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Démonstration en pousse du « Ramé » avec deux boeufs de Philippe Kuhlmann aux rencontres de bouviers d’Alsace en mai 2016

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Christine Arbeit et Jo Durand, nous ont communiqué cette  vidéo du matériel de levage, le « Ramé » conçu par Philippe Kuhlmann, en démonstration aux rencontres de bouviers 2016 à Ungersheim (68).

Merci à Christine et Jo pour leur contribution.

« La forcat », un outil de maraîchage simple et efficace, démonstration avec un boeuf Vosgien en solo le 7 mai 2016 aux rencontres de bouviers à l’écomusée d’Alsace, par Solène Gaudin

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Quoi de mieux que le site de l’écomusée d’Alsace pour présenter un outil ancestral pour le travail du sol et de tirer de notre passé, notre avenir !!

Un outil simple mais efficace, utilisé depuis des centaines d’années en Espagne et remis au goût du jour par quelques utilisateurs espagnols d’une façon plus moderne et plus polyvalente, plus simple dans son utilisation.

Cet outil, c’est la « Forcat » que Manu Fleurentdidier est venu présenter, suite à des déplacements chez des maraîchers bio en Espagne où il l’a découverte.

A la base, c’est une araire à laquelle on ajoute un sac en paille tressé qui sert de butoir. Les différentes tailles de buttes sont faites en ajoutant plus ou moins de terre et de paille dans le sac.

Aujourd’hui, elle est toujours utilisée en tant que telle par des maraîchers dans la région de Valencia.

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C’est chez Abel Ibanez et Alfred Ferris Garcia que j’ai pu voir fonctionner cet outil en version moderne. Auparavant tout en bois, la Forcat est maintenant métallique. De conception toujours aussi simple et légère, elle est facile à mettre en place et à utiliser. Elle est bien équilibrée avec une bonne pénétration dans le sol.

La Forcat est composée de 2 parties :

– La limonière est plus courte que celle d’origine qui allait jusqu’au collier. Elle est supportée par une petite sellette. Sur la partie arrière de la limonière, se trouve le palonnier et la partie de fixation du reste de l’outil : l’âge.

L’âge, de conception simple permet de recevoir différents accessoires :

  • Brabanette pour le labour
  • Des « ailes » pour monter des billons ou butter
  • Des lames sarcleuses de longueurs différentes que l’on peut mettre dans un sens ou dans l’autre en fonction du travail souhaité.

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L’âge a toujours sur sa base, une pointe carrée qui fait office de sous-soleuse

On trouve deux poignées sur le manche de la Forcat, l’une permet de tenir l’outil pendant le travail et l’autre, plus basse, permet de lever l’outil pour les manœuvres.

Pour faciliter le transport ou le déplacement de la Forcat jusqu’aux champs, un support avec deux roues vient se greffer sur la pointe de la Forcat.

Pour la démonstration, nous avons utilisé un bœuf de l’écomusée, mené par René Cretin. Il était garni d’un licol, d’un collier 3 points avec croupière, d’une petite sellette et d’une paire de traits.

L’outil se déplace facilement derrière l’animal sans même être tenu grâce à ses roues.

Sur le terrain, c’est avec la brabanette que le premier travail s’effectue. Elle est montée sur un axe et c’est une cordelette qui permet le retournement des versoirs. Le réglage du terrage se fait avec une pige.

L’animal marche dans la raie et la Forcat suit et réalise le labour.

Nous changeons d’accessoire en retirant la brabanette pour mettre une lame sarcleuse. Un simple marteau suffit pour le changement. En effet, c’est un coin qui maintient l’ensemble des accessoires.

Après réglage de la pige de terrage, la Forcat fait son travail dans une simplicité surprenante pour les spectateurs, elle est ancrée en terre et suit le bœuf sans même être maintenue. Un travail de sarclage impressionnant et rapide.

Puis l’accessoire pour créer des buttes est mis en place, changement rapide grâce à ce fameux coin. Et voilà que le bœuf reprend les lignes de travail pour ouvrir le sol et monter en quelques minutes plusieurs billons.

A voir aussi (merci à Christine Arbeit pour l’information):

La démonstration faite, plusieurs personnes ont pu s’initier et prendre en main la Forcat. Les utilisateurs ont été agréablement surpris de la facilité d’utilisation et de la rapidité du changement d’accessoire sans avoir à sortir une caisse à outil.

Solène Gaudin

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Pour tous renseignements, contactez Emmanuel Fleurentdidier qui transmettra:

06 12 25 94 21

traitmalin@laposte.net

Rencontres de bouviers 2016, La traction bovine au XXI ième siècle, écomusée d’Alsace, ungersheim (68) les 5, 6, 7 et 8 mai 2016 par Michel Nioulou

Les 5, 6, 7 et 8 Mai 2016, se sont déroulées les onzièmes rencontres de bouviers à l’écomusée d’Ungersheim (68). C’est Philippe Kuhlmann, éleveur et dresseur de bovins à Soultzeren, en collaboration avec l’écomusée, qui fédère ces rencontres.

Ce sont vingt-cinq personnes venues de toute la France et même de Suisse cette année qui, pendant ces journées, ont échangé sur leur pratique de l’attelage bovin, l’avenir, la formation, la transmission et les techniques.

Tous les profils étaient représentés : paysans éleveurs/dresseurs, maraîchers, prestataires de services en traction animale, utilisateurs particuliers, formateurs, chercheurs, jougtiers, blogueur (ABA), sympathisants, bouvier au Puy-du-Fou, bouviers et représentants de l’écomusée d’Alsace.

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Toutes photos Véronique Nioulou

La plupart des participants étaient plutôt présents les vendredi et samedi.

Une partie des rencontres a été consacrée à la discussion en salle, faisant suite aux rencontres informelles réalisées à l’occasion du dernier Salon de l’Agriculture de Paris.

Tout d’abord, chacun a présenté sa région, son parcours, sa pratique. Ensuite le groupe est rentré dans le vif du sujet.

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11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

De grands thèmes se sont dégagés des débats :

L’émergence d’une association des « Bouviers de France et d’ailleurs » sous l’impulsion d’Emmanuel Fleurentdidier. La discussion a permis d’avoir de nouveaux avis des gens présents et s’est orientée vers l’utilité, la nécessité et les buts de la future association.

Le volet information sur la législation en vigueur par rapport aux animaux (déplacement, aspects sanitaires) sera, entre autres, un des rôles de l’association.

La trame d’un bureau a été annoncé et reste bien sûr modifiable tant que le siège social n’a pas été défini et qu’en conséquence, les statuts n’ont pas été déposés.

La définition du siège social a fait débat avec des avis qui balançaient entre des structures institutionnelles de l’élevage et un lieu plus en adéquation avec les valeurs des participants particulièrement enclins à la défense des races anciennes plus aptes au travail.

Aux yeux de beaucoup, ces institutions présentent une contradiction éthique par rapport aux races à faibles effectifs souvent utilisées en traction bovine et le peu d’intérêt que ces structures leur portent, le tout appuyé par les buts de rentabilité, de productivisme qu’elles développent, en contradiction et au détriment du travail et de ce que défendent la plupart des acteurs de la traction bovine et animale en général.

La formation fut également au cœur des débats.

Chacun constate une demande régulière de formation en traction animale et particulièrement en traction bovine. Il ressort que le stage d’initiation à la formation bovine mis en place chaque année au CFPPA du Lycée Agricole public de Montmorillon  est un atout très important qui permet un premier contact avec ce type d’attelage. Mais il apparaît qu’une semaine de formation/initiation reste insuffisante. On ne devient pas bouvier en une semaine et seule une pratique de longue durée sur le terrain avec des meneurs expérimentés permet d’améliorer, de perfectionner, la formation des néo-bouviers.

Chacun de son côté se débrouille pour orienter les apprentis vers des bouviers confirmés. Le blog « Attelages bovins d’Aujourd’hui » y participe en partie. Il devient donc nécessaire de répertorier dans un annuaire, les personnes aptes à recevoir chez eux des bouviers en devenir. L’association pourrait être le support de ce travail.

L’idée d’un centre de formation privé a été évoquée avec le financement du genre DIF (droit individuel à la formation).

Les témoignages d’utilisateurs professionnels comme Philippe Kuhlmann, Jo Durand et Christine Arbeit, Laurent Janaudy, Joël Blanc, ont permis de découvrir des parcours, des expériences et les problématiques de l’utilisation de la traction bovine au quotidien.

Laurent Martin, bouvier bénévole au Puy-Du-Fou en Vendée, a présenté l’Académie des Bouviers créée pour former les nouveaux bouviers du parc.

Cozette Griffin-Kremer a évoqué le travail autour de l’attelage bovin en Allemagne, en Australie et en Angleterre, l’intérêt des structures comme les écomusées à participer au maintien et à la redécouverte du grand public de ces pratiques. 

Nicole Bochet a abordé le thème du bien-être animal qui a rapidement dérivé sur les lois mises en place qui ne favorisent pas nécessairement le milieu des dresseurs et bouviers comme par exemple interdiction des animaux attachés à l’hivernage. 

André Kammerer a, quant à lui, en décrivant son parcours de bouvier « de loisir », mis en lumière le lien social créé par l’animal. Son témoignage sincère sur son expérience de la relation qui s’établit entre des enfants en souffrance et son boeuf de travail était réellement touchant.

Il a été souligné aussi qu’aucun profil de bouvier n’est rejeté, qu’il soit professionnel ou amateur. Toute pratique qui, d’une manière ou d’une autre peut contribuer à ce que perdurent des savoir-faire est sans aucun doute utile pour l’avenir. Elle doit être respectée et encouragée.

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Les participants ont également mis en avant l’intérêt de la recherche sur le matériel et des améliorations qui peuvent y être apportées. Elles sont faites par les quelques fabricants de matériels de travail, par les utilisateurs eux-mêmes qui les adaptent au mieux selon leurs besoins. La recherche sur les jougs composites menée par L’insic à Saint-Dié-des-Vosges a été abordée et a soulevé quelques débats au sujet du résultat même et de l’emploi de matériaux synthétiques qui ne paraît pas s’inscrire dans une démarche durable, en contradiction avec celle des bouviers. Cependant, ce genre de recherche, même si elle n’est pas complètement aboutie, mérite d’être soulignée. On peut signaler aussi les jougs en bois contre-collés que j’ai personnellement mis en oeuvre pour éviter les problèmes de fentes post-construction et qui ont également soulevé le même genre de problématique.

