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Entretien des haies avec deux boeufs Vosgiens pendant l’hiver 2015/2016, par Solène Gaudin

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Durant l’hiver, de nombreux petits travaux d’entretien sont à faire sur la ferme. L’entretien des haies en fait partie, notamment leur nettoyage en évacuant le bois mort afin de permettre aux jeunes arbres de pousser. Ce bois servira pour le chauffage hivernal.

Un ou deux bœufs peuvent être utilisés, ici, on travaille avec Varo et Grivé, la paire de boeufs Vosgiens de Manu Fleurentdidier ( formateur traction animale, CFPPA de Montmorillon).

On leur met le joug auquel on accroche un chaîne munie d’un ressort de traction et d’une arête de poisson, sans oublier la chaîne de débardage. On amène les bœufs devant le bois à sortir, on accroche notre chaîne à l’arbre puis on la met dans l’arête de poisson.

On demande aux bœufs de faire demi-tour sur place et on avance pour sortir le bois à deux ou trois mètres de la haie. On laisse le bois puis on recommence l’opération plus loin.

On essaye de regrouper les bois ensemble pour pouvoir les reprendre par la suite. Les gros bois seront rapportés directement en traîne directe à la ferme pour être débités. Pour les petits bois, on attelle les bœufs à un avant train muni d’une remorque et on ramasse le reste.

Rencontres de bouviers 2016, La traction bovine au XXI ième siècle, écomusée d’Alsace, ungersheim (68) les 5, 6, 7 et 8 mai 2016 par Michel Nioulou

Les 5, 6, 7 et 8 Mai 2016, se sont déroulées les onzièmes rencontres de bouviers à l’écomusée d’Ungersheim (68). C’est Philippe Kuhlmann, éleveur et dresseur de bovins à Soultzeren, en collaboration avec l’écomusée, qui fédère ces rencontres.

Ce sont vingt-cinq personnes venues de toute la France et même de Suisse cette année qui, pendant ces journées, ont échangé sur leur pratique de l’attelage bovin, l’avenir, la formation, la transmission et les techniques.

Tous les profils étaient représentés : paysans éleveurs/dresseurs, maraîchers, prestataires de services en traction animale, utilisateurs particuliers, formateurs, chercheurs, jougtiers, blogueur (ABA), sympathisants, bouvier au Puy-du-Fou, bouviers et représentants de l’écomusée d’Alsace.

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Toutes photos Véronique Nioulou

La plupart des participants étaient plutôt présents les vendredi et samedi.

Une partie des rencontres a été consacrée à la discussion en salle, faisant suite aux rencontres informelles réalisées à l’occasion du dernier Salon de l’Agriculture de Paris.

Tout d’abord, chacun a présenté sa région, son parcours, sa pratique. Ensuite le groupe est rentré dans le vif du sujet.

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11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

De grands thèmes se sont dégagés des débats :

L’émergence d’une association des « Bouviers de France et d’ailleurs » sous l’impulsion d’Emmanuel Fleurentdidier. La discussion a permis d’avoir de nouveaux avis des gens présents et s’est orientée vers l’utilité, la nécessité et les buts de la future association.

Le volet information sur la législation en vigueur par rapport aux animaux (déplacement, aspects sanitaires) sera, entre autres, un des rôles de l’association.

La trame d’un bureau a été annoncé et reste bien sûr modifiable tant que le siège social n’a pas été défini et qu’en conséquence, les statuts n’ont pas été déposés.

La définition du siège social a fait débat avec des avis qui balançaient entre des structures institutionnelles de l’élevage et un lieu plus en adéquation avec les valeurs des participants particulièrement enclins à la défense des races anciennes plus aptes au travail.

Aux yeux de beaucoup, ces institutions présentent une contradiction éthique par rapport aux races à faibles effectifs souvent utilisées en traction bovine et le peu d’intérêt que ces structures leur portent, le tout appuyé par les buts de rentabilité, de productivisme qu’elles développent, en contradiction et au détriment du travail et de ce que défendent la plupart des acteurs de la traction bovine et animale en général.

La formation fut également au cœur des débats.

Chacun constate une demande régulière de formation en traction animale et particulièrement en traction bovine. Il ressort que le stage d’initiation à la formation bovine mis en place chaque année au CFPPA du Lycée Agricole public de Montmorillon  est un atout très important qui permet un premier contact avec ce type d’attelage. Mais il apparaît qu’une semaine de formation/initiation reste insuffisante. On ne devient pas bouvier en une semaine et seule une pratique de longue durée sur le terrain avec des meneurs expérimentés permet d’améliorer, de perfectionner, la formation des néo-bouviers.

