guerringue en vidéo, Rantechaux (25)
Semaine découverte de la Traction Bovine, Montmorillon (86) formation de juin 2015
Manipulation des bœufs avec un pneu (Toutes photos Jean-Jacques Blanchon)
Du 08 au 12 juin 2015, a eu lieu au CFPPA de Montmorillon, la session Découverte de la Traction Bovine avec Manu Fleurentdidier, formateur.
La formation était complète avec 9 stagiaires de divers horizons, et des objectifs variés. Certains étaient là pour découvrir le travail avec le bœuf dans le cadre d’une installation en maraîchage. D’autres étaient là pour conforter leur choix du bœuf de travail dans un cadre privé.
La semaine a commencé avec une présentation des jougs, une description des différentes façons de mener (par devant au bâton ou par derrière aux guides) et une approche des bœufs.
Présentation de différents matériels pour travailler avec les bœufs
Une première prise en main a eu lieu sur le site de la Jarrouie, avec les bœufs simplement licolés. Les stagiaires ont appris à mettre un licol, à marcher avec un bœuf en main …
Première prise en main avec un bœuf licolé
Ensuite, un bœuf a été joint avec un joug simple (chaque stagiaire a pu s’entraîner avant sur un simulateur) et le second harnaché avec un collier. Puis les deux ont été joints ensemble.
Mise en place du joug simple
Le groupe de stagiaires a pu manipuler et appréhender les différentes façons de garnir et joindre des bœufs selon l’objectif d’attelage en simple ou en paire.
Les 2 bœufs liés
Explication et aide sur la manière de lier avec des jointures
Menage avec un bœuf au joug simple
Les deux bœufs en pleine manipulation
Première manipulation avec des bœufs liés
Manipulation et rectification par le formateur pour mener au mieux les bœufs
Les stagiaires ont appris dans la suite de la formation, à manier les bœufs avec un pneu ou un tronc en passant dans des zones balisées. Le but étant de ne rien toucher en apprenant à estimer le gabarit de la charge.
Manipulation des bœufs avec un tronc pour évaluer le gabarit
Lors de cette formation, une journée en chantier réel a eu lieu avec le concours des apprenants en formation bûcheronnage.
Le but de cette journée était de dégager des arbres abattus sur le chantier. La technique du mouflage y a été utilisée.
Les grosses branches étaient d’abord dégagées en traîne directe puis, pour les grosses grumes, les élèves mettaient en place le mouflage en câblant avec les poulies.
Les bœufs lors du chantier pendant la mise en place des poulies et des câbles.
Explication au stagiaire bûcheron et Ttraction Bovine sur le protocole à suivre
Mise en place des bœufs pour sortir le bois
Les bœufs en plein effort (on peut voir la chaîne tendue)
Une grosse grume!!
La grume qui décolle grâce aux câbles visibles
Ce fut une journée enrichissante car chacun a pu voir les différentes techniques du mouflage et de la traîne directe pour sortir du bois.
Le groupe est aussi intervenu pour aider une grume à tomber dans la direction souhaitée et permettre au bûcheron de travailler en sécurité.
Préparation
Les câbles et chaînes reliés à l’arbre pour le faire tomber dans la bonne direction
Les bœufs en pleine pression
Le reste de la formation s’est articulée autour du maraîchage, les techniques de travail du sol avec l’utilisation de différents outils ad hoc .

Explication sur la façon de mettre les bœufs sur un avant-train, une voiture ou ici un Homesteader
Utilisation du Homesteader par un stagiaire
Une demi-journée a été consacrée à la manière de débourrer une jeune paire de bœufs, des Parthenay, avec des explications sur la façon de commencer avec des animaux peu ou pas manipulés, comment mettre l’animal en confiance, ce qu’il faut faire et ne pas faire….
Explication sur le dressage d’une paire de bœuf
Démonstration avec une paire de jeunes bœufs Parthenay qui commence à apprendre à travailler
La paire de Parthenay qui commence à marcher
La suite de la formation a continué avec d’autres méthodes de menages (joug frontal).
Un menage aux guides avec un licol éthologique, s’est révélé concluant.
Mise en place d’un licol éthologique avec des guides pour mener de derrière.
Varo aux guides avec un licol éthologique
Cette session de formation fut enrichissante pour tous, chacun a pu voir ce qu’il était possible de faire avec des bœufs. Les stagiaires étaient satisfaits de leur semaine même si celle-ci fut trop courte.
Pour finir, il en est ressorti que des semaines supplémentaires d’approfondissement consacrées soit au maraîchage, soit au menage, seraient nécessaires pour pousser plus avant la formation.
Solène Gaudin
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Merci à Solène Gaudin pour sa contribution et à Jean-Jacques Blanchon pour les photos.
Chantiers de débardage à Pindray (86), Février 2015 par Solène Gaudin
Préparation et mise en place des animaux (Toutes photos Jean-Jacques Blanchon)
Pindray, Février 2015: la session CS Utilisateur de Chevaux Attelés s’apprête à réaliser deux chantiers dans le cadre du Module Débardage.
