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Petit charroi de bois à la luge au RossFarmMuseum (Canada)

Il faisait si beau aujourd’hui que nous ne pouvions pas laisser passer l’occasion d’atteler les bœufs et de partir en forêt. Comme cette exploitation forestière a lieu de l’autre côté de la route, à proximité du musée, nous avons décidé d’emporter la caméra pour que nos fans YouTube puissent la voir.

Après avoir attelé, Cameron et les bœufs se sont dirigés vers le traîneau où ils ont retrouvé Barry, leur coup de main pour la journée. D’un rapide coup de barre et d’un coup de boulon, ils étaient en route pour la forêt.

De retour à la clairière, ils ont remplacé le traîneau par une chaîne et ont commencé à tirer les grumes jusqu’au sommet. Un par un, se frayant un chemin dans la neige, parfois assez épaisse, ils ont hissé les grumes jusqu’au sommet. Une fois arrivés au sommet, il n’a fallu que quelques bons coups de girouette pour que les grumes atteignent le sommet et soient chargées ultérieurement.

Une fois toutes les billes chargées sur le sommet, ils revinrent et s’accrochèrent solidement au traîneau. Après quelques rapides travaux de creusage par Barry, un tas de douelles fut dégagé et le chargement commença. Enseveli sous quelques chutes de neige, le tas de billes gelé se détacha grâce à quelques bons coups de peavey, un outil couramment utilisé pour l’exploitation forestière traditionnelle.

Après avoir chargé les douelles, ils passèrent une chaîne autour du tas, le serrèrent fermement et se dirigèrent vers la ferme. À mi-chemin du bois, Cameron, Barry et les bœufs s’arrêtèrent pour une courte pause. Cameron resserra alors ses sangles de joug pour terminer la dernière étape du transport, par-dessus la colline et dans la cour.

Arrivés près des palettes dans la cour, Cameron et Barry déchargeèrent les douelles juste à temps pour retourner à la grange et aller dîner.

Voir les bœufs travailler dans leur élément permet de comprendre leur importance et leur importance en Nouvelle-Écosse. S’enfoncer jusqu’à la poitrine dans la neige profonde ou les marécages n’est guère un défi pour ces gentils géants. Avec leur ardeur au travail et leur force de frappe, on comprend aisément pourquoi les conducteurs de bœufs sont si fiers de leurs attelages.

À la Ferme Ross, tout le monde est ravi de voir les gens continuer à travailler avec les bœufs ; ils jouent un rôle si important dans notre histoire, ici en Nouvelle-Écosse !

Production : Robert Hutt (Charing Cross Productions Limited)

Chaine YouTube : https://www.youtube.com/@RossFarmMuseumNS

Site internet : https://rossfarm.novascotia.ca/

 

Pierre Parra, Aurillac (15)

Image issue du site « Les promenades de Bergisel » J-M Laurent

Pierre Parra participe à de nombreuses fêtes sur le Massif Central avec ses deux paires de boeufs Salers, l’une noire et l’autre rouge.

Allez voir le site « Les promenades de Bergisel » avec de nombreuses et belles photos de Pierre Parra en cliquant ici ou en le lisant en dessous : 

Les promenades de Bergisel : Dédicace à Pierre Parra 

Depuis de nombreuses années Pierre Parra rêvait de monter ses boeufs Salers noirs au milieu du volcan cantalien, et plus précisément au buron de Rombières. J’ai cru lire dans son regard une joie discrète ! Vous avez raison d’être fier !

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  Pierre Parra débouche sur la prairie du buron de Rombières

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  Pose avec les contreforts du puy Mary en arrière-plan

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La même avec le Griou et le Griounou 

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 LES BOEUFS

J’ai deux grands boeufs dans mon étable,
Deux grands boeufs blancs marqués de roux ;
La charrue est en bois d’érable,
L’aiguillon en branche de houx.
C’est par leur soin qu’on voit la plaine
Verte l’hiver, jaune l’été ;
Ils gagnent dans une semaine
Plus d’argent qu’ils n’en ont coûté.

S’il me fallait les vendre,
J’aimerais mieux me pendre ;
J’aime Jeanne ma femme, eh bien ! j’aimerais mieux
La voir mourir, que voir mourir mes boeufs.