Chacun de son côté se débrouille pour orienter les apprentis vers des bouviers confirmés. Le blog « Attelages bovins d’Aujourd’hui » y participe en partie. Il devient donc nécessaire de répertorier dans un annuaire, les personnes aptes à recevoir chez eux des bouviers en devenir. L’association pourrait être le support de ce travail.

L’idée d’un centre de formation privé a été évoquée avec le financement du genre DIF (droit individuel à la formation).

Les témoignages d’utilisateurs professionnels comme Philippe Kuhlmann, Jo Durand et Christine Arbeit, Laurent Janaudy, Joël Blanc, ont permis de découvrir des parcours, des expériences et les problématiques de l’utilisation de la traction bovine au quotidien.

Laurent Martin, bouvier bénévole au Puy-Du-Fou en Vendée, a présenté l’Académie des Bouviers créée pour former les nouveaux bouviers du parc.

Cozette Griffin-Kremer a évoqué le travail autour de l’attelage bovin en Allemagne, en Australie et en Angleterre, l’intérêt des structures comme les écomusées à participer au maintien et à la redécouverte du grand public de ces pratiques. 

Nicole Bochet a abordé le thème du bien-être animal qui a rapidement dérivé sur les lois mises en place qui ne favorisent pas nécessairement le milieu des dresseurs et bouviers comme par exemple interdiction des animaux attachés à l’hivernage. 

André Kammerer a, quant à lui, en décrivant son parcours de bouvier « de loisir », mis en lumière le lien social créé par l’animal. Son témoignage sincère sur son expérience de la relation qui s’établit entre des enfants en souffrance et son boeuf de travail était réellement touchant.

Il a été souligné aussi qu’aucun profil de bouvier n’est rejeté, qu’il soit professionnel ou amateur. Toute pratique qui, d’une manière ou d’une autre peut contribuer à ce que perdurent des savoir-faire est sans aucun doute utile pour l’avenir. Elle doit être respectée et encouragée.

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Les participants ont également mis en avant l’intérêt de la recherche sur le matériel et des améliorations qui peuvent y être apportées. Elles sont faites par les quelques fabricants de matériels de travail, par les utilisateurs eux-mêmes qui les adaptent au mieux selon leurs besoins. La recherche sur les jougs composites menée par L’insic à Saint-Dié-des-Vosges a été abordée et a soulevé quelques débats au sujet du résultat même et de l’emploi de matériaux synthétiques qui ne paraît pas s’inscrire dans une démarche durable, en contradiction avec celle des bouviers. Cependant, ce genre de recherche, même si elle n’est pas complètement aboutie, mérite d’être soulignée. On peut signaler aussi les jougs en bois contre-collés que j’ai personnellement mis en oeuvre pour éviter les problèmes de fentes post-construction et qui ont également soulevé le même genre de problématique.

A la demande des initiateurs de la future association, le site « Attelages bovins d’Aujourd’hui  » servira d’interface internet pour la mise en ligne des activités, infos et documents (le site est ouvert à toutes structures ou particuliers dont l’activité est l’attelage bovin).  

Chacun pourra donc prochainement retrouver plus d’infos concernant l’association au sein du site ABA.

A ce sujet, le site que chacun s’est accordé à définir comme incontournable aujourd’hui (mais je tiens à titre de réalisateur du blog à vous remercier tous, mais aussi à tempérer et rester humble devant tant d’intérêts portés) devient pour moi, qui le gère seul et bénévolement, un travail à part entière. Malgré cela, j’ai aussi une profession !! J’ai souligné que, devant la quantité de travail pour la réalisation des articles, les contacts avec les acteurs, les relances pour avoir des infos, de la matière, le traitement des photos, des vidéos, la mise en ligne, la tenue du carnet d’adresses, la gestion des annonces, les réponses aux nombreux courriers, les réponses aux appels téléphoniques, j’avais du mal à continuer d’assurer de manière suivie la tenue à jour du blog.

Une proposition de mettre en place des relais régionaux a été faite pour au moins réaliser le travail de collecte des informations. Mais la chose est compliquée, les gens impliqués dans ce milieu étant déjà fort occupés. La tenue du blog nécessite également une unité et une neutralité la plus objective possible, la solution est complexe.