A la demande des initiateurs de la future association, le site « Attelages bovins d’Aujourd’hui  » servira d’interface internet pour la mise en ligne des activités, infos et documents (le site est ouvert à toutes structures ou particuliers dont l’activité est l’attelage bovin).  

Chacun pourra donc prochainement retrouver plus d’infos concernant l’association au sein du site ABA.

A ce sujet, le site que chacun s’est accordé à définir comme incontournable aujourd’hui (mais je tiens à titre de réalisateur du blog à vous remercier tous, mais aussi à tempérer et rester humble devant tant d’intérêts portés) devient pour moi, qui le gère seul et bénévolement, un travail à part entière. Malgré cela, j’ai aussi une profession !! J’ai souligné que, devant la quantité de travail pour la réalisation des articles, les contacts avec les acteurs, les relances pour avoir des infos, de la matière, le traitement des photos, des vidéos, la mise en ligne, la tenue du carnet d’adresses, la gestion des annonces, les réponses aux nombreux courriers, les réponses aux appels téléphoniques, j’avais du mal à continuer d’assurer de manière suivie la tenue à jour du blog.

Une proposition de mettre en place des relais régionaux a été faite pour au moins réaliser le travail de collecte des informations. Mais la chose est compliquée, les gens impliqués dans ce milieu étant déjà fort occupés. La tenue du blog nécessite également une unité et une neutralité la plus objective possible, la solution est complexe.

J’ai aussi insisté sur le volet communication, réalisation d’articles pour la presse spécialisée, la réalisation d’un film sur les bouviers du XXI ème siècle. Il est aussi nécessaire de faire connaître cette pratique méconnue de tous et de la sortir de l’image « folklorique » que beaucoup, pour le peu qu’ils s’y intéressent, pourraient avoir aujourd’hui. 

Mais là aussi, il faut beaucoup de temps. J’ai personnellement lancé plusieurs pistes au gré des contacts sur le site avec des photographes, cinéastes, réalisateurs, producteurs, télévisions et maisons d’éditions. Mais le sujet n’est pas porteur pour qui ne connaît pas la richesse des choses à aller collecter. 

Il y aurait pourtant des parcours de vie forts enrichissants à découvrir.

 

Le reste du temps a été consacré aux démonstrations et pratiques en extérieur avec du matériel et les animaux.

Philippe Kuhlmann avait descendu de sa ferme deux paires de bœufs: une paire de jeunes Vosgiens et une paire de bœufs Ferrandais plus âgés.

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Plusieurs fois au cours de ces deux jours du vendredi et samedi, Philippe a présenté « le ramé », un matériel de levage qu’il a créé voici 2 ans et qu’il améliore au fil du temps.

Il permet de déplacer des balles rondes et des palettes, de charger du fumier et l’utilisation en fagoteuse.

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Il est aussi apte à servir d’avant-train de débardage avec l’avantage d’avoir un ancrage au timon pivotant qui permet aussi d’utiliser les bœufs en poussant le matériel, et de manœuvrer plus facilement dans des endroits restreints en place. 

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Comme lors des dernières présentations, chacun commente et apporte son avis technique, d’autres pistes, d’améliorations possibles. Phillipe depuis 2014 a d’ailleurs modifié le « Ramé » en y apportant un timon qui passe au dessus des boeufs et dont l’angle avec le bâti est réglable par un système de « vérin crénelé » faisant crémaillère manoeuvrable depuis l’avant, à la tête des boeufs. Ceci permet de modifier facilement l’angle d’attaque des dents de chargement sans avoir à intervenir en se déplaçant au niveau du bâti. Pour utiliser ce système, il lui a fallu freiner l’essieu. La commande de blocage des roues est également commandée depuis l’avant du « Ramé ».

Eric Petit avait présenté à la journée technique 2015 à Soultzeren, un modèle similaire inspiré de celui qu’il avait vu chez Philippe aux rencontres de 2014. On voit bien ici l’émulation entre utilisateurs qui cherchent les meilleures solutions et qui s’inspirent l’un l’autre.

Bien sûr, les discussions ont aussi amené à parler du dressage, du rapport à l’animal, des méthodes de menages et de bien d’autres sujets engendrés par les situations rencontrées sur le terrain.

A l’occasion de la « parade des attelages » de l’écomusée sur la place des charpentiers, Philippe a présenté au grand public l’attelage bovin d’hier, d’aujourd’hui et de demain, en s’efforçant de bien expliquer que la pratique d’aujourd’hui n’est pas que festive ou démonstrative comme dans les écomusées ou les fêtes locales, mais bien utilisée au quotidien pour le travail.

Emmanuel Fleurentdidier avait apporté un matériel de travail du sol modulable et léger issu d’un outil traditionnel espagnol, « la Forcat » utilisé en maraîchage en traction hippomobile.

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Des séances de labour et de buttages ont été réalisées avec un des boeufs de l’écomusée attelé à cet outil au collier et mené par différents bouviers. Elles se sont avérées fort concluantes devant la simplicité, l’efficacité et la maniabilité de l’engin dues à sa faible longueur.

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Une dernière petite réunion de synthèse en fin d’après-midi de samedi a permis de clôturer deux jours de rencontres intenses sur des avancées et des conclusions plutôt positives concernant aussi bien la future association que sur l’intérêt de se rencontrer et de partager ses expériences.

Si les échanges en salle ont été fournis, ont permis d’y voir plus clair sur les projets individuels et les projets communs, même si parfois chacun affirmait bien haut ses positions, les discussions informelles sur le terrain autour des attelages que chaque bouvier présent a utilisés au cours de ces deux jours, ont tout autant été constructives et riches.

La réunion d’utilisateurs, d’acteurs du milieu, professionnels ou amateurs qui partagent leur expériences bénéficie autant à eux-même qu’à ceux qui écoutent autour d’eux. Les discussions sont toujours techniques, qu’elles soient axées sur l’animal, le matériel, le menage, les cultures, les méthodes de travail, ou le matériel.

Il ne faut pas non plus oublier les rencontres humaines, à l’occasion desquelles se tissent chaque année des liens forts. Merci à Philippe Kuhlmann d’être la cheville ouvrière de cet événement. Merci à tous les participants venus souvent de loin, ainsi qu’à tous ceux qui se sont impliqués dans le déroulement de ces journées.

Un grand merci à l’écomusée d’Alsace et à sa direction qui sait chaque année recevoir les bouviers au sein de ses emprises avec des conditions idoines.

Ces rencontres ont été par leurs contenus fort intéressantes, mais elles ont eu aussi le grand avantage de rassembler des acteurs éparpillés sur le territoire et de créer une dynamique, une émulation qui remotive et qui fait voir l’avenir avec plus d’entrain et de sérénité.  

On attend tous l’année prochaine! 

Michel Nioulou

Vidéo de Christine Arbeit et Jo Durand:

Voici quelques photos en vrac de ces journées.

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11ème rencontre des bouviers, du 5 mai au dimanche 8 mai 2016, La traction animale bovine pour le XXIème siècle. Ungersheim (68)

Du jeudi 5 mai au dimanche 8 mai 2016.

11ème rencontre des bouviers.

Thème 2016 : La traction animale bovine pour le XXIème siècle.

DATE

Du jeudi 5 mai au dimanche 8 mai 2016. 

CONTENU DE L’EVENEMENT

La rencontre des bouviers se déroule sur une période de 4 jours, à l’Écomusée d’Alsace.

 

¤ Jeudi 5 mai.

La journée de jeudi est axée sur la vache, le veau et le lait.

Un accent particulier est mis sur la polyvalence de la vache : le travail, le veau, le lait.

  • 10h-11h : accueil des participants, en interface avec les visiteurs (place des charpentiers).
  • 11h-12h : présentation de deux vaches attelées (place des charpentiers).
  • 14h30-15h30 : à l’issue de la présentation quotidienne Des attelages et des hommes, travail dans les champs avec les deux vaches (terroir de l’Écomusée d’Alsace).
  • 15h30-16h : retour en cortège jusqu’à la place des charpentiers.
  • 16h-16h30 : traite de la vache (ferme de Sternenberg).
  • 16h30-17h : transformation paysanne du lait (maison des goûts et des couleurs).

¤ Vendredi 6 mai.

La journée de vendredi est une journée technique (sous la direction de Philippe Kuhlmann) avec une exposition de matériel de traction bovin et la présentation d’un outil de levage avec la force bovine (le ramé). La journée comprendra du travail en salle (en l’occurrence à la salle de Muespach).

¤ Samedi 7 mai.

La journée de samedi est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h : accueil des participants, en interface avec les visiteurs (place des charpentiers).
  • 11h-12h : démonstration de familiarisation des bovins au travail et présentation d’un outil fonctionnel et polyvalent (le ramé, place des charpentiers), puis tour dans le musée et approvisionnement de la scierie en bois.
  • 14h-15h : présence à la médiation quotidienne Des attelages et des hommes, avec un maximum d’attelages (place des charpentiers).
  • 15h-17h : utilisation de la force bovine au service d’un projet contemporain, celui de la nouvelle sellerie de l’Écomusée d’Alsace (Ittenheim).
  • 17h-18h : soins aux animaux, en interface avec les visiteurs.

¤ Dimanche 8 mai.

La journée de dimanche est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h30 : travail agricole avec des bœufs, avec l’accent mis sur le levage et l’outil fonctionnel et polyvalent (terroir de l’Écomusée d’Alsace)
  • 11h30-12h : retour en cortège jusqu’à la place des charpentiers.
  • 14h-15h : présence à la médiation quotidienne Des attelages et des hommes, avec un maximum d’attelages (place des charpentiers).
  • 15h-17h : utilisation de la force bovine au service d’un projet contemporain, celui de la nouvelle sellerie de l’Ecomusée d’Alsace (Ittenheim).

 

LIEU

¤ Jeudi 5 mai : place des charpentiers, terroir, ferme de Sternenberg, maison des goûts et des couleurs.

¤ Vendredi 6 mai : Eomusée d’Alsace et plus particulièrement salle de Muespach.

¤ Samedi 7 mai : place des charpentiers, maison d’Ittenheim.