Les voyez-vous, les belles bêtes,
Creuser profond et tracer droit,
Bravant la pluie et les tempêtes
Qu’il fasse chaud, qu’il fasse froid.
Lorsque je fais halte pour boire,
Un brouillard sort de leurs naseaux,
Et je vois sur leur corne noire
Se poser les petits oiseaux.

S’il me fallait les vendre,
J’aimerais mieux me pendre ;
J’aime Jeanne ma femme, eh bien ! j’aimerais mieux
La voir mourir, que voir mourir mes boeufs.

Ils sont forts comme un pressoir d’huile,
Ils sont doux comme des moutons ;
Tous les ans, on vient de la ville
Les marchander dans nos cantons,
Pour les mener aux Tuileries,
Au mardi gras devant le roi,
Et puis les vendre aux boucheries ;
Je ne veux pas, ils sont à moi.

S’il me fallait les vendre,
J’aimerais mieux me pendre ;
J’aime Jeanne ma femme, eh bien ! j’aimerais mieux
La voir mourir, que voir mourir mes boeufs.

Quand notre fille sera grande,
Si le fils de notre régent
En mariage la demande,
Je lui promets tout mon argent ;
Mais si pour dot il veut qu’on donne
Les grands boeufs blancs marqués de roux ;
Ma fille, laissons la couronne
Et ramenons les boeufs chez nous.

S’il me fallait les vendre,
J’aimerais mieux me pendre ;
J’aime Jeanne ma femme, eh bien ! j’aimerais mieux
La voir mourir, que voir mourir mes boeufs. 

Pierre Dupont (1821 – 1870) 


Allez voir aussi l’article sur Le blog de LilyFlore ou en le lisant juste en dessous.

452 ♥ Rencontre royale avec un attelage de vaches Salers

Bonjour tout le monde.

En vacances en Corrèze à la limite du Cantal, je me suis rendue à la ville de Salers (attention ne pas prononcer le S final, sinon vous encourez les plus vifs reproches des cantalous ou cantaliens de la région ou de ceux qui ont quitté la région).

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Quelle ne fut pas ma surprise de doubler un attelage de bœuf de la race des Salers, vache d’une superbe couleurs acajou mais ceux-là sont tout noirs, avec des cornes magnifiques en forme de lyre. .

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Jetez un oeil sur les cornes de ces bêtes superbes, le parapluie est lui aussi de sortie, car ce jour là le temps était un peu humide. Nous nous garons vite fait sur le côté, ce qui me permet de les prendre en photo et de parler au propriétaire qui accepte de poser avec eux. une force tranquille émanait de ces bêtes qui obéissent au doigt et a la voix de leur maitre, le baton que tient le propriétaire est pour faire sérieux mais il ne s’en sert aucunement.

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Une fête avait lieu dans la ville, ce qui m’a permis cette rencontre royale.

Juste pour le plaisir j’ai recherché quelques informations sur cette race qui a été remise à l’honneur par Ernest Tyssendier d’Escous suite à une sélection et des croisements judicieux. C’est une vache très robuste d’une taille assez imposante : 700 à 750 kg pour les femelles avec 1,40 m de hauteur au garrot.

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D’après ce qui m’a été dit sur place on ignore pourquoi de temps en temps au milieu du cheptel nait une vache totalement noire, cela va jusqu’aux muqueuses.

Cette vache n’a pas de problème de vertige ce qui lui permet de vivre les mois d’estivages sur les pentes ardues du Cantal, avec son veau qui est donc élevé sous la mère. Cette race est élevée aussi bien pour sa viande de grande qualité que pour son lait très riche, ce qui nous donne un gouteux fromage AOC qui se nomme et oui vous avez gagné c’est le salers (toujours sans prononcer le s fatidique).

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Le lait est récolté seulement de la fin de l’été au début de l’automne, et le fromage est fait que pendant cette période. C’est une méthode totalement artisanale on est loin des grandes laiteries industrielles. 

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Cette vache a aussi une particularité c’est que pour la traire il faut laisser le veau commencer la tétée, le vacher attache le veau à la patte avant de la mère ce qui la rassure.

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Il trait la vache que sur 3 trayons, le 4ème est pour le veau pour qu’il finisse son repas. C’est aussi une vache qui a la faculté de mettre bas sans l’aide de l’homme, les catalous vous disent que le record est une vache de 28 ans qui donna naissance à 25 veaux sans aide humaine.

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J’espère que vous avez aimé ces photos de reprise .