J’ai aussi insisté sur le volet communication, réalisation d’articles pour la presse spécialisée, la réalisation d’un film sur les bouviers du XXI ème siècle. Il est aussi nécessaire de faire connaître cette pratique méconnue de tous et de la sortir de l’image « folklorique » que beaucoup, pour le peu qu’ils s’y intéressent, pourraient avoir aujourd’hui. 

Mais là aussi, il faut beaucoup de temps. J’ai personnellement lancé plusieurs pistes au gré des contacts sur le site avec des photographes, cinéastes, réalisateurs, producteurs, télévisions et maisons d’éditions. Mais le sujet n’est pas porteur pour qui ne connaît pas la richesse des choses à aller collecter. 

Il y aurait pourtant des parcours de vie forts enrichissants à découvrir.

 

Le reste du temps a été consacré aux démonstrations et pratiques en extérieur avec du matériel et les animaux.

Philippe Kuhlmann avait descendu de sa ferme deux paires de bœufs: une paire de jeunes Vosgiens et une paire de bœufs Ferrandais plus âgés.

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Plusieurs fois au cours de ces deux jours du vendredi et samedi, Philippe a présenté « le ramé », un matériel de levage qu’il a créé voici 2 ans et qu’il améliore au fil du temps.

Il permet de déplacer des balles rondes et des palettes, de charger du fumier et l’utilisation en fagoteuse.

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Il est aussi apte à servir d’avant-train de débardage avec l’avantage d’avoir un ancrage au timon pivotant qui permet aussi d’utiliser les bœufs en poussant le matériel, et de manœuvrer plus facilement dans des endroits restreints en place. 

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Comme lors des dernières présentations, chacun commente et apporte son avis technique, d’autres pistes, d’améliorations possibles. Phillipe depuis 2014 a d’ailleurs modifié le « Ramé » en y apportant un timon qui passe au dessus des boeufs et dont l’angle avec le bâti est réglable par un système de « vérin crénelé » faisant crémaillère manoeuvrable depuis l’avant, à la tête des boeufs. Ceci permet de modifier facilement l’angle d’attaque des dents de chargement sans avoir à intervenir en se déplaçant au niveau du bâti. Pour utiliser ce système, il lui a fallu freiner l’essieu. La commande de blocage des roues est également commandée depuis l’avant du « Ramé ».

Eric Petit avait présenté à la journée technique 2015 à Soultzeren, un modèle similaire inspiré de celui qu’il avait vu chez Philippe aux rencontres de 2014. On voit bien ici l’émulation entre utilisateurs qui cherchent les meilleures solutions et qui s’inspirent l’un l’autre.

Bien sûr, les discussions ont aussi amené à parler du dressage, du rapport à l’animal, des méthodes de menages et de bien d’autres sujets engendrés par les situations rencontrées sur le terrain.

A l’occasion de la « parade des attelages » de l’écomusée sur la place des charpentiers, Philippe a présenté au grand public l’attelage bovin d’hier, d’aujourd’hui et de demain, en s’efforçant de bien expliquer que la pratique d’aujourd’hui n’est pas que festive ou démonstrative comme dans les écomusées ou les fêtes locales, mais bien utilisée au quotidien pour le travail.

Emmanuel Fleurentdidier avait apporté un matériel de travail du sol modulable et léger issu d’un outil traditionnel espagnol, « la Forcat » utilisé en maraîchage en traction hippomobile.

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Des séances de labour et de buttages ont été réalisées avec un des boeufs de l’écomusée attelé à cet outil au collier et mené par différents bouviers. Elles se sont avérées fort concluantes devant la simplicité, l’efficacité et la maniabilité de l’engin dues à sa faible longueur.

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Une dernière petite réunion de synthèse en fin d’après-midi de samedi a permis de clôturer deux jours de rencontres intenses sur des avancées et des conclusions plutôt positives concernant aussi bien la future association que sur l’intérêt de se rencontrer et de partager ses expériences.

Si les échanges en salle ont été fournis, ont permis d’y voir plus clair sur les projets individuels et les projets communs, même si parfois chacun affirmait bien haut ses positions, les discussions informelles sur le terrain autour des attelages que chaque bouvier présent a utilisés au cours de ces deux jours, ont tout autant été constructives et riches.