¤ Dimanche 8 mai : terroir, place des charpentiers, maison d’Ittenheim.

 

HORAIRES

  • ¤ Jeudi 5 mai : 10h-17h.
  • ¤ Vendredi 6 mai : 10h-18h.
  • ¤ Samedi 7 mai : 10h-18h.
  • ¤ Dimanche 8 mai : 10h-17h.

 

CONDITIONS D’ACCES

Tous les visiteurs intéressés par les bovins en général, et la traction bovine en particulier, sont invités à suivre les bouviers.

 

PERSONNE REFERENTE

  • Pour le service : Thomas Lippolis.
  • Personne ressource : Philippe Kuhlmann.

MATERIEL NECESSAIRE

Sans objet.

SECURITE

Le travail avec les bœufs doit s’effectuer avec toute la prudence nécessaire.

AUTRE

Les bouviers qui le souhaitent peuvent être hébergés au rez-de-chaussée du centre pédagogique de l’Écomusée d’Alsace. En contrepartie, le nettoyage des locaux (chambres et couloirs) est à assurer. Par ailleurs, la gestion de la clé doit se faire en toute responsabilité.

Contacts:

Tél. 03 89 74 44 74
ecomusee-alsace@ecomusee-alsace.fr

Réunion Annuelle des Bouviers Allemands à Berlin 30-31 janvier 2016

 

Cozette Griffin-Kremer et Astrid Masson nous communiquent le programme de cette rencontre annuelle de bouviers en Allemagne.

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Nos amis allemands se rencontrent chaque année en hiver.

Cette fois-ci, c’est à Berlin, au Domaine de Dahlem en plein ville.

Le domaine  est ouvert en permanence et les gens s’y promènent comme dans un parc public. Ils y rencontrent souvent Astrid Masson en train de travailler avec la traction bovine.

Au programme cette année:

le 30 Janvier

  • Un écomarché au musée
  • Promenade autour du Domaine
  • Tour du “Culinarium” par le directeur du musée
  • Interventions par une archéologue, par un conservateur de musée spécialisé en reconstitutions expérimentales basées sur des traces archéologiques
  • Exposé technique sur le “coup de collier” en traction bovine chez les bovins attelés au collier allemand (kummet)
  • Soirée d’échanges, photos, rapports, matériel d’attelage, et autres exposés sur les événements de l’an passé et ceux à venir en 2016.

Le 31 Janvier

  • Démonstrations de travail, si le temps le permet, avec le maniement d’un  mégalithe (enfin de taille réduite!!).

Téléchargez le programme en allemand Document PDF : einladungsflyerzugrindertreffen16korr.rolf_

Contact:

Domäne Dahlem, Königin Luise Strasse 49, 14195 Berlin

masson@domaene-dahlem.de,

Tel. 030-66630012

www.domaene-dahlem.dechel

Journée technique autour du débourrage et dressage des jeunes boeufs le 15 Mai 2015 chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren (68)

Une journée technique organisée dans le cadre des rencontres de bouviers de l’écomusée d’Alsace, s’est déroulée à Soultzeren chez Philippe Kuhlmann le vendredi 15 Mai 2015.

La journée était axée sur le débourrage et dressage des jeunes boeufs.

La longue expérience et le recul de cet éleveur/dresseur de la haute vallée de Munster, dont la seule force motrice au quotidien sur sa ferme est la traction animale bovine, lui permettent  de transmettre et de faire partager un savoir appris auprès des anciens et peaufiné par sa pratique de chaque jour depuis de longues années.

Pratiquer est une chose importante pour le maintien d’un savoir-faire, mais le transmettre est essentiel et impératif.

C’est un des objectifs prioritaire de Philippe qui d’ailleurs est en train de rédiger un manuel de dressage et d’utilisation des boeufs de travail.

La journée a rassemblé une bonne quarantaine de participants pour la plupart bouviers, agriculteurs et/ou passionnés venus de tous horizons, le tout sous l’oeil des caméras de la télévision Allemande qui réalisait un documentaire d’une trentaine de minutes sur les quatre jours des rencontres de bouviers de l’écomusée.


Avant d’aborder le thème du dressage, une suite à la journée technique de 2014 était donnée par la venue d’Eric Petit utilisateur de boeufs Vosgiens et d’un outil polyvalent qu’il a nouvellement construit en s’inspirant du matériel conçu et présenté l’an passé par Philippe Kuhlmann.

 

Ce matériel permet soit de déplacer les balles rondes, soit une utilisation en train avant de débardage qui limite les frottements et la résitance au débardage à la traîne. Sa particularité est qu’il peut travailler, sans dételer, aussi bien en poussant qu’en tractionnant grâce à pivot placé en bout de timon lui même positionné façon col de cygne au dessus des boeufs. Il permet aussi des manoeuvres fines et des déplacements en reculant le matériel mais en ayant les boeufs en marche avant (on évite la difficulté du reculement sur une longue distance des animaux).

Il peut aussi être attelé en solo.

 Une démonstration de manipulation de botte ronde et une utilisation en débardage à montrer l’évolution du projet qui a abouti à un matériel facile d’utilisation et performant.

Ensuite, manipulations de sociabilisation, débourrage et dressage ont occupé le restant de la journée jusqu’au soir. Du jeune veau jusqu’au boeuf de trois ans, Philippe a expliqué de nombreuses méthodes de mise aux ordres, de précautions à prendre, de techniques de manipulations pour arriver à obtenir un animal à la fois fiable et volontaire au travail.

 

Plusieurs paires à différents stades de dressage ont été mises au joug, boeufs Ferrandais, Vosgiens, Hérens.

La fermeté, la patience, la prudence, l’anticipation de réactions, la fréquence et la régularité de travail, la manière de mettre au joug de jeunes bêtes, ont fait l’objet de démonstrations et de débats alimentés par des questions techniques des participants.

Philippe a aussi illustré ses propos par les exemples de sa pratique et son expérience du dressage au quotidien dans le travail. En effet ses animaux sont rapidement mis en situation de travail en adaptant bien sûr la tâche à leur force et à leur avancement dans le dressage. Il dresse généralement au bois en tirant des pièces plus ou moins grosses selon le degré de dressage et l’âge des animaux.

Un volet matériel d’attelage a aussi été abordé par la venue de Mr Mougin qui fabrique entre autres des jougs Vosgiens et de Jean-Claude Mann, bourrelier sellier qui fabrique et répare des colliers d’attelage pour bovins et qui réalise toutes les garnitures nécessaires aux jougs Vosgiens. Leur venue régulière chaque année permet aux bouviers présents d’avoir des contacts avec des artisans rares mais indispensables.

En fin d’après-midi, un boeuf Ferrandais noir a été installé dans le travail à ferrer, et un moment a été consacré au ferrage avec la complicité d’un maréchal ferrant venu de Suisse qui a beaucoup pratiqué le ferrage des bovins. 

Malgré la pluie et une température un peu basse, la journée s’est  déroulée comme si le soleil avait été de la partie. Le repas de midi et l’excellente soupe aux sept herbes et aux saucisses concoctée par Anne-Catherine Kuhlmann a permis encore plus d’échanges et de convivialité.

Prendre le temps de se rencontrer pour des gens qui travaillent souvent éparpillés sur le territoire est un point très apprécié de tous. Les échanges tant techniques qu’humains et amicaux sont capitaux et attendus chaque année pour repartir chez soi regonflé par l’élan d’une pratique commune ré-alimentée et encouragée par des gens comme Philippe, qui sait chaque année captiver son public par son savoir, sa générosité et sa gentillesse.

Il est parfois des gens essentiels, merci à Anne-Catherine et Philippe d’être de ceux-ci.

 Michel Nioulou

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Vidéo N° 2

Vidéo N° 3

Journée technique du vendredi 15 Mai 2015, autour de l’attelage bovin chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren (68)

A l’occasion des 10ième rencontres internationales de bouviers organisées à l’écomusée d’Alsace, Philippe et Anne Catherine Kuhlmann vous accueilleront sur leur exploitation de Soultzeren pour une journée technique.

Cette année, Philippe axera la journée sur le débourrage et le dressage des jeunes boeufs.

Chaque année de nombreux bouviers se retrouvent sur le terrain, au sein d’une des rares exploitations françaises entièrement travaillée en traction bovine, pour confronter et partager leurs expériences et leurs savoir-faire.

Toutes les personnes, bouviers ou non, qui sont intéressées par cette journée pour partager ou découvrir et se renseigner, sont invitées à participer à un moment rare d’échanges et de contacts.

Important: Pour une question d’organisation, les personnes qui comptent venir, doivent réserver afin de pouvoir mieux gérer l’accueil de chacun. Participation à la journée 8 €.

Réservations et renseignements:

03 89 77 44 46

ph-ac-kuhlmann@voila.fr

Anne Catherine et Philippe Kuhlman

Gesellenmatt, Chemin du Londenbach

68140 Soultzeren

10e rencontre internationale des bouviers à l’écomusée d’Alsace 14/15/16 et 17 Mai 2015

Professionnels et passionnés se donnent rendez-vous pour présenter les usages des boeufs.

Démonstrations de harnachement, de dressage et de conduite dans le village et dans les champs.

Professionnels et passionnés présentent les usages des bœufs au travers de démonstrations dans le village et les champs. Cette année, le thème de la rencontre sera le débourrage et l’utilisation des bovins.

Au programme :

Jeudi 14 mai

La journée est axée sur la vache, le veau et le lait. Un accent particulier est mis sur la polyvalence de la vache : le lait, le travail, le veau, la viande et le cuir.

  • 11h-12h : à l’issue de la médiation quotidienne d’accueil de nos visiteurs, arrivée et présentation de la vache et apéritif avec lait, confiture, etc. (place des Charpentiers) ;
  • 14h30-15h : à l’issue de la présentation quotidienne sur les attelages, explications autour de la vache, du bœuf, du joug double et des différents modes d’harnachement (place des Charpentiers). S’ensuit un départ pour les champs de l’Ecomusée d’Alsace ;
  • 15h-15h30 : présence aux champs ;
  • 15h30-16h : discussion sur la place d’une vache dans une exploitation durable à échelle humaine au début du 21ème siècle, dans le contexte du Sundgau (ferme de Sternenberg) ;
  • 16h-16h30 : traite de la vache (ferme de Sternenberg) ;
  • 16h30-17h : transformation paysanne du lait (maison des goûts et des couleurs).