♦♣♦

Je ne suis pas en grande forme, rien de trop grave, quelques problèmes de jeunesse qui fout le camp mais…je me soigne.

J’espère vous retrouver prochainement avec la visite de la ville de Salers qui est superbeet que j’ai particulièrement apprècié et je souhaite vous faire partager cette jolie ville.

Formation de Montmorillon, article de « La nouvelle république » de Sébastien Kerouanton

Article du journal « La nouvelle république » de Sébastien Kerouanton, mis en ligne sur leur site le 05/06/2013 (cliquez ici).

Travailler avec des boeufs : ce n’est pas que du folklore

Le CFPPA maintient sa formation à la traction bovine, la seule du genre proposée en France par un établissement relevant de l’Éducation nationale.

Quel est l’intérêt de travailler avec des bœufs ?

Emmanuel Fleurentdidier, formateur. « Par rapport aux chevaux, les bœufs sont plus placides, plus calmes. On peut les laisser à l’arrêt et faire autre chose, ce qui permet de travailler seul. Avec des chevaux, ce n’est pas possible.
Le bœuf est également moins cher : il faut compter 4.000 € pour une paire prête à travailler, soit deux fois moins que des chevaux. Il est moins coûteux à l’entretien, moins fragile, consomme moins de fourrage puisqu’il rumine.
On peut aussi le valoriser en boucherie, ce qui est rarement le cas avec les chevaux, l’attachement n’est pas le même. »

Et par rapport à un tracteur ? Est-ce économiquement réaliste dans une ferme ?

« Oui, comme le montre une étude du CIVAM (1) qui a comparé l’utilisation des bovins et du tracteur.
Tout est question de surface. En dessous de 2 ha, l’investissement dans un tracteur n’est pas forcément justifié. C’est une organisation différente.
A titre personnel, j’utilise des bœufs, des chevaux et j’ai un tracteur. Les bœufs font les trois quarts du travail. Surtout ces dernières semaines, sur les sols détrempés. Les onglons s’enfoncent moins que les sabots des chevaux. »

La technique est-elle appelée à se développer ?

« En ce moment, il y a un boom sur la traction bovine. Un domaine viticole du Bordelais se met à utiliser des bœufs par exemple, et le médiatise. Je suis en contact avec plusieurs anciens élèves qui ont acheté des paires et les utilisent. Certains en ont fait leur principal outil de travail. »

Quel est le profil des élèves de cette formation ?

« Certains veulent se lancer dans l’agriculture ou le débardage. D’autres sont déjà installés, souvent en maraîchage et veulent développer la traction animale sur leurs exploitations. Certains viennent aussi pour préparer des spectacles, des fêtes de village, etc. »

Vous leur parlez dans quelle langue à ces bœufs ?

« C’est du patois vosgien [rire]. Haïe pour avancer, hot pour droite, diha pour gauche, cheu pour reculer, ho pour arrêter. Les mots sont courts, ils percutent mieux que le français. L’utilisation des patois et dialectes est courante en traction animale, c’est un aspect de la conservation de ce patrimoine. »

(1) Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural.

Sébastien Kerouanton

Une histoire de transmission…, le ferrage des boeufs aujourd’hui, par Tifenn Vital

Une histoire de transmission…

Les bœufs Blanc et Marrel sont arrivés au château Pape Clément sous les premières lueurs du discret soleil printanier: l’aventure se poursuit.

Après le dressage de ces deux Gascons originaires des Pyrénées Ariègeoises , il fallut former des personnes compétentes au travail du sol et à l’utilisation des bovidés, trouver les derniers selliers-harnacheurs fabricant des colliers adaptés, des jougs sur mesure…

Mais alors que Blanc et Marrel commençaient à travailler dans les rangs des grands crus, leurs onglons s’usaient et risquaient de rendre pénible leur travail. C’est ainsi que nous prenons la direction de Labroquère (31) afin de rencontrer Jean Ousset, maréchal-ferrant de 74 ans qui nous accueille dans son atelier … Le brochoir que l’Homme tient dans ses mains lui a été forgé par son père en 1954, et n’a cessé de ferrer bœufs, vaches et chevaux malgré le tournant dont Jean fut le témoin au cours de la mécanisation… Les animaux de trait disparaissent ainsi progressivement des champs et les centres de formation n’apprennent plus aux jeunes maréchaux-ferrants la délicate technique du ferrage des bœufs à la française dans le traditionnel travail.

