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les boeufs de Frédéric Iehlé pendant l’hiver 2013/2014, Martagny (27)

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Frédéric Iehlé nous communique un texte sur son hiver avec ses boeufs.

« La Rouge Mare / 26 janvier 2014

C’est l’hiver.

On le passe à l’abri dans l’étable sur un plancher de chêne avec un tapis de caoutchouc en guise de litière. Plus de paille, presque plus de fumier juste de la bouse à ramasser. Surtout un grand confort pour les pieds. Pieds qui ne font absolument pas partie des sujets de sélection des races bovines étant donné la durée de vie assez courte de cette espèce.

Ihélé frédéric 2014 travaux hiver 2 okLes bœufs ne sont pas plus sales pour autant, à l’exception de Peelish qui ne rate jamais un couchage sur bouse…

Au total c’est une petite heure de travail pour tout nettoyer matin et soir avec un coup de jet sur les tapis le soir pendant les deux heures quotidiennes de liberté et de désaltération à l’abreuvoir.

Auparavant les pieds qui marinaient dans le fumier devenaient sensibles et marcher ensuite sur les chemins empierrés devenaient un calvaire avec des difficultés pour maintenir l’attelage régulier. Maintenant les pieds sont toujours propres et les allures de l’attelage sont plus homogènes. Reste que la sensibilité sur les silex des chemins est variable entre chaque bœuf et que certains endroits ne sont pas toujours appréciés. Mais nous n’en sommes pas encore à la nécessité de ferrer.

Le comble ! Le graissage du bourrelet de peau entre les onglons des quatre pieds avec de la graisse à traire après nettoyage au jet bien sûr. Cela assouplit cette peau et donne à deux de mes bœufs une démarche franchement plus souple en hiver. L’été, rosée et marche libre dans la pâture suffisent à l’entretien des pieds.

Pour compléter les soins des pieds, la pédicure vérifie et taille les pieds tous les deux ans s’il n’y a pas nécessité plus tôt bien sûr.

Il y a aussi la douche mensuelle, si besoin. Un mélangeur permet d’avoir l’eau chaude sur le robinet extérieur. Le nettoyage est plus facile, plus rapide et surtout cela évite de voir le bœuf rentrer son ventre au contact de l’eau froide.

C’est le premier hivernage avec tout cet équipement et soins, c’est aussi le premier hivernage le plus simple et le plus abouti que les bœufs et moi passons.

L’hiver c’est aussi le moment où les bœufs travaillent le plus car ils sont à la maison.

Les Bretons sont à la guinguette (châssis de 205 habillé de bois) pour emmener le fumier dans la pâture à deux petits kilomètres de la maison, mais tout en pentes et côtes, avant qu’au printemps il ne soit étalé et disséminé par les Normands en traînant soit des branches soit trois rails d’épandeur. Il faut reconnaître que cet hiver, étant donné la quantité d’eau et donc l’état de la pelouse qu’il faut obligatoirement traverser, le fumier est plutôt stocké sur place pour ne pas transformer la pelouse en bourbier.

Les Normands sont plutôt cette année au débardage. Peelish l’avait déjà fait l’année dernière mais seul avec un collier de cheval bricolé (j’ai essayé de trouver un collier mais sans succès, un bourrelier aussi pour en fabriquer un, mais sans plus de succès …). Cette année, le débardage se fait avec la paire de Normands sur un chantier de nettoyage après le passage des exploitants forestiers où l’on récupère de belles pièces de bois laissées sur place et sur le nettoyage de cloisonnement (passage au sein d’une plantation) envahi de bouleaux. Le bouleau fait de très beaux feux et les pièces de hêtres et chêne fournissent la chaleur. Et puis l’achat de stères à l’ONF n’est pas exorbitant, ce qui ne gâte rien. Encore mieux avec la forêt à trente mètres derrière la maison et 10 minutes de marche pour aller sur le chantier !

Le chantier ! Nous y voilà.

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Joug Alibert d’Aveyron, liens Fargeix du Puy de Dôme, élingue fabriquée par une PME spécialisée en levage portuaire en Bretagne pour la traction, voilà notre équipement plus notre calme, c’est nous les Normands de Lyons !

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Là on est en plein sous-bois pour refaire le cloisonnement. Il faut savoir tourner sur place et au patron de nous éviter les souches dont les chocs résonnent dans les cornes. Pour cela un outil est en préparation, une sorte d’entonnoir qui regroupera les extrémités de bois et « glissera » sur les obstacles.

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La charge se prépare.

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Maintenant il faut la sortir et nos 750-800 kilos chacun font le boulot.