La réunion d’utilisateurs, d’acteurs du milieu, professionnels ou amateurs qui partagent leur expériences bénéficie autant à eux-même qu’à ceux qui écoutent autour d’eux. Les discussions sont toujours techniques, qu’elles soient axées sur l’animal, le matériel, le menage, les cultures, les méthodes de travail, ou le matériel.

Il ne faut pas non plus oublier les rencontres humaines, à l’occasion desquelles se tissent chaque année des liens forts. Merci à Philippe Kuhlmann d’être la cheville ouvrière de cet événement. Merci à tous les participants venus souvent de loin, ainsi qu’à tous ceux qui se sont impliqués dans le déroulement de ces journées.

Un grand merci à l’écomusée d’Alsace et à sa direction qui sait chaque année recevoir les bouviers au sein de ses emprises avec des conditions idoines.

Ces rencontres ont été par leurs contenus fort intéressantes, mais elles ont eu aussi le grand avantage de rassembler des acteurs éparpillés sur le territoire et de créer une dynamique, une émulation qui remotive et qui fait voir l’avenir avec plus d’entrain et de sérénité.  

On attend tous l’année prochaine! 

Michel Nioulou

Vidéo de Christine Arbeit et Jo Durand:

Voici quelques photos en vrac de ces journées.

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Philippe kuhlmann et ses boeufs dans un article de Patrice COSTA dans Vosges Matin du 16 Août 2015

Photo issue du site Vosges Matin

À SOULTZEREN, SUR LE VERSANT ALSACIEN DES VOSGES, PHILIPPE KUHLMANN EXPLOITE SA PETITE FERME COMME LE FAISAIENT LES PAYSANS D’AUTREFOIS. PAR VOCATION ET RESPECT DE LA TERRE.

Un nuage de mouches enrobe les museaux humides de Milou et Papillon, deux solides bœufs de trois ans, issus d’un métissage entre les races Vosgiennes et Ferrandaises. « Pas bouger ! », leur intime Philippe Kuhlmann. Les deux bovins, de 650 kg chacun, se plient bon gré mal gré à l’ordre du patron. C’est qu’il fait particulièrement chaud en ce jour de juillet sur les pentes du Val de Munster, et les deux auxiliaires en sabots n’apprécient guère de quitter la fraîcheur de leur parc ombragé pour tirer la charrette de foin du bouvier. Une poignée de minutes suffit au paysan pour positionner le double joug sur la nuque des bêtes, qu’il place ensuite devant la charrette, avant de glisser la cheville de métal qui bloque la pièce de bois au timon de l’attelage. Le geste est précis, efficace et réclame juste un peu d’énergie pour forcer les animaux à courber la tête. « Ces deux-là sont parfois rétifs, mais ils ont du potentiel », sourit l’éleveur de Soultzeren. « Sur le plat, ils peuvent tracter un volume de quatre à cinq tonnes, mais beaucoup moins quand ça monte, surtout par ces chaleurs. » Pour récupérer le fourrage qu’il a coupé la veille au soir à l’aide d’une motofaucheuse munie d’une barre de coupe – le seul écart mécanique qu’il s’autorise – Philippe a mobilisé Milou et Papillon tôt dans la matinée, histoire d’épargner les deux poids lourds des effets de la flambée du baromètre. Mais lui était au boulot avant l’aube. Du haut de ses 55 ans, entre les prairies à faucher, le foin à organiser manuellement au râteau en andains avant de le nouer en fardeaux puis de le véhiculer sur son dos jusqu’à une cabane de stockage, l’Alsacien à la chevelure poivre et sel respire l’endurance et n’a jamais compté ses heures. Tout au long de l’été, il bosse tous les jours de 4 h 30 à 23 h, s’accordant juste quelques instants pour déjeuner.

Au fil de la fenaison, il va ainsi porter sur ses épaules plus de 600 fardeaux de foin de 40 à 50 kg ! Ce choix de pérenniser ces pratiques extensives, dictées par le rythme des saisons et l’entretien de son cheptel de 45 têtes, des vaches et bœufs Vosgiens répartis aux beaux jours sur une soixantaine d’ha de pâturages d’altitude et confinés à l’étable en hiver, ce fils de négociant en vin l’assume avec force. Philippe Kuhlmann est pourtant né au cœur des Trente Glorieuses agricoles, cette époque où la campagne de France a jeté aux oubliettes le legs culturel ancestral qui avait modelé ses terroirs. Mais le futur exploitant a regardé passer le train de la révolution verte et les wagons de la mécanisation, de l’élevage hors-sol, de l’arsenal phytosanitaire ou de la monoculture céréalière sans jamais vouloir y embarquer.