Mais grâce à l’audace de Monsieur Magrez, c’est toute une branche de la traction animale qui est en émulation aujourd’hui ! Et les maréchaux-ferrants, A. Fauquey et A. Vacher, qui officient déjà sur les chevaux de Frédéric Fardoux attachés au domaine, se sont prêtés à cette rencontre étonnante au cœur des Pyrénées.

Les sourcils se froncent…un bœuf représente huit fers, chaque pied est en effet composé de deux onglons aux parois très fines qui impliquent une grande précision du geste. Il s’agit aussi de forger des fers sur mesure dans une forge au charbon car le gaz ne chaufferait pas assez… Monsieur Ousset sourit devant la surprise des deux jeunes maréchaux ! Et oui : «  Ca paraît pas mais c’est du boulot ».

(Ré) introduire des bœufs dans la vigne implique une vraie démarche globale de réappropriation des savoirs. Au 14ème siècle, le domaine du château Pape Clément était déjà pilote en terme d’innovation en organisant la vigne en « règes » (en Bordelais, rangée de vigne palissée) afin de permettre le travail du sol attelé. Aujourd’hui, et toujours dans une optique d’excellence, tradition et innovation s’orchestrent ensemble afin de proposer aux papilles le meilleur de notre terroir … »

Tifenn Vital

 

Les bouviers du Château Pape Clément à Pessac (33)

C’est Fred Fardoux qui gère la traction animale au château. Son entreprise fait de la prestation en vigne, forêt, et bientôt sur le domaine territorial, en ville.

Tifenn Vital, bouvière au domaine, nous présente l’équipe impliquée dans la remise au travail des boeufs sur ce grand domaine viticole.

« C’est avec un sourire malicieux que Fred Fardoux, débardeur et laboureur au cheval nous tend nos contrats ou en titre de l’emploi occupé, nous pouvons lire « bouvier ». L’aventure commençait, nous sommes en juin 2013…

La petite équipe se compose de Pauline Réaux qui, après un court passage en formation de CS cocher, a préféré se rapprocher des professionnels pour apprendre sur le terrain… Elle est aussi passionnée de bovins et remplit notre équipe de sa motivation et de son rire communicatif. Charles Quignard est aux guides depuis quelques années entre maraîchage, débardage et cheval territorial. Bricoleur, nous aurons bientôt sur nos charrues un porte-aiguillon grâce à lui ! Tous deux ont passé un séjour de quelques semaines chez Olivier Courthiade afin de prendre connaissance avec Blanc et Marrel. Quant à moi, je suis presque arrivée avec les bœufs dans le camion depuis l’Ariège! Je suis dans les quartiers de la ferme de Méras depuis janvier 2012, date de ma rencontre avec l’attelage bovin « Tu veux apprendre à atteler les chevaux ? Eh bien… nous allons commencer avec les bœufs !!! »…

Des parcours différents pour cette chaleureuse équipe qui, à la veille de l’interruption estivale du travail du sol dans la vigne, fait le bilan… En juin, remettre les bœufs au travail ne fut pas une mince affaire…et s’ils avaient été débourrés au collier, ils n’étaient pas habitués au travail spécifique de la vigne et très raides sur les guides… Nous avons commencé par une personne à la tête et une personne aux guides jusqu’à ce qu’ils commencent à se détendre et à répondre à la voix, ainsi qu’aux indications des guides. De la tête, une personne restait en sécurité dans le rang voisin, puis au bout des rangs et maintenant, Blanc et Marrel travaillent en solo. Griffes, lames interceps essentiellement. Le rendez- vous est pris à l’automne pour les chaussages puis au printemps pour le décavaillonnage, des travaux un peu plus précis qui vont encore demander des efforts d’apprentissage aux deux bœufs du domaine !

Quant à nous, si nous sommes heureux du travail que nous effectuons avec les bœufs, nous n’avons pas envie de nous auto-proclamer « bouviers ». Nous nous documentons, recherchons des infos, expérimentons sur la base de notre bon sens … Il faudra encore quelques années, d’autres dressages, d’autres utilisations avant de se targuer de Savoir ! »

Tifenn Vital

Au travail avec mes boeufs, par Frédéric Iehlé (27)

Je vous présente mes quatre potes, Breton Pie Noire et Normand. Les photos sont couci-couça mais ils sont dessus tous les quatre avec quelques outils de travail dont … moi.