Vendredi 15 mai

Journée de travail dans la Vallée de Munster chez Philippe Kuhlmann (pas de bouviers présents sur le site de l’écomusée).

Samedi 16 mai

La journée est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h : accueil des participants, en interface avec les visiteurs (place des Charpentiers) ;
  • 11h-12h : démonstration de familiarisation des bovins au travail (place des Charpentiers) ;
  • 14h-15h : présentation quotidienne des attelages (place des Charpentiers) ;
  • 15h-17h : travail d’un bovin aux guides dans le terroir de l’Ecomusée d’Alsace (aux champs et aux vignes) ;
  • 18h30-19h : soin aux bovins, en interface avec les visiteurs ;
  • A partir de 19h : repas et discussion dans le cadre de l’ouverture nocturne du musée à l’occasion de la Nuit des musées/Nuit des mystères (jardin d’été).

Dimanche 17 mai

La journée est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h30 : travail agricole avec des bœufs aux colliers et aux guides, et au joug double et aux guides (terroir de l’Ecomusée d’Alsace) ;
  • 11h30 : retour en cortège jusqu’à la place des Charpentiers ;
  • 14h-15h : présentation quotidienne sur les attelages (place des Charpentiers) ;
  • 15h-16h : travail agricole pour les bœufs et synthèse de la rencontre pour les bouviers et les visiteurs (terroir de l’Ecomusée d’Alsace et place des Charpentiers).

Consultez la page du site du musée en cliquant ici.

Du jeudi 14 au dimanche 17 mai 2015

Ecomusée d’Alsace

Chemin du Grosswald
BP 71
68190 Ungersheim
 

Actes du colloque sur la traction animale bovine du 10 décembre 2014, Montmorillon (86) rédigés par Gérard Coti.

Photo Jean-Léo Dugast 

Actes du colloque sur la traction animale bovine du 10 décembre 2014

Au lycée agricole de Montmorillon

« La traction animale bovine : un outil pour l’agriculture d’aujourd’hui et pour celle de demain ? »

Intervenants et témoignages :

Intervenants

  • Michel Nioulou: Créateur du site Web « Attelages bovins d’aujourd’hui »
  • Madame Nicole Bochet: De la Société d’Ethnozootechnie
  • Madame Cozette Griffin-Kremer: Chercheuse au Centre de Recherches Bretonnes et Celtiques

Témoignages :

  • Jo Durant : Paysan, utilisateur et dresseur en Loire-Atlantique
  • Pierre Nabos : Utilisateur amateur dans le Gers
  • Christelle de Freitas : Utilisatrice et dresseuse, salariée chez M. Jean Bartin en région Centre
  • Solène Gaudin : Prestataire de service en traction animale dans la Vienne
  • Emmanuel Fleurentdidier : Formateur en traction animale équine et bovine au CFPPA de Montmorillon
  • René Dudognon : Praticien d’autrefois en traction bovine

Animation et organisation :

 

Laurent Imbert : Directeur du CFPPA de Montmorillon

Gérard Coti : Coordonnateur formations traction animale au CFPPA de Montmorillon

Rédaction : Gérard Coti

Déroulement et contenu du Colloque

 

  • Le colloque a débuté par un mot d’accueil et de bienvenue de M. jacques Ferrand, directeur de l’EPLEFPA de Montmorillon qui a souhaité que ce colloque aboutisse à des pistes de progrès et d’organisation de la filière traction animale bovine.

  • Laurent Imbert, directeur du CFPPA de Montmorillon, a ensuite rappelé rapidement la genèse et les objectifs de ce colloque, les interrogations sur la formation notamment et la structuration de la traction bovine. Il a également présenté et rappelé les actions menées par l’établissement de Montmorillon en faveur de la traction animale et comment la traction bovine est venue logiquement se placer dans la continuité de ces actions.

  • Gérard Coti a cité les personnes excusées: Olivier Courthiade, Jean Bernard Huon, Philippe Kuhlmann, pris par leurs obligations professionnelles, André Kamerer, souffrant, Mathilde Doyen du Parc des Ballons des Vosges, Marc Michel directeur de l’INSIC (Ecole des Mines de Nancy) et Pit Schlechter, président de la FECTU, tous pris également par d’autres obligations. Gérard Coti a précisé que toutes ces personnes approuvaient la démarche du colloque, soutenaient cette action et souhaitaient être destinataires des actes.

 

  1. Etat des lieux de la traction bovine : Michel Nioulou

Michel Nioulou a rappelé qu’il était avant tout un amateur passionné de traction bovine et des races bovines. La création du site internet « Attelages bovins d’aujourd’hui » est issue d’un travail effectué avec l’Institut de l’élevage sur les races à petits effectifs et surtout avec Laurent Avon, hélas actuellement souffrant, dont la collaboration a été et reste très précieuse.

Les résultats présentés en chiffres peuvent comporter, selon M. Nioulou, quelques erreurs, les praticiens de la traction bovine étant particulièrement « dispersés », sachant que pour l’instant il reste à peu près 32 personnes à contacter.

Les chiffres présentés mélangent des personnes n’ayant jamais cessé d’atteler, des amateurs, des passionnés. Il précise qu’une paire sur deux travaille de façon effective et régulière. M. Nioulou souligne également que ces praticiens se situent souvent en zone de montagne.

Il a donc recensé à ce jour :

Environ 198 paires et 21 bœufs en « solo » utilisés par:

  • 59 exploitations agricoles
  • 14 retraités dits « actifs »
  • 27 attelages de loisirs
  • 10 structures organisatrices de spectacles
  • 12 particuliers 

M. Nioulou constate que parmi toutes ces personnes beaucoup sont des passionnés, pour la plupart issus du milieu agricole, préoccupés pour certains par le maintien d’une race à faible effectif et du travail avec les bœufs ou la fabrication de jougs et de fers.

Le recensement s’est effectué auprès de particuliers, d’associations diverses, d’écuries, d’organismes de spectacles etc.…

La difficulté du recensement vient aussi du fait que certaines personnes travaillent avec des bœufs et ne participent pas aux fêtes, il y a également ceux qui n’ont jamais cessé le travail en traction bovine.

Il constate également que parmi les meneurs, beaucoup réalisent notamment des activités de débardage…

Il existe visiblement une diversité importante d’activités, très « atomisée », d’où l’idée de M. Nioulou d’élaborer une cartographie des bouviers.

M. Nioulou a ensuite énuméré les atouts dont dispose la traction bovine :

  • Le fait déjà qu’en 2014 on parle encore et toujours du travail avec les bœufs.
  • La formation existe, qu’elle soit dispensée en centres de formation (Montmorillon, Oloron-Ste-Marie…) ou transmise par des professionnels.
  • Il y a beaucoup de jeunes bouviers.
  • Il existe des exemples d’utilisation sur des exploitations viticoles comme « Château Pape Clément » par exemple, ce qui est sans doute plus une image commerciale qu’un réel investissement dans la pratique, mais « c’est toujours ça ! »
  • Il y a un projet de création d’une académie des bouviers au Puy du Fou.
  • Un travail intéressant a été réalisé par l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) du Limousin sur l’efficacité de la traction bovine
  • Il existe des recherches sur les jougs (Ecole des Mines de Nancy avec Emmanuel Fleurentdidier).
  • Il y a des réflexions constantes sur la conception, l’évolution ou l’adaptation du matériel de traction animale.
  • Il existe un projet de rédaction d’un manuel de dressage.

Toutes ces choses font que la traction animale bovine est assez vivante en France, et qu’il s’agit d’une activité normale souvent intégrée au fonctionnement d’une exploitation agricole.

Cependant des questions restent posées notamment sur :

  • La viabilité.
  • Cela reste une pratique précaire, voire confidentielle.

C’est une activité qui doit trouver sa place dans la préservation des races locales menacées et à faibles effectifs et dans le développement durable.

Il est assez compliqué finalement de se faire une image nette et représentative de la traction bovine, car beaucoup de praticiens travaillent et manquent de temps pour communiquer sur leur pratique.

Il faut trouver ou créer des relais sur l’ensemble du territoire, a suggéré M. Nioulou, et ne pas négliger les fêtes et manifestations. Mais il faut bien mettre en avant les gens qui travaillent vraiment en traction bovine, a-t-il conclu.

L’intervention de M. Nioulou a été très applaudie et pas mal de participants dans la salle (notamment M. Jean Bartin) l’ont chaleureusement remercié M. Nioulou pour le travail remarquable qu’il a réalisé pour son site, permettant ainsi de créer un lien et une communication entre les acteurs et de faire accéder les jeunes à la traction bovine.

Il faut souligner également que l’organisation de ce colloque a été grandement facilitée par le travail de M. Nioulou. (Note de G. Coti, rédacteur)

  1. Traction bovine : « Le poids du passé et des traditions, quel avenir ? » Mmes Cozette Griffin-Kremer et Nicole Bochet

Madame Griffin Kremer a débuté son intervention en rappelant que les trois quarts des agriculteurs du monde utilisent la traction animale…

Elle a ensuite souligné l’importance du travail en réseaux, en précisant qu’il existe différentes formes de réseaux aux connections différentes.

Actuellement, on se trouve dans un réseau libre qui communique dans tous les sens. Peut-être faudrait-il trouver un mode de relation plus organisé? L’important dans un réseau c’est le contact, précise Madame Griffin Kremer.

Exemples de réseaux :

  

Potential but

unconnected partners Network of individuals

or groups that communicate Information diffusion without reciprocity without central oversight

Il existe pourtant, poursuit-elle, beaucoup de connections possibles et de réalisations consacrées à la traction bovine.

  • Des manifestations qui réunissent les acteurs (A Montmorillon, en Vendée, en Allemagne…).
  • Des travaux d’étude, comme par exemple le travail du réseau des zootechniciens polonais et la publication d’un ouvrage sur la génétique et les bâtiments.
  • Beaucoup d’autres réseaux existent déjà : les musées, la société d’ethnozootechnie, des recherches…
  • La traction animale et bovine bénéficie de trois grands médiateurs : le magazine Sabots, la revue Esprit Village et l’AFMA (Assoc des Musées d’Agriculture)

   

  • Des supports de communication comme le site de M. Nioulou ou le blog de J.-L. Dugast, il existe aussi un site allemand sur le matériel.
  • Il y a également de nombreuses publications scientifiques sur le sujet.