« Quand les jeunes de mon âge allaient au bal, je préférais filer écouter les anciens, notamment un vieil oncle fermier dans la vallée de Munster. C’est lui, entre autres, qui m’a transmis le respect de la terre et des plantes. » Inoculé par le virus de la traction animale, il opte tout d’abord pour des études sylvicoles, travaille quelque temps pour l’Office national des forêts, puis s’installe en 1981 à Soultzeren, où il produit du lait trait au pis qu’il vend en circuit court dans les villages de la vallée. En 1994, pour des raisons familiales, il quitte sa ferme perchée sur le piémont alsacien des Vosges et se lance dans une activité de débardage de bois à l’aide de bœufs, de taureaux et de chevaux dans le Massif Central. « En six ans d’activité là-bas, j’ai sorti plus de 35.000 stères des forêts du plateau des Millevaches », dit-il.

Son parcours le conduit ensuite en Suisse, où il devient berger trayeur de vaches. Mais son goût pour l’attelage le tenaille. Revenu dans le Val de Munster en 1999, Philippe Kuhlmann reprend les rênes du dressage de bovins pour les travaux agricoles, réunit son troupeau de Vosgiennes qu’il croise parfois avec des Ferrandaises, cette autre race rustique et docile qui rumine sur les estives de la chaîne des Puys, et partage à mi-temps son expérience en public à l’Ecomusée d’Ungersheim, dans le Haut-Rhin. Aujourd’hui, dans le petit monde quasi marginal de la traction bovine, le paysan vosgien est une référence. Et pour cause : durant sa carrière, il a dompté entre 150 et 160 vaches, bœufs et taurillons, qu’il a sélectionnés quelques mois après la naissance en fonction de leur future aptitude au job. « Je commence le débourrage par des travaux légers, comme le hersage des prairies. Puis les animaux passent progressivement à la fenaison, à la traction des charrettes, à l’épandage de fumier ou au débardage des bois. » Des bêtes obéissantes, formées à la rude, qu’il cède ensuite à des exploitants attirés par un tel retour aux sources, voire à des organismes comme les Établissements et services d’aide par le travail (les anciens CAT), soucieux de développer un relationnel entre l’animal et les personnes en situation de handicap.

Alors un rescapé de la préhistoire agricole, le bouvier de Soultzeren ? Pas vraiment. Entre la vente de ses ex-élèves à cornes, les revenus tirés de la production d’un peu de viande ou de lait et la fourniture de bois énergie, il affirme, avec sa compagne propriétaire du Chalet vosgien (quatre chambres d’hôtes disponibles à côté de la maison familiale), « vivre correctement » de sa ferme, située totalement à la marge du circuit conventionnel. Une philosophie certes héritée du passé mais qui, par les temps qui courent, esquisse peut-être les enjeux de l’agriculture de demain.

Dans le petit monde quasi marginal de la traction bovine, le paysan vosgien est une référence.

Patrice Costa

Retrouvez l’article sur le site de Vosges Matin en cliquant ici.

Les boeufs Vosgiens de Jean-Luc Guerringue en vidéo, Rantechaux (25)

Jean-Luc Guerringue lie des boeufs pour son plaisir en effectuant quelques travaux chez lui. Il participe aussi à des manifestations régionales avec ses animaux.

Alain Baptizet a réalisé un petit film sur son activité et son parcours.

Merci à Jean-Luc et à Alain Baptizet de nous l’avoir communiqué.

Semailles 2015 avec les bovins de Remi serres, Cahuzac-Sur-Vere (81)

Merci à Remi Serresde nous avoir communiqué ces quelques photos.

Transport de la cuvée 910 des vignes du Maynes à Cluny le 13 juin 2010

En septembre 2009, nous avions avec les deux paires de vaches transporté la vendange des anciennes vignes des moines de Cluny depuis Cruzille jusqu’à Blanot (voir article sur notre blog en cliquant ici). Cette année, le vin a été acheminé jusqu’à l’abbaye de Cluny.

Après avoir traversé les bois de Cluny et le gué de la Grosne le vin de la cuvée 910 est entré dans Cluny avec Annabelle et Azalée fraîchement ferrées.