Ces chantiers ont eu lieu sur la commune de Pindray, village situé à une dizaine de kilomètres de Montmorillon (86) et ont été réalisés en collaboration avec la formation Bûcheronnage du CFPPA qui préparait le terrain.
Le premier chantier était une coupe à blanc sur une parcelle d’un particulier.
Il y avait deux choses à faire:
Débarder 19 grumes, d’un diamètre de 65 cm et d’une longueur moyenne de 8 mètres.
Sortir le bois de chauffage.
Arrivée sur le chantier
Les grumes ont été sorties avec les chevaux à l’aide d’un trinqueballe. La difficulté était de gérer la longueur et la grosseur des grumes dans le peu d’espace que nous avions sur le site, qui limitait nos mouvements et nos déplacements. La mise en place du trinqueballe s’avéra compliquée à maintes reprises, à cause des arbres en place et des souches. La sortie était difficile car la longueur de traîne était de plus de 200 mètres et la zone de dépôt de bois d’un espace limité, ce qui nous obligeait à gerber les bois.
Descente à vide avec le trinqueballe accroché à l’avant-train
Pour le bois de chauffage, nous avons utilisé un traîneau avec un cheval et un avant train avec une remorque avec les bœufs. Pour cette tâche, la difficulté était la distance de la zone de dépôt et un accès au site compliqué, avec de nombreuses souches qui parsemaient le terrain, des arbres, un chemin sinueux et beaucoup de boue.
Sortie de bois
Les chevaux et les bœufs s’enfonçaient jusqu’au canon, au dessus du genou, ce qui compliquait la sortie du bois….
Sur le second chantier, également à Pindray, quatre grosses grumes d’une longueur de 9 mètres en moyenne et d’un diamètre allant jusqu’à 1 mètre devaient être sorties.
Ce chantier, présentait plusieurs difficultés.
La première était la disposition du site. Nous étions en pente sur un coteau, avec un ruisseau à traverser, des clôtures à ne pas abîmer. De plus, une fois le ruisseau franchi, la distance de traîne était de plus de 400 mètres.
Sortie de la grume du ruisseau
Ce chantier était loin d’être évident pour des novices car il nécessitait des moyens et une technicité particulière pour le réaliser.
Pour ce faire, du mouflage a été mis en place. Le mouflage est une technique de débardage réalisée à l’aide de câbles et de poulies. C’est un dispositif mécanique qui permet le levage d’une charge à l’aide de plusieurs câbles, afin de démultiplier l’effort de traction.
Transport des câbles et des poulies avec les bœufs.
Cette technique a l’avantage de faciliter le travail du cheval ou du bœuf en divisant le poids de la charge par le jeu des poulies. Elle est mise en place sur des chantiers difficiles d’accès même aux chevaux, sur des gros bois, en pente….
La difficulté pour les stagiaires a été de comprendre comment placer ces poulies pour gagner en force et en distance de traction.
Sur ce chantier, les bœufs intervenaient en renfort, pour amener les grumes à la zone de dépôt. Les bois étaient descendus avec la paire de chevaux à l’aide du mouflage. Les chevaux traversaient le ruisseau. Une fois, le ruisseau traversé, la grume était accrochée à un avant-train à l’aide d’un treuil. La paire de chevaux était devant les bœufs, une chaîne reliait le palonnier des chevaux au timon des bœufs. Les chevaux donnaient la cadence et les bœufs, leur force de traction.
Préparation avant le départ vers la zone de dépôt
La difficulté était de faire partir les animaux en même temps, c’est-à-dire lancer les bœufs pour qu’ils décollent la charge, et de faire démarrer les chevaux.
Les chevaux ne devaient pas marcher trop vite pour ne pas tirer les bœufs et la grume. L’objectif a été rempli. Toutes les grumes ont été sorties.
Solène Gaudin
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Merci à Solène Gaudin pour sa contribution ainsi qu’à Jean-Jacques Blanchon pour les photos.
Manuel Olivier, viticulteur à Nuit-Saint-Georges (21)
Manuel Olivier est viticulteur en Bourgogne. Il exploite un domaine de grand vins de Bourgogne sur dix hectares de vignobles des Hautes-Côtes de Nuits, de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.
Depuis 2015, il possède deux boeufs Vosgiens achetés chez Philippe Kuhlmann pour travailler sur le domaine.
Pendant deux ans, ils ont été utilisés intensément au labour.
Après le départ d’un employé meneur qualifié, le manque de disponibilité des bonnes personnes a fait que les bœufs ont travaillé beaucoup moins, mais Manuel Olivier compte bien les ré-utiliser plus fréquemment prochainement. Il cherche d’ailleurs un bouvier volontaire pour ré-engager le projet.



















