Tous ces éléments sont des atouts et des passerelles importantes pour activer un réseau efficace et propice au développement et pour « optimiser la convergence de communication et  le maximum de connectivité parmi les acteurs »

Madame Griffin Kremer poursuit son exposé en insistant sur le fait qu’il existe en France une grande diversité de races et de pratiques, et qu’il faut s’appuyer sur cette biodiversité génétique pour valoriser encore mieux la traction animale bovine.

D’autant, dit-elle, qu’« un train peut en cacher un autre », qu’il existe une prédominance du cheval sur le bœuf et qu’il bénéficie d’une meilleure image. Même si certains pays, comme l’Angleterre, ont révisé leur point de vue sur le sujet.

  

Madame Griffin Kremer souligne l’importance de la conservation des savoirs et notamment de la transmission de ces savoirs par les anciens, ces « passeurs de mémoire » qui, hélas disparaissent ou sont appelés à le faire dans un avenir proche.

Elle met en garde aussi contre la façon de présenter la traction bovine par des démonstrations un peu factices, avec, par exemple, des terrains préparés par des engins pour faciliter le travail des bovins. Les démonstrations ne sont pas du travail et peuvent alors donner une image négative des possibilités de la traction bovine, à l’inverse de ce que l’on voudrait démontrer…

La traction animale bovine offre également beaucoup de défis à la recherche par la grande diversité des attelages et des jougs, mais là aussi une mise en garde : « Ne pas réinventer la poudre ! »

Madame Griffin Kremer estime qu’il y a vraiment un gros travail à faire sur les savoir-faire nouveaux, anciens ou inventés.

Peut-être faut-il « fonder un comité expert international pour définir des standards de compétence, pour trouver et designer officiellement les plus qualifiés parmi les meneurs, ainsi que pour définir leurs devoirs en tant que détenteurs de patrimoine immatériel »

Madame Griffin Kremer a fait aussi un point sur la transmission : comment transmettre et quels objectifs se fixe-t-on ?

Elle a souligné l’important travail et la qualité de ce travail réalisé par les musées, les parcs naturels régionaux et les écomusées. Ces organismes sont d’autant plus intéressants qu’ils ont souvent des « ponts » à l’international, notamment avec l’Allemagne (Musée de Plein Air de la Rhénanie)

Les musées ont cet énorme avantage de posséder et de présenter des collections souvent riches, des répliques de matériel divers et de favoriser les échanges.

Parenthèse : Attention à la désinformation non intentionnelle qu’on peut parfois trouver sur des représentations totalement imaginaires où l’on peut voir des jougs « extraterrestres »  ou des matériels n’ayant jamais existé…

La transmission c’est aussi la formation et les démonstrations réalisées lors de rencontres sur les sites de ces musées (en Alsace, en Rhénanie ou dans les Vosges…).

Les musées, c’est aussi une forte contribution à la sauvegarde des structures patrimoniales.

Pour finir, Madame Griffin Kremer s’est attachée aux perspectives et a souligné l’importance d’élaborer un plan stratégique (exposé dans le numéro 62 de Sabots).

Elle a insisté sur la nécessité d’ « obtenir pour ces meneurs soit le statut de « trésor vivant », style UNESCO, ou l’équivalent, et logiquement, des financements pour assurer leurs enseignements et leurs travaux d’auteurs de manuels (démarche déjà réussie par la CFPPA de Montmorillon)

Elle a également précisé l’objectif de proposer le développement d’un programme européen qui pourrait même dépasser les frontières de l’UE. « Développer un programme paneuropéen pour la formation des meneurs, sanctionnée par un diplôme reconnu nationalement et internationalement. Étendre ce programme au-delà des frontières de l’Europe afin d’accroître la conscience de la valeur de l’énergie animale et de ceux qui l’utilisent… »

Elle a conclu son intervention en insistant sur les besoins impérieux des meneurs d’attelages bovins de réaliser un travail qui soit rémunérateur…« Tirer les conséquences de la formation de plus de meneurs experts en créant des emplois ou en subventionnant une partie de leurs activités professionnelles (par exemple, agriculture ou viticulture, entretien du paysage périurbain ou rural)»

 

Madame Nicole Bochet a ensuite pris la parole pour présenter le travail réalisé avec la Société d’Ethnozootechnie dont elle est membre.

Elle a rappelé l’expérimentation menée sur la traction bovine en zone de semi- montagne avec pour thème principal : « Comment les praticiens ont résisté à la pression de la mécanisation »

Une étude a également été menée avec la société d’Ethnozootechnie sur les risques liés au travail avec des bovins, dont les résultats ont été publiés sur une revue de la MSA sur le savoir-être.

Elle a aussi rappelé son travail de 10 ans pour tenter d’aboutir à une nouvelle parution de l’ouvrage «Quand la corne arrachait tout» de François Juston, grâce à l’appui de la DGER.

Madame Bochet a souligné l’importance de cet auteur qui a travaillé sur la traction animale bovine, et elle a souhaité que des chercheurs puissent travailler sur ses écrits.

Mme Bochet a ensuite évoqué des journées consacrées à la traction bovine ayant donné lieu à des publications :

 

  • Une Journée d’étude de la société d’Ethnozootechnie organisée conjointement avec l’Association Française des Musées d’Agriculture et du Patrimoine Rural le 17 octobre1997, concrétisée par l’édition du volume1 de «Les  Bœufs au travail » par l’ Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales – sous la direction de F. Sigaut, J.M. Duplan, Nicole Bochet

 

  • Actes du colloque du « Festival Animalier International de Rambouillet (FAIR) » le 26 septembre 1998 qui a abouti à la parution du volume 2 de «Les Bœufs au travail »

Nicole Bochet a abordé des points très concrets concernant les frais engagés par les praticiens ou les personnes se déplaçant pour enquêter sur la traction bovine.

Les déplacements et les frais liés à ces déplacement posent en effet un réel problème pour les praticiens, obligés de s’absenter de leur exploitation agricole pour des démonstrations ou interventions diverses. Nous en avons trois exemples pour ce colloque en la personne d’Olivier Courthiade, de Jean Bernard Huon et de Philippe Kuhlmann, dont les obligations professionnelles et le coût du voyage ont entraîné les absences malgré leur soutien et leur envie de participer.

Ce fut également le cas lorsque Laurent Avon effectua son remarquable premier travail de recensement des bouviers de France. Les déplacements sur les sites lui ont posé un très lourd problème.

L’intervention s’est terminée par un certain nombre de questions et de sujets à creuser pour faire avancer la recherche et l’aider à travailler.

La création d’un centre de ressources, et l’utilisation plus approfondie d’internet peuvent être des appuis précieux.

Dans les sujets d’étude évoqués citons :

  • Un travail sur les animaux utilisés dans la traction bovine et particulièrement sur la sélection d’animaux pour le travail.
  • La viabilité du métier : Un point important et sans doute crucial pour l’avenir de la traction bovine.
  • La santé et la sécurité au travail avec des bœufs qui reste un travail très physique

Pour finir Nicole Bochet a évoqué le CIRAD (Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement) de Montpellier, qui pourrait s’intéresser à la traction bovine dans ses thèmes de recherche sur le développement rural par exemple, et qu’il faudrait inviter lors de colloques de ce type.

Elle a conclu en soulignant l’importance de stimuler des réactions et des engagements qui sont fondamentaux pour l’avenir et le présent de l’utilisation des animaux pour le travail.

  1. Témoignages de praticiens

  • Témoignage de Jo Durant :

Jo possède une paire de bœufs Vosgiens.

Jo a découvert le travail des bœufs chez ses grands-parents. Il a appris à travailler avec les chevaux chez ses parents, mais il a toujours eu une attirance particulière pour le travail en traction bovine.

Il s’est installé sur une exploitation agricole en polyculture élevage.

Il tient à dire d’emblée que travailler avec les bœufs pose un problème dans un contexte économique difficile.

On ne peut pas tout faire avec les bœufs, car il y a trop de travaux qui se superposent et c’est à une trop grande échelle dans la situation actuelle.

Jo précise que cela fait déjà pas mal de temps qu’ils réfléchissent avec Christine Arbeit, sa compagne, à changer de stratégie pour l’exploitation pour pouvoir utiliser les bœufs à 100 %…mais cela suppose, dit-il, une spécialisation de la production.

Ils possèdent des terres difficiles et réalisent très peu de labours. Il faudrait une seconde paire en fait, mais dans le contexte actuel ce n’est pas justifié le reste de l’année…

Par contre, en ce qui concerne les foins, Jo utilise le tracteur par souci de rentabilité économique plus que pour un problème de temps. Le matériel de traction animale est souvent trop cher (il évalue ses besoins à environ 8000 €) et difficile voire impossible à rentabiliser. L’achat d’une auto chargeuse par exemple serait idéal mais c’est un engin totalement hors de prix pour eux…

Tout cela fait que les bœufs sont sous-utilisés, et qu’ils ne réalisent pas un travail assez régulier, ce qui entraîne pas mal de soucis à la remise en route…De plus Jo et Christine consacrent beaucoup de temps à la commercialisation de leurs produits et au travail administratif, ce qui leur laisse peu de temps à consacrer à la traction animale.

Quant à l’emploi d’un salarié, Jo ne voit pas quelle activité pourrait financer un salarié en traction bovine…

Jo reste persuadé que la spécialisation est la clé d’une utilisation rationnelle de la traction bovine. Mais il reste à bien définir cette spécialisation par rapport au fonctionnement d’une entreprise agricole.

Il ne faut pas non plus rêver, dit-il, les jeunes aujourd’hui ne pourront pas travailler comme les anciens…

Une production paraît bien compatible avec la traction bovine, c’est la production maraîchère ou / et la culture des plantes aromatiques et médicinales. L’utilisation de la traction bovine dans ce contexte paraît possible et rentable…mais attention, la notion de rentabilité peut être très différente selon les individus, c’est une notion très personnelle…

En bref dans l’état actuel de son exploitation agricole, Jo pense qu’il faudrait revoir le fonctionnement global de l’entreprise… sachant, en outre, qu’il possède un parcellaire très morcelé et que les déplacements fréquents ne sont pas envisageables en traction bovine car beaucoup trop lents…

Il y a par contre beaucoup d’intérêt à utiliser la traction bovine pour l’impact bénéfique sur le sol, notamment le travail sans labour. Il y a à l’évidence des pistes intéressantes à creuser. Il faut être vigilant aussi au problème posé par la traction animale par rapport à la puissance demandée (le sous solage par exemple ou certains labours…)

Jo conclut en disant qu’il reste persuadé que la traction bovine s’adapte parfaitement à une production maraîchère en permaculture par exemple, c’est-à-dire spécialisée.