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la cuvée 910 est chargée et attelée prête au départ

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Animation Flash

passage du gué de la Grosne avant d’entrer dans Cluny

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arrivée à Cluny

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avec les musiciens devant l’abbaye

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Guillaume Bodin a réalisé un superbe film sur la réalisation de la cuvée 910. Nous vous le proposons. 


Les bovins de Laurent Billoux à la fête du seigle à Ménessaire (21) 26 Juillet 2015

menessaire 2015 okLe 26 juillet nous étions invités à participer avec notre attelage mixte composé d’Azalée la vache et de Froment, le boeuf, à la fête du seigle de Ménessaire.

Après avoir charrié vers la batteuse la moisson de seigle depuis la terre où elle avait été fauchée à la main, notre attelage était ensuite utilisé pour l’entraînement d’un manège qui actionnait une petite batteuse/dépiqueuse.

Ce n’est pas le travail le plus agréable pour nos animaux, en particulier pour celui qui tourne à l’intérieur du cercle. En effet, le rayon de braquage assez court oblige l’animal du centre à marcher de côté durant toute la séance de travail. Le terrain également en pente créait  une irrégularité du mouvement. Il aurait fallu aussi que nous relions d’une corde, la tête de la bête intérieure à l’axe du manège afin de ne pas dévier du rayon de travail.

Malgré cela, nous étions très contents de la journée. La paire maintenant bien aguerrie, est restée calme, malgré un public nombreux et demandeur de renseignements.

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La fête de Ménessaire dans le Morvan, petite commune de la Côte-d’Or enclavée dans la Saône-et-Loire, nous a permis d’emmener les vaches dans un territoire où l’attelage bovin reste très emblématique. 

Nous avons pu y rencontrer des gens sympathiques en particulier Guy Namur qui comme nous, attelait par passion jusqu’à, il y a peu de temps, une paire de boeuf charollais. 

La commune compte un musée sur le seigle qui présente toutes les facettes et l’utilisation de cette céréale.

Nous avons animé un manège qui entraine une petite machine à battre.

Les vaches n’étaient pas à la fête, surtout pour Anabelle (attelée à droite) qui a marché en crabe tout l’après midi sur un petit cercle autour du manège.

Nous retournons avec plaisir cette année dans ce sympathique village.

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Manuel Olivier, viticulteur à Nuit-Saint-Georges (21)

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Manuel Olivier est viticulteur en Bourgogne. Il exploite un domaine de grand vins de Bourgogne sur dix hectares de vignobles des Hautes-Côtes de Nuits, de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.

Depuis 2015, il possède deux boeufs Vosgiens achetés chez Philippe Kuhlmann pour travailler sur le domaine.

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Pendant deux ans, ils ont été utilisés intensément au labour.

Après le départ d’un employé meneur qualifié, le manque de disponibilité des bonnes personnes a fait que les bœufs ont travaillé beaucoup moins, mais Manuel Olivier compte bien les ré-utiliser plus fréquemment prochainement. Il cherche d’ailleurs un bouvier volontaire pour ré-engager le projet.

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Site:http://www.vindebourgogne-manuel-olivier.com/

2014 en photos pour Grivé le boeuf Vosgien d’André Kammerer, Breitenbach (67)

André Kammerer nous communique quelques photos de son boeuf au travail chez lui ou dans des manifestations auxquelles il a participé avec Grivé son boeuf Vosgien.

Un grand merci pour son envoi.

Films d’attelages de bovins, sur le site de la Cinémathèque de Nouvelle Aquitaine

Sur les conseils de Laurent Legal, nous avons découvert sur le site de la
Cinémathèque de Nouvelle Aquitaine, une mine de films amateurs anciens où apparaissent de nombreux attelages de bovins.

Ces films sont classés par catégorie :

Cliquez ici
pour voir le site.

Ces documents sont des sources de renseignements et de témoignages précieux.

Comme les vidéos ne sont pas directement intégrables sur notre site, nous les découvrirons petit à petit en mettant à votre disposition les liens. Voici les deux premiers.

Un grand merci à Laurent Legal pour cette découverte.

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Liage des vaches en août 1970 à Eyburie (Corrèze).

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Image tirée du film

Voir le film :  en cliquant ici

En août 1970 à Eyburie, un agriculteur corrézien attache le joug aux cornes des vaches pour les atteler.

Date : Août 1970
Localisation :  Eyburie, France
Format :  8mm
Référence original :  C P8 PRA01 0011 PR
Référence numérisation :  LIM007L6 / SVG003L6
Format son :  Muet

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Battage à la machine à la Mornière à Magnac-Laval en 1979 lors d’une fête rurale.