Les Bretons ont sept ans et les Normands cinq.

Les Bretons tout d’abord avec la dernière charrette : c’est comme cela que nous allons chercher paille et foin à deux kilomètres. Naki et Naha ont validé l’outil en fin d’hiver et les derniers réglages ont été faits au printemps comme le remplacement des amortisseurs arrières par de simples tubes qui permettent d’éviter les frottements caisse/roues en cas de trop grosse charge.

Cette charrette, appelée « Guinguette », est une ex-‘205 Pigeot’ dont seul le châssis a été conservé et toute la structure et habillage refaits, soit un peu plus d’une année de travail selon les disponibilités de chacun.

Il me reste maintenant à la démonter cet été pour lasure et peinture et sûrement un peu de décoration avant la dernière couche de lasure.


Petite rue donc, je suis devant la paire de rondouillards, la mise à l’herbe est passée par là !

Ca va pousser dans la descente mais ils tiennent bien le pavé, les rondouillards !

Et ils savent tirer dans la grimpette du retour, alors on souffle un peu … tous les trois d’ailleurs !

Deuxième séance photo où l’on change de tracteur et d’outil.

Les deux roues gauches du tracteur, Peeshoo, avant l’attache pour liage. Un peu cabochard de nature mais bien sous le joug après avoir creusé la casquette qui le blessait un peu.

Le départ des Pee (Peeshoo et Peelish) entre la maison et la haie pour leur lieu de travail : la pâture avec les crottins des chevaux à casser et étaler grâce à trois rails d’épandeur.

 

On souffle encore une fois, surtout moi car je suis sur les chemins et sous le soleil depuis plusieurs heures.

« Lesna » sont passés par là avec la Guinguette mais en montant, nous attendons l’ouverture de la pâture.

Lespee au travail, on se dépêche de broyer les crottins pour qu’ils se dessèchent au soleil avant de l’être nous-mêmes.

« Pas trop dur le patron, il nous laisse un peu souffler. Et puis il nous a payé une véritable élingue portuaire en « poly-machin » entourée d’une gaine pour ne pas blesser dans les demi-tours. Et puis il a compris qu’il fallait tourner sur le plus lent de nous deux et aussi le seul qui sait remettre ses postérieurs au-delà de la sangle, j’ai bien appris cet hiver en débutant le débardage avec le vieux collier de cheval. C’est moi au premier plan.»

Le bovin, un certain mode de vie, tout de même! par Frédéric Ielhe

Réflexion d’un bouvier…. par Frédéric Ielhe (27)

« Non je ne pense pas que cela soit prétentieux, le travail et la performance ne sont pas tout, la seconde n’ayant même jamais été mon souci. Confort de mes potes et surtout leur compréhension m’ont toujours guidé et continuent.

Il ne faut pas oublier qu’en dehors du travail il y a aussi le logement, la nourriture, les soins et même le nettoyage régulier.

Leur confort s’est nettement amélioré cet hiver avec la mise en place d’un plancher bois de l’étable plutôt que de la terre battue qui se creusait à l’usage. Dix poteaux de quinze par quinze supportent vingt-cinq planches de chêne de 45 millimètres d’épaisseur.

Aussi, il n’y a plus de paillage, balai et pelle suffisent amplement à nettoyer. Un reste de mon passage de jeunesse dans les alpages du canton de Vaud.

A cela j’ajoute qu’ils sont nettement moins sales qu’avec la solution paillage, cela ne m’obligeant pas à faire plus que les deux nettoyages que je faisais avec le paillage, facilité et rapidité en plus. Et un volume de fumier nettement réduit.

De plus, la douche a pu être supprimée le dernier mois. Ils sont arrivés à la mise à l’herbe dans une pâture quasiment propres. Un coup d’étrille a suffi pour chacun.

A l’automne prochain, quatre tapis en caoutchouc de trois centimètres d’épaisseur amélioreront encore le confort de l’hiver prochain qu’ils passent les trois quart du temps à l’attache.

 

La fermeture partielle ou totale est à l’étude car cet hiver il est arrivé que la neige rentre trop avec les tourbillons de vent.