 

 

  • Témoignage de Pierre Nabos

Pierre a commencé à travailler en traction animale avec des chevaux de trait, puis s’est intéressé aux bœufs. Il utilise en mixte la traction animale et la traction mécanique mais uniquement en amateur. Il précise qu’il a un travail à « l’extérieur » et qu’il n’a évidemment pas les contraintes liées à l’utilisation professionnelle de la traction bovine et qu’il n’en voit que les aspects positifs. Il dresse également des bovins pour d’autres utilisateurs.

Ceci dit, Pierre estime que l’utilisation des vaches pour la traction animale reste plus simple, que les animaux sont plus maniables, plus robustes et plus résistants à la chaleur notamment.

D’un point de vue économique, il constate que les bovins sont moins coûteux que les chevaux (harnachement), qu’une vache a l’avantage de produire un veau (pour la viande) et du lait, et que les surfaces exigées pour les bovins sont moins importantes.

Il intervient beaucoup à l’occasion de fêtes, de manifestations ou d’animations ce qui lui a permis de faire pas mal de rencontres pour démarrer son activité en traction bovine.

Il insiste sur l’intérêt de ce type de manifestations pour donner au public une première image de la traction bovine, et notamment une image positive.

Il dit avoir de nombreux contacts lors de ces fêtes, mais regrette par contre le peu de continuité constaté par la suite. « Pour que ça marche, il faut partir du début » dit-il.

Pour finir, il lui semble important de préciser que, lorsque l’on veut utiliser la traction bovine sur une exploitation agricole, il est indispensable de bien prendre en compte, avant toute chose, la superficie à travailler.

  • Témoignage de Christelle de Freitas

Christelle précise dès le début qu’elle a été baignée dès son enfance dans l’élevage bovin, puisque ses parents étaient des éleveurs de bovins charolais.

Elle travaille en traction animale uniquement dans un contexte de loisirs et de démonstrations à l’occasion de prestations pour des manifestations. Elle est salariée de M. Jean Bartin.

Christelle a commencé la traction animale avec des chevaux. Mais les nombreux témoignages entendus sur la traction bovine l’ont incitée à s’y intéresser de plus près et à pratiquer. Elle a commencé avec une paire de vieux bœufs expérimentés pour se « faire la main ».

Quand elle se déplace sur le territoire, elle apprécie tout particulièrement les rencontres souvent chargées d’émotion, qu’elle peut avoir avec des anciens mais aussi des plus jeunes.

Christelle a conscience qu’elle transmet un savoir dans une société qui a perdu beaucoup de ses repères avec l’animal. Elle est convaincue d’être un lien entre le professionnel et le passionné, mais surtout d’être une « passeuse de mémoire » qui va permettre de conserver ce contact primordial avec l’animal.

De plus, le fait qu’elle soit une femme menant des paires de bœufs est un atout et une démonstration que la force physique est secondaire.

Lors de ces démonstrations elle se déplace non seulement au niveau national mais aussi européen. Elle constate une forte demande venant de multiples organismes. Cela crée de nombreux déplacements avec des problèmes sanitaires parfois difficiles à gérer. En ce qui concerne le ferrage, ils bénéficient de l’assistance d’un maréchal-ferrant qui se déplace avec eux.

Christelle pense qu’il y a un gros travail à faire pour transmettre ces savoirs aux jeunes, un travail indispensable.

Elle évoque des pistes de réflexion, notamment sur la fin de vie des animaux qui sont finalement plus que des outils de travail…Faut-il les envoyer aux abattoirs, Faut-il avoir des scrupules après 14 à 15 ans de bons et loyaux services ? Bien sûr cela ne fait pas plaisir de les voir partir mais n’est-ce pas leur destin de bovins ?

Mais Christelle insiste aussi sur l’importance de beaucoup travailler la communication et l’image de la traction bovine, pour pallier la méconnaissance et parfois l’ignorance du public. Elle est persuadée notamment de la nécessité de faire toucher les animaux aux gens…

Enfin, elle conclut sur la possible introduction des bœufs en zone urbaine et de la traction animale en général, sachant qu’il faudra gérer les problèmes de propreté, ce qui peut être un facteur négatif aux yeux des citadins…

  • Témoignage d’Emmanuel Fleurentdidier

Manu fait un rapide rappel de son expérience personnelle et professionnelle en traction animale précisant que ses débuts en traction animale se sont faits de façon autodidactique et avec les chevaux.

Il a réalisé de nombreuses prestations et interventions avec les chevaux de trait pour à un moment se diriger vers les bœufs. Mais cette nouvelle pratique s’est développée presque « par défaut », pour le loisir et dans le but de « se détendre » de l’utilisation professionnelle des chevaux.

Au début Manu a le sentiment d’être un peu seul, puis il participe à la « rencontre des bouviers » en Alsace en 2007 ce qui lui permet d’entrer en contact avec des bouviers et notamment Philippe Kuhlmann.

En 2008, il participe à un travail sur la transmission des savoirs avec l’UNESCO sur le Parc des Ballons des Vosges. Plusieurs propositions d’animations sont proposées, la traction animale est retenue et particulièrement son projet sur la traction bovine. Cela a donc permis l’intégration des bœufs de travail au Parc des Ballons des Vosges.

Puis Manu rappelle son arrivée au CFPPA de Montmorillon en décembre 2009 sous l’impulsion de Gérard Coti, pour assurer la formation CS Utilisateur de chevaux attelés…

Il souligne qu’il était toujours fortement intéressé par la traction bovine, et qu’il rapatrie ses bœufs Vosgiens l’année suivante à Montmorillon, mettant il est vrai le CFPPA un peu devant le fait accompli…mais dans l’objectif de monter une formation.

En 2011 a donc lieu la première formation à la traction bovine à Montmorillon.

L’idée de Manu est de travailler sur l’amélioration et la modernisation du matériel utilisé en traction bovine et notamment les jougs. Il entreprend alors une recherche avec les élèves ingénieurs de l’INSIC (de l’Ecole des Mines de Nancy) sur les matériaux composant les jougs, dans l’objectif de les alléger et de faciliter leur mise en place sur l’animal. Cette recherche aboutit à la fabrication d’un prototype. Les élèves ingénieurs sont d’ailleurs venus tester ce matériel et prendre des mesures dynamométriques à Montmorillon.

Depuis peu la formation CS a intégré, dans son programme, une période de 35 heures consacrée à la traction bovine.

Pour conclure, Manu suggère de réaliser un travail sur le dressage, et l’influence des différents types de jougs (joug de garrot ou de cornes). Il pense également qu’il faut plus communiquer et valoriser les différents types d’animaux en fonction des utilisations.

 

  • Témoignage de Solène Gaudin

Solène se présente comme prestataire en traction animale. Elle réalise des chantiers divers : du débardage, des prestations attelage, du maraîchage et intervient également sur certaines manifestations et fêtes.

Elle utilise une paire de bœufs Vosgiens et une paire de chevaux de trait.

Elle s’est formée en 2013 au CFPPA de Montmorillon où elle obtient son CS Utilisateur de chevaux attelés qui lui permet de s’intéresser aux différentes thématiques abordées durant la formation.

Elle suit également un stage en traction bovine, ce qui lui fait découvrir avec intérêt l’utilisation du bœuf de travail.

Solène a pu comparer lors de ses prestations le bœuf et le cheval : elle considère le bœuf comme plus économique que le cheval.

Elle souligne aussi que les bœufs sont plus endurants au travail et plus simples d’utilisation, avis qui semble partagé par de nombreux praticiens.

Solène a également réalisé des expérimentations sur les vignes. Le gros avantage des bovins semble être leur entretien par rapport aux chevaux, certainement plus exigeants et au fond plus coûteux si l’on en revient aux critères économiques.

Par contre, Solène précise que les bœufs posent plus de problèmes lors de déplacements surtout lorsque d’autres bœufs sont présents notamment en ce qui concerne les papiers d’identifications et vétérinaires.

Un autre problème est le ferrage, il n’est pas évident de trouver un maréchal-ferrant sachant ferrer les bœufs.

Autre souci, selon Solène, le matériel neuf pour traction bovine, est encore peu répandu malgré les efforts de certains constructeurs comme AMB 88.

En ce qui concerne le ferrage, Solène suggère d’inclure le ferrage des bovins dans les parcours de formation sur le ferrage ou le parage.

 

  • Témoignage de René Dudognon

Note du rédacteur : M. René Dudognon est un ancien praticien en traction bovine. Sa présence à ce colloque s’explique par sa rencontre avec Mme Monique Gésan, directrice de l’Ecomusée du Montmorillonnais. Mme Gésan travaille beaucoup sur la mémoire vivante et sur les témoignages d’anciens qu’elle enregistre pour l’Ecomusée. Au courant de la tenue de ce colloque, elle nous a contactés pour proposer son intervention. La rencontre d’anciens et de nouveaux praticiens est toujours fructueuse et intéressante et permet de se faire une idée de ce qu’était la traction animale à une époque où elle faisait encore partie du quotidien agricole. Il nous a semblé aussi que M. Dudognon pourrait trouver du plaisir et une certaine fierté à parler de ce qui fut sa vie, durant de longues années. Nous le remercions de sa présence.

M. Dudognon commence par expliquer qu’il a travaillé avec des bœufs jusqu’en 1960, l’arrivée de la mécanisation ayant entraîné rapidement le déclin de l’utilisation des bœufs.

A cette époque tout se faisait avec les bœufs.

Il y avait plus de vaches au travail que de bœufs car les vaches présentaient l’avantage de faire un veau.

René Dudognon se souvient d’avoir aussi travaillé un peu avec les chevaux, mais leur usage était moins courant dans les fermes parce que plus coûteux sans doute…

M. Dudognon parle du dressage des bœufs en précisant que les fermes n’achetaient presque jamais de bœufs dressés et qu’ils prélevaient des veaux élevés sur l’exploitation, et que les fermiers dressaient eux-mêmes.