Image tirée du film

Voir le film : en cliquant ici

Battage du blé dans le village de la Mornière à Magnac-Laval en 1979.

Date : 1979
Localisation :  La Mornière, 87190 Magnac-Laval, France
Format :  Super 8mm
Référence original :  C PS8 BEA01 0007 DO / LIM003L6 / SVG001L6
Référence numérisation :  LIM003L6 / SVG001L6
Format son :  Muet
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Village avant guerre, Scènes de vies rurales en Creuse vers la fin des années 1930village avant guerreImage tirée du film
Voir le film : en cliquant ici
Très belle scène de déplacement de la batteuse avec deux paires dès deux minutes de film. Scènes de vies rurales en Creuse vers la fin des années 1930 : attelage des boeufs, battage avec locomotive vapeur, femmes qui nourrissent la volaille dans la cour de ferme, fillette avec son chien.
Date : Années 1930
Réalisateur :  R. GOUMY
Format :  9,5mm
Référence original :  C P9 ARI01 0002 PR
Référence numérisation :  LIM007L6 / SVG003L6
Format son :  Muet
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Moisson en 1953 à Uzerche.Image tirée du film
Voir le film : en cliquant ici
Moisson en famille à Puy Bouzou, commune d’Uzerche en juillet 1953. La traction animale intervient dans le fauchage et le transport des gerbes qui sont liées et chargées à la main.
Date : Juillet 1953
Localisation :  Uzerche, France
Format :  8mm
Référence original :  C P8 PRA01 0001 PR
Référence numérisation :  LIM001L6 / SVG006L6
Format son :  Muet

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Fenaisons en 1943 à Crégols.

Image tirée du filmVoir le film : en cliquant iciTravail des champs à Crégols en été 1943 à l’aide d’une faucheuse tractée par deux boeufs.

Date : Août 1943
Réalisateur :  Yvon et Suzanne DELROUS
Localisation :  Cregols, 46330 Crégols, France
Format :  8mm
Référence original :  C P8 DEL01 0014 DE
Référence numérisation :  LIM009L6 / SVG012L6
Format son :  Muet

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Concours de labourage au Palais-sur-Vienne

Image tirée du film

Voir le film : en cliquant ici
Scènes de concours de labour avec de nombreuses paires de bovins.
Fête sportive et agricole au Palais-sur-Vienne au début des années 1950. Match de foot, course cycliste, manège et autres stands au village ; concours de labours à traction animale et mécanique.

Date : Années 1950
Réalisateur :  Inconnu
Localisation :  Le Palais-sur-Vienne, France
Format :  9,5mm
Référence original :  C P9 ARI01 0005 PR
Référence numérisation :  LIM007L6 / SVG003L6
Format son :  Muet
—————————————————————————————-Concours de labours, de bétail et démonstrations de machines agricoles lors du Comice de Saint-Priest-Taurion au lieu-dit « le Manin » en 1949.Comice agricole de Saint-Priest-TaurionImage tirée du filmVoir le film : en cliquant iciConcours de labours, de bétail et démonstrations de machines agricoles lors du Comice de Saint-Priest-Taurion au lieu-dit « le Manin » en 1949.

Date : 1949
Réalisateur :  Bernard (père) MOURIER
Localisation :  Manin, 87480 Saint-Priest-Taurion, France
Format :  9,5mm
Référence original :  C P9 MOU01 0004 PR
Référence numérisation :  LIM001L6 / SVG006L6
Format son :  Muet

____________________________________________Le temps des laboursLe temps des labours okImage tirée du filmVoir le film : en cliquant iciTravail des labours avec une charrue tirée par des vaches en Haute-Vienne en 1979.

Date : 1979
Format :  Super 8mm
Référence original :  C PS8 BEA01 0007 DO
Référence numérisation :  LIM003L6 / SVG001L6
Format son :  Muet

—————————————————————————————- Il était une fois 2 boeufs.il était une fois deux boeufsImage tirée du filmVoir le filmen cliquant iciUtilisation d’un attelage tiré par deux boeufs pour transporter la récolte de blé en 1975 dans les alentours de Magnac-Laval.