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Non on ne sortira pas tout d’un coup, le patron ne veut pas nous écœurer, juste nous faire acquérir endurance petit à petit avec des coups à donner pour sortir du sous-bois et puis de la traction pépère jusqu’au lieu de cubage final.

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La traction pépère mais traction tout de même avec toutes les branches ! Mais cela permet de comprendre que le boulot n’est pas le bagne en alternant dur et plus facile.

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Combien de temps va-t-on attendre les pieds dans l’eau que le patron soit enfin prêt ?

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Encore ces deux-là et on s’arrête. Faut surtout ne pas nous écœurer et nous faire regretter de mettre tout notre cœur à l’ouvrage. Et puis merde on y va tout seul, on les sort ces deux derniers, on connaît le chemin !

Voilà une après-midi des Normands en forêt de Lyons au travers de quelques photos et quelques unes de mes idées sur le bien vivre avec mes potes les bœufs. »

Frédéric Iehlé

Laurent Mallet, Lavastrie (15)

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2003 Joly et Baïssou

Laurent Mallet, transporteur de voyageur, taxi et restaurateur, possède trois boeufs Aubracs dressés, qui viennent enrichir l’activité d’animation du restaurant et du petit musée agricole qui s’y rattache.

Il nous présente son parcours et son travail avec ses boeufs.

« L’entreprise familiale a été créée par notre père dans les années 1970. Nous sommes à l’origine transporteur de voyageurs et taxi.

C’est depuis 1985 que nous avons ajouté une activité complémentaire à notre entreprise. En effet, nous sommes également propriétaire d’un restaurant.

Dans le cadre de cette dernière activité, notre père, passionné et amoureux des gestes d’autrefois, avait souhaité créer une exposition de matériels agricoles anciens.

Aussi, au sous-sol de notre restaurant, on trouve notre « musée » retraçant la vie de nos aïeux.

Cette rétrospective de la vie de nos campagnes ne pouvait être complète sans la présence d’un attelage.

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En 1999, nous avons acheté deux jeunes broutards de race Aubrac, Joli et Baïssou (noms des deux derniers boeufs de la ferme familiale), que nous avons eu le plaisir de dresser.

Malheureusement,en 2009, Baïssou est mort d’une crise cardiaque. Son demi frère, Joly, s’ennuyait tellement, qu’il a fallu trouver une solution rapide pour palier à son chagrin.

Un voisin agriculteur possédait une paire de boeufs qu’il avait commencé de dresser.

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Joly et Baïssou

Il a accepté de les mettre en pension chez nous. Nous avons continué le dressage. A ce jour, nous avons donc trois boeufs dressés.

Que faisons-nous de ces boeufs?

Très régulièrement dans notre restaurant, nous recevons des groupes du troisième âge, des associations que nous avons plaisir à accueillir avec notre attelage et à leur offrir l’apéritif dans notre musée familial.

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2013 Clairon et Baïssou 2

Notre attelage est aussi amené à sortir sur des manifestation dites « de terroir » où il défile avec un char: foire des Tersons à Pierrefort, concours de la race Aubrac à Saint-Flour.

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2012 à gauche clairon et Baïssou 2, à droite boeufs de Mr Tufféry (Le Malzieu-Ville 48)

De temps en temps ce sont des mariés qui profitent d’une promenade en char à quatre roues tiré par Clairon et Tambour (Baïssou 2) et parfois Joly qui va maintenant avoir 15 ans.

Ils partagent l’étable avec une jument de trait Comtoise nommée Surprise, et trois moutons: Noisette, Cacahuète et Rabinette. La cohabitation se passe très bien.

On peut retrouver Joli et Baïssou sur un DVD de Guylène Laur, tourné chez nous en 2005 avec notre père décédé depuis. Le fond musical est, bien entendu, « J’ai deux grands boeufs dans mon étable ».

On retrouve les boeufs sur le logo de notre établissement, sur les cartes publicitaires, sur nos véhicules, et sur les étiquettes du vin servi sur nos tables. »

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Jean Garnier, Lissac (43)

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Monsieur Garnier de Lissac en Haute-Loire, Nous communique l’histoire de sa vie avec ses attelages.

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« Permettez-moi de de faire l’historique de cette passion.

J’ai 69 ans, et j’ai travaillé avec une paire de boeufs Aubrac (Murat et Muscat). Je passais le rouleau, la herse et faisais le transport du fumier. C’était la plus belle paire de boeufs de la foire de la Saint-André au Puy-en-Velay en 1951.

Je me rappelle des paysans qui étaient fiers de leurs attelages et qui n’hésitaient pas à donner un coup de brosse avant de les sortir. L’apothéose de leur fierté était de réussir à tirer la batteuse d’un emplacement difficile, là où la paire de leur voisin avait calé!!

En 1953 est arrivé le premier tracteur, un TEA Fergusson. Les boeufs sont restés sur la ferme jusqu’à fin 1956, et en pensant même que le tracteur ne pourrait pas faire tous les travaux, mon père a acheté une paire de vaches Salers très docile. J’ai participé au dressage. Elles s’appelaient Violette et Pervenche.

A contrario des vaches, les boeufs s’achetaient dressés. Ils venaient pour la plupart (à pieds!!) de Lozère, de l’Aveyron ou du Cantal. 

Dans notre région, les attelages de boeufs étaient presque tous des Aubracs, un peu plus lents que les Salers, mais plus résistants à la chaleur.

Pour les paires de vaches, c’était plus varié, on voyait même des croisées ou des « Mézines », une race pure du nom de la montagne la plus haute de Haute-Loire.

Cette race a complètement disparu. La race Aubrac a bien failli être dans le même cas. C’est aujourd’hui chez nous la race allaitante la plus en vogue.

Les noms des boeufs les plus usités sont : Ladet, Lebroux, Rousset, Doura, Froment, Clairon, Dragon…

Le retour de l’attelage.

En 2000, en regardant la vidéo-cassette qui s’intitule « Toi l’auvergnat, dernier paysan » (film de René Duranton sur Michel Boudon de Saint-Jean-des-Ollières, un film tourné dans le Puy-de-Dôme, où un agriculteur travaille comme il y a soixante ans avec ses deux paires de boeufs, il m’est venu l’idée de dresser à nouveau des boeufs.

Un pari un peu fou que m’ont lancé un stagiaire et mon gendre.

A une quinzaine de kilomètres de chez moi, j’ai trouvé trois broutards un peu vieux, dans un élevage correspondant aux normes sanitaires souhaitées.

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Je les ai fait castrer par le vétérinaire, et j’ai choisi les deux plus réguliers, Rancou et Rabissou.

Six mois plus tard, j’ai commencé à mettre le joug que nous avions conservé. Petit à petit, aidé de mon gendre, nous avons avancé dans le dressage, une demi-journée par semaine. Ils traînaient, au début, un bloc de ciment.

Puis, plus tard, nous les attelions au tracteur mis au point mort pour les faire tirer!!

Nous les utilisions de nouveau à la maison pour le débardage du bois de chauffage. C’était leur plus gros travail chez nous.

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Bien sûr, j’ai été demandé pour animer des fêtes et des concours de labours, la plupart du temps bénévolement. Je labourais au brabant et à la charrue à mancherons.

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Après soixante ans, je pensais avoir plus de temps libre et faire diverses animations. Mais j’avais un problème pour le transport, avec la nécessité d’avoir le permis poids lourds car la paire pesait deux tonnes deux cent kilogrammes.

Fin 2008, Rancou a été pris de paralysie incurable. Après de nombreux soins, il est mort à la maison. Il était impensable de le remplacer, et j’ai dû me séparer de Rabissou, pas facile et trop lourd (612 kg de viande).

Je ne regrette pas cette expérience. Le plus important était, à mon sens, de faire connaître à nos enfants et petits-enfants, le travail d’agriculteur en traction animale. J’espère avoir livré mon expérience et mes sentiments. »

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« Les vaches de François », article d’Eric Rousseaux à propos de François Ladet (12)

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Sur une petite route, aux environs de Saint Eulalie d’Olt, dans l’Aveyron…

Texte et photos Eric Rousseaux Paru dans la revue « Sabots » numéro 17, mars / avril 2007.

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Les vaches de François.

Souvent présents lors des moissons à l’ancienne et autres fêtes traditionnelles, les attelages de bœufs et leurs conducteurs enchantent généralement le public. Imaginez alors le bonheur qui vous attend si un jour vous avez la chance d’entrer dans l’intimité de l’un de ces passeurs de mémoire !

Au détour d’une petite route.
Nous en avions pourtant vu, des vaches Aubrac sur les petites routes de l’Aveyron au cours des jours précédents ! Nous venions d’assister à la transhumance qui anime chaque année les Monts d’Aubrac au retour du printemps. Nous aurions dû en être rassasiés…

Ces deux là avaient cependant quelque chose de plus. Telles deux sœurs siamoises, solidarisées par le joug placé sur leur nuque et lié à leurs cornes, elles suivaient docilement un homme marchant devant elles, l’aiguillon posé sur une épaule, la fourche sur l’autre.
Le temps de trouver un emplacement pour se garer, quelques virages plus loin, tout le monde avait disparu. Avec le chant des oiseaux pour seule compagnie, nous marchions, mon épouse et moi-même, à la recherche de cet équipage. Il était forcément dans les parages !
Et puis enfin, un indice : des andains de foin à flanc de coteau… Ce devait être là !
Suants, soufflants, nous avons fini par retrouver « nos vaches » au sommet d’une colline. L’homme était en train de les atteler à une remorque maintes fois rafistolée, comme en témoignaient les composants hétéroclites de sa structure. Après avoir échangé quelques civilités, nous l’avons accompagné et regardé travailler.

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Maintes fois rafistolée…

Essentiellement utilisée pour la production extensive d’animaux de boucherie, et de façon plus marginale, pour la production de lait destiné à la fabrication du fromage de Laguiole, la race Aubrac a longtemps été employée comme bête de trait, spécialement pour les travaux de la ferme, les moissons, le transport du foin et des céréales, mais aussi pour le débardage.
Une paire de bêtes comme celles que nous avions devant nous peut tirer une tonne à la vitesse de 4 kilomètres par heure en travaillant 8 heures par jour et 250 jours par an. Ces animaux, agiles, calmes et appliqués, commencent à travailler à l’âge de 30 mois, ils pèsent en moyenne 700 kg.

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Après avoir été coupé avec une moto faucheuse, le foin a été fané puis andainé avec un râteau faneur tracté par les vaches.

Un homme heureux.
Tout en chargeant son foin, François Ladet, c’est le nom de notre homme, nous résuma sa vie en quelques mots. Aujourd’hui âgé de 67 ans, il avait logiquement succédé à son père sur la petite exploitation familiale, à Sainte Eulalie d’Olt (un des plus beaux villages de France), tandis que ses 5 sœurs quittaient la ferme. L’exploitation comptait alors 40 brebis, 24 vaches et 2 bœufs attelés. Cela suffisait à faire vivre la famille. En hiver, cependant, le père de François débardait avec ses bœufs pour le compte d’une scierie des environs.

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Le joug frontal est maintenu par une lanière de cuir d’abord enroulée autour du joug et de la corne externe, puis sous les cornes, autour du joug et du front sur lequel on a placé un coussin, puis autour du joug et de la corne interne. La lanière est enfin amarrée à un tenon placé à l’extrémité du joug.

François (qui n’avait jamais utilisé un tracteur, précisa-t-il), nous expliqua ensuite comment, chaque année, il dressait un bœuf à l’attelage. Il avait même fait réaliser un joug triple par le menuisier du village. Ce joug, d’un modèle peu commun, était destiné à recevoir un élève que le meneur plaçait entre 2 bœufs expérimentés.

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Un peu d’exercice !

On comprenait bien à l’entendre, que son existence n’avait pas toujours été une partie de plaisir, « j’ai vu de la misère toute ma vie ! ». Mais il semblait que cela soit dit sans amertume, juste pour en faire le constat.

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Là, pour les animaux, il ne s’agit plus de tirer, mais de retenir la voiture, une manoeuvre qui suppose une certaine expérience du travail en montagne…

Enfin, après avoir hissé une dernière fourche de foin en haut de son chargement, le visage illuminé d’un large sourire, François nous avoua qu’il avait maintenant une compagne, du même âge que lui, qui lavait son linge, lui faisait à manger… et que s’en était fini pour lui de vivre « seul comme une bête ».

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Retour à la ferme où ce foin d’excellente qualité sera entreposé pour l’hiver.

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Merci à Eric Rousseau pour nous avoir si gentiment communiqué son article.

Sébastien Bonnot, le bugue (24)

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Sébastien Bonnot attelle pour le plaisir.

Après avoir emménagé dans la ferme de son grand-père, il a dressé depuis 2007 plusieurs paires de bovins, comme il se l’était toujours promis.

Après avoir travaillé avec une paire de boeufs Salers qu’il a vendus en 2011, il termine le dressage d’une paire de femelles Salers.

Voici la présentation de son parcours qu’il nous a communiquée:

« L’envie de travailler avec des bovins me tenait à cœur depuis longtemps car j’ai passé tous les jours sans école de mon enfance, chez mes grands parents.

Ceux-ci avaient une petite exploitation agricole avec quelques vaches, une basse-cour…L’entretien des vaches m’a toujours plu et les récits que me faisaient mes aïeuls des travaux effectués avec les bœufs ou les vaches ont aiguisé ma curiosité.

Lorsque les conditions professionnelles l’ont permis, mon épouse Béatrice et moi avons aménagé l’ancienne grange en maison d’habitation et nous avons racheté des bovins en 2007.

Il s’agissait d’une paire de veaux Salers nés en 2006 que j’ai commencé à dresser dès l’âge de 8 mois. Pour me guider dans cette entreprise, deux voisins âgés et mon grand-père m’ont prodigué leurs conseils.

Le dressage a mis du temps car je ne lie que le samedi et le dimanche, à condition que la météo et le planning familial le permettent…Mais finalement, je n’étais pas trop mécontent du résultat. Ils obéissaient à la voix et suivaient correctement. Il faut noter que je fais cela tout seul. A deux, je pense que cela avancerait plus vite.

J’ai vendu cette paire de bœufs en septembre 2011 à un éleveur qui en cherchait une pour travailler et faire des démonstrations en foire (j’avais moi-même fait une douzaine de sorties avec mes bœufs).

Ce qui m’a poussé à les vendre, c’est la quatrième grossesse de mon épouse Béatrice (nous avons quatre garçons). Du coup je n’avais plus le temps de faire travailler mes boeufs, et lorsque je les liais, il fallait à chaque fois tout reprendre.

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Vous pouvez les voir sur cette vidéo, car un voisin m’avait filmé à l’improviste pendant que je ramassais de la fougère avec un autre voisin.

 

   Après cet épisode, le virus ne m’avait pas quitté.

J’avais acheté une génisse Salers en 2010. Elle a eu deux filles, une en mai 2011 et l’autre en mai 2012. Le petit dernier ayant un peu grandi, je me suis mis à dresser les deux sœurs. J’ai dressé l’ainée en solo (ce qui n’est pas le plus facile!), puis lorsque la deuxième a été assez grosse, je les ai mises en paire.

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Pour l’instant, l’aînée travaille pas mal, mais la plus jeune (18 mois), qui est très douce au pré, reste vive et nerveuse avec le joug. Mais c’est l’âge qui veut ça, il faut qu’elle mûrisse.

Aujourd’hui elles tirent la herse, la canadienne ou des petites billes de bois. Je vais sans tarder leur faire essayer la remorque sur pneu. Vous les verrez sur les photos ci-jointes qui datent du 23 décembre.

    Vous pourrez constater que les enfants participent aussi au dressage!

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    Voici donc rapidement un aperçu de mon parcours. Je pourrais vous en écrire plusieurs pages mais j’ai essayé de résumer l’essentiel. »

Le chaussage d’automne…, avec les boeufs, au Chateau pape-Clément à Pessac (33), par Tifenn Vital

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Tifenn au salon de Montmorillon 2013 (Photo L. et A. Bernard)

Merci à Tifenn Vital, bouvière au domaine Château pape-Clément, de nous communiquer un texte sur les travaux d’automne dans les vignes du château.

« Au château Pape clément, alors que les vendanges touchaient à leur fin début octobre, les chevaux et les bœufs ont repris leurs quartiers dans l’enceinte du château. Au programme : chaussage des vignes !

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Apres deux mois de vacances, Blanc et Marrel les Gascons, ont dû rapidement se remettre au travail avec notre participation au salon de la traction animale pour quelques démonstrations simples de la nonchalance avec laquelle ils tirent la griffe ! Clic clac quelques photos et de belles rencontres avec d’autres bouviers, puis il fut temps de s’atteler aux 30 hectares du domaine.

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chaussage pape clément tifenn 12 2013 4 okDevant le travail intensif, les boeufs sont maintenant ferrés régulièrement au domaine.

Charrues potelières, adaptation de disques pour découper proprement la bande enherbée… C’est maintenant aux animaux d’adopter un rythme suffisamment lent pour permettre à la terre de se retourner en limitant les projections et…sans arracher de pieds !

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Tifenn au chateu Pape Clément (photo Jean-Léo Dugast)

Tant qu’ils n’eurent pas bien compris l’objectif des opérations, nos bœufs marchèrent un peu vite malgré nos « dolçament , dolçament » et légères pressions sur les guides afin de leur soumettre nos intentions… Et quand ils en avaient assez, ils n’hésitaient pas à serrer la vigne du mauvais côté en nous guettant d’un œil pour pouvoir ce que nous pouvions faire… bizarrement, lorsque nous nous munissions d’un aiguillon, serrer à droite ou à gauche n’est plus sujet à discussion ! Cependant il n’est pas toujours aisé de tenir une charrue dans l’argile en plus du bâton… Alors pour la prochaine saison, nous allons souder des portes aiguillons sur nos outils ! Et espérer qu’à force de kilomètres, nos deux amis cessent de nous tester régulièrement !

Cependant nous sommes satisfaits de leurs progrès et ils ont bien pris leur part de travail sur les 30 hectares de vignes que nous avons chaussés cet automne ! D’autant plus que nos bœufs ressortent de la saison en belle forme aussi grâce au maréchal-ferrant qui s’est occupé de les ferrer au château à l’aide d’un travail mobile, et d’une séance d’ostéopathie qui leur a débloqué quelques côtes et tensions ! Marrel avait notamment des cervicales bloquées et son port de tête s’est nettement relevé depuis cette manipulation… Depuis, il mobilise beaucoup mieux sa ligne du dessus dans les efforts de traction.

Pour l’hiver, les bœufs vont participer à un chantier de débardage, en paire au joug, en simple au collier… Et nous avons fait quelques séances de travail au cordeau sur Blanc pour préparer cette nouvelle aventure.

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Tifenn au salon de Montmorillon 2013 (Photo Traits de Savoie, Patrick Boonroy)

Cette nouvelle saison nous fait encore progresser dans le travail avec nos bœufs, d’autant plus que nous sommes exigeants : le château n’apprécierait pas des rais tortillant le long des rangs, et même si nous sommes parfois agacés de leurs « désobéissances passives », nous sommes certains d’être sur la bonne voie et de retrouver de saison en saison des animaux de plus en plus finement préparés au travail ! Patience, calme et justesse… Les bœufs nous donnent aussi de belles leçons… »

Tifenn Vital

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Travail au Homesteader tracté avec une paire de boeufs, par Solène Gaudin

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Homesteader équipé du Cover-crops relevé pour accéder à la parcelle

Solène Gaudin, nous communique un article consacré au porte-outil Homesteader de chez « Pioneer », modifié à l’attelage de boeufs par AMB88 cliquez ici pour voir.

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« Le Matériel Homesteader est prévu à la base pour les chevaux, une modification sur la partie avant du timon (modification faite par AMB 88) permet l’attelage d’une paire de boeufs au grand joug.

Les premiers essais sont réalisés sur une parcelle destinée à devenir une surface de maraîchage l’an prochain.

L’objectif du passage du cover-crops est de faire un premier pseudo-labour, de façon à décoller le plomb (plomb = herbe enracinée) avant d’épandre un fumier composté avant l’hiver, pour réaliser soit un labour de printemps ou un pseudo-labour.

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 Boeufs attelés au homesteader

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Le Homesteader permet le travail assis. (Alicia en formation Gestion et Protection de la Faune et de la Nature venu en stage pour la découverte de la traction animale)

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Le Homestaeder étant équipé d’un siège permet le menage par l’arrière

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Au travail vec le cover-crops 

Avis sur l’utilisation du Homesteader avec le cover-crops:

Une largeur de travail intéressante pour les grandes surfaces. Cependant l’outil étant moins large que la voie, l’utilisation doit se faire avec beaucoup de passages et de croisements pour travailler toute la surface. Le confort du bouvier est amélioré  par la position assise avec une conduite par derrière, l’outil étant devant, il évite au bouvier de se retourner pour voir son travail.
Sur un travail avec une terre précédemment travaillée, le passage du cover-crops laisse une bande de terre non décollée. L’outil doit repasser sur  le précédent passage, pour travailler les bandes côte à côte. L’investissement reste lourd pour un travail moyen par rapport à mes attentes. »

Solène Gaudin

Allez voir aussi l’article qu’y a consacré Jean-Léo Dugast sur son blog « Percheron international » en cliquant ici.

 

Serge Sauret, Mazerat- Aurouze (43)

Voici un article de Pomme Labrousse paru dans La montagne du 07 / 07 /2012 (cliquez ici pour voir) qui présente le parcours de Serge Sauret et de son père, Roger.

« Serge Sauret, éleveur à La Brequeuille (Mazerat- Aurouze) a puisé dans les souvenirs de son père pour dresser, à l’ancienne, Charmant et Mignon, deux beaux aubracs.

Avec leurs beaux yeux bruns et leur allure élégante, il y a fort à parier que ces deux-là vont faire chavirer les coeurs, dans deux semaines, pendant la marche de Mémoire et traditions rurales. Et la botte secrète de ces grands gaillards, qui pèsent une tonne et demie à eux deux, c’est qu’ils savent séduire aussi bien les hommes que les femmes. Charmant et Mignon, qui portent décidément bien leurs noms, ont déjà commencé à jouer les bourreaux des coeurs hier, dans la cour de Serge Sauret, à La Brequeuille, commune de Mazerat-Aurouze. Ces deux boeufs Aubracs, nés en janvier 2010, sont la grande fierté de Joseph Beaud, le président de la commission Mémoire et traditions rurales ( cf. ci-dessous). « Avant, on faisait venir des boeufs de plus loin… Mais là, pour fêter nos vingt ans, c’est fantastique d’avoir une paire de boeufs du pays. »

Dans la dizaine de personnes venues assister à la première « sortie officielle » de la paire, Fabien, 9 ans et Paul, 79 ans, jetaient le même regard sur ces deux grosses bêtes. Ce que le premier préfère, c’est de voir son oncle et son grand-père les atteler. Et le second se souvient encore de ses paires à lui. « Travailler avec les boeufs, quand on les a bien dressés, bien mis à sa main, c’est un plaisir… » Quant à Denis Soignon, il n’en a jamais dressé, mais se souvient bien des attelages de son enfance. « Je n’avais pas besoin de boeufs en bois pour jouer : entre 6 et 10 ans, j’ai beaucoup travaillé avec. »

De père en fils…

Mais Charmant et Mignon représentent surtout un lien entre les générations puisque c’est Roger Sauret qui a appris à son fils Serge comment les dresser. « Mon père m’a toujours parlé de ses boeufs. Quand j’ai eu ces deux mâles, qui n’étaient pas bons pour l’export, je les ai fait castrer pour qu’il me fasse voir… Le dressage, c’est un savoir qu’il faut transmettre. Sans mon père, je n’aurais jamais deviné comment faire. Et nos anciens, on ne les aura pas tout le temps… »

Alors, sous les conseils du patriarche, Serge Sauret a appris à installer le sassaü, le jonc, les juilles et les émouchaïres sur ses boeufs. À les faire avancer, s’arrêter, reculer et tourner. Un projet de longue haleine, qui a commencé il y a un an, et qui n’est pas encore achevé. Mais une tâche qui procure bien des satisfactions. « Avec les boeufs, le travail d’une journée est acquis. On n’a pas besoin d’y revenir le lendemain », assure Serge Sauret, qui couvre d’un regard tendre ses gros protégés. « Je me suis complètement pris au jeu ! Il faut le faire pour s’en rendre compte. Et puis ces deux-là, quand ils ne travaillent pas, ils sont toujours côte à côte, et souvent dans le sens dans lequel ils sont attelés. Quand on dit qu’ils sont liés… »

« Le dressage,
c’est un savoir qu’il faut transmettre »

Il a fallu que Serge Sauret trouve le temps, avec son troupeau de vaches allaitantes Aubrac, pour habituer les bêtes au joug, à tirer le tombereau… « Il faut énormément de temps, de patience… Là, il faut encore leur apprendre à suivre la raie de labour. » Mais qu’importe, dimanche 22 juillet, Charmant et Mignon seront attelés au char doublé chargé de foin, et constitueront l’une des attractions vedettes de la marche Mémoire et traditions. « Ce n’est pas du folklore, s’agace Joseph Beaud, c’est un retour à l’authenticité. » Et les anciens de se mettre à rêver : « On ne sait jamais, peut-être qu’on y reviendra, s’il n’y a plus de pétrole… » »

Pomme Labrousse

Richard Maillet, Vaux (86)

Homme de cheval, bourrelier, intervenant formateur, Richard Maillet est en train de dresser une paire de boeufs Limousins.

Il a créé une association « La rénette ». Voici le texte d’introduction qui présente bien toutes les facettes de ses activités.

« Richard Maillet, sellier-bourrelier, intervenant formateur à Montmorillon à « Agri nature » et Sonia Maillet enseignante, ont créé l’association La Rénette pour accumuler, transmettre et distribuer la mémoire du savoir-faire et des métiers anciens de la région Poitou-Charentes en la synthétisant au sein de La Rénette.

Riche d’une population locale de savoirs ancestraux, accompagnés des anciens de nos villages et des jeunes qui transmettent cette richesse, l’association peut recevoir des groupes, des comités d’entreprise, des écoles ou des individuels pour des journées découvertes. Atelier four à bois, fabrication de pain, pizza, tourte, cuisson au feu de bois, initiation aux ateliers cordes et forges, découverte du travail au sol avec des chevaux ou des bœufs, découverte de la sellerie bourrellerie par Richard notre artisan, bientôt un hébergement en roulottes sur site sera possible, nous accueillons également des chevaux et bœufs pour le débourrage éthologique des animaux.

L’association peut se déplacer sur les foires et fêtes de village pour proposer la découverte des métiers et savoirs anciens. »

Consultez le site en cliquant ici. Le site n’existe plus.

 

Activité « traction bovine » au lycée agricole d’Oloron-Sainte-Marie (64).

Emmanuel Larre, nous présente les animaux et l’historique des activités autour de l’attelage bovin, qu’il propose à ses élèves au sein du lycée d’Oloron-Sainte-Marie.

« Eleveur depuis mon installation en 1981 sur une exploitation Béarnaise, à quelques kilomètres d’Oloron-Sainte-Marie, je suis également enseignant, en zootechnie et phytotechnie, au lycée agricole d’Oloron. Je suis donc « double-actif ».

Depuis quelques années, l’exploitation agricole du lycée, vouée à la production de lait de brebis et à sa transformation en fromage, constitue un petit troupeau de vaches Béarnaises ( race rustique à très faibles effectifs).

Ces vaches étaient, jusque dans les années 60, très utilisées pour la traction en milieu difficile de montagne et de côteaux. Les quelques animaux actuels ont conservé ces aptitudes. Quelques élèves semblaient motivés par le dressage. La participation annuelle d’une vache suitée au Trophée National des Lycées Agricoles au salon de l’agriculture à Paris a été le déclic.

Tant qu’à éduquer des animaux à marcher, suivre l’homme et rester indifférent à tout ce qui pouvait se produire dans leur environnement, au lycée ou lors de foires, comices et autre exposition, il était tentant de poursuivre vers la traction animale.

Avec des animaux dociles et éduqués jeunes, et des jeunes élèves intéressés, cela devait être faisable. L’aventure me tente, bien que je n’aie aucune expérience en la matière…..

Un premier veau mâle Béarnais est alors préparé. Seul de son âge, je décide donc de le débourrer au collier (un collier pour cheval fait l’affaire…). Castré à 11 mois, Everest tire aujourd’hui, à 3 ans et demi, un traîneau ou des barres de bois provenant de la forêt voisine très pentue. Une remorque équipée de brancards est en cours de réalisation. Il sera également mis au joug à une tête qu’il a simplement porté pour l’instant.

Deux autres veaux mâles naissent et sont retenus au sevrage, après un premier débourrage….. Ils se révèlent très dociles et très réceptifs ( pour un prof, ce sont de très bons élèves! ). Un « joug » de garrot, très rudimentaire et très vite fait, permet de les joindre très jeunes, de les initier à une légère traction et de les avoir parfaitement aux ordres, un vrai régal! Hélas l’acquéreur initial se rétracte et personne ne semble intéressé pour les prendre. Ils finiront malheuseusement à la boucherie.

Dans le même temps, deux veaux mâles, un Salers (Gamin) et un Tarentais (Goyat, ce qui signifie gamin en béarnais) naissaient chez moi. Ils sont, eux aussi, éduqués de la même façon, très jeunes, aux règles élémentaires de la discipline et de la traction.

Cette paire un peu hétéroclite me permet de me faire la main. Agés de 2 ans et demi, ils sont au joug depuis 6 mois et poursuivent leur éducation en tirant un gros pneu, une petite herse et depuis peu un tombereau. Je les considère eux-aussi comme de très bons et très agréables élèves! Deux velles bérnaises doivent arriver chez moi à l’automne et suivront le même parcours…….

Retour au lycée où une paire de génisses Béarnaises (Gabas et Gourzy qui ont le même père), achetées au printemps 2012 à l’âge de 6 mois, a commencé par être apprivoisée. Elles sautaient contre les murs à leur arrivée. Actuellement en estive, elles seront mises au joug de tête à l’automne.

Elles ont également été brièvement appariée avec le petit joug de garrot, l’hiver dernier. Espérons qu’elles aussi donneront satisfaction….

Ces activités sont passionnantes. Elles exigent cependant une forte assiduité.

Que ce soit avec les animaux ou avec les élèves, l’enseignement est l’art de la répétition en adaptant le rythme de la progression. Heureusement, les animaux n’oublient pas!.. Le revers de la médaille étant que le droit à l’erreur est limité! »

Allez voir la page consacrée aux attelages du lycée, sur le blog « Vachement fidèles » tenu par les élèves,  en cliquant ici.

Vendredi 20 décembre 2013

Les attelages

Avant de partir en vacances, voici un petit reportage photo dédié aux attelages. Nous y travaillons beaucoup avec M. Larre, notre professeur.

 Le conseil de Mignoune  

Si ce sujet vous intéresse, nous vous renvoyons vers un blog consacré aux attelages : Blog attelages bovins d’aujourdhui

Préparation de l’attelage

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