Ils confectionnaient de petits « jougs », parfois de simples morceaux de bois, qu’ils attachaient sur la tête du veau pour l’habituer tout jeune au joug de travail.

M. Dudognon poursuit en expliquant que les futurs bœufs de travail étaient castrés tôt, entre 4 et 6 mois, qu’ils commençaient à travailler à partir de 2 ans, et pendant 3 à 4 ans, période à l’issue de laquelle on les renouvelait.

Le dressage à l’époque était plus simple et plus rapide, car le nombre important d’animaux de travail permettait de lier ensemble un jeune bœuf inexpérimenté avec un plus âgé déjà dressé. Le jeune n’avait pas le choix et suivait…

En ce qui concerne l’alimentation des animaux de trait, les bœufs étaient nourris avec des topinambours, des betteraves et du foin, mais le plus souvent ils étaient à l’herbe.

Pour le ferrage, il se faisait beaucoup en fonction du terrain… Parfois, par exemple, on ne ferrait que les antérieurs, ou seulement les onglons externes…

Bien entendu le dressage pouvait poser un problème à certains fermiers et dans ce cas là ils achetaient un animal dressé, mais c’était peu courant.

M. Dudognon nous explique aussi qu’en général les jougs étaient fabriqués « maison », et que lui-même en fabriquait.

Par contre les bœufs étaient lents et cela posaient aussi des problèmes de déplacements surtout en évitant les routes.

Pour finir M. Dudognon évoque les moments où ils allaient chercher les bœufs pour le travail. Il souligne que, bien entendu quand les bœufs logeaient à l’étable, la préparation était plus facile et plus rapide; mais il arrivait aussi que les bœufs restent au pré et il fallait les attraper pour les lier, cela prenait un peu plus de temps, mais beaucoup d’animaux étaient dociles et se laissaient attraper sans problème.

On les liait en commençant toujours par celui de gauche.

A une question de M. Mic Baudimant (spécialiste du Briolage: chants accompagnant le travail des bœufs) qui demandait à M. Dudognon si cela leur arrivait de chanter en menant les bœufs, celui-ci répondit qu’en effet cela arrivait, « notamment le matin pour montrer au voisin qu’on était au travail plus tôt que lui ! ». Cependant René Dudognon n’a pas osé « brioler » pour nous… Puis il a cité deux ou trois noms donnés aux animaux comme par exemple « Mariolle » au caractère un peu vif, « Pompon » etc.…

Pour finir, René Dudognon se souvient des deux derniers bœufs Limousins qu’il a connus et qui pesaient 1 tonne 2 chacun ! Et il conclut en disant qu’à l’époque le temps s’écoulait à un autre rythme et que c’était les animaux qui donnaient le rythme…

 

  1. Travail par ateliers

  • Atelier 1 : « Peut-on tout faire avec un bœuf ? »

Animateur : Emmanuel Fleurentdidier

La réponse à la question posée par le thème de l’atelier a été clairement: oui.

Les participants ont ensuite énuméré les différents travaux pouvant être réalisés avec des bœufs en les commentant.

  • Le travail de débardage a d’abord été abordé : il a été souligné que c’est peut être le travail qui correspond le mieux aux capacités des bovins de trait. Ils vont bien dans ce contexte par leur maniabilité d’abord, leur adaptation aux types de reliefs rencontrés, en sachant qu’aujourd’hui le matériel de débardage est suffisamment bien conçu pour être opérationnel. Les bovins s’adaptent très bien en zones naturelles sensibles (zones humides et sols fragiles) grâce, notamment, à leurs onglons qui évitent l’effet « ventouse » rencontré avec les chevaux.

  • Le travail du sol : le travail en viticulture est tout à fait possible et efficace si le menage des bœufs se fait par l’arrière. En maraîchage, beaucoup de possibilités, travail facilité par une vitesse d’avancement lente et plus contrôlable. Surtout en ce qui concerne le labour, qui se révèle de qualité supérieure en vitesse modérée.

De plus, en travail du sol, on peut sans difficulté alterner un attelage en paire, travailler en solo, utiliser un joug, un collier ou un frontal…

  • Le voiturage : l’utilisation du bœuf pour réaliser un travail de collecte / ramassage / distribution sur une ferme est tout à fait concevable sur de courtes distances où elle reste équivalente (en coût et rapidité) à celle réalisée avec un cheval.

On peut donc faire pratiquement tout, ou du moins beaucoup de choses avec un bœuf, y compris en agglomération (le bœuf territorial, pourquoi pas ?) sachant tout de même que dans un contexte citadin, il faut soigner l’image que l’on va donner, car le bœuf ne bénéficie pas d’une image aussi favorable que le cheval de trait. Notamment au niveau des déjections (les sacs à crottin pour les chevaux ont réduit en partie le problème) car les bœufs produisent des bouses…C’est sans doute un faux problème pour notre atelier car cela peut se gérer de façon simple : en changeant d’alimentation avant la prestation, en calculant le temps de transport pendant lequel les déjections peuvent être « évacuées » et en travaillant en se calant sur le calcul du cycle alimentaire…

Mais cet atelier a lui aussi insisté sur cette image à donner primordiale pour faire accepter le bovin par le public en général.

  • Atelier 2 : Organisation

Animateur Jo Durand

(Note du rédacteur : les rapporteurs désignés des différents ateliers ont eu l’excellente et généreuse idée de me faire parvenir le compte-rendu de l’atelier auquel ils ont participé ou qu’ils ont animé. Je les en remercie grandement, et restitue donc chaque contribution dans son intégralité (ou presque…), ayant trop peur de ne pas respecter ou d’omettre une partie de ce qui a été dit et échangé lors de ces moments riches et conviviaux.)

Les discussions vives et fructueuses de cet atelier ont souvent rejoint les thèmes abordés dans les Ateliers 1 et 3. Les participants étaient d’accord sur les points suivants :

1) Il faut travailler sur l’image de la traction bovine qui est soit méconnue, soit moins bien perçue que la traction chevaline.

2) Les utilisateurs de traction bovine sont si peu nombreux (en France) qu’il y a un manque de main-d’œuvre: par exemple, certaines tâches entreprises par une seule personne devraient l’être par deux ou trois, ce qui donne fréquemment lieu à une situation de sécurité insuffisante.

3) La formation est, elle aussi, souvent insuffisante, à la fois pour le travail purement technique, comme pour obtenir une efficacité dans les réponses aux exigences pratiques telles l’émission de devis, l’explicitation d’arguments, etc., au sein de qualifications globales. Il y aurait nécessité de faire des recherches sur la mutualisation.

4) On constate aussi un fossé considérable entre l’expertise dans l’utilisation de la mécanisation et celle concernant l’énergie animale, surtout au niveau de la recherche sur cette dernière qui n’a pas suivi le rythme des investissements dans les équipements mécanisés, laissant ainsi un hiatus d’une cinquantaine d’années et un manque de structures pour soutenir des progrès techniques.

5) Au lieu d’insister sur le débat cheval versus bovin, il serait bien plus sage de souligner leur complémentarité, tout comme la complémentarité énergie animale/motorisation (sauf, très probablement, dans le transport).

6) Il ne faut pas oublier que le plombier travaille sur une matière inerte, tandis que le bouvier travaille avec le vivant, ce qui l’amène à une vision bien plus écologique de respect du sol dans tous les sens de ce terme.

Cozette Griffin-Kremer

13 décembre 2014

  • Atelier 3 : la formation

Animateur : Gérard Coti

(Note du rédacteur : je me suis permis de « raccourcir » le compte rendu de M. Baudimant non pas dans le but inavoué de le censurer mais pour des questions de lisibilité et de clarté en rapport avec le thème de l’atelier et pour des questions de place. Il est vrai que cet atelier a été marqué par de nombreux échanges, un peu dans tous les sens et que la tâche du rapporteur n’a pas été chose aisée. J’espère de tout cœur que Mic Baudimant ne prendra pas ombrage de cet élagage un peu sévère sans doute, mais nécessaire…)

Aux trois questions initialement posées en préambule – une formation pour qui ? Une formation par qui ? Une formation comment ?- est venue s’ajouter une quatrième : pourquoi une formation ?

Question récurrente et question de fond : Pourquoi utiliser la traction bovine en ce début de XXI ème siècle ? Comment en vivre ? S’engager dans une formation technique de cet ordre nécessite une motivation et un « horizon » suffisamment clair pour le demandeur d’apprentissage.

 

UNE FORMATION POUR QUI ????

Devant la « confidentialité » des pratiques de traction bovine, en France, aujourd’hui, la promotion tous azimuts ne semble pas porteuse, ni même souhaitable : « On s’époumonerait à rien » dit une des participantes de la table ronde.

1/ Cibler les circuits spécialisés s’impose :

Journaux agricoles locaux (trouver des relais dans chaque région par l’intermédiaire de passionnés. Revues nationales spécialisées : « SABOTS », ‘VILLAGES »… revues « BIO ».

L’activation des réseaux « traction bovine » en place est un point majeur mis en évidence par Cozette GRIFFIN KREMER, dans la présentation du matin. « La sollicitation du réseau des musées d’agriculture est un très bon système » précise Nicole BOCHET de la Société d’Ethnozootechnie.

2/ « De l’oeuf et de la poule » …. Quel élément au départ des choses ?

Dans le groupe, la réflexion court sur l’origine souhaitable de la formation :

Faut-il développer la traction bovine de manière graduelle et non ostentatoire, pour servir de modèle à des volontaires qui s’engageront à la suite, de façon croissante et durable ? (situation actuelle, considérée par certains comme un peu trop lente)

Ou

Faut-il chercher des stagiaires (promotion de formations par voie de presse – diffusion ciblée de documents d’appels pour stages en région) … afin de construire un « bataillon » d’initiés, capables de développer la traction bovine ?

Les deux voies sont sans doute à prendre, pour un maximum d’efficacité.

3/ Constat est fait de l’intérêt porté à cette pratique par des personnalités « atypiques », en rupture de ban avec la société « normalisée » qui prévaut, aujourd’hui.

Le « feeling » avec l’animal est nécessaire et au départ des motivations et réussite.