Date : 1975
Localisation :  Magnac-Laval, France
Format :  Super 8mm
Référence original :  C PS8 BEA01 0029 DO / LIM003L6 / SVG001L6
Référence numérisation :  LIM003L6 / SVG001L6
Format son :  Muet
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La fenaisonfenaison cinémathèque limousinImage tirée du filmVoir le film : en cliquant ici—————————————————————————————-Le temps des semencestemps des semencesImage tirée du filmVoir le film : en cliquant iciSemence des pommes de terre après labour du champ avec des vaches en 1973.

Date : 1973
Format :  Super 8mm
Référence original :  C PS8 BEA01 0015 DO
Référence numérisation :  LIM003L6 / SVG001L6
Format son :  Muet

—————————————————————————————-Ramassage du foin en famille.ramassage foin familleImage tirée du filmVoir le film : en cliquant iciUne famille est rassemblée dans les champs pour les travaux des foins en été 1955.

Date : Juillet 1955
Réalisateur :  Inconnu
Format :  8mm
Référence original :  C P8 DAU01 0004 DE
Référence numérisation :  LIM001L6 / SVG006L6
Format son :  Muet

__________________________________________________Ferrage des vaches au village des Lèzes en 1973.Image tirée du filmVoir le film : en cliquant iciFerrage des vaches au village des Lèzes en 1973.

Date : Années 1973
Localisation :  Les Lezes, 87190 Magnac-Laval, France
Format :  Super 8mm
Référence original :  C PS8 BEA01 0015 DO / LIM003L6 / SVG001L6
Référence numérisation :  LIM003L6 / SVG001L6
Format son :  Muet

______________________________________________________Travail de labour et semis en Corrèze avec outils et méthodes traditionnels dans les années 1970.Image tirée du filmVoir le film : en cliquant iciTravail de labour et semis en Corrèze avec outils et méthodes traditionnels dans les années 1970.

Date : Années 1970
Réalisateur :  PONTY
Format :  Super 8mm
Référence original :  C PS8 DON01 0002 DE / LIM001L6 / SVG006L6
Référence numérisation :  LIM001L6 / SVG006L6
Format son :  Muet
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Semailles et foins
Image tirée du filmVoir le film : en cliquant ici
Une petite fille découvre le travail des champs en participant aux semailles et à la récolte du foin, sur le terrain de la maison familiale, au début des années 1960.

Date : Années 1960
Réalisateur :  Robert et Paule LAPLANTE
Localisation :  Quartier de Fargeas, Panazol, Haute-Vienne
Format :  16mm
Référence original :  C P16 LAP01 0073 DE
Format son :  Muet
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Le loup dans la forêt
Image tirée du filmVoir le film : en cliquant ici
Folklore dans une ferme de Saint-Léger-la-Montagne en 1974. 

Date : 1974
Localisation :  87340 Saint-Léger-la-Montagne, France
Format :  8mm
Référence original :  C P8 BOY01 0040 DO
Format son :  Muet
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Les labours
Image tirée du filmVoir le film : en cliquant ici
Labours à traction animale à Saint-Emilien-de-Blain en 1944. 

Date : Années 1940
Réalisateur :  Joseph LE CLAINCHE
Localisation :  Saint-Émilien de Blain, 44130 Blain, France
Format :  9,5mm
Référence original :  C P9 LEC01 0004 DO
Format son :  Muet
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Labour
Image tirée du filmVoir le film : en cliquant ici
Labour d’un champ avec une charrue tractée par deux vaches, à Uzerche en 1967.

Date : 1967
Localisation :  19140 Uzerche, France
Format :  8mm
Référence original :  C P8 PRA01 0011 PR
Référence numérisation :  LIM007L6 / SVG003L6
Format son :  Muet
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Attelage 
Image tirée du filmVoir le film : en cliquant ici
Un couple s’essaie, le temps d’un week-end, aux joies de mener des vaches à la baguette en Limousin dans les années 1950. 

Date : Années 1950
Réalisateur :  Robert et Paule LAPLANTE
Format :  9,5mm
Référence original :  C P9 LAP01 0001 DE
Format son :  Muet
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Fenaisons en Limousin
Image tirée du filmVoir le film : en cliquant ici
Ramassage du foin au râteau, retour à la ferme de l’attelage et soirée au coin du feu en Limousin en 1968.

Date : 1968
Réalisateur :  Gilbert JULIEN
Format :  Super 8mm
Référence original :  C PS8 JUL01 0012 DE
Référence numérisation :  LIM020L6 / SVG026L6
Format son :  Muet
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