Cette année l’attache a été prolongée jusqu’après la mise à l’herbe qui s’est faite dans une pâture sans barrage. La seule solution était de prolonger l’attache dans le temps ainsi que la chaîne. Moyennant les piquets adéquats et une bonne surveillance au début, cette nouveauté s’est très bien passée. Mais là encore, tout est une question d’ordre: ne pas laisser les dominés (les Normands) seuls pour emmener ou ramener les dominants (les Bretons) sinon c’est la garantie de voir les piquets arrachés et les Normands en liberté !

Une fois, juste une fois c’est arrivé, mais leur tentation était trop grande après l’hiver. Tout est vite rentré dans l’ordre avec un bobo entre les deux onglons d’un antérieur d’un Normand qui a dû marcher sur son piquet.

 

Ici, chez moi, il n’y a pas de clou au bout de l’aiguillon et pas de stock de caissette en plastique pour emballer un de mes bœufs en cas de vrai problème.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de contraintes, mais les faire admettre, voire les comprendre, sont mon principal souci et cela marche très bien. Certes, il me faut un peu de patience et de ruses aussi, mais je ne me suis jamais retrouvé dans une situation de véritable échec me contraignant à prendre une décision définitive comme celle de la caissette en plastique blanc.

Aujourd’hui ou demain, peu importe, les choses se font pas à pas. Les Normands ne tirent-ils pas vraiment que depuis cette année? Et puis alors … Leur prochaine étape est la Guinguette et nul doute qu’ils s’en sortiront haut la main, je leur fais confiance.

Une autre chose que je n’ai pas comprise seul, mais que d’autres m’ont dite en les regardant avec moi : lorsque je leur demande un travail ou bien un effort, ils ne se demandent pas vers quelle galère je les entraîne. Ils n’ont pas d’appréhension vis-à-vis de ma demande, ils y vont franchement avec la confiance qu’ils me font. Les chevaux m’ont appris cela.

Ces quatre-là sont vraisemblablement destinés à mourir de leur belle mort, en espérant en racheter d’autres devant l’éternel bovin. »

Emile Azais Jougtier à Fraïsse sur Agout (34)


Document extrait du livre d’Alain Robert , Centre de Recherche de Rieumontagné, communiqué par Nadia Pardigon. Elle habite et travaille dans la ferme d’un ancien jougtier à Fraïsse-sur-Agout, qui  fabriquait à peu près 300 jougs par an.

Merci à elle.

 

Robert Pannetier, Saint Vallier (71), Par Philippe Berte-Langereau

 Consultez ce document issu de la revue « Vents du Morvan » en cliquant ici.

Pierre Gatard, Menomblet (85)

Pierre Gatard est agriculteur-éleveur. Pour son plaisir et pour quelques petits travaux sur l’exploitation, il utilise une paire de vaches Parthenaises qu’il a dressée lui-même. Une seconde paire de vaches Parthenaises est en dressage et une paire de jeunes boeufs Parthenays en élevage.

Il nous a communiqué des photos et ce commentaire plein de générosité et de dynamisme:

« Je vous envoie des photos de mes vaches. Vous pouvez voir les différentes activités comme le dariolage, le ramassage de betteraves, du foin, des défilés dans la foule et la conduite de la faucheuse-lieuse. D’ailleurs, pour la vache de gauche, c’était seulement sa deuxième fête, et c’est pour cela qu’elle était un peu difficile à tenir en ligne droite.

Je me sers aussi des vaches pour faire les clôtures, cela évite de monter sur le tracteur. Pour moi, c’est un vrai plaisir de travailler avec mes animaux, les vaches, comme les chevaux de trait! Avec eux, je suis heureux!!!

Mon exploitation fait 88 Ha. dont 15 Ha. de blé, 15 Ha. de maïs et le reste en herbage pour les bovins. Nous faisons environs 80 vêlages Parthenais. Nous engraissons des taurillons et des femelles.

J’attelle des chevaux de trait depuis 25 ans et les vaches depuis 9 ans. C’est un ancien qui m’a proposé de m’apprendre comment atteler des bovins et j’y ai très vite pris goût.
En 1978, je suis allé à une fête de battage à l’ancienne où il y avait des chevaux de trait et des bœufs et je me suis dit “Un jour je mènerai ces animaux !”, ce qui est arrivé! Aujourd’hui, c’est un vrai plaisir de les mener !!!« 

Voici une vidéo de TV Vendée, qui présente le travail de Pierre Gatard et sa passion pour ses animaux.

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