Si la force physique peut ne pas compter, un « caractère » affirmé est capital ! (Exemple de la jeune bouvière Solène GAUDIN)

4/ Des expériences du type « EQUI TRAITS JEUNES » seraient à promouvoir dans le milieu bovin.

Dans un premier temps, la fusion entre initiatives équines et bovines simplifierait la mise en place.

Hélas, avec la « crise » un ralentissement de cette pédagogie ouverte se fait sentir.

Rassembler 400 jeunes – accueillir, nourrir, et faire s’affronter amicalement – met en œuvre des fonds importants, souvent à la charge du lycée organisateur.

Son avenir est remis en cause selon monsieur COTI. Les instances supérieures de l’Enseignement Agricole ne voient pas forcément d’un « bon œil » cette facette de l’enseignement : «  ça fait rigoler » … « ça parait être un retour au Moyen-âge !!! ». L’inspection y opposerait un NON catégorique.

 

UNE FORMATION PAR QUI ????

La phalange des formateurs reconnus (Olivier COURTHIADE, Philippe KUHLMANN…..) est actuellement très réduite et peut se compter sur les doigts d’une seule main ! Ils se sont formés par eux-mêmes et n’ont pour eux que l’antériorité de la passion et quelques bons conseils d’anciens qui les ont précédés: l’observation fine et le temps ont fait le reste. Ils dispensent une formation sur le terrain mais non reconnue par un diplôme ou une qualification officiellement répertoriée.

Emmanuel FLEURENTDIDIER, formateur au Lycée Agricole de Montmorillon est actuellement le seul à dispenser une formation qualifiante.

Le renouvellement et l’élargissement du groupe des formateurs paraissent nécessaires. D’anciens bouviers, en petit nombre, proposent de manière encore officieuse un échange de savoirs et de savoir-faire. Une liste des propositions serait à établir et sans doute utile pour former les novices au plus près de leur résidence et au moindre frais.

L’idée d’un COMPAGNONNAGE basé sur des contacts multiples dans divers territoires parait séduire le plus grand nombre des participants au groupe 3. Les pédagogies propres à chaque formateur pourraient être synthétisées et répondre ainsi, plus efficacement, à la singularité du bouvier formé.

 

UNE FORMATION COMMENT ???

La FÊTE de la VACHE NANTAISE 2014, a fait apparaître le besoin de s’organiser pour proposer divers types de formations. Le colloque TRACTION BOVINE de Montmorillon est le premier temps de cette organisation.

Il arrive après l’annulation récente de 3 stages de formation au lycée de Montmorillon.

Par trois fois, les difficultés à rassembler, dans ce lieu dédié à la traction animale, des gens motivés avaient pour cause :

  • L’éloignement géographique.
  • La durée du stage (5 jours …pour des personnes en activité professionnelle !)
  • Pour certains, le financement de cette formation, (environ 530 € la semaine)

Les rencontres informelles d’Alsace (Ecomusée), d’Ariège (Ecomusée) et de Nantes (Fête) sont au départ d’un désir accru d’échanges (théorie et terrain) autour de la traction bovine.

Elles ne peuvent prétendre à une formation détaillée, qualifiante, et restent pour beaucoup de participants un très agréable échange, une sensibilisation, une initiation qui demande sa suite.

  • Se former seul, en autodidacte, est-il suffisant? Tout doit être redécouvert avec perte de temps et erreurs magistrales possibles
  • Une initiation – assez complète– à Montmorillon, (anatomie, harnachement, réglementation, sécurité) est un bon point de départ.
  • Participer à des stages locaux, plus brefs (deux jours, un WE) mais plus fréquents, en alternance avec un travail rémunérateur initial, serait sans doute l’idéal.

Pratique de l’aller-retour, expériences individuelles en alternance avec la formation … pourrait permettre de «donner du temps au temps», ont dit certains…

On se verrait bien, alors, suivre un  Tour de France « des gens passionnés qui reçoivent » un compagnonnage formateur mais qui pose le problème de l’accueil et ses contraintes matérielles, de la rémunération éventuelle ou du dédommagement du bouvier formateur …..Des accidents toujours possibles et des diverses responsabilités. (Où l’on voit à nouveau les réactions généreuses et spontanées de « marginaux » – fréquentes dans le milieu des défricheurs d’idées neuves ! – s’opposer à la législation en vigueur)

 

La mobilité des formateurs plutôt que celle des bouviers à former serait-elle une avancée de taille ?

Un regroupement minimum est nécessaire : à nouveau le problème du lieu et de son accueil, tant au plan de l’hébergement que des moyens techniques à mettre en œuvre (bêtes d’attelage et matériels en nombre suffisant).

Malgré un frémissement perceptible dû aux évolutions récentes de la « bio-attitude », la traction bovine reste encore aujourd’hui assez confidentielle. Sa formation, comme on vient de le voir, est difficile à mettre en place. Elle implique la nécessité de S’ORGANISER.

Le prochain SALON INTERNATIONAL de l’AGRICULTURE est proposé comme le cadre obligé de cette naissance, lui qui a profité, depuis plus de 20 ans, à l’essor – mesuré – de la traction avec chevaux, ânes et mulets.

Mic Baudimant

Bilan de la journée, questions, réponses et pistes évoquées…

A l’issue de ce travail des ateliers, beaucoup d’échanges ont eu lieu, résumés par cette remarque de Cozette Griffin Kremer qui a dit : « Beaucoup de fils se sont rejoints entre les groupes de travail » ce qui montre bien, en effet cette volonté commune, cet élan commun vers l’unité des discours et la similitude des préoccupations.

Cozette a même suggéré de traduire les actes du colloque en anglais afin de « rejoindre le reste du monde »…cela est révélateur aussi de la nécessité d’une communication accentuée et qui aille dans le même sens pour tous mais qui préserve la « culture » de chacun.

MM. Coti et Fleurentdidier ont ensuite pris la parole pour tenter de faire un bilan de la journée en reposant la question de départ, à l’origine du colloque: « La traction bovine, un outil pour l’agriculture d’aujourd’hui et pour celle de demain ? »

A-t-on finalement répondu à cette question ? D’une certaine façon, oui, et sans doute positivement mais peut-être certaines conditions restent à définir pour concrétiser.

Certes le bilan de la journée s’est révélé positif, les fils ont tendance à se relier, les témoignages de la matinée ont été un apport fructueux, et, pour les personnes extérieures au domaine de la traction bovine, ce colloque a été aussi très enrichissant.

Mais il reste à faire et poursuivre dans ce sens, et notamment :

  • à constituer un véritable réseau. Des personnes ont proposé de servir de relais en ouvrant leur structure pour échanger sur des thématiques, comme M. Bartin par exemple ou M. Czubak des « Roulottes de l’Abbaye »…
  • à prolonger ce moment de « communion » et le mot n’est pas trop fort, par d’autres rencontres (il a été par exemple suggéré de se revoir sur le Salon de l’Agriculture en proposant une animation dans le cadre d’un stand Ministère ou des races rustiques à faibles effectifs)
  • à, peut être, créer une association, ce qui avait déjà été proposé par Manu Fleurentdidier.
  • à mieux valoriser le site web
  • à contacter la Chambre d’Agriculture pour préciser sa position et peut-être lui demander de porter un réseau.
  • à préciser la position de la Région.
  • Etc.…

Beaucoup de choses ont été évoquées, échangées, proposées, bref, il s’est passé quelque chose ce 10 décembre 2014 à Montmorillon…

Conclusion :

Pour finir, (et sans doute par déformation professionnelle), je vais tenter de résumer en quelques phrases l’ensemble de ce qui est ressorti de ces échanges, selon moi, et tenter de souligner les points sur lesquels l’unanimité s’est faite.

  • Améliorer et intensifier la communication sur la traction bovine, pour la faire connaître, montrer qu’elle existe et qu’elle est vivante. Des hommes et des supports existent, aidons-les et développons-les.
  • Améliorer nettement l’image du bœuf de travail auprès du public, plus enclin souvent à admirer les chevaux de trait.
  • Parler « d’une même voix » et constituer un réseau interactif et efficace, qui assure et rend durables les contacts entre tous les acteurs.
  • Valoriser et s’appuyer le plus possible sur la mémoire, les savoirs transmis et la richesse des traditions, comme autant de tremplins pour l’avenir.
  • Faire progresser et encourager la recherche dans tous les domaines qui gravitent autour de la traction bovine: la biodiversité génétique, la sélection génétique, le matériel, les jougs, l’impact environnemental, le dressage etc…
  • Travailler à assurer la viabilité économique de l’utilisation de la traction bovine dans un cadre professionnel et ce, dans le respect absolu de la sécurité et de la santé des hommes et des animaux.
  • Encourager, faciliter et développer la formation en inventant de nouvelles formes d’apprentissage et de nouveaux modes de fonctionnement.

 

Voilà, je crois, les points importants sur lesquels les participants à ce colloque ont trouvé un consensus. D’autres points bien sûr ont été abordés, mais résumer, c’est faire un choix…et puis les actes sont là pour retranscrire tout (ou presque) ce qui a été dit, il suffit de s’y reporter pour en apprendre plus sur tel ou tel point.

Enfin, je voudrais dire que la traction bovine possède en elle-même les ferments de son développement futur et des atouts incomparables tant humains que matériels, que ce colloque a permis de mettre en évidence. A nous, à présent, de « relier tous ces fils » et de propulser la traction animale bovine vers l’avenir…

 

Le 14 janvier 2015

Gérard COTI

 

 

 

« Tranquilles et leur ombre allongée sur les champs,

Les grands boeufs descendaient au profil d’un coteau,

Traînant les moissons d’or sous les feux du couchant,

Et tout l’été passait dans les lourds chariots. »

Paul FORT, Ballades françaises, 1922-1958

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Pour télécharger les actes du colloque rédigés par Gérard Coti, cliquez ici: actes-du-colloquetab-1

 

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Rencontres autour de l’attelage bovin en Allemagne les 7 et 8 Mars 2015

Cozette Graffin Kremer nous informe d’une rencontre autour de l’attelage bovin en Allemagne avec les bouviers allemands les 7 et 8 mars chez Franziska Schimke à Wettenberg près de Giessen.

Une annonce avec plus d’information viendra bientôt.

Cliquez aussi ici pour voir

Contact (en allemand uniquement): Jörg Bremond 0171-8454703